La Nouvelle-Écosse ( ; ; ) est une province du Canada. Elle est une des trois provinces maritimes, l'une des quatre de l'Atlantique et l'une des six de l'Est. Le nom latin se traduit en anglais par . La majorité de sa population est anglophone. Avec une population de en 2021, elle est la province de l'Atlantique la plus peuplée. Elle est également la deuxième province canadienne la plus densément peuplée, et, avec une superficie , elle est la deuxième province la plus petite du pays, après l'Île-du-Prince-Édouard. Son territoire inclut l'île du Cap-Breton, et îles côtières.
Ce qui est maintenant la Nouvelle-Écosse a d'abord été habité pendant des milliers d'années par le peuple autochtone des Micmacs. En 1605, la première colonie de la Nouvelle-France, l'Acadie, a été fondée avec la création de Port-Royal. L'Angleterre (puis la Grande-Bretagne) a combattu la France pour le contrôle du territoire à de nombreuses reprises, pendant plus d'un siècle. La forteresse de Louisbourg constituait un point central de la lutte pour le contrôle.
Après le Grand Dérangement, où les Britanniques déportèrent en masse les Acadiens de 1755 à 1763, puis la Conquête de 1759-1760, et enfin le traité de Paris en 1763, la France doit céder l'Acadie à la Grande-Bretagne. Pendant la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783), des milliers de loyalistes viennent s'installer en Nouvelle-Écosse. En 1848, elle est devenue la première colonie britannique à obtenir un gouvernement responsable, puis elle s'est fédérée avec le Nouveau-Brunswick et le Canada-Uni (aujourd'hui l'Ontario et le Québec), le , pour former le Dominion du Canada.
La péninsule qui constitue la partie continentale de la Nouvelle-Écosse est reliée au reste du Canada par l'isthme de Chignectou, sur lequel est située sa frontière terrestre avec le Nouveau-Brunswick. La province est bordée par la baie de Fundy et le golfe du Maine à l'ouest, l'océan Atlantique au sud et à l'est, et est respectivement séparée de l'Île-du-Prince-Édouard et de l'île de Terre-Neuve, par les détroits de Northumberland et de Cabot. La capitale et la plus grande ville de la Nouvelle-Écosse est Halifax, qui abrite aujourd'hui 45 % de sa population. Halifax est la treizième plus grande région métropolitaine du Canada, la plus grande ville de la côte atlantique, et la deuxième plus grande ville côtière du pays après Vancouver.
Règles de graphie, de genre et d’emploi La Nouvelle-Écosse est de genre féminin. Lorsqu’on utilise le mot « province », il est d’usage d’écrire « La province de la Nouvelle-Écosse » comme avec les autres mots, par exemple, « Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse ». Son abréviation est « N.-É. » et il est le troisième lorsqu'on ne précise pas l'ordre à suivre, étant donné qu'il est la troisième des provinces et territoires à faire son entrée dans la confédération..
Géographie
gauche|vignette|upright=0.75|Carte des climats de Köppen en Nouvelle-Écosse. La partie continentale de la province est une péninsule entourée de l'océan Atlantique, qui a façonné sa côte de plusieurs baies et estuaires. Aucun endroit de Nouvelle-Écosse ne se trouve à plus de de la mer.
L'île du Cap-Breton, une grande île au nord-est de la partie continentale, fait aussi partie de la province, de même que l'île de Sable, une petite île célèbre pour ses naufrages et ses chevaux sauvages.
La Nouvelle-Écosse est la deuxième plus petite province en superficie après l'Île-du-Prince-Édouard. La Nouvelle-Écosse est aussi la province canadienne centrée le plus au sud. Elle n'est cependant pas celle qui descend le plus au sud, laquelle est l'Ontario. Même si une partie de l'Ontario s'étend loin vers le sud, le centre de l'Ontario est plus au nord que la Nouvelle-Écosse.
Histoire Première colonisation
La Nouvelle-Écosse est colonisée pour la première fois par la France. Pierre Dugua de Mons, entouré notamment de Samuel de Champlain et de François Gravé, fonde une colonie sur une île à l'embouchure de la Rivière Sainte-Croix en 1604. L'eau potable manque à cette île pendant l'hiver et la colonie est déplacée à Port Royal près d'Annapolis Royal, en 1605.
vignette|gauche|L'Acadie de 1604 à 1607, avec les deux établissements et les voyages entrepris. vignette|gauche|La Nouvelle-Écosse de William Alexander, en 1632. Au cours des années 1620, le roi Charles d'Écosse et d'Angleterre envoie une troupe d'Écossais pour y fonder une colonie sous le nom de Nova Scotia, en l'honneur de Jacques d'Écosse.. À cet effet, il fonde le baronnetage de Nouvelle-Écosse : ceux qui désirent acquérir le titre nobiliaire de baronnet doivent payer une taxe qui servirait à l'établissement de la colonie et y recevraient une dotation en terres. Or, lors de la signature d'une paix avec la France, la Couronne anglaise cède le territoire à la France et les colons écossais doivent abandonner leur mission, le baronnetage de Nouvelle-Écosse perdant sa spécificité et devenant une simple catégorie nobiliaire.
La colonisation française se poursuit dans toute la région des provinces maritimes actuelles, en étant centrée sur ce qui constitue aujourd'hui la péninsule de la Nouvelle-Écosse. Cette Acadie péninsulaire tombe toutefois sous juridiction britannique après le traité d'Utrecht en 1713. Une Acadie sous contrôle français perdure toutefois dans l'île Saint-Jean (île-du-Prince-Édouard) et l'île Royale (île du Cap-Breton). Quant au Nouveau-Brunswick actuel, c'est un territoire disputé. En conséquence de la perte de l'Acadie péninsulaire, la forteresse française de Louisbourg est en effet construite sur l'île Royale pour que les marchands et pêcheurs français puissent participer au commerce et à la pêche à la morue. Louisbourg joue aussi un rôle stratégique, en surveillant les approches maritimes en direction du fleuve Saint-Laurent. Louisbourg est prise par des forces continentales britanno-américaines, puis retournée à la France en 1748 à la fin de la guerre de Succession d'Autriche. Durant la guerre suivante, dite de la Conquête ou guerre de Sept Ans, elle retourne aux mains des Britanniques en 1758 avant la Conquête de Québec. La ville fut rasée et ses habitants déportés en France, comme ceux de l'île Saint-Jean.
La ville d'Halifax est fondée en 1749 par Edward Cornwallis après la restitution de Louisbourg à la France pour sauvegarder la colonie britannique de la Nouvelle-Écosse contre la menace perçue de la grande forteresse française.. Les Britanniques y font construire une citadelle fortifiée. La présence des Acadiens, francophones et catholiques, sur le territoire de la future colonie britannique pose, aux yeux des autorités britanniques, un problème. L'arrivée d'Allemands en 1755 En 1750, un bon nombre de colons protestants, la plupart des Allemands, sont attirés en Nouvelle-Écosse pour s'établir sur la côte sud. La colonie reste cependant majoritairement acadienne. La déportation des Acadiens en 1755
À partir de 1755, au début de la guerre de la Conquête qui enflamme le continent, les Britanniques décident de déporter les Acadiens dans les colonies américaines, en France, en Grande-Bretagne, tandis que plusieurs prennent la fuite, dans les forêts de Nouvelle-Écosse ou du Nouveau-Brunswick, en Louisiane (où plusieurs s'établissent et contribuent à la naissance de la culture cadienne), ou encore au Québec.
Guerre d'indépendance américaine
Après la déportation des Acadiens, les terres acadiennes sont allouées aux colons américains provenant de la Nouvelle-Angleterre. Environ de ces planters s'établissent dans la colonie entre 1759 et 1774, dont l'arrière-grand-père de Robert Laird Borden. Une nouvelle immigration écossaise vers l'île du Cap-Breton, tard dans le et au début du , rétablit de façon effective, une présence écossaise. Des milliers de loyalistes qui s'opposent à l'indépendance américaine, dépouillés de leurs terres et de la plupart de leurs biens par le gouvernement de la nouvelle république américaine, s'échappent après le traité de Paris en 1783 et viennent s'établir en Nouvelle-Écosse. En 1784, la portion continentale du nord-ouest de la colonie est séparée et devient la colonie du Nouveau-Brunswick, en raison du mécontentement des milliers de loyalistes qui sont déposés à l'embouchure du fleuve Saint-Jean, ou à Passamaquoddy, étant très peu satisfaits d'être gouvernés de loin d'Halifax.
En Nouvelle-Écosse, beaucoup de ces loyalistes s'installent dans la région au sud d'Halifax. Les nouveaux colons s'ajoutèrent aux populations de planters déjà venus de la Nouvelle-Angleterre à Port Roseway, renommé Shelburne, Lockeport, et Yarmouth et fondèrent d'autres communautés, telles que Digby. Parmi eux un grand nombre d'esclaves libérés par les Anglais entre 1775 et 1784 mais aussi parfois leurs anciens propriétaires. Un gouvernement autonome en 1848 En 1848, la Nouvelle-Écosse devient la première colonie de l'Empire britannique à établir un gouvernement responsable, où le gouverneur britannique doit accepter les décisions de l'assemblée législative et des ministres. Elle est aussi en pointe dans les communications : dès , le Pony express de Nouvelle-Écosse permet de gagner une journée dans la réception des nouvelles d'Europe arrivées à Halifax, via un système de cavaliers qui se relaient pour traverser la province de part en part, jusqu'à Digby où un steamer amène les nouvelles au terminus du télégraphe américain, de l'autre côté de la Baie de Fundy.
La Nouvelle-Écosse devient, en entrant dans la Confédération canadienne, l'une des quatre provinces fondatrices du Canada, avec le Nouveau-Brunswick, le Québec (Canada-Est) et l'Ontario (Canada-Ouest). Le Bluenose, le voilier qui figure sur la pièce de dix cents canadiens, est construit à Lunenburg, sur la côte sud. En dépit de son nom, il reste très peu de personnes qui parlent toujours le gaélique écossais, mais la musique celtique est populaire dans l'île du Cap-Breton. Il y a toujours une présence acadienne francophone dans la municipalité de Clare (partie ouest de la province) et une radio communautaire, CIFA sur 104.1 FM, qui émet majoritairement en français.
XXIe siècle Les 18 et , la région, d'habitude assez calme, est le théâtre de la tuerie de masse de 2020 en Nouvelle-Écosse (), qui amène l' interdiction de 1 500 armes d'assaut au Canada.
Politique Assemblée législative vignette|La Province House, siège de l'Assemblée législative de Nouvelle-Écosse. L'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse voit le jour en 1758, étant ainsi la plus ancienne chambre provinciale du Canada. En 1848, elle est la première de toutes les colonies britanniques à obtenir un gouvernent responsable. Composée de , l'assemblée se réunit à Halifax dans le plus ancien édifice législatif du pays..
Premier ministre
Le premier ministre provincial de la Nouvelle-Écosse est Tim Houston .
Lieutenant-gouverneur
Arthur Joseph LeBlanc est le premier Acadien à occuper le poste de lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, de 2017.. à 2024, date à laquelle il est remplacé par Mike Savage, ancien maire d'Halifax.
Politique étrangère La province est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie..
Religion vignette|Ici la St. James' Anglican Church. Comme ailleurs au Canada, la majorité de la population est chrétienne. Il faut par contre redistribuer cette majorité selon la religion catholique ou protestante. Ainsi, il y a en Nouvelle-Écosse et en incluant les anglicans..
Les catholiques sont représentés par l'Assemblée des évêques catholiques de l'Atlantique. Les anglicans, pour leur part, sont représentés par le diocèse anglican de Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Edward.
Économie thumb|Halifax, capitale provinciale. L'économie de la Nouvelle-Écosse est aujourd'hui une économie mixte, de services et d'industrie.