Le meurtre de deux adolescents et un adulte israéliens en a été l'un des éléments déclencheurs de la guerre de Gaza de 2014.

Faits Les faits se sont déroulés le , près du Goush Etzion en Cisjordanie entre Bethléem et Hébron. Gil-Ad Shaer (, originaire de Talmon), Naftali Fraenkel (, originaire de ) et Eyal Yifrach (, originaire d'El'ad). sont enlevés tandis qu'ils faisaient de l'auto-stop pour se rendre chez eux. Leurs corps sont découverts le ., dans un champ à l’entrée de Halhul près d'Hébron, au terme de l’opération militaire Shouvou a'him (« Gardiens de nos frères ») visant à les retrouver ainsi que leurs ravisseurs présumés, Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh, membres de la cellule Hébron du Hamas.

Israël accusant le Hamas de l’enlèvement, des centaines de militants et officiels des cellules locales du Hamas sont arrêtés, parmi lesquels plusieurs dizaines avaient été libérés en échange de Gilad Shalit. Ces arrestations s’accompagnent de nombreuses frictions avec la population palestinienne. En une semaine, cinq Palestiniens sont tués par des soldats israéliens. Dans la nuit du au , Mohammad Abou Khdeir, un adolescent de seize ans, est brûlé vif par des extrémistes juifs, meurtre qui accroît les tensions entre Israël et le Hamas.

Pendant les dix jours de l'opération israélienne en Cisjordanie, Tsahal a arrêté environ 800 Palestiniens sans inculpation ni procès, tué neuf civils et perquisitionné près de 1 300 bâtiments résidentiels, commerciaux et publics.

En réponse, le Hamas effectue des centaines de tirs de roquettes en direction d’Israël. Ces roquettes sont pour beaucoup interceptées par le Dôme de fer, le système de défense israélien, ou ne causent que des dégâts minimes en raison de leur conception rudimentaire. Le , en réponse à l’intensification des tirs de roquettes vers le sud d’Israël, l’opération Bordure protectrice est lancée contre Gaza. Celle-ci entraîne la mort de 2 251 Palestiniens, dont 551 enfants, et de 73 Israéliens.

Le Hamas a dans un premier temps nié être responsable de l'enlèvement, avant de reconnaitre que les suspects étaient membres du mouvement tout en affirmant qu'ils avaient agi de leur propre initiative.

Le , les autorités israéliennes ont annoncé avoir arrêté le Houssam Kaouasme d'Hébron, qui aurait reconnu être le chef des ravisseurs et avoir reçu un soutien financier du Hamas..

Le , Marouan Kaouasme et Amar Abou Aïcha, les deux membres du Hamas tenus pour responsables de l'enlèvement et du meurtre des trois adolescents et qui étaient recherchés depuis par Israël ont été abattus lors d'une fusillade avec les soldats. Ceux-ci avaient encerclé une maison de Hébron dans laquelle ils se cachaient. Le Hamas a .

Déroulement Le vers 22 h 15, les trois jeunes se trouvent à une trempiada (station d'auto-stop) située à l'intersection d'Alon Shvut. Gil-Ad Shaer, résident de Talmon en Samarie, et Naftali Frenkel, de Nof Ayalon dans la banlieue de Modiin-Maccabim-Reout, ont tous deux et étudient à la yeshiva Mekor Hayim de Kfar Etzion ; leur aîné, Eyal Yifrach d'El'ad, , étudie à la yeshiva Shavei Hevron. Tous trois souhaitent rentrer chez eux.

Selon la reconstitution, ils seraient montés dans une voiture de modèle Hyundai i35, immatriculée en Israël en provenance de Hébron. La voiture fait route vers l'ouest mais rebrousse chemin avant de dépasser la ligne verte et retourne à Hébron.

Vers 22 h 25, Gil-Ad Shaer contacte de son téléphone portable le 100 (numéro d'appel d'urgence de la police israélienne) et murmure « On m'a enlevé ». Selon l'audition de l'enregistrement rendu public le , le policier qui réceptionne l'appel ne l'entend pas, pas plus que les ravisseurs vociférant l'ordre de baisser la tête. Un cri de douleur s'ensuit puis des bruits rétrospectivement identifiés comme des coups de feu tirés avec un silencieux et d'autres cris de douleur suivis de bruits de radio, d'un autre coup de feu et de chants en arabe.. Les standardistes tentent de rappeler leur interlocuteur huit fois avant d’y renoncer, pensant avoir affaire à un mauvais plaisantin. et ne transmettent l'appel aux forces de sécurité que 5 heures plus tard, lorsque la famille Shaer signale la disparition de leur fils.

L'origine de l'appel est localisée à Dura Hébron, une ville palestinienne située à au sud-ouest d'Hébron., le dernier signal émis par le téléphone portable est détecté à 23 h 30 aux alentours de cette ville..

Le , la police ordonne le silence sur l’affaire ; l’identité des ravisseurs présumés, Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh, membres de la cellule Hebron du Hamas, est connue presque immédiatement mais ils semblent avoir disparu sans laisser de traces. La voiture Hyundai est retrouvée calcinée par la police palestinienne..

L’hypothèse de travail de l’armée et des services de sécurité israéliens, est que les adolescents sont en vie et que leur enlèvement n'a pas encore été revendiqué parce que les ravisseurs et leurs otages n'auraient pas atteint leur destination finale..

Revendications Le , trois organisations palestiniennes inconnues revendiquent cet enlèvement, mais la crédibilité de ces revendications est mise en doute par l’armée israélienne. Le , des médias palestiniens rapportent

Un groupe se présentant comme la de l'État islamique revendique notamment l'enlèvement des trois adolescents, le . Ce groupe ne s'était jamais manifesté auparavant« Netanyahu assure que les trois jeunes ont été enlevés par « un groupe terroriste », Le Figaro..

Recherches thumb|Opération Gardiens de nos frères.

Le , Tsahal lance une vaste opération de recherche nommée « Gardiens de nos frères » (Shouvou a'him) accompagnée d'arrestations de militants du Hamas et du Jihad islamique palestinien. Une centaine de membres et de responsables du Hamas en Cisjordanie y compris son chef local Hassan Youssef, ainsi que des dirigeants du Jihad islamique palestinien sont arrêtés.

L'armée israélienne impose un bouclage complet de la ville de Hébron dans le cadre des recherches pour tenter de retrouver les trois disparus. Les recherches se concentrent sur la localisation de deux membres du Hamas disparus depuis le jour de l’enlèvement.. Selon des sources palestiniennes, les services du renseignement palestiniens ont avec les forces de sécurité israéliennes. Elles soulignent que

Israël déclare que vignette|Tombe de Gil-Ad Shaer, Eyal Yifrah et Naftali Fraenkel, les trois garçons enlevés et assassinésEn dehors d'Hébron, soumise à un étroit blocus militaire, les opérations de quadrillage se sont étendues à Naplouse, Bethléem et d'autres villes de Cisjordanie, avec l'arrestation de plus de 250 « suspects » , dont 51 anciens prisonniers qui avaient été relâchés dans le cadre de l'accord pour la libération du caporal Gilad Shalit, le . Au bout d'une semaine, le nombre de « suspects » arrêtés dans des opérations de ratissage monte à 350.

Les opérations israéliennes en territoire occupé visent aussi à démanteler le Dawa, le réseau de bienfaisance du Hamas, c'est-à-dire son infrastructure sociale et financière en Cisjordanie. Les autorités israéliennes savent que la répression en Cisjordanie visant les militants du Hamas ne provoquera que des protestations de principe de la part de l'Autorité palestinienne, tout en bénéficiant d'un soutien silencieux de la communauté internationale.

Découverte des corps Les corps des trois adolescents sont découverts dix-huit jours après leur enlèvement, le lundi , dans un champ à l’entrée de Halhul, à au nord de Hébron, au terme de l’opération « Gardiens de nos frères » destinée à les retrouver. Il s'avère que les adolescents ont en fait été assassinés quelques heures à peine après leur enlêvementhttps://fr.timesofisrael.com/les-familles-des-trois-jeunes-assassines-en-2014-attaquent-le-hamas-en-justice/.

Enquête Le , le Service de sécurité intérieure israélien dévoile l'identité des deux principaux suspects, Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh, membres du Hamas, qui est considéré comme une organisation terroriste par de nombreux pays. Les deux suspects, résidents d'Hébron, dont la trace est perdue depuis le jour de l’enlèvement avaient été emprisonnés par Israël dans le passé...

Toutefois, l'implication du Hamas est fortement mise en doute en juillet par un membre du même Shin Bet qui, sous couvert d'anonymat, indique l'absence de données allant de ce sens, et pense que l'information a été diffusée à des fins politiques, avec opération de censure sur la presse israélienne Sheera Frenkel, « Israeli Intelligence Officers Doubt Hamas Involvement In Incident That Sparked Gaza War », buzzfeed, 29 juillet 2014. Michael Calderone, « Israel Censor Wants To Pre-Approve New York Times Coverage Of Soldier », Huffington Post, août 2014.. Yuval Diskin, ancien directeur du Shin Bet, confirme ces propos au journal Der Spiegel : .. Selon lui, avoir lancé les opérations militaires en Cisjordanie et s'être attaqué au gouvernement d'union du Fatah et du Hamas est une erreur..

Le correspondant de la BBC Jon Donnison a indiqué que Mickey Rosenfeld, le porte-parole de la police israélienne, lui avait dit que les responsables de l'enlèvement des trois jeunes israéliens étaient affiliés au Hamas mais n’agissaient pas sur ordre de la direction du mouvement.

Le , les autorités israéliennes ont annoncé avoir arrêté le Houssam Kaouasme, résident d’Hébron, soupçonné d’être le « cerveau » de l’enlèvement et du meurtre des trois adolescents israéliens et d'avoir dirigé le commando en s’assurant le soutien financier du Hamas pour l'achat des armes qu’il aurait ensuite fournies à ses deux complices pour commettre ce crime. Il aurait aussi aidé à enterrer les trois victimes dans un terrain qu’il avait acheté quelques mois plus tôt. Le Hamas avait démenti être responsable de l'enlèvement tout en saluant l'opération .}https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/08/05/97001-20140805FILWWW00372-un-palestinien-soupconne-du-meurtre-de-trois-israeliens-arrete.php..

Le , Saleh al-Arouri, membre du bureau politique du Hamas, déclare que ces meurtres ont bien été commis par des membres du Hamas, sans que la direction du mouvement en ait été avertie..

Réactions et positions diverses Israël Le , le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accusé le Hamas d'être responsable de l'enlèvement. Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies à Jérusalem à l'appel du Grand-rabbinat d'Israël dans une prière collective pour la libération des trois adolescents au mur des Lamentations, le lieu le plus sacré du judaïsme.. Le , les mères des trois adolescents se sont rendues au siège de la Commission des droits de l'homme des Nations unies à Genève afin de demander pour la libération de leurs enfants. Rachel Fraenkel, la mère de Naptali, a remercié, Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, et le Comité international de la Croix-Rouge, pour leur condamnation de l’enlèvement..