Le Thouet est une rivière de l'Ouest de la France, dans les deux départements Maine-et-Loire et Deux-Sèvres, en régions Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine, un des derniers affluents de la rive gauche de la Loire.

Étymologie Le nom Thouet a pour origine un hydronyme gaulois sur lequel les spécialistes n'ont pas trouvé d'accord. Selon certains de ces derniers, il s'agit du mot tava signifiant tranquille, suivi du suffixe -Aris où se retrouve la racine hydronymique ArLe Thouet sur le dictionnaire des rivières et canaux de France - projet Babel., pour d'autres de toaro dont le sens reste obscur. Ce toponyme se retrouve également dans les noms de Thouars et du Thouaret, un des affluents de la rivière. Avant que le mot de Thouet ne se fixât au , le cours d'eau fut appelé Fluvius Toarum au , Fluvius Touverii autour de l'an mil, puis Thoer dans différents textes du ou encore Thoué vers 1567François Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 26..

Géographie Le cours du Thouet vignette|gauche|Château des ducs de la Trémoïlle et sa chapelle surplombant le Thouet et le pont des Chouans à Thouars. Long de , le Thouet naît en Gâtine poitevine, dernier avatar méridional, avec le Bocage vendéen, du Massif armoricain, à d'altitude. Sa source, localisée à l'ouest du département des Deux-Sèvres, près de la ferme de la Pointerie sur le territoire de la commune de Le Beugnon, près de Secondigny, est voisine de celle de la Sèvre nantaise. La rivière parcourt ensuite deux entités géologiques très différentes qui expliquent les multiples aspects que présente son coursPour davantage de détails, cartes géologiques au 1/ du BRGM 566, 565, 540, 539, 513, 512, 485 (de l'amont vers l'aval). : au sud et à l'ouest, le Massif armoricain aux terrains granitique de l'ère primaire, constitués de roches éruptives et métamorphiques. Ces terrains peu perméables ne peuvent donner naissance à un aquifère d'importance mais constituent des zones de ruissellement des précipitationsSimon Georget, Le bassin versant du Thouet; espace et territoire. La nécessité d'une gestion globale, partie: Les caractéristiques physiques Lire en ligne. ; au nord et à l'est, le Bassin parisien à la couverture sédimentaire d'origine marine formée de couches jurassiques calcaires de l'Aalénien supérieur au Callovien. La nature des roches permet ici la formation d'un aquifère dont les réserves en eau assure un soutien aux débits d'étiage. vignette|Le Thouet depuis le pont de Taizon. Dans la première partie de son cours, la rivière suit d'abord une direction sud-ouest / nord-est jusqu'en aval de Parthenay où elle reçoit ses premiers affluents notables : le Palais et la Viette. Le Thouet coule alors dans une vallée peu encaissée selon un tracé caractérisé par de petits méandres dont l'existence est lié au faible débit du cours d'eau. De Parthenay à Saint-Loup-Lamairé où il reçoit les eaux du Cébron, le cours de la rivière s'incline progressivement vers le nord, direction à peu près constante, à l'exception d'une courte déviation entre Thouars, Taizon et Montreuil-Bellay, jusqu'à sa rencontre avec la Loire. Le Thouet commence à s'encaisser d'environ dans des granitoïdes hercyniens, mais ce matériau qui résiste bien à l'érosion exercée par un cours d'eau sur ses berges empêche la rivière d'élargir son lit qui demeure étroit. Les versants de la vallée présentent des pentes moyennes à fortes et forment de manière irrégulière des escarpements caractérisés par des replats étroitsFrançois Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 45..

De Saint-Loup-Lamairé à Thouars, pénétrant dans des terrains calcaires du Jurassique inférieur et moyen, le Thouet coule dans une vallée ouverte et profonde d'une cinquantaine de mètres. Il alterne des sections rectilignes et des sections à méandres ; quelques kilomètres en amont de Thouars, l'un d'entre eux, ample et profond, forme le cirque de Missé offrant un décor abrupt et boisé assez inhabituel dans la France de l'ouestArticle de Max-André Brier in Guide des merveilles naturelles de la France, Sélection du Reader's Digest, 1973, p. 495.. De Thouars à Saint-Hilaire-Saint-Florent, lieu de sa confluence avec la Loire, le Thouet coule désormais sur des dépôts meubles du Cénomanien remblayée par des alluvions quaternaires. Sa vallée, correspond à une dépression large de 1 à , est peu marquée, ne s'encaissant qu'à deux reprises : à Montreuil-Bellay et dans son ultime course entre Varrains et son union avec le fleuve ligérien (il rencontre de véritables falaises formées de craies et de calcaires crayo-argileux ou tuffeau)François Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 48-50.. La rivière décrit quelques sinuosités mais qui n'ont pas l'ampleur des méandres rencontrés en amont.

Hydrographie vignette|Le confluent du Thouet et de la Dive canalisée (à gauche) à Saint-Just-sur-Dive.

Le bassin versant du Thouet s'étend sur une superficie totaleMarie-Cécile Trouilhé, Etude biotique et abiotique de l’habitat préférentiel de l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) dans l’ouest de la France. Implications pour sa gestion et sa conservation., Thèse de doctorat, Université de Poitiers, 25 avril 2002, p. 55 Lire en ligne. de , se répartissant de manière inégale sur trois départements, le nord des Deux-Sèvres, le nord-ouest de la Vienne et la partie sud-est du Maine-et-Loire. Il présente une forme irrégulière dont l'altitude moyenne décroit progressivement du sud-ouest vers le nord-est, de la source vers l'embouchure de la rivière qui présente une pente moyenne de . Contrairement à d'autres cours d'eau, le Thouet ne dispose pas d'un bassin structuré, ses différents tributaires offrent une organisation irrégulière, le substratum très hétérogène n'ayant pas contribué à l'homogénéité du réseau hydrographiqueFrançois Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 38.. Ce dernier présente la particularité d'être beaucoup plus dense sur la rive gauche où de nombreux affluents ont pris naissance dans la Gâtine poitevine que sur la rive droite où les seuls tributaires notables (tout particulièrement la Dive) viennent alimenter la rivière dans la dernière partie de son cours.

Contrairement à de nombreux cours d'eau français qui se sont dotés d'organismes de gestion de leur bassin versant et d'un Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), le Thouet et ses affluents ne disposent pas d'institution unique, leurs eaux sont gérées par plusieurs syndicats dont la collaboration laisse à désirer empêchant toute action concertéeL'eau du Thouet se moque de l'administration, La Nouvelle République du centre-ouest, 21 février 2006.. Il est ainsi difficile de fournir des données précises sur le bassin sauf en termes purement géographiques. Limité par quatre villes formant un quadrilatère (Saumur au nord, Parthenay au sud, Bressuire à l'ouest, Loudun à l'est), ce bassin versant compte environ habitants. Il demeure largement à dominante rurale avec une opposition existant entre la zone bocagère de l'ouest et du sud caractérisée par un habitat dispersé et la zone de campagne de champs ouverts, au nord et à l'est, à l'habitat groupé. Les villes sont rares et de taille modeste (sauf Saumur avec environ habitants mais c'est d'abord une cité ligérienne) : Bressuire (), Thouars (), Parthenay ( hab.), Loudun ( hab.), Doué-la-Fontaine (), Montreuil-Bellay ().

Les principaux affluents du Thouet (d'amont en aval) sont : la Viette () à Parthenay en rive droite ; le Palais () à Parthenay en rive gauche ; le Cébron () à Saint-Loup-Lamairé en rive gauche ; le Thouaret () à Taizé-Maulais en rive gauche ; l'Argenton () à Saint-Martin-de-Sanzay en rive gauche ; la Losse () à Montreuil-Bellay en rive droite ; la Dive () à Saint-Just-sur-Dive en rive droite.

Hydrologie Le régime fluvial du Thouet, par la nature des terrains de son bassin versant, dépend étroitement des précipitations et des températures qui jouent un rôle déterminant dans son écoulement. Situé seulement à quelques dizaines de kilomètres du littoral Atlantique, le bassin est affecté par un climat océanique caractérisé par une amplitude thermique faible ; que ce soit à NiortLe climat de Niort sur meteo.msn.com. Données reprises par Simon Georget, Le bassin versant du Thouet; espace et territoire. La nécessité d'une gestion globale, partie: Les caractéristiques physiques. à proximité de sa source ou à SaumurLe climat de Saumur sur meteo.msn.com (consulté le 9 juin 2008). Données reprises par Simon Georget, Le bassin versant du Thouet; espace et territoire. La nécessité d'une gestion globale, partie: Les caractéristiques physiques. près de sa confluence, la température moyenne annuelle est de l'ordre de (avec un minimum de janvier de l'ordre de et un maximum de juillet de ). Les précipitations relativement régulières, en revanche, ne présentent pas la même homogénéité connaissant une décroissance selon un gradient sud-ouest / nord-est. Le cours amont du Thouet et de ses affluents de rive gauche, proche de la Gâtine vendéenne, connaissent des précipitations annuelles abondantes de l'ordre de (avec un maximum de mm à Saint-Aubin-le-Cloud). En revanche, la partie aval et la région drainée par la Dive à l'est, sont nettement moins arrosées, les précipitations s'abaissant à , voire moins à Saint-Martin-de-Mâcon ()Données issues des centres départementaux Météo France de Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres et de la Vienne, citées par François Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 42-43.. vignette|Le Thouet (vue vers l'amont à Montreuil-Bellay) ne présente pas toujours cet aspect de rivière tranquille. Le débit mesuré à la station hydrologique du pont de Chacé, peu en amont de Saumur, à quelques kilomètres de la confluence avec la Loire, est en moyenne de /s dans le cadre d'un régime pluvial océanique. Ce débit présente de très fortes variations annuelles avec une période de hautes eaux concentrée en hiver (respectivement /s en janvier, /s en février et /s en mars) et des basses eaux particulièrement prononcées durant la période estivale : /s en juillet, /s en août, /s en septembreFrançois Bouchet, La Vallée du Thouet, p. 51. En l'absence actuelle de données fournies par la Banque Hydro sur cette station : code L8602120.. Le coefficient d'excessivité (rapport entre le débit mensuel le plus faible et le plus élevé) est très fort, de l'ordre de 16,68. Il s'explique par la nature des roches qui favorise un écoulement brutal et immédiat des précipitations conjugué à l'évapotranspiration plus forte en été que durant l'hiver. Ce type de régime peut conduire à une montée rapide des eaux en cas de précipitations abondantes et donc au risque de crues durant 7 mois de l'année (de la fin octobre au mois de mai). De longs épisodes pluvieux saturent complètement les sols du bassin versant et prennent la forme de crues lentes de plaine. Le fleuve sort de son lit mineur et ses eaux envahissent son lit majeur ; ces débordements sont lents, peu dangereux car les populations menacées peuvent être prévenues, ils n'en occasionnent pas moins de dégâts importants comme ce fut le cas en janvier 1998Photographies de la crue de janvier 1998. ou en décembre 1999. En 1911, une crue du Thouet eut toutefois des conséquences dramatiques. Le 23 novembre, les eaux tumultueuses de la rivière emportèrent l'unique pile du pont métallique de la voie ferrée Angers - Poitiers à un kilomètre de la gare de Montreuil-Bellay alors qu'un convoi s'engageait sur l'ouvrage. La machine et trois voitures de voyageurs furent précipitées dans les flots et, malgré la diligence des sauveteurs, cette catastrophe ferroviaire fit 16 victimesJacques Sigot, La catastrophe ferroviaire de Montreuil-Bellay, le 23 novembre 1911, Editions Geste, La Crèche (79), 2003 .

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