Le Centre de ressources et d'information sur les multimédias pour l'enseignement supérieur (CERIMES) est un ancien organisme public du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (France), associé au Centre national de documentation pédagogique (CNDP). En , il a pris la succession du Service du film de recherche scientifique (SFRS).

Il a été mis fin à son activité le , dans le cadre de la restructuration de la direction générale de l'Enseignement supérieur.

Une partie des ressources du CERIMES rejoint l'administration centrale, une autre, notamment les projets Canal-U et BibNum, la Fondation Maison des sciences de l'homme.

Description

Le CERIMES avait pour mission :

de faciliter l'accès des enseignants, chercheurs et étudiants de l'enseignement supérieur aux ressources multimédias et de les aider à les intégrer dans l'enseignement. À ce titre, il participe au repérage de ces ressources, à leur organisation et leur indexation, leur gestion, leur diffusion et leur valorisation, en particulier en ce qui concerne les ressources produites par les établissements d'enseignement supérieur et de recherche ; de produire des documents audiovisuels ou multimédias à la demande d'enseignants ou de chercheurs ; d'informer sur les dispositifs de formation de l'enseignement supérieur à distance ; d'apporter aux établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche une expertise technique et juridique en matière de production et de diffusion de ressources.

Le CERIMES était placé sous la tutelle de la Mission Numérique pour l'Enseignement supérieur (MNES) au sein de la DGESIP du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Il était notamment l'éditeur des sites : Canal-U, la web télévision de l'enseignement supérieur ; Formasup, le catalogue de la formation à distance des établissements d'enseignement supérieur ; Les Signets des bibliothèques universitaires ; BibNum, bibliothèque numérique de textes scientifiques antérieurs à , commentés par des scientifiques contemporains ; Jeux Sérieux, blog consacré aux jeux sérieux ; Le portail du numérique, jusqu'en où il devint France université numérique (FUN) ; Science.gouv, le portail de l'internet scientifique, depuis sa création, en , à , date à laquelle le site a été confié au CNDP.

Histoire

Avant

En France avant , le cinéma, comme outil scientifique, n’était intégré que dans de très rares laboratoires. De cette époque, on peut retenir les noms du docteur Jean Comandon, qui avait installé à l’institut Pasteur un petit service cinématographique, et celui de Jean Painlevé qui réalisa son premier documentaire scientifique : La Pieuvre en , puis Hippocampe en , et Assassins d'eau douce en .

Entre et furent créés dans quelques ministères des services de production cinématographique qui employaient des réalisateurs extérieurs. Ces films étaient peu nombreux et leur diffusion limitée.

En , à la suite de la projection d'un de ces films au Palais de la découverte, le directeur d'un laboratoire de l'INRA, le professeur , fut contacté par Adée Barbier Gregh qui appartenait au cabinet du ministre Henri Longchambon. Lors de cette entrevue, ce chercheur exposa les difficultés rencontrées pour réaliser son film. La suggestion fut faite auprès du ministère de créer un service d'État ayant pour mission de fournir aux laboratoires qui en auraient besoin le matériel et le personnel qualifiés pour réaliser les documents susceptibles d'être présentés dans un congrès, un symposium ou un cours.

Ce service fut donc créé pour produire et pour diffuser, sur les plans national et international, les films nécessaires aux scientifiques.

Le SFRS, puis le CERIMES

Le Service du film de recherche scientifique (SFRS) est créé en , sur une initiative du Conseil supérieur de la recherche scientifique dont le président était Henri Longchambon, ancien secrétaire d'état à la recherche scientifique.

De à , le SFRS, association loi de , collecte les films scientifiques français existant pour constituer un catalogue. En , commence véritablement l'activité de production et de diffusion. Ainsi, L'Étage sus-mésocolique de l'abdomen, commencé fin , sort au premier trimestre . Il sera suivi un peu plus tard par La Genèse des Alpes françaises., et par Recherches sur le comportement sexuel de la truie du professeur Busnel..

Lors de la disparition du Conseil supérieur de la recherche scientifique, il a été jugé opportun de rattacher le SFRS à un organisme placé sous l'autorité du ministère de l'Éducation nationale. C'est ainsi qu'en , tout en conservant son statut d'association, il fut rattaché à l'Office national des universités et écoles françaises (ONUEF) qui était installé au 96 du boulevard Raspail, à Paris.

Il est assisté dans ses décisions par un conseil scientifique qui, outre son président, est composé du délégué général à la recherche scientifique, du directeur de l'enseignement supérieur, des directeurs des grands organismes d'enseignement et de recherche, et de hautes personnalités scientifiques.

La gestion financière est répartie entre deux organismes : les dépenses ayant trait à la production et qui font appel à des prestataires extérieurs sont gérées par le Centre national du cinéma (CNC). les dépenses ayant trait au fonctionnement du service sont gérées par l'Office.

Ce cadre administratif permet au SFRS d'être en relation directe avec l'État, tout en bénéficiant de la souplesse indispensable à son bon fonctionnement.

Sa mission se précise : permettre aux scientifiques français d'utiliser le cinéma à des fins de recherche ou de communication de leurs résultats. En outre, le service facilite et organise des échanges entre scientifiques français et étrangers. Il assure aussi depuis la diffusion à l'étranger du film scientifique français en gérant la cinémathèque scientifique, médicale et industrielle du ministère des Affaires étrangères.

Entre et , plus de sont produits.

Le SFRS, toujours dirigé par , passe de dix à seize agents.

En , le SFRS est rattaché, à compte de tiers, à l'Office français des techniques modernes d'éducation (OFRATEME) qui donnera naissance au CNDP, mais il reste sous la tutelle du ministre chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Gregh, démissionnaire, est remplacée par Faure.

De à , le SFRS met en œuvre de nombreuses productions avec des scientifiques de renom : Alfred Kastler, André Leroi-Gourhan, Rémi Chauvin, Yves Coppens, etc. Nombre d'entre elles sont récompensées dans des festivals nationaux et internationaux. La diffusion s'élève à gratuits par an.

Une centaine de films est vendue chaque année.

vignette|Logo du Service du film de recherche scientifique (SFRS). En , une convention officialise le rôle de tutelle administrative de la direction des Enseignements supérieurs. Le CNDP conserve ses fonctions de gestionnaire.

La même année, Janine Mira remplace .

En , avec le développement de la vidéo, le service décide, tout en poursuivant la diffusion de films , de mettre en vente des cassettes VHS.

En , les coûts de production augmentant plus vite que la subvention, il est décidé de rendre le prêt payant.

La diffusion de films en commence à chuter pour des raisons techniques, l'utilisation de la vidéo devenant de plus en plus aisée, et des raisons économiques : magnétoscopes et vidéocassettes coûtent beaucoup moins cher que projecteurs de cinéma et des copies films.

Le service ne compte plus alors que .

En , le mandat du conseil scientifique arrivant à échéance, la direction des Enseignements supérieurs (DESUP), la direction de la Recherche et des Études doctorales (DRED) et le CNDP mettent en place un nouveau conseil scientifique présidé par Thierry Montmerle, du CEA. Des questions se font jour quant à l'« appartenance » et au rattachement du SFRS.

La DESUP met en avant sa tutelle, arguant qu'en , le ministère des Universités a confié, par convention, la gestion financière du SFRS au CNDP alors que les postes, les salaires et les crédits de fonctionnement relèvent du budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. D'autre part, cette convention précise que le ministère des Universités est propriétaire des productions du service.

Le CNDP, sous la direction de Pierre Trincal, met en avant sa gestion. Il souhaite que le service soit intégré au CNDP, ou que la DESUP ou la DRED trouvent un autre organisme de rattachement. Des propositions seront faites, aucune n'aboutira.

En , le ministère des Affaires étrangères retire au SFRS la gestion de sa cinémathèque pour la confier à un organisme privé : le CEDFI.

Début , le budget du SFRS est bloqué, il le restera jusqu'au mois de . Après les élections législatives, l'organigramme du ministère est profondément modifié et François Hinard prend la tête de la direction de l'Information scientifique et technique et des Bibliothèques (DISTB).

Le , un nouveau décret paraît.

En , le directeur général du CNDP met fin aux fonctions de Janine Mira et prend la direction du SFRS à titre dérogatoire.

Le SFRS connaît alors une période de flottement qui dure quinze mois.

En , le service acquiert le matériel et le logiciel nécessaires à la mise en place d'une banque d'images informatisée. Celle-ci deviendra un axe important de l'activité du service aux côtés de la production et de la diffusion.

Hervé Lièvre, qui connaît bien le service pour y avoir réalisé depuis , est nommé directeur du SFRS par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur, François Fillon, sur proposition de François Hinard et Pierre Trincal, en .

Un directeur de production et une assistante du directeur sont embauchés. Un agent, qui avait été détaché au CLEMI (centre de liaison de l'enseignement et des moyens d'information), rejoint le SFRS. Les emplois permanents seront alors au nombre de douze.

La production redémarre. Un premier CD-ROM est mis en chantier sous la direction scientifique du professeur Pierre-Gilles de Gennes.

Des accords de distribution sont signés avec différents organismes ou sociétés : FIFO, ADAV, CEDFI, Virgin, Films C. Kieffer, Science TV ; d'autres suivront avec Ateliers de Diffusion Audiovisuelle; Colaco, Diapofilms, Ciel et Espace…

Fidèle à sa vocation de pionnier, dès , le SFRS ouvre un premier site internet.

Le SFRS devient membre de l'Institut de cinématographie scientifique et de l'IAMS (International Association for Media in Science), héritière de l'AICS/ISFA (Association internationale du cinéma scientifique ou International Scientific Film Association), créée en 1947 par Jean Painlevé.

Il signe des partenariats avec la Fête de la science, le festival de Palaiseau, le Festival international du film d'insectes, le Palais de la découverte.

En , préfigurant les « webdocs », le SFRS utilise l'Internet pour créer et diffuser un document pédagogique, il s'appellera « e-doc » pour documentaire électronique ; ce sera Qu'est-ce qu'un nombre ? écrit par le Christian Houzel. Deux autres suivront : Qu'est-ce qu'une force ? et Qu'est-ce qu'une cellule ?.

Le SFRS devient membre de la Federation Of Commercial Audiovisual Libraries (FOCAL).

Persuadés que si la production gagne à avoir des sources multiples, la distribution, en particulier pour l'usager, bénéficie d'une entrée unique (ce qui ne signifie pas exclusive), le SFRS poursuit ses efforts pour convaincre les producteurs universitaires de rejoindre son catalogue de distribution. Ainsi a-t-il l’opportunité de diffuser les productions du CREA () du (Metz), du (Orsay), de Vidéoscop (), de l'université Victor Segalen, de la Passerelle, de l'IRD, etc.