Biïsk (en , , « [ville] de la Biia » ; , ) est une ville d'importance de kraï et le centre administratif du raïon de Biïsk et de l'okroug urbain de Biïsk, dans le kraï de l'Altaï, en Russie. Située en Sibérie occidentale, elle compte en 2025. La ville possède son propre musée, le musée des traditions locales de Biïsk.
La ville a été fondée en 1709 comme une forteresse sur ordre du tsar Pierre le Grand. Mais elle fut incendiée un an plus tard par une tribu nomade locale et reconstruite en 1718. Biisk perdit progressivement sa fonction militaire et devint un important centre de commerce, qui reçut le statut de ville en 1782. L'industrie de la ville s'est rapidement développée, surtout après l'évacuation de certaines usines de l'ouest de l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, la ville est devenue un important centre de développement d'armes et reste encore un centre industriel.
Géographie
Situation Biïsk est situé dans le kraï de l'Altaï, kraï russe de Sibérie occidentale. La ville fait ainsi partie du district fédéral sibérien, se situant à au sud-est de Barnaoul et à à l'est de MoscouDistances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.. Elle est le centre administratif du raïon de Biïsk, dont elle ne fait pas partie, et de l'okroug urbain de Biïsk, une division administrative et municipale qu'elle forme avec quelques localités limitrophes. La superficie de la ville est de , soit 99,17 % de la superficie de l'okroug urbain.
Topographie et hydrographie vignette|La Biia, un des deux affluents de l'Ob, à Biïsk. Biïsk se trouve dans le sud-est du kraï de l'Altaï, sur la rive droite de la Biia, près de sa confluence avec la Katoun qui donne naissance à l'Ob. Elle se situe sur le plateau de Biia-Tchoumych, sur une étroite terrasse et sur la pente abrupte de la rive droite de la Biia.
La vallée de la Biia à Biïsk est large de selon les endroits, et la Biia serpente doucement en se divisant en différents bras. Sa largeur au niveau du port de marchandises est de , sa profondeur de et son débit de . Les crues se produisent en moyenne début mai, et le ruissellement atteint les trois-quarts du débit annuel pendant la période. Elle est recouverte de glace en moyenne 160 jours par an.
Climat Le climat de Biïsk est fortement continental tempéré, influencé par sa position loin des océans et proche des montagnes de l'Altaï, qui entraînent la formation d'humidité. En hiver, l'anticyclone de Sibérie permet un ciel clair et des températures très froides. Au printemps, les dépressions sont plus fréquentes avec un afflux d'air chaud de l'Atlantique, mais des poussées d'air froid arctique entraînent des chutes de températures. En été, les dépressions sont présentes mais assez faibles. L'été est court, et est suivi d'automnes nuageux et pluvieux. En moyenne, la ville reçoit chaque année de précipitations, avec les précipitations les plus importances pendant les mois d'été. La neige, qui tombe de la fin de l'automne au printemps, atteint en épaisseur en fin février. En moyenne, il a 32 jours de blizzards par an, tandis qu'en été, quelques tempêtes de poussières peuvent se produire.
Qualité de l'environnement La faible vitesse des vents la majeure partie de l'année entraîne une accumulation de polluants dans l'atmosphère de la ville. La ville est classée comme très polluée, et les principaux polluants sont le monoxyde et le dioxyde de carbone, l'oxyde d'azote, le formaldéhyde et le benzapyrène.
Urbanisme
Occupation des sols L'occupation des sols de la municipalité, telle qu'elle ressort du plan directeur de la ville, montre une forte part d'espaces artificialisées. La répartition détaillée en 2022 est la suivante d'après le plan directeur: +Détail de l'occupation des sols de Biïsk en 2022:Année2021 (ha)%Zones résidentielles2857,39,87 Zones publiques et commerciales474,71,64 Zones industrielles, d'ingénierie et d'infrastructures de transport583320,16Zones agricoles cultivées738125,51 Zones de loisirs5123,7Dont d'espaces verts publics et de forêts entre autres.17,71 Zones à usage spécial1089,73,77 Plans d'eau2275,87,86 Autres3899,8 13,48Total28935100 %
Voies de communication et transports
Réseau routier vignette|Le pont Communal sur la Biia en centre-ville était sur l'ancien tracé de la R256. La route de la Tchouïa, ou route fédérale R256, reliant Novossibirsk à Tachanta au niveau de la frontière mongole, passe par la ville. La route passait à l'origine à travers la ville, mais un contournement routier de Biïsk par l'est a été achevé en 2013 avec la construction d'un nouveau pont sur la Biia.. Des routes régionales relient Biisk à Belokourikha, l'oblast de Kemerovo, Soldatovo, Tourotchak, Verkh-Kaja, Fominskoïe et Amourski. Biïsk dispose d'un port de fret sur la Biia, qui a une saison de navigation d'environ 190 jours. Il existe des bâtiments passagers, mais ils sont inactifs.
Transports en commun vignette|Tramway à Biïsk. Le réseau de transports municipal de Biïsk est composée de 66 lignes de bus et de tramway en : 48 lignes de bus municipales et 18 lignes de tramway. Au niveau des bus, Biïsk possède une gare routière avec en moyenne 270 bus par jour et entre . 51 lignes de bus régionaux et interrégionaux la desservent.
Réseau ferroviaire Biïsk est uniquement desservie par le chemin de fer à voie unique de Zonalny (Barnaoul) à Biïsk, exploitée par les Chemins de fer de Sibérie occidentale, une branche des chemins de fer russes. La ville possède deux gares : la gare de Biïsk et celle de Tchermovka. La gare de Biïsk est à la fois une et une gare passagers, recevant des trains vers et depuis Barnaoul, Novossibirs, Moscou, Krasnoïarsk, Almaty et Tchita. Des trains régionaux relient également la ville en 3 heures à Barnaoul. La gare de Tchermovka est elle une grande gare de fret au nord de la ville. Histoire
Empire russe vignette|Canons de la forteresse de Biïsk. Biïsk est fondée par oukaze du du tsar Pierre le Grand dans le cadre de la construction de plusieurs forteresses afin de renforcer les positions russes dans la région et d'établir des liens avec les pays d'Asie centrale et avec la Chine. La forteresse est fondée l'année suivante, avec comme date généralement admise le par le voïvode de Kouznetsk. Elle se situe alors à la confluence des rivières Biia et Katoun. Ce premier fort ne résista pas longtemps, incendié par les Dzoungars en 1710 après un siège de trois jours par ces derniers. Une forteresse fut reconstruite en 1718, mais légèrement plus en amont sur la Biia, au niveau de l'actuelle place Fomtchenko. La forteresse est baptisée alors Bikatounskaïa, puis est renommée Biiskaïa en 1732. La forteresse faisait alors partie de la section orientale de la ligne militaire Kolyvan-Kouznetsk, et resta en activité jusqu'à la fin du .
Après le conseil des Zaïssans tenu le confirmant la volonté des Altaïens d'être admis dans l'Empire russe, plusieurs Zaïssans (chefs de tribus) arrivièrent à la forteresse de Biïsk le . Les négociations, menées dans la fortresse de Biïsk par le colonel Frantz I. de Garrigues, menèrent à l'annexion du Haut-Altaï dans l'Empire russe, effective en septembre. Une cérémonie a alors lieu pour marquer l'entrée des Altaïens dans l'Empire russe. En 1804, la ville devient chef-lieu de l'okroug de Biïsk nouvellement créé, au sein du gouvernement de Tomsk. vignette|La ville au début du . Au , Biïsk connaît un essor grâce à sa position de centre militaro-administratif. Si jusqu'au milieu du siècle la population militaire et fonctionnaire reste la plus importante, l'accroissement du commerce mena à une nouvelle étape de la ville à ce moment-là. Les marchands de Biïsk furent parmi les premiers Russes à nouer des liens commercieux avec la Chine et d'autres pays, menant à la construction progressive de la route de la Tchouïa. Dans la seconde moitié du , certains marchands firent fortune de ces échanges commerciaux, avec Alexeï Vassenev, Nikolaï Assanov et Grigori Bodounov entre autres. Ces marchands aidèrent aussi au développement de l'Altaï en apprenant les langues locales, en accompagant les missions scientifiques et en rédigeant des journaux de voyage et des articles scientifiques. Témoin de la place importante de Biïsk comme porte vers le Haut-Altaï, la ville est entre 1880 et 1920 le centre de la Mission spirituelle de l'Altaï, visant à convertir les Altaïens à l'orthodoxisme russe. Les recteurs de la mission furent l'archimandrite Macaire (Gloukharev) ainsi que le futur Macaire II de Moscou. Grâce au développement économique, de nombreuses constructions en pierre apparurent au tournant des . Une bibliothèque est construite en 1885, des imprimeries et librairies voient le jour, tandis qu'en 1909, le téléphone et l'éclairage public atteignent Biïsk. En 1917, la ville compte déjà 37 écoles, les quartiers centraux sont le domicile des demeures de marchands.
En 1898, l'okroug de Biïsk est renommé ouïezd de Biïsk. Entre le et le se tint à Biïsk un congrès des représentants des volosts non-russes de l'Altaï, présidé par Grigory Gourkine. Soixante représentants participèrent dans le but d'organiser l'autonomie du Haut-Altaï.
Période soviétique vignette|Mémorial aux morts de la Grande Guerre patriotique. Le , un soviet fut formé dans la ville, et tombe ainsi sous le contrôle des bolchéviques comme le reste de l'Altaï. Le Soviet de Biïsk dirige les détachements de gardes rouges de tout le Haut-Altaï. Cependant, alors que Légion tchécoslovaque s'est révoltée en , les Armées Blanches d'Alexandre Koltchak prennent la ville le . Le pouvoir du Gouvernement provisoire de la Sibérie autonome prend place à Biïsk. Toutefois, au cours de l'été et de l'automne 1919, des révoltes pro-bolchéviques émergent dans le Haut-Altaï. Le lieutenant-colonel Khmelevsky, qui dirige les armées blanches à Biïsk, envoie des escouades dans la région. Mais peu après, avec la déroute des armées blanches de Koltchak en Sibérie, l'Armée rouge gagne du terrain. Le , la ville tombe aux mains des Soviétiques.
Les annés 1920 et 1830 marquent l'industrialisation à grande échelle de la ville. Une raffinerie, des fabriques, et une centrale électrique sont, entre autres, mises en service. Pendant la Seconde Guerre mondiale, habitants partirent pour le front, dont ou moururent. Après l'évacuation de certaines usines de l'ouest de l'Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, certaines s'installèrent à Biïsk. Après la guerre, ces mêmes sites servirent à l'implantation de nouvelles usines, comme Prodmach et Molmach. Un aéroport est construit en 1953, desservant Barnaoul et les villes du kraï de l'Altaï. Au cours des années 1960, le secteur militaro-industriel est développé dans la ville par la construction de nouvelles usines. En , la première ligne du tramway de Biïsk est mise en service.
Fédération de Russie Biïsk est devenue en 2006, sur décision du gouvernement russe, une cité scientifiqueBulletin de l'ambassade de France à Moscou, 20 janvier 2010 Consulté le 7 août 2011. Les principaux domaines de recherche sont les équipements spécialisés pour l'armée, les fusées, les nouveaux matériaux, les technologies chimiques et les polymères, la synthèse des médicaments et les économies d'énergie. Ce statut est attribué pour cinq ans. Population et société
Démographie Au , sa population s'élève à . La ville est classée sur 1124Nombre en tenant compte des revendications russes sur la Crimée. L'annexion de la Crimée à la Russie à la suite du référendum de 2014 n'est pas reconnue par la majeure partie de la communauté internationale. en termes de population.
Recensements (*) ou estimations de la population:
Enseignement L'Université d'État humanitaire pédagogique de l'Altaï se trouve à Biïsk.
Économie vignette|Champ à Biïsk.