thumb|Croix de saint André, drapeau utilisé par les collaborateurs russes La collaboration russe pendant la Seconde Guerre mondiale désigne la collaboration politique, économique et militaire de citoyens d'URSS et aussi de Russes blancs (de l'ancien Empire russe) avec les forces d'occupation allemandes de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale.
URSS-Russie-Ukraine-Biélorussie-Pays baltes
Les événements historiques qui se sont déroulés avant la dissolution de l'URSS ont eu des conséquences historiques qui actuellement peuvent être rattachées à des entités politiques distinctes nées à la suite de cette dissolution. Il est toutefois extrêmement difficile d'isoler les événements survenus dans ces entités au sein de l'URSS avant sa dislocation. La collaboration biélorusse, la collaboration en Ukraine, la collaboration dans les pays baltes ont existé durant la même période. Les raisons de cette collaboration n'ont pas été partout les mêmes, les actions des différents collaborateurs ont varié. Mais il s'agissait toujours de citoyens soviétiques, vivant en URSS et ayant choisi ou s'étant trouvés devant la nécessité de servir les Allemands. Le nombre de peuples concernés s'élève par contre à plusieurs dizaines. Il faut en effet tenir compte des peuples du Caucase et d'Asie occidentale.
Causes et ampleur du phénomène thumb|Le major Ivan Denissovitch Frolov au centre avec des officiers du RONA pendant l'Insurrection de Varsovie (1944). L'officier à droite, selon les insignes, semble appartenir à ROA (à en juger aussi par les uniformes, les unités de chars). C'est parmi les citoyens d'URSS que l'on trouvait le pourcentage le plus élevé de collaborateurs politiques et militaires au sein des états belligérants durant la Seconde Guerre mondiale Галина Сапожникова. Предатели по выбору и без. Интервью с доктором исторических наук Б. Н. Ковалёвым. Комсомольская правда.14.09.2010 (Les traîtres par choix et sans choix ; interview de l'historien Boris Kobaliov. Le phénomène était très répandu, mais selon plusieurs évaluations, la motivation idéologique n'était présente que chez un petit nombre de collaborateurs. Parmi les raisons principales des collaborateurs, il faut surtout retenir le mécontentement de ceux-ci vis-à-vis des pouvoirs soviétiques. Le régime totalitaire de Staline, la collectivisation, la répression stalinienne, l'Occupation des pays baltes, les intérêts mercantiles, Борис Ковалёв (la vie quotidienne des russes sous l'occupation), les convictions religieuses (par exemple les Vieux-croyants)«Три года без Сталина. Оккупация: советские граждане между нацистами и большевиками», историк Игорь Геннадиевич Ермолов(Trois ans sans Staline, l'occupation, les citoyens soviétiques entre le nazisme et le bolchévisme), mais aussi l'activité antisoviétique constante de l'émigration russe blanche, font que certains considéraient les Allemands comme des libérateurs lors de l'invasion de l'URSS en juin 1941.
La collaboration des citoyens de l'URSS avec l'occupant a pris différentes formes : militaires, politiques, économiques et administratives. En même temps, comme le prouvent les nombreuses sources à ce sujet, le recrutement des collaborateurs se faisait selon un schéma identique. Dans les camps de prisonniers de guerre étaient placées des affiches par des recruteurs allemands, issus des rangs des Russes blancs, de l'Armée Vlassov ou d'organisations politiques. Ils examinaient les volontaires qui, pour différentes raisons, voulaient entrer au service de l'armée allemande. Se créait ainsi un noyau, qui au fur et à mesure était subdivisé. Les recrues étaient sélectionnées sur base de leur aptitude physique à porter les armes dans l'armée. Elles se trouvaient devant un choix fort limité : soit accomplir leur service dans l'armée allemande, soit mourir de faim. Beaucoup, désespérés, finissaient par choisir de porter l'uniforme allemand, espérant que l'occasion leur soit donnée de passer avec armes et bagages du côté des partisans ou de l'Armée rouge.
Sur les territoires occupés par les forces du Troisième Reich et de ses alliés, vivaient 70 millions de personnes. Entre 1940 et 1945, ce sont environ 1,5 million de citoyens soviétiques qui ont servi dans la Wehrmacht. Tous peuples confondus к. в. н. Цыганок А. «Русский коллаборационизм в ВОВ» на сайте «Личные деньги». Дата публикации 2009-02-09(collaboration russe) (pour la seule année 1944 déjà près d'un million), plus de 3 millions de Russes ont été soumis aux travaux forcés au sein du territoire occupé par les forces du Troisième Reich(Vlasov et le mouvement de libération russe).
Selon Sergueï Markedonov, « rien que pour les Cosaques, entre octobre 1941 et avril 1945, sont passées du côté allemand parmi lesquelles en réalité seules à étaient réellement d'origine cosaque ». En janvier 1943, de Cosaques avaient déjà été constitués, composés en tout de .
Selon Cyrill Alexandrov, ont servi comme militaires du côté allemand entre 1941 et 1945 environ 1,24 million de citoyens d'URSS : Russes (parmi eux Cosaques), Ukrainiens, représentants des peuples d'Asie centrale (Tajiks, Uzbeks), Lettons, Estoniens, représentants des peuples de la Volga, Azéris, Lituaniens, représentants des peuples du Caucase du sud, Biélorusses, Géorgiens, Tatars de Crimée, Allemands de Russie, Arméniens, Kalmouks, Ingriens (faisant partie de l'armée finlandaise) ; les données ne sont pas connues en ce qui concerne les Moldaves Большое интервью Кирилла Александрова // Исторический дискуссионный клуб. 12 марта 2010..
Collaboration idéologique
Anatoli Makridi, rédacteur du journal nazi d'occupation en langue russe Pour la Patrie, explique ainsi l'origine de ses convictions «Наша страна» от 04.05.2013, «Миф о героической работе верхушки НТС», Анатолий Макриди (Anatoli Makridi, le mythe du travail héroïque du NTC), et celle des collaborateurs russes pendant la Seconde Guerre mondiale : Il me semble que ceux que l'on appelle à mauvais escient "collaborateurs" ne cachaient pas une recherche d'avantages personnels, mais qu'ils raisonnaient de manière semblable : avec n'importe quels occupants nazis il serait possible de réussir à travailler, sans problèmes importants durant des années, mais qu'avec les bolchéviks cela n'avait jamais marché et cela ne marcherait jamais.
Lydia Tymofeïevna Ossipova (née Poliakov) exprimait des sentiments proches de ceux d'Anatoli Makridi dans son « Journal d'un collaborateurидия Осипова. опубликовано в сборнике « Свершилось. Пришли немцы! » » :
Peu importe comment sont les Allemands, ils ne seront pas pire. Nous pourrions vivre sans eux. Chez tout le monde ce sentiment apparaissait suivant lequel était enfin arrivé ce que nous attendions et que nous n'osions même pas espérer, mais que dans le fond de notre âme nous avions toujours attendu si fortement. Et si cet espoir n'avait pas existé, il n'aurait pas été possible de vivre. Mais que les Allemands vont gagner, cela ne fait pas de doute. Excusez-moi Seigneur ! Je ne suis pas un ennemi de ma patrie, de mon peuple. Je ne suis pas un dégénéré. Mais il faut regarder la vérité en face : nous tous, toute la Russie, espère avec passion la victoire des ennemis. Ce maudit système nous a tout volé et même notre sentiment patriotique.
Ce journal fut publié par l'historien Oleg Bounditskiï qui lui-même considérait que de tels motifs de collaboration étaient absurdes et qu'il les traitait souvent de « pacte avec le diable » «Не так : Идейный коллаборационизм в годы Великой Отечественной Войны — продолжение» Радиостанция «Эхо Москвы», программа «Не так», историк Олег Будницкий (Oleg Boudniskiï) «За родину! С Гитлером». Радио «Свобода», Олег Будницкий (Radio liberté/Oleg Boudniskii) :Интервью «Сделка с дьяволом не приносит дивидендов» от 13 декабря 2012, НИУ ВШЭ, в разделе «Публикации» историк Олег Будницкий (Oleg Boudnitskiï). thumb|Bundesarchiv Bild 101I-280-1075-15A, Russie, Bronislaw Kaminski avec des officiers de police. Roman Redlikh, qui collabora avec la Wehrmacht, activiste au sein de l'Union des solidaristes russes (NTS), et qui pensait à une troisième voie (« Ni avec Hitler, ni avec Staline, mais avec le peuple russe ! »), décrivait les motifs de la collaboration de beaucoup, par exemple de Bronislaw Kaminski, fondateur de l'Armée populaire russe de libération (RONA) comme étant exclusivement antisoviétiquesЕрмолов, Игорь Геннадиевич|Игорь Геннадиевич Ермолов, «Три года без Сталина. Оккупация: советские граждане между нацистами и большевиками», Роман Редлих (Trois ans sans Staline. L'occupation : des citoyens soviétiques entre les nazis et les bolchévistes). L'auteur des livres populaires Литературный обзор книг издательства «Посев» «Знамя» 2012, , Татьяна Морозова (Tatiana Morosova), Alexandre Kazantsev, lui-même collaborateur écrivait que beaucoup de collaborateurs russes se voyaient comme une « troisième force », et lui-même se joignait à leurs rangs. Leur collaboration avec les ennemis Allemands apparaissait comme nécessaire dans le but de vaincre le peuple russe esclave de la « dictature communiste cruelle » et en fin de compte d'atteindre certains des objectifs des russes eux-mêmes «Третья сила. Россия между нацизмом и коммунизмом», Александр Степанович Казанцев. (Troisième force. La Russie entre nazisme et communisme, A. Kazantsev).
Étape préliminaire En 1941 le commandement allemand ne possédait aucun plan en vue de la création d'un organisme destiné à coordonner différents mouvements de collaboration. Une partie des volontaires Hiwi fut utilisée par la Wehrmacht, et dans les territoires occupés ils constituèrent des détachements de police auxiliaire. À la fin de 1941 et au début 1942, dans les camps de concentration se formèrent spontanément des groupes d'activistes qui espéraient soutenir le commandement allemand. Parmi eux un des plus actifs fut Siméon Maltsev, fondateur du Parti populaire du travail. Au début, il réussit à attirer l'attention et des Allemands et des mouvements d'émigrants russes. Cependant après l'arrivée de Vlassov, son principal concurrent, l'influence de Maltsev diminua tant et si bien qu'il finit par se retrouver dans un camp de concentration où, selon toute vraisemblance, il mourut.
Vlassov et l'Armée de libération russe (ROA) thumb|General Vlassov avec des soldats du ROA.
De petites unités de collaboration se formèrent en Allemagne avec des prisonniers de guerre dès l'automne 1941. Outre de prisonniers de guerre et d'activistes du ROAEn cyrillique РОА., elles étaient en outre composées d'un petit nombre d'officiers des Armées blanches ou ayant déserté l'Armée rouge. Andreï Vlassov, général-lieutenant était à la tête du ROA. Le but de ce mouvement était de renverser le pouvoir soviétique.
Parmi les chefs de cette armée il y avait aussi les généraux V. I. Angeleev, V. F. Belogortsev, S. K. Gorodin, des colonels K. Kromiadi, I. K. Sakharov et d'autres encore. Donnaient également leur appui : les généraux, Alexei von Lampe, N. N. Golovin, V. V. Kreiter, les généraux Atamans du Don G. V. Tatarkin et V. G. Naoumenko. Le capitaine V. K. Schtrik-Shtrikfeld qui avait servi dans l'armée allemande fit également beaucoup pour la création de la ROA.
Après le début de la campagne du ministère de la Propagande du Troisième Reich qui soutenait l’« armée Vlassov » (qui en réalité n'existait pas encore vraiment à ce moment-là) tous les citoyens soviétiques apprirent l'existence des Vlassovtsy et leur activité au sein de la Wehrmacht.