La politique étrangère de l'Afghanistan regroupe l'ensemble des relations diplomatiques entretenues par l'émirat islamique d'Afghanistan depuis sa proclamation en 2021. Complètement enclavé et sans accès à la mer, l'Afghanistan a six voisins asiatiques frontaliers : le Pakistan (2 430 km de frontière), le Tadjikistan (1 206 km), l'Iran (936 km), le Turkménistan (744 km), l'Ouzbékistan (137 km), et la Chine (76 km). L'Afghanistan est membre de l'Organisation de la coopération islamique.
L'Afghanistan a fortement réduit ses relations diplomatiques avec l'étranger depuis la prise de pouvoir par les talibans en , aucun autre pays du monde ne reconnaissant leur gouvernement. Ce dernier a toutefois un ministre des Affaires étrangères, . Mais les enjeux sécuritaires comme la lutte contre la diffusion du terrorisme (notamment l'organisation État islamique) et contre le commerce de stupéfiants, ainsi ses importantes ressources naturelles minières, poussent de plus en plus de pays à adopte rune position réaliste et opérer un rapprochement prudent avec l'émirat. Chronologie des relations En 2022, Kaboul et Washington rompent le dialogue diplomatique après l’annonce, par les islamistes afghans, de nouvelles mesures excluant les femmes de l’espace public et de l’accès au savoir. Mais les deux États renouent le contact en lors d'une rencontre à Doha, avant tout pour des raisons de sécurité régionale et internationale. Côté taliban, ces derniers ont réclamé la levée des restrictions et des sanctions bancaires qui visent durement le pays. Parallèlement, avec les voisins centre-asiatiques de l'Afghanistan, la collaboration économique prend peu à peu le pas sur les inquiétudes sécuritaires initiales des cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan), qui craignent une propagation de l'islamisme radical. Car pour l'Asie centrale, enclavée mais qui tente de retrouver son rôle historique de plaque tournante du commerce mondial, l'accès aux mers du sud via l'Afghanistan est vital. D'autant que la route du nord via la Russie, ex puissance dominante à l'époque de l'Union soviétique, est perturbée par les sanctions économiques qui lui sont imposées. Leur objectif est de développer les relations commerciales avec l'Afghanistan et d'accéder aux marchés de l'Iran et du Pakistan par des itinéraires transfrontaliers.
En , la Chine est le premier pays à nommer un ambassadeur à Kaboul (Zhao Xing), sans pour autant reconnaître le gouvernement des talibans. En Europe, une douzaine d'ambassades afghanes sont toujours dirigées par des diplomates affiliés à l'ancien gouvernement du président déchu, Ashraf Ghani, soutenu par l'Occident, désormais opposants au régime taliban.
En , la réintégration du régime des talibans est envisagée à l'ONU par une coalition de vingt-cinq pays, qui organisent une nouvelle rencontre à Doha avec des responsables du régime islamiste afghan en espérant . Les enjeux sécuritaires, notamment la lutte contre le commerce international de stupéfiants et contre l'organisation État islamique, ennemie commune des puissances occidentales, arabes, chiites et du régime des talibans, est de nouveau une motivation centrale à cette nouvelle tentative de rapprochement. Le puissant porte-parole du gouvernement taliban Zabihullah Mujahid à la tête de la délégation afghane au Qatar se félicite de la sortie de l’isolement de Kaboul, et se déclare favorable à d’autres rencontres avec des homologues étrangers à condition que la situation sociale afghane, principalement l'asservissement des femmes, soit acceptée. Bien que le gouvernement des talibans rejette les accusations de totalitarisme, aucune opposition politique n’est visible ni audible sans élections, partis politiques, ni presse libre, tandis que les talibans assument une oppression croissante des femmes qu'ils justifient comme une .
Le , les Émirats arabes unis acceptent l'installation d'un ambassadeur du gouvernement taliban dans leur capitale, devenant officiellement le deuxième pays après la Chine à établir des relations diplomatiques avec l'Émirat islamique d'Afghanistan. En , l'Arabie saoudite annonce la remise en service de son ambassade à Kaboul. Le , la Russie reconnaît officiellement le régime taliban, devenant ainsi le premier pays à le reconnaître.
À ce stade, les pays ayant noué des relations diplomatiques avec ce régime sont la Chine, la Russie, l’Iran, l'Arabie saoudite, le Pakistan et les républiques frontalières d’Asie centrale, sauf le Tadjikistan. L'Assemblée générale de l'ONU lui reste cependant fermée.
Relations avec les pays d'Asie et du Moyen-Orient
Relations avec la Chine
Relations avec l'Iran
Relations avec l'Ouzbékistan Pendant l'été 2024, l’Afghanistan entame la construction de voies ferrées vers l’Asie du Sud, en commençant par la remise en service d'un tronçon de entre la ville de Mazâr-e Charîf au nord de l’Afghanistan, et la ville de , à la frontière avec l’Ouzbékistan. Cette liaison ferroviaire s'appuyant sur le « pont de l'Amitié Afghanistan-Ouzbékistan » pourrait offrir au pays un débouché, via l’Iran, sur la Turquie et l’Europe, et le sortir de son isolement géographique. Néanmoins, la non-reconnaissance du régime des talibans par la quasi-totalité des pays du monde rend impossible le recours à des financements des grandes banques multilatérales de développement, ce qui limite fortement l'ambition de ce projet.
Toujours pendant l'été 2024, l'Ouzbékistan ouvre une zone franche appelé « Airatom » à proximité de la ville de Termez à l'extrémité du pont de l'Amitié Afghanistan-Ouzbékistan, qui habite près de 300 commerces, et se veut un modèle de coopération économique entre les deux pays. Beaucoup d'Afghans viennent y travailler, faire des affaires, des achats, ou se faire soigner dans un centre médical moderne et bien équipé. D'après Sanjar Sodikov, l'un des responsables d'Airatom, plus d'un millier d'Ouzbeks et jusqu'à visitent quotidiennement le centre, ces derniers bénéficiant de quinze jours sans visa. Selon le responsable taliban Sayed Zaher Shah, il est prévu d'ouvrir un marché semblable en Afghanistan.
Relations avec le Pakistan
Alors que le Pakistan a largement aidé les talibans à prendre le pouvoir lors de leur offensive victorieuse de 2021, les relations entre Islamabad et ces derniers se dégradent fortement les années suivantes. En 2025, plus d'un million de réfugiés afghans sont renvoyées du Pakistan dans leur pays d'origine, dans un climat de fermeture de la frontière et de multiplication des incidents armés. En février 2026, les deux pays basculent dans un conflit ouvert, avec des frappes aériennes pakistanaises sur Kaboul et des ripostes afghanes. En une dizaine de mois, ce conflit fait environ .
Relations avec le Tajikistan
Relations avec le Turkménistan
Relations avec le Kazakhstan Le Kazakhstan retire en 2024 les talibans de la liste des organisations terroristes pour des considérations commerciales et économiques.
Relations avec les Émirats arabes unis Le , les Émirats arabes unis acceptent l'installation d'un ambassadeur du gouvernement taliban dans leur capitale, devenant officiellement le deuxième pays après la Chine à établir des relations diplomatiques avec l'Émirat islamique d'Afghanistan. À noter que les Émirats arabes unis sont l'un des trois pays, avec le Pakistan et l'Arabie saoudite, à avoir reconnu l'ancien gouvernement taliban en place en Afghanistan de 1996 à 2001.
Relations avec l'Arabie saoudite En , l'Arabie saoudite annonce la remise en service de son ambassade à Kaboul. Mais ces relations diplomatiques sont décrites par Riyad comme incomparables avec celles nouées entre le royaume et les talibans afghans entre 1996 et 2001. À l'époque, l’exportation du wahhabisme était au cœur de la diplomatie saoudienne, ce dont résultaient des affinités avec l'Émirat islamique. Alors que le pays tente vingt ans plus tard de diversifier son économie en y intégrant du divertissement et des événements sportifs, avec comme priorité de sécuriser son territoire pour assurer le bon fonctionnement de ces projets. Dès lors, Riyad chercherait, à l'instar des pays occidentaux, à nouer une coopération minimale avec Kaboul à des fins essentiellement sécuritaires. En outre, le royaume pourrait chercher bénéficier d'un éventuel redémarrage de l'économie de l'Afghanistan dont le sol est riche en ressources naturelles, en faisant partie des premiers pays étrangers à y investir.
Relations avec le Bangladesh
Relations avec le Japon
Relations avec les Maldives En , les autorités des îles Maldives annoncent le rappel de leur ambassadeur au Pakistan Mohamed Thoha après sa rencontre non autorisée avec un représentant du gouvernement des Talibans afghans, Sadar Ahmad Shakeeb. Les Maldives, la petite république islamique d'Asie du Sud, ne reconnaissent pas l'autorité des Talibans mais celle du gouvernement représentant l'Afghanistan auprès de l'ONU. Le gouvernement des talibans ne reconnaît plus que cinq missions en Europe : Prague, La Haye, Madrid, Sofia et le consulat de Munich).
Relations avec les pays européens et occidentaux Pendant les trois années qui suivent la prise de pouvoir des talibans en 2021, plusieurs pays d'Europe comme le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Norvège, refusant de reconnaitre le nouveau gouvernement afghan, continuent de travailler maintiennent dans leurs capitales des ambassades de « l'ancien régime ». En , toutefois, le Royaume-Uni et la Norvège répondent favorablement à une demande des talibans fermer ces ambassades, après que ces derniers déclarent des documents émis par ces dernières comme les passeports et les visas. D'autre pays européens décident d'ignorer cette demande et de maintenir ces ambassades en activité.
Relations avec les États-Unis En , après vingt ans de conflit, les troupes américaines en guerre contre les talibans depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New-York évacuent l'Afghanistan et laissent les talibans en reprendre le contrôle. Des contacts entre représentants américains et talibans avaient été noué en amont pour organiser ce retrait acté dans les accords de Doha de février 2020..
Un an après le retrait américain d'Afghanistan, l'armée américaine mène une frappe aérienne ciblée à Kaboul tuant le terroriste islamiste égyptien et chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, qui avait profité du retour des talibans au pouvoir pour s'installer dans la capitale afghane. Les talibans condamnent cette frappe en dénonçant une violation des principes internationaux et des accords de Doha, accusation que le gouvernement américain retourne à ces derniers puisque cet accord les engageait à ne plus accueillir Al-Qaïda sur leur sol.
Depuis lors, tandis que le gouvernement américain ne reconnait toujours pas son homologue afghan, Washington lui accorde d'importantes aides financières de plusieurs milliards de dollars d'aide humanitaire et au développement. De fait, selon Le Monde, . Selon un diplomate américain, cette aide n'est pas qu'humanitaire, c'est aussi .
Relations avec le Royaume-Uni En , Londres ferme l'ambassade d'Afghanistan et somme le personnel diplomatique de demander l'asile au Royaume-Uni ou rentrer à Kaboul. Cette position est considérée par certains analystes comme surprenante venant du deuxième plus gros contingent de la coalition de l’OTAN qui avait chassé les talibans du pouvoir fin 2001 : en 20 ans, les Britanniques ont perdu 457 soldats en Afghanistan.
Relations avec l'Allemagne Plus de 500.000 émigrés afghans vivent en Allemagne. En , le ministre de l'Intérieur allemand Alexander Dobrindt se déclare prêt à négocier directement avec les autorités talibanes au pouvoir en Afghanistan pour faciliter l'expulsion de délinquants afghans d'Allemagne. Jusqu'alors, c'est par l'intermédiaire du Qatar que les gouvernements des deux pays, qui n'ont pas de relations diplomatiques, échangent.
Relations avec la Russie