Cerelles est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Cerelles a été longtemps un village exclusivement agricole, vivant de la polyculture, de l'élevage, de la forêt et de la vigne. Depuis les années 1970, le vignoble a disparu et la commune a commencé à accueillir des ménages de l'agglomération tourangelle à la recherche d'espace et de nature, tout en conservant leur centre d'intérêt professionnel sur Tours. La population est ainsi passée de 401 habitants en 1968, à en 2007. Ce rythme de croissance démographique, lié à l'urbanisation, devrait se maintenir pendant plusieurs années, compte tenu des surfaces constructibles et de l'attractivité de la commune (proximité de Tours, prix des terrains, cadre de vie). Déjà au , l'abbé Chevalier, célèbre géographe, auteur des « Promenades pittoresques en Touraine » paru en 1869, appréciait fort le village, ses vallons, son église et son château de Baudry puisqu'il termine sa description par ces mots : « Nous nous sommes arrêtés un peu longtemps à Cerelles, parce que c'est sans contredit la station la plus intéressante [entre Tours et Vendôme] ».

Les anciens perpétuent la prononciation traditionnelle du nom du village : « Srelles ».

Géographie

Situation La commune de Cerelles est située dans la Gâtine tourangelle, aux confins de la Gâtine historiqueGâtine historique et Gâtine tourangelle sont des noms de pays traditionnels. Voir Couderc, 1987, et 58-61 et Schweitz, 2001, s., au nord de Tours, à du centre de cette ville et à des zones commerciales et industrielles de Tours-nord.

Elle partage avec Chanceaux-sur-Choisille le hameau de Langennerie où se rassemblent trois bras de la Choisille dans une vallée marquant la frontière sud entre les deux communes. Elle jouxte les communes de Nouzilly à l'est, Rouziers au nord et Saint-Antoine-du-Rocher à l'ouest.

Relief et paysages Le relief de Cerelles est modelé par les Choisilles qui se rassemblent à Langennerie : la Choisille de Beaumont, la Choisille de Baudry formée de la Petite Choisille de Chenusson, de celle de Nouzilly et du ruisseau de la Fontaine, et enfin la Choisille de Monnaie grossie du ruisseau du Mortier. Leurs vallées sont étroites – à – et profondément marquées. Elles ne sont pas cultivées mais les rivières actionnaient plusieurs moulins autrefois. Elles sont parfois bordées d'habitations troglodytes ou de caves creusées dans le calcaire comme à la Gaspière, l'Héreau ou la falaise à l'ouest du village dominant le château de la Bédouère. L'essentiel du terroir est constitué d'une terre difficile, évoquée par le nom de Gâtine (terre gâtée, dévastée par des défrichements excessifs et sans discernement, terre pauvre)Schweitz, 2001, . : argile à silex, argile à perrons, « perruche »Perruche se dit d'un sol très caillouteux où les silex et les cherts abondent. Les cherts sont des silex incomplètement cristallisés aux formes souvent branchues..

Hormis les entailles des Choisilles, le plateau de Cerelles présente une pente douce nord-sud, de 140 à .

De la forêt du Moyen Âge subsistent des bois : châtaigniers, chênaies pédonculées, charmes… et des fûtaies qui couvrent environ 25 % du territoire communal. 90 % de ces forêts sont privées. Les bois de Baudry et de Lignières, à l'est, sont les plus vastes avec . Le bois de la Frelonnière, à l'ouest, compte environ tandis que plusieurs fûtaies de moindre importance animent le paysage, totalisant 60 autres hectaresBulletin communal 1996.

Hydrographie vignette|gauche|redresse=1.2|Réseau hydrographique de Cerelles. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend deux cours d'eau notables, la Choisille () et le Mortier (), et six petits cours d'eau dont la Choisille de Beaumont ()...

La Choisille, d'une longueur totale de , prend sa source à sur le territoire de la commune de Nouzilly et se jette dans la Loire à Saint-Cyr-sur-Loire, à , après avoir traversé .. Ce cours d'eau est classé dans les listes 1Le classement en liste 1 est réservé aux cours d'eau qui sont en très bon état écologique, ou identifiés par les SDAGE des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant, ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs est nécessaire. et 2Ce classement est attribué aux parties de cours d'eau ou canaux sur lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. au titre de l'article L. 214-17 du code de l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne. Au titre de la liste 1, aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique et le renouvellement de la concession ou de l'autorisation des ouvrages existants est subordonné à des prescriptions permettant de maintenir le très bon état écologique des eaux. Au titre de la liste 2, tout ouvrage doit être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant... Sur le plan piscicole, la Choisille est classée en deuxième catégorie piscicole. Le groupe biologique dominant est constitué essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)..

Le Mortier, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Crotelles et se jette dans la Choisille à Cerelles, après avoir traversé .. Sur le plan piscicole, le Mortier est également classé en deuxième catégorie piscicole.

Quatre zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de la Choisille de Beaumont de la Plotière au Moulin de la Gravelle », « la vallée de la Choisille de la Harlandière au Château de Baudry », « la vallée de la Choisille de Langennerie au Moulin de Cormiers » et « la vallée du Ruisseau du Mortier du Moulin de Madère au Château de Baudry »...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Parçay-Meslay à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Cerelles est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tours, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (39,8 %), forêts (34,3 %), prairies (17 %), zones urbanisées (8,5 %), zones agricoles hétérogènes (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Cerelles est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Pour anticiper une remontée des risques de feux de forêt et de végétation vers le nord de la France en lien avec le dérèglement climatique, les services de l’État en région Centre-Val de Loire (DREAL, DRAAF, DDT) avec les SDIS ont réalisé en 2021 un atlas régional du risque de feux de forêt, permettant d’améliorer la connaissance sur les massifs les plus exposés. La commune, étant pour partie dans le massif de Beaumont, est classée au niveau de risque 3, sur une échelle qui en comporte quatre (1 étant le niveau maximal)..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Cerelles. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 98,3 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 474 sont en aléa moyen ou fort, soit 99 %, à comparer aux 91 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2005 et par des mouvements de terrain en 1999.

Histoire

Du vignette|alt=Cerelles ancienne maison monastique de Châtenay|Châtenay, maison monastique du . Cerelles est mentionné pour la première fois dans une charte de Théotolon, archevêque de Tours, en 943, sous le nom de Cersilla. Puis successivement sous les noms de Cersalis en 978, Cersille en 1144, Cerseles en 1270, Cersolis en 1257, Cerellis, censive de Cereles, en 1290, Cerelles sur la carte de Cassini, Serelles ou Cerelles dans les actes notariaux et administratifs depuis le , et enfin Cerelles ou Cérelles à partir du .