Les Herpestinés (Herpestinae) sont une sous-famille de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Ces mangoustes, vivant généralement en solitaire, sont réputées pour être d’excellentes chasseuses, notamment de serpent, c’est pourquoi de nombreux membres de ce groupe portent le nom d’Ichneumon.

Taxonomie La famille des Herpestidae, mais aussi la sous-famille des Herpestinae, c'est-à-dire un groupe rassemblant différents genres de mangoustes, a été théorisée, à l'instar de nombreux groupes taxonomiques comparables, pour la première fois par Charles-Lucien Bonaparte en 1845. Dans l'ouvrage consacré aux mammifères d'Europe, le groupe des mangoustes, alors désigné sous le protonyme d’Herpestina, formaient un sous-groupe de Viverroïdes actuels appelés Viverridae, qui comprend les Viverridés actuels (Viverrina) et les Hyénidés actuels (Hyaenina). L'ouvrage présente l'unique genre Herpestes comme genre-type du groupe, et l’Ichneumon (Herpestes ichneumon) comme espèce-type.

En 1864, John Edward Gray théorise la famille des Herpestidés sous le nom de Cynopoda, au sein duquel il y insère les deux sous-famille des Herpestina et Mungosina, les Herpestina y sont décrits comme ayant et ne comprenant que les genres Galidictis, Herpestes, Athylax, Galerella et Calogale. Pendant une grande partie de la fin du XIXème siècle et des deux tiers du XXème siècle, bien que le zoologiste Reginald Ines Pocock avant déjà théorisé la famille des Herpestidés entre temps en 1919, la sous-famille des Herpestinés sera considérée comme le groupe des mangoustes au sein de la famille des Viverridés, comme dans la Checklist of Palaearctic and Indian mammals parue en 1951 par exemple. Les Herpestinés tels que vus actuellement sont relégués à la tribu des Herpestini. Il faudra vraiment attendre la première édition du Mammal Species of the World en 1982 pour voir les mangoustes intégrer définitivement leur propre famille des Herpestidés, mais sein de ce taxon, Herpestinae et Mungosinae y sont considérés comme des synonymes. La sous-famille prendra vraiment son sens à l’issue des études phylogénétiques menées dans les années 2000.

Caractéristiques Le groupe est appelé solitary mongooses en anglais de par leurs modes de vie majoritairement solitaires, bien que certaines espèces montrent des comportements rudimentaires, ainsi que par une grande diversité morphologique et écologique. Sur le plan taxinomique et phylogénétique, bien qu’ils soient désignés sous le nom générique de « Mangouste », il regroupe en fait des animaux de genres bien différents : L’Ichneumie à queue blanche (genre Ichneumia) est la plus grande mangouste du monde, Les Cynictes (des genres Cynictis et Paracynictis) ont l’allure de petits renards, et la Vansire, du genre des Atylaces (Atilax) présentent des conformations pour le milieu aquatique.

Le clade des Herpestinés a divergé presque simultanément de la lignée des Mungosinae au Miocène inférieur, il y a environ 18,5 à 19,1 millions d'années. Les sous-groupes internes de cette lignée se sont ensuite diversifiés au cours du Miocène, avec l'apparition de plusieurs genres (tels que Atilax, Ichneumia et les formes proches de Galerella) enregistrés dès le Miocène supérieur en Afrique et en Asie (entre 9,5 et 7 millions d’années) .

Ils sont majoritairement terrestres et diurnes, se nourrissant d'invertébrés ou de petits vertébrés avec des régimes stricts ou omnivores, bien que certaines espèces comme la Vansire (Atilax paludinosus), l’Ichneumie à queue blanche (Ichneumia albicauda) ou le Rhinogale de Meller (Rhynchogale melleri) aient des mœurs nocturnes ou crépusculaires. L'analyse moléculaire a mis en évidence des phénomènes d'hybridation interspécifique et d'introgression génétique au sein du complexe asiatique, ainsi que l'introduction d'espèces invasives majeures sur diverses îles, comme la Mangouste à points dorés (Urva auropunctata) ou encore la Mangouste brune (Urva fusca) aux îles Fidji) .

Liste des espèces + Tableau synthétique des genres, divisions et espèces d'Herpestinae selon Patou et al. 2009, , et : Genre Sous-genre et subdivisions Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires) Répartition et description Statut UICN HerpestesIlliger, 1811 Herpestes proprement dit Herpestes ichneumon(Linnaeus, 1758)IchneumonMangouste d'Égypte150px|center 150px|centerRépartition : Europe du Sud, Moyen-Orient et majeure partie de l'Afrique.Grande mangouste au pelage gris poivre et sel, célèbre depuis l'Égypte antique pour sa propension à détruire les œufs de crocodiles et chasser les serpents. Sous-genre GalerellaGray, 1864 Herpestes sanguineusRüppell, 1835Mangouste sanguineMangouste svelte150px|center 150px|centerHabitat : Savanes et milieux ouverts d'Afrique subsaharienne.Petite mangouste très agile au corps allongé et svelte, caractérisée par l'extrémité noire et recourbée de sa queue lorsqu'elle court. Herpestes pulverulentus(Wagner, 1839)Mangouste grise du Cap150px|center 150px|centerHabitat : Milieux semi-arides et maquis (fynbos) d'Afrique australe.Espèce presque exclusivement confinée à l'Afrique du Sud, dotée d'un pelage gris foncé moucheté uniformément et de pattes sombres. Herpestes ochraceusGray, 1848Mangouste ochracéeMangouste d’Abyssinie150px|center 150px|centerHabitat : Régions semi-désertiques de la Corne de l'Afrique.Proche morphologiquement de la mangouste svelte, elle s'en distingue par son pelage plus pâle, ocre ou jaunâtre, adapté au climat aride de sa région. Herpestes flavescens(Bocage, 1889)Mangouste flavescenteMangouste noire150px|center 150px|centerHabitat : Zones rocheuses et savanes sèches d'Angola et de Namibie.Espèce de petite taille au pelage variant du jaunâtre au brun roussâtre éclatant, inféodée aux zones arides du Sud-Ouest africain. IchneumiaGeoffroy Saint-Hilaire, 1837Ichneumies Ichneumia albicauda(Cuvier, 1829)Ichneumie à queue blancheMangouste à queue blanche150px|center 150px|centerHabitat : Savanes et forêts claires d'Afrique subsaharienne et du Sud de l'Arabie.Une des plus grandes espèces de la famille, strictement nocturne, facilement identifiable à sa silhouette haute sur pattes et à sa longue queue blanche. RhynchogaleGray, 1865Rhinogales Rhynchogale melleri (Gray, 1865)Rhinogale de MellerMangouste de Meller120px|center 150px|centerRépartition globale : Afrique subsaharienne.Lignée spécialisée possédant des dents adaptées à la consommation occasionnelle de fruits. Paracynictisde Winton, 1896 Paracynictis selousi (de Winton, 1896)Mangouste de Selous120px|center 150px|centerRépartition globale : Afrique subsaharienne.Fouisseuse nocturne discrète vivant dans les savanes d'Afrique australe. CynictisOgilby, 1833Cynicte Cynictis penicillata(Cuvier, 1829)Cynicte pénicilléMangouste jaune150px|center 150px|centerHabitat : Steppes semi-arides et plaines d'Afrique australe.Surnommée "mangouste-renard" en raison de son pelage fauve-jaune et de ses oreilles pointues. Espèce sociale vivant souvent en colonies. BdeogalePeters, 1850Bdéogales Sous-genre GaleiscusThomas, 1894Galéiscus Bdeogale nigripesPucheran, 1855Bdéogale nigripèdeMangouste à pattes noires 150px|centerHabitat : Forêts tropicales d'Afrique centrale.Grande espèce robuste au pelage grisâtre contrastant fortement avec ses membres entièrement noirs, spécialisée dans la consommation d'insectes terrestres. Bdeogale jacksoni(Thomas, 1894)Galériscus de JacksonMangouste de Jackson 150px|centerHabitat : Forêts de montagne d'Afrique de l'Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie).Espèce rare à la fourrure longue et dense gris-argenté et aux côtés du cou teintés de jaune clair. Dépendante des écosystèmes forestiers menacés. Sous-genre Bdeogale</small>Peters, 1850Bdéogales Bdeogale crassicaudaPeters, 1852Bdéogale à queue épaisseMangouste à queue touffue150px|center 150px|centerHabitat : Forêts claires et savanes d'Afrique orientale.Petite mangouste nocturne caractérisée par quatre doigts à chaque patte (au lieu de cinq chez la plupart des genres) et une queue très fournie. Bdeogale omnivoraHeller, 1914Mangouste de Sokoke 150px|centerHabitat : Forêts côtières reliques du Kenya et de Tanzanie.Espèce hautement menacée par la fragmentation de son habitat forestier très restreint, se nourrissant en grande partie de termites. Xenogalede Winton, 1901Xénogales Xenogale naso(de Winton, 1901)Mangouste à long museauMangouste du Congo 150px|centerRépartition globale : Afrique centrale.Espèce inféodée aux forêts denses et aux habitats forestiers humides du bassin du Congo. AtilaxCuvier, 1826Atylaces Atilax paludinosus(Cuvier, 1829)VansireMangouste des marais150px|center 150px|centerHabitat : Zones humides, marais et rivières d'Afrique subsaharienne.Espèce semi-aquatique robuste au pelage brun foncé. Ses pattes sont dépourvues de palmure mais ses doigts fins lui confèrent une excellente dextérité pour fouiller la vase. UrvaHodgson, 1836Urvas Urva javanica(Geoffroy Saint-Hilaire, 1818)Mangouste de Java150px|center 150px|centerHabitat : Îles de Java et Sumatra (Indonésie).Longtemps confondue avec la petite mangouste indienne, sa distinction génétique est confirmée. Elle préfère les milieux forestiers et agricoles d'altitude. Urva edwardsii(Geoffroy Saint-Hilaire, 1818)Mangouste d’EdwardsMangouste grise d'Inde150px|center 150px|centerRépartition : De la péninsule Arabique à l'Inde.Mangouste de taille moyenne au pelage gris fer rêche et épais. Célèbre pour ses combats vifs contre les cobras, immortalisée dans la culture populaire (Rikki-Tikki-Tavi). Urva auropunctataHodgson, 1836Mangouste à points dorésPetite mangouste indienne150px|center 150px|centerRépartition : Asie du Sud. Espèce introduite mondialement.Plus petite que sa cousine grise. Introduite dans les Caraïbes et le Pacifique pour chasser les rats, elle est devenue une espèce invasive redoutable pour la faune insulaire. Urva fusca(Waterhouse, 1838)Mangouste bruneMangouste de Malabar150px|center 150px|centerHabitat : Forêts d'altitude du Sud de l'Inde (Ghâts occidentaux) et Sri Lanka.Mangouste robuste au pelage brun foncé très épais et aux pattes noirâtres, adaptée aux zones montagneuses humides. Urva vitticollis(Bennett, 1835)Mangouste à cou rayé150px|center 150px|centerHabitat : Forêts et plantations du Sud-Ouest de l'Inde et du Sri Lanka.La plus grande espèce du sous-continent indien, reconnaissable à une large bande noire longitudinale de chaque côté du cou. Urva smithii(Gray, 1837)Mangouste de SmithMangouste roussâtre150px|center 150px|centerHabitat : Forêts claires et plaines de l'Inde et du Sri Lanka.Se distingue par son pelage d'un brun-roux teinté de noir, et surtout par l'extrémité de sa queue qui est noire et pointée vers le haut. Urva brachyura(Gray, 1837)Mangouste à queue courte150px|center 150px|centerHabitat : Forêts primaires de Malaisie, Bornéo et Sumatra.Espèce trapue au pelage brun-roux sombre et à la queue anormalement courte pour le genre. Menacée par la déforestation massive. Urva urvaHodgson, 1836Urva (Stricto sensu)Mangouste crabière150px|center 150px|centerHabitat : Zones humides et cours d'eau d'Asie du Sud-Est et du Sud de la Chine.Grande mangouste d'allure trapue caractérisée par une bande blanche distinctive qui court de ses babines jusqu'à ses épaules. Excellente nageuse spécialisée dans la capture de crabes et de poissons. Urva semitorquata(Gray, 1846)Mangouste à collier150px|center 150px|centerHabitat : Forêts d'altitude de Bornéo et Sumatra.Rare et méconnue, elle présente une coloration rousse ou orangée unique, avec une fine ligne plus claire sur les côtés du cou. Phylogénie Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004), Barycka (2005) et Patou et al. (2009) :

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Liens externes

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