Le métro de Santiago est un système de transport urbain desservant Santiago, la capitale du Chili, ainsi que son agglomération.

Mis en service en et étendu progressivement, le réseau comporte aujourd'hui et pour une longueur totale de , ce qui en fait le deuxième plus étendu d'Amérique latine après celui de Mexico.

Le système est exploité par la compagnie publique Metro SA, créée en 1990. En 2019, sa fréquentation annuelle a été de près de de passagers. Environ sont transportés quotidiennement.

Histoire et développement Lignes 1 et 2 : la première phase

Le premier projet de métro dans la capitale chilienne remonte à 1944 mais ce n'est qu'en 1968 que le projet définitif est approuvé par le gouvernement d'Eduardo Frei Montalva. Le plan initial prévoit la construction d'un réseau de métro comprenant 5 lignes pour une longueur de 60 km. Le concours international lancé pour la conception du métro est remporté par un consortium franco-chilien notamment composé de la SOFRETU, filiale d'ingénierie de la RATP. Le métro de Santiago présente ainsi de nombreuses similitudes avec le métro de Paris, la principale étant le roulement sur pneumatiques déjà exporté à Montréal et Mexico.

Le premier tronçon est mis en service le sous la dictature d’Augusto Pinochet. La ligne 1 relie alors San Pablo et La Moneda en circulant sous la rue principale de la ville, l'Alameda del Libertador Bernardo O'Higgins. En 1977, elle est prolongée jusqu'à Salvador, en jusqu'à Escuela Militar, et en 2010 jusqu'à Los Dominicos, le terminus actuel de la ligne.

La ligne 2, à son ouverture en , relie les stations Los Héroes et Franklin. En de la même année, la ligne est prolongée jusqu'à Lo Ovalle. En 1987 la ligne est de nouveau étendue jusqu'à Cal y Canto. Cette extension marque l'arrêt du développement du métro pour une décennie en raison de la situation financière qui ne permet d'envisager de nouveaux projets. En 2004, la ligne est prolongée vers le sud jusqu'à La Cisterna, son terminus actuel. En plus, la ligne est prolongée progressivement vers le nord, jusqu'à Cerro Blanco en 2004, Einstein en 2005, et Vespucio Norte en 2006, où il se termine actuellement.

Le trafic, assuré par de cinq voitures, atteint par jour en 1988, soit de passagers, mais seulement 12% des voyages dans la ville. En 1994, la fréquentation des deux premières lignes atteint par jour. En 1996, le métro transporte de passagers.

Ligne 5 : longue gestation, construction rapide

En , le ministre des Travaux publics annonce la création d'une troisième ligne, en présence de dirigeants de la SOFRETU. Le financement de la première phase serait assuré par des crédits français à hauteur de et de de dollars de financement chilien. Le projet avance cependant avec lenteur en raison de la crise économique si bien que la construction de la ligne 5 n'est finalement approuvée qu'en , par le président Patricio Aylwin.

Les appels d'offres, par lots, sont publiés en 1992 auxquels répondent sept consortiums. La société franco-britannique GEC-Alsthom est finalement retenue en pour la fourniture du matériel roulant, soit 58 véhicules sur pneu de type NS-93, semblables aux rames MP 89 destinées métro de Paris. La signature du contrat sera effective en juillet, le financement assuré essentiellement par un crédit des banques françaises. La société Cegelec obtient le contrat pour la fourniture de l'équipement électrique de la ligne.

La construction de la ligne débute en , par celle du tunnel. Prévue pour être mise en service en , elle le sera finalement en . En , Gec-Alsthom obtient une commande supplémentaire portant sur sept trains de six voitures. D'autres commandes viendront par la suite compléter le parc de NS-93 pour la ou pour renforcer le parc de la première ligne.

C'est donc dix ans après la dernière extension de la qu'est inaugurée la à la technologie presque entièrement française, le par le président Eduardo Frei.

Une reprise des extensions La ligne 5 sera prolongée plusieurs fois, en , en , en et surtout pratiquement doublée en et .

Dix-sept ans après sa dernière extension, en , la est à nouveau prolongée en jusqu'à Cerro Blanco, puis à plusieurs reprises, en , et finalement en jusqu'à Américo Vespucio Norte.

En 2002, le métro transporte de passagers, fréquentation qui augmente progressivement à en 2004, en 2005.

Du pneu au fer, trois nouvelles lignes

Construction des lignes 4 et 4A

En , le président Ricardo Lagos annonce la construction d'une nouvelle ligne de métro qui reliera onze communes du sud-est de la capitale entre Providencia et Puente Alto. Cette nouvelle ligne coûtera un milliard de dollars, venant d'emprunts de la société d'État. L'ensemble du projet doit être livré au troisième trimestre de 2005. Cette nouvelle ligne nord - sud sera de part au nord de la station Tobalaba, sur la . À la station Vicuña Mackenna, elle se divise en deux branches : l'une qui va jusqu'à Puente Alto et une autre jusqu'à la station La Cisterna. Seule la section entre Tobalaba et Grecia est souterraine, le reste de l'itinéraire est en surface ou en viaduc (tronçon Vespucio – Puente Alto). Cette nouvelle ligne du métro est accompagnée de travaux comprenant les extensions de des et 5, un train de banlieue ou Metrotrén vers Maipú et Melipilla. Le projet est important puisqu'il s'agit de doubler pratiquement le réseau de métro alors existant. La Compagnie Metro SA emprunta auprès des banques le financement nécessaire, soit de dollars américains, sous l'égide d'une banque française.

Les travaux de la commencent alors en . Les appels d'offres sont lancés fin 2001, mais ce n'est qu'en qu'Alstom gagne le contrat du matériel roulant ( de trois voitures en acier inox Metropolis, équipés de contrôle automatique de type Urbalis).

La est mise en service le , en même temps qu'une courte prolongation de la permettant la correspondance, et sera suivie d'une extension en . En est mise en service la branche de cette vers La Cisterna. Celle-ci est finalement exploitée de manière autonome et prend le nom de ligne 4A.

Du fait de ces mises en service, la fréquentation passe à en 2006 et à en 2007.

Construction de deux lignes de métro sans conducteur, les lignes 6 et 3

Le , le président de la République, Ricardo Lagos, et le PDG de Metro SA, Fernando Bustamante, ont annoncé l'extension de la à l'est vers Los Dominicos, ainsi que la construction d'une ligne nouvelle allant de Maipú et Pudahuel à Lo Prado avec croisement à la station Quinta Normal. L'extension de la sera mise en service en en même temps que celle de la , ces deux extensions ayant fait l'objet d'un contrat d'assistance avec Systra.

Après la mise en service de l'extension de la en , le métro marque une pause relative en termes de fréquentation, passant de de voyages en 2012 à de voyages en 2017.

En , la présidente Michelle Bachelet annonce la construction d'une ligne 6 dont les travaux démarreraient la même année. La société Systra obtient en les contrats de conception, travaux et de mise en service des deux lignes nouvelles. Les appels d'offres sont lancés en . Le financement des projets, soit de dollars, est assurée par une subvention de du gouvernement chilien, par une entreprise nationale et par Metro SA.

Le la présidente Michelle Bachelet a ouvert la première ligne de métro sans conducteur à Santiago, la . Cette ligne, dont la construction a débuté en 2014, relie Cerrillos à Los Leones sur un tracé souterrain de , desservant dix stations.

La construction de la ligne 3 commence en 2012. Le a été inaugurée la , seconde ligne sans conducteur du métro de Santiago.

+Chronologie des mises en serviceLigneLongueurStationsOuvertureParcours17pxSan Pablo - La Moneda8,2 km12Souterrain17pxLa Moneda - Salvador5Souterrain17pxLos Héroes - Franklin5Sol17pxFranklin - Lo Ovalle6Souterrain17pxSalvador - Escuela Militar7Souterrain17pxLos Héroes - Santa Ana1Sol17pxSanta Ana - Puente Cal y Canto1Souterrain17pxBaquedano - Vicente Valdés13Viaduc / Souterrain17pxBaquedano - Santa Ana3Souterrain17pxSanta Ana - Quinta Normal2Souterrain17pxPuente Cal y Canto - Cerro Blanco2Souterrain17pxLo Ovalle - La Cisterna2Souterrain17pxCerro Blanco - Einstein2Souterrain17pxBellavista de La Florida - Vicente Valdés1Souterrain17pxVicente Valdés - Plaza de Puente Alto9Viaduc17pxTobalaba - Grecia8Souterrain17pxGrecia - Vicente Valdés6Sol17pxVicuña Mackenna - La Cisterna6Sol17pxEinstein - Vespucio Norte3Souterrain17pxEscuela Militar - Los Dominicos3Souterrain17pxQuinta Normal - Pudahuel5Souterrain17pxPudahuel - Plaza de Maipú7Viaduc17pxCerrillos - Los Leones10Souterrain17pxLos Libertadores - Fernando Castillo Velasco18Souterrain17pxFerrocaril - Plaza Quilicura3Souterrain17pxEl Bosque - Hospital El Pino4Souterrain

Le réseau À cause des choix initiaux du métro de Santiago, en particulier le roulement pneumatique, comme la poursuite de la coopération avec les sociétés françaises par la suite, la conception du métro de Santiago emprunte beaucoup aux technologies françaises. Les lignes 1, 2 et 5 ont ainsi recours à la technologie du roulement sur pneumatique, développée à Paris dans les années 1960. Les trains de ces lignes sont constitués de cinq voitures au minimum, les stations de ces lignes peuvent recevoir des trains de huit véhicules.

Les lignes 3, 4, 4A et 6 ont quant à elles recours au roulement sur fer.

Dernières nées du réseau, les lignes 3 et 6 sont de plus entièrement automatisées. LigneTerminusOuvertureDernier prolongementLongueur (km)StationsAlimentationRoulementcentré|sans_cadre|25x25pxSan PabloLos Dominicos1975201020,427 railPneucentré|sans_cadre|25x25pxVespucio NorteHospital El Pino1978202325,926 railPneucentré|sans_cadre|25x25pxPlaza QuilicuraFernando Castillo Velasco201920232521CaténaireFercentré|sans_cadre|25x25pxTobalabaPlaza de Puente Alto2005200624,723 railFercentré|sans_cadre|25x25pxVicuña MackennaLa Cisterna2006 -7,76 railFercentré|sans_cadre|25x25pxPlaza de MaipúVicente Valdés1997201129,730 railPneucentré|sans_cadre|25x25pxCerrillosLos Leones2017 -15,310CaténaireFer

Le réseau

Les lignes

Ligne 1

La première ligne de métro San Pablo - Los Dominicos, 19,8 km et 27 stations, d'orientation est - ouest, est presque entièrement souterraine.

Avec près de 263 millions de voyages en 2019, c'est la ligne la plus fréquentée du réseau.

Ligne 2

La ligne 2 Vespuccio Norte - Hospital El Pino, 19,5 km, d'orientation nord - sud, 26 stations, est en partie souterraines et en partie au niveau du sol (partie centrale et plus ancien).

Avec près de 103 millions de voyages en 2019, c'est la troisième ligne la plus fréquentée du réseau.

Ligne 3

La ligne 3 de Los Libertadores au nord-ouest de Santiago en passant par le centre-ville jusqu'à Fernando Castillo Velasco, à l'est de la ville est la plus récente, a été mise en service en janvier 2019, avec près de 22 km avec 18 stations.

La ligne est exploitée à l'aide d'une flotte de 22 rames de cinq voitures fournies par CAF dans le cadre d'un contrat 37 rames de 451,9 millions US$ attribué en 2013. Les rames de 120 m de long ont une capacité de 1 285 passagers et une vitesse maximale de 80 km/h. La CAF en assure la maintenance pendant 20 ans. Thales, partenaire du consortium, a fourni une signalisation CBTC conçue pour permettre en toute sécurité et sans conducteur des intervalles entre trains de 90 secondes, pour la ligne 3 comme pour la ligne 6.

La ligne 3 a transporté 55,8 millions de passagers au cours de sa première année d'exploitation.

Ligne 4 et 4A

Sur la ligne 4 Tobalaba - Pl. Puente Alto, 24,7 km, en partie souterraines et en partie au niveau du sol / surélevées, 23 stations, circulent des trains avec roues en acier. Les trains de cette ligne sont composés de trois à six voitures.

La ligne 4A, V.Mackenna - La Cisterna, 7,7 km, 6 stations, est au niveau du sol ou en surélévation.

Avec 118 millions de voyages en 2019 (y compris la branche A), c'est la seconde ligne la plus fréquentée du réseau.

Ligne 5