Le Saguenay–Lac-Saint-Jean (SLSJ) est l'une des dix-sept régions administratives du Québec, située sur la rive nord du Saint-Laurent. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est la troisième plus grande division territoriale du Québec avec une superficie de . Sa plus grande ville est Saguenay.

Son administration territoriale est constituée de cinq municipalités régionales de comté (MRC) et de quarante-neuf municipalités locales. Les habitants du Saguenay et du Lac-Saint-Jean s'appellent respectivement les Saguenéens et les Jeannois. Collectivement, ils sont appelés Saguenay-JeannoisSelon la Commission de toponymie du Québec, « Le gentilé Saguenay-Jeannois, Saguenay-Jeannoise, d'intégration plus récente, apparaît pallier les problèmes soulevés par les appellations antérieures. Il ne comporte que quatre syllabes, ce qui le rend plus aisé à employer. » (https://toponymie.gouv.qc.ca/ct/toponymie-municipale/gentiles/)., dans le registre standard, ainsi que Bleuets dans l'usage familier..

En dépit de cette étendue, c'est principalement le long de la rivière Saguenay et autour du lac Saint-Jean, dans une immense dépression du bouclier géologique canadien, que l'on retrouve tous les Saguenay-Jeannois. La forêt et surtout l'eau sont les principales ressources naturelles de la région.

Habitée au départ par les Innus (anciennement appelés Montagnais), la région, exploitée par les premiers Européens (Français et Anglais) pour le commerce des fourrures au , est ouverte à la colonisation au cours du , principalement par des gens de Charlevoix. L'installation de scieries et l'exploitation du bois pour la fabrication de la pâte à papier, puis du papier, permettent le développement économique au début du . Au cours des années 1920, les principaux cours d'eau sont harnachés pour la production électrique, ce qui mènera à l'implantation d'alumineries. Celles-ci stimuleront la croissance démographique et économique et la région deviendra alors un pôle industriel important.

Géographie humaine

Le découpage administratif de la région a lieu le avec la création des régions administratives du Québec. Entourée par les autres grandes régions du nord : la Côte-Nord au nord-est et le Nord-du-Québec au nord-ouest, le Saguenay–Lac-Saint-Jean est également bordé par la Mauricie au sud-ouest et la Capitale-Nationale au sud-est.

Située au sud-est du Québec et au nord du fleuve Saint-Laurent, entre le 48° et le 53° de latitude nord et entre le 70° et le 75° de longitude ouest, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean représente la troisième division territoriale en superficie de la province avec ses (1,04 % du Canada et 6,74 % du Québec)Le territoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean..

vignette|100px|La région (en vert pâle) et son espace municipalisé (en vert foncé). Elle couvre une superficie équivalente à la Corée du Sud., l'Indiana. ou de plus de trois fois la Belgique.. Sur une carte, les limites du territoire prennent la relative forme d'un cerf-volant inversé ( du nord au sud et d'est en ouest) et correspondent pratiquement au bassin hydrographique de la rivière Saguenay.

La région est composée de quatre municipalités régionales de comté (MRC) et une ville : Le Domaine-du-Roy ; Maria-Chapdelaine ; Lac-Saint-Jean-Est et Le Fjord-du-Saguenay. Ainsi que la ville de Saguenay (qui possède aussi le statut de MRC).

Ces MRC regroupent un total de , onze territoires non organisés et une réserve innue. Seuls les environs de la rivière Saguenay et du lac Saint-Jean sont constitués en municipalités, le reste, soit la grande majorité du territoire régional, est formé de territoires non organisés.

vignette|500px|L'espace municipalisé et ses divisions administratives.

Municipalités : Albanel Alma Bégin Chambord Desbiens Dolbeau-Mistassini Ferland-et-Boilleau Girardville Hébertville Hébertville-Station Labrecque Lac-Bouchette La Doré Lamarche L'Anse-Saint-Jean Larouche L'Ascension-de-Notre-Seigneur Métabetchouan–Lac-à-la-Croix Normandin Notre-Dame-de-Lorette Péribonka Petit-Saguenay Rivière-Éternité Roberval Saguenay Saint-Ambroise Saint-André-du-Lac-Saint-Jean Saint-Augustin Saint-Bruno Saint-Charles-de-Bourget Saint-David-de-Falardeau Saint-Edmond-les-Plaines Sainte-Hedwidge Sainte-Jeanne-d'Arc Sainte-Monique Sainte-Rose-du-Nord Saint-Eugène-d'Argentenay Saint-Félicien Saint-Félix-d'Otis Saint-François-de-Sales Saint-Fulgence Saint-Gédéon Saint-Henri-de-Taillon Saint-Honoré Saint-Ludger-de-Milot Saint-Nazaire Saint-Prime Saint-Stanislas Saint-Thomas-Didyme

Territoires non-organisés : Belle-Rivière Chute-des-Passes Lac-Achouakan Lac-Ashuapmushuan Lac-Ministuk Lac-Moncouche Lalemant Mont-Apica Mont-Valin Rivière-Mistassini Sainte-Élisabeth-de-Proulx

Réserve innue : Mashteuiatsh

Géographie physique Géologie et relief vignette|gauche|220px|Le graben du Saguenay, surplombé au nord par les monts Valin.

Comme près de 90 % du territoire québécois, le sous-sol de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait partie du bouclier canadien. Situé plus précisément dans la province de Grenville, il est formé en majeure partie de roches ignées (gneiss, anorthosite et granite) de l’ère précambrienne et, à l'est du lac Saint-Jean et près du secteur Chute-aux-Galets, à Shipshaw, de roches de la période du PaléozoïqueEncyclobec : Le sous-sol du Saguenay—Lac-Saint-Jean..

Cette composition solide, érodée par le temps, a donné naissance à un relief arrondi et peu abrupt dans la plupart des plateaux qui entourent la vallée encaissée entre deux failles (les monts Valin au nord et l'abrupte d'Héberville au sud) dans laquelle on trouve la majeure partie de la population de la région. L'élévation se fait principalement par plateauxEncyclobec : Le paysage du Saguenay—Lac-Saint-Jean..

Par exemple, au Saguenay, la majeure partie des sols en dessous de prend la forme de microreliefs élaborés par un ravinement intense. La section de 100 à s'élève en plateaux et représente les terres les plus favorables à l'agriculture. Au-delà de , le relief adopte les caractéristiques du bouclier canadien avant une élévation rapide causée par les massifs des monts Valin, point culminant de la région (pic Dubuc à ), au nord et le massif des Laurentides au sud.

C'est au Quaternaire, durant la dernière grande glaciation, que la plupart des sols prendront leur apparence actuelle. Le relief de la région est composé de hautes-terres (plateau des Laurentides et plateau du Labrador), façonnées par des glaciers de d'épaisseur il y a et pauvres en sédiments ainsi que les basses-terres (pourtour du lac Saint-Jean et basses-terres du Saguenay séparés par le horst de Kénogami) résultant de l'invasion marine qui suivit la glaciation plus tard et qui forma le golfe de Laflamme, un bras de la mer de Champlain. Les sols inférieurs à résultent de dépôts marins argileuxEncyclobec : Le sol du Saguenay—Lac-Saint-Jean..

vignette|500px|Topographie de l'espace municipalisé du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les sols argileux de la région, où demeure la majeure partie de la population représentent les principales terres fertiles mais démontrent également leur instabilité par les nombreux exemples visibles d'anciens glissements de terrain.. Ces zones, la plupart du temps situés près des cours d'eau, provoquent parfois des coulées argileuses.

Les événements de Saint-Jean-Vianney sont une preuve éloquente de l'instabilité des sols de la région. Le , une partie de ce village situé sur la rive nord de la rivière Saguenay, près de Jonquière, s'est effondré dans la rivière à la suite d'un glissement de terrain laissant un cratère de et causant .

Fjord du Saguenay vignette|250px|Lever du soleil sur le fjord du Saguenay, par Lucius Richard O'Brien.

Une des principales particularités géomorphologiques de la région est le fjord du Saguenay. Constituant l'un des rares fjords qui ne débouchent pas sur une mer, cette profonde déchirure du bouclier canadien. est considérée comme le fjord le plus méridional du mondeL'Encyclopédie canadienne : Fjord du Saguenay.. Les falaises escarpées surplombant la rivière Saguenay aurait été formées par une succession d'événements géologiques s'échelonnant sur d'années. La phase finale se serait produite il y a d'années, créant un fossé d'effondrement appelé graben du Saguenay. Les glaciers auraient par la suite altéré et modelé cette gigantesque faille en forme d'auge, caractéristique des vallées glaciaires. À la suite du retrait des glaciers, l'eau de mer envahissait le secteur conférant à la faille ses caractéristiques de fjord, soit une vallée glaciaire envahie par la mer.

Le fjord du Saguenay est aujourd'hui une aire protégée, un statut assumé pour sa partie terrestre par le Parc national du Saguenay et par le Parc marin du Saguenay/Saint-Laurent pour sa partie maritime. Cette réalisation est le fruit d'une concertation des deux paliers gouvernementaux, fédéral et provincial, ce qui constitue un précédent au Québec en matière de protection de territoire.

Recevant à la fois l'eau salée du fleuve Saint-Laurent et l'eau douce du lac Saint-Jean, la rivière fait près de de longueur, possède une largeur maximale de et une profondeur maximale de .

Plaine du Lac Saint-Jean vignette|gauche|200px|Plaine du Lac Saint-Jean à Albanel.

Le pourtour du lac Saint-Jean, réservoir d'eau douce, est le résultat du retrait du golfe de Laflamme de la mer de Champlain il y a . Constituant une plaine fertile à l'est comme à l'ouest, enrichie par des dépôts marins argileux, cette vallée est entourée par le bouclier canadien.

Hydrographie

vignette|300px|Plage sablonneuse du Lac Saint-Jean à Métabetchouan–Lac-à-la-Croix. L'eau douce recouvre plus de 7,4 % () de la superficie du Saguenay–Lac-Saint-Jean.. On y compte des milliers de cours d’eau et plus de Jacques Ouellet, , page 18.. Le territoire englobé par la région correspond de très près au bassin hydrographique des affluents de la rivière Saguenay. Avec des ramifications sur , il est le deuxième plus grand bassin affluent du fleuve Saint-Laurent après la rivière des Outaouais.. La région compte 24 sous-bassins.

La rivière Saguenay possède un débit de /s et peut atteindre une profondeur de dans son fjord. Des marées sont présentes jusqu’à Chicoutimi. Plusieurs rivières se jettent directement dans le Saguenay, on compte de l’aval vers l’amont la rivière Sainte-Marguerite, la rivière Petit Saguenay, la rivière Saint-Jean, la rivière Éternité, la rivière Ha! Ha! et la rivière à Mars dans la baie des Ha! Ha!, la rivière Valin, la rivière Caribou, la rivière du Moulin, le lac Kénogami () via ses émissaires la rivière Chicoutimi et la rivière aux Sables, la rivière Shipshaw, la rivière Mistouk et la rivière Bédard.

Se jetant dans la rivière Saguenay par la Grande et la Petite Décharge, le lac Saint-Jean collecte les eaux de 90 % du bassin et avec ses est le cinquième plus grand lac du Québec. Ses principaux affluents, par ordre de superficies de leurs bassins versants, sont la rivière Péribonka et Petite Péribonka, les rivières Mistassini et Mistassibi, la rivière Ashuapmushuan, la rivière Métabetchouane, la rivière Ouiatchouan, la rivière Ticouapé, la Belle Rivière, la rivière des Aulnaies, la rivière Ouiatchouaniche et la rivière aux Iroquois.

Parmi les milliers d’autres étendues d’eau douce de la région, les plus importantes sont le réservoir Pipmuacan (), le lac Manouane (Mont-Valin) (), le réservoir Plétipi () et le réservoir Péribonka ().

Climat

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est l'une des régions habitées les plus au nord de l'écoumène québécois. La température dans la vallée qui ceinture le Saguenay et le lac Saint-Jean est toutefois plus clémente que sur les massifs dans lesquels elle est encaissée d'où son surnom d'..

La région possède un climat humide à été frais selon la classification de Köppen et une moyenne de température de dans l'espace municipalisé ; cette moyenne oscille entre 1,4 au nord du Lac Saint-Jean et 3,3 au Saguenay.

Histoire