Les () sont une grande famille de plantes dicotylédones, appelées aussi « Composées » (Compositae, nom. cons.) (consulté le 14 mai 2016). (consulté le 14 mai 2016). ou plus rarement « Composacées » du fait que ce que l'on prend à première vue pour des fleurs chez ces plantes est en réalité des « composés » de fleurs minuscules, réunies en inflorescences appelées « capitules ».
Cette famille comprend près de réparties en environ, ce qui en fait, en nombre d'espèces, la deuxième famille du monde végétal et des plantes à fleurs, derrière les Orchidacées ( espèces) mais devant les Fabacées Jeffrey, C. (2007). Compositae: Introduction with key to tribes. In J. J. W. Kadereit, & C. Jeffrey (Eds.), Flowering plants: Eudicots; asterales, Vol. 8, p. 61–87. Le métabolisme secondaire, l'inflorescence capitulaire et la plasticité écologique sont responsables du succès évolutif de cette famille. à répartition cosmopolite (sauf l'AntarctiqueLes deux seules plantes à fleurs vivant sur ce continent sont la Sagine antarctique et la Canche antarctique, l'inlandsis du Groenland et l'archipel arctique canadien), mais principalement dans les régions tempérées.. Les principaux représentants de cette famille se développent essentiellement dans les régions sujettes à la sécheresse, en dehors de la compétition des arbres des forêts tropicales humidesC. Barry Cox, , p. 43.
Ce sont très majoritairement des plantes herbacées, même si la famille comprend aussi des arbres, des arbustes ou des lianes. C'est notamment la famille des pissenlits, des pâquerettes, des marguerites et des tournesols, des chicorées, des laitues et des chardons.
Étymologie vignette|Heliopsis helianthoides, espèce de la famille des Asteraceae. Le nom vient du genre type Aster, mot latin signifiant étoile, en référence aux capitules étoilés des fleurs.
Compositae est un nom alternatif de cette famille, basé sur les capitules qui sont composés de plusieurs fleurs. Cependant, l’appellation n'étant pas basée sur un nom de genre, on lui préfère souvent Asteraceae, conformément au code international de nomenclature botanique, Compositae faisant partie des noms dits nomen conservandum, c'est-à-dire « conservés par un long usage »Selon le code, les familles sont désignées par le nom d'un de leurs anciens noms génériques avec la désinence -aceae (art. 21), mais les noms suivants, consacrés par un long usage, font exception à la règle : Compositae (Composées), Cruciferae (Crucifères), Gramineae (Graminées), Guttiferae, Labiatae (Labiacées, labiées ou lamiacées), Leguminosae (Légumineuses), Palmae, Umbelliferae (art. 22)..
Caractéristiques générales Habitus Les astéracées sont principalement des plantes herbacées, vivaces par des racines formant un pivot simple ou ramifié., parfois tubérisées (la molécule de réserve étant l'inuline, polymère du fructose, fibre alimentaire et prébiotique étudié pour son rôle sur le microbiote intestinal).. Certaines sont des plantes annuelles (Helianthus, Tagetes, soucis, laitues). Quelques-unes sont arbustives ( et au Népal). Certaines sont des xérophytes (, Baccharis), des hydrophytes (Bidens, Cotula) ou hélophytes (, ) se développant dans les rizières. Il existe quelques rares lianes grimpantes (Mikania).
Appareil végétatif
Les feuilles, toujours sans stipules, sont le plus souvent alternes mais parfois opposées (Arnica, Helianthus), rarement verticillées (Eupatoires), ou regroupées en rosette (Bellis, Taraxacum). Dans de nombreux cas, la souche de la rosette basale émet des racines adventives. Les astéracées ont ainsi la capacité de coloniser l'espace à courte distance par reproduction asexuée ou clonale, se développent particulièrement dans les formations végétales à dominante herbacée.. Les stratégies de croissance confèrent aux plantes à rosettes un grand pouvoir compétitif et détermine en grande partie la mobilité végétative. Cette mobilité par croissance clonale est également modulée par des facteurs biotiques et abiotique de la plante : compétition pour la lumière au cours des stades précoces de la succession végétale, perturbations (sécheresse récurrente, action anthropique), richesse du sol. La mobilité végétative combinée à l'établissement de nouveaux individus issus de graines par reproduction sexuée expliquerait la dynamique végétale dans un milieu donné..
Les feuilles sont souvent simples, mais montrent une grande diversité dans la forme et l'incision (entières à profondément découpées). Dans les hautes montagnes tropicales, elles peuvent devenir succulentes (principalement dans les genres Senecio, Espeletia et ) ou au contraire se réduire à des écailles chez les xérophytes.
La tige herbacée est généralement dressée (érigée) mais elle peut aussi être couchée (prostrée) ou plus rarement grimpante. Elle est parfois ligneuse à la base (Armoise, Tanaisie) et transformée en tubercule au goût d'artichaut (, topinambour).
Anabolisme
Les Astéracées présentent soit des canaux résinifères ou oléifères (la plupart des genres, donnant des huiles essentielles terpéniques, comme dans l'Absinthe ou la Camomille), soit des canaux laticifères (tribu des Lactaceae, laitues et laiterons).. Les résines et les latex suintent à la suite de traumatismes (sécheresse, affections fongiques ou bactériennes, attaques d'insectes, blessures mécaniques telles que des incisions), formant en séchant une barrière protectrice contenant notamment des éléments antimicrobiens qui luttent contre la pénétration des pathogènes et contre les herbivores..
Les Astéracées produisent des alcaloïdes pyrrolizidiniques, métabolites secondaires également synthétisés par d'autres familles (Boraginacées, Fabacées, Orchidacées…). Ces métabolites qui illustrent un phénomène de convergence évolutive chimique dans la stratégie de défense des plantes contre les herbivores, ont des effets hépatotoxiques, ce qui explique qu'une consommation inconsidérée de ces plantes peut présenter un danger d'intoxication. Cette famille partage avec les Apiacées la capacité de synthèse de deux nouvelles classes de répulsifs, les lactones sesquiterpéniques. et polyacétyléniques (plus de de polyacétylène et de substances biogénétiquement apparentées), qui ont notamment des propriétés cytotoxiques, antimicrobiennes, anti-inflammatoires, neurotoxiques et phototoxiques..
Les astéracées stockent leurs réserves énergétiques sous forme de fructanes, principalement l'inuline, plutôt que d'amidon (Métabolisme#Glucides et glycanes). Cette particularité peut être à l'origine de légers désagréments digestifs (ballonnements) ou au contraire vue comme un avantage diététique (probiotiques) lors de l'utilisation de ces plantes comme légumes (artichauts, salsifis, scorsonère, topinambour, poire de terre, certaines variétés mexicaines de dahlias…). L'inuline est aussi une matière première de l’industrie alimentaire et potentiellement de l'industrie des plastiques (chicorée industrielle). Étymologiquement, inuline dérive de Inula helenium ou grande aunée, une astéracée dont la racine en est très riche.
Appareil reproducteur vignette|Dessin d'une coupe longitudinale d'un capitule de Matricaria recutita, avec gros plans sur les deux types de fleurs des Astéracées; A: deux fleurs tubulées, ou fleurons, une ouverte et une fermée; B: fleur ligulée. vignette|Diagramme floral du Chardon.
Les Astéracées ont des fleurs minuscules, sessiles (sans pédicelles mais souvent axillées par des bractées internes prenant la forme de paillettes), réunies en inflorescence appelée capitules, c'est-à-dire serrées les unes à côté des autres. Ces capitules élémentaires peuvent à leur tour être rassemblées en grappe, cyme ou souvent corymbe (à l'origine de l'appellation « Corymbifères »). Deux tribus principales sont distinguées selon l'inflorescence : les Cichorioideae à capitules normalement homogames (fleurs toutes stamino-pistillées) constitués de fleurs uniquement ligulées ou toutes tubulées (capitules discoïdes) ; les Asteroideae, capitules polygames (dimorphisme floral : fleurs stamino-pistillées et unisexuées) composés entièrement de fleurs tubulées (capitules disciformes) ou avec en périphérie des fleurs ligulées (capitules radiés). Ils forment une inflorescence surévoluée à laquelle on donne le nom de pseudanthe car chaque capitule simule une fleur entière.. Les fleurs sont placées sur l'extrémité d'un rameau ou d'une tige et entourées d'une structure formée par des bractées florales formant une structure en forme de coupe ou de collerette appelée involucre, au rôle protecteur (les bractées charnues de l'artichaut sont d'ailleurs comestibles). Ainsi, contrairement au terme de la langue commune, issu d'un usage très ancienLes botanistes eux-mêmes ont longtemps utilisé le terme de « fleur » pour désigner les capitules. Par exemple, Linné décrit en latin les « » de Chrysanthemum Spec Plant1753 ; Ramatuelle, dans sa communication à l'Académie des Sciences en 1792, décrit la Camomille à grande fleur ou Anthemis grandiflora (actuellement chrysanthème des fleuristes Acad Sc) en distinguant « la fleur terminale de chaque rameau » des « fleurons » et « demi-fleurons »., ce qu'on appelle une « fleur » de tournesol, de chardon ou de pissenlit n'est pas « une » fleur mais un pseudanthium (fausse fleur), en l'occurrence un capitule formé d'une multitude de petites fleurs. La disposition des fleurs peut former des spirales régulières dextres et sénestres qui suivent les règles de la suite de Fibonacci.
La fleur des Astéracées est très particulière. Elle est pentamère à 5 pétales soudés. Le calice est absent ou réduit (sa fonction protectrice est assurée par l'involucre), les sépales étant en forme de bourrelets, d'écailles ou de soies accrescentes). Les étamines sont également soudées par leurs filets à la base de la corolle et par leurs anthères à déhiscence longitudinale et introrse : c'est un exemple classique de synanthérie, ce qui a valu cette famille le qualificatif de Synanthérées (littéralement anthères soudés).. Néanmoins les anthères ne sont pas concrescentes c'est-à-dire soudées au cours de leur développement, mais simplement cohérentes. La synanthérie permet une présentation à piston du pollen : lorsque le pollinisateur se dirige vers le centre du capitule où les fleurs sont au stade mâle, il stimule le style (muni de poils spécialisés) qui éjecte, tel un piston hors d'un cylindre, les grains de pollen sur l'insecte qui, en visitant d'autres inflorescences, les dépose sur les fleurs femelles du pourtour. La pollinisation est en général entomogame (l'inflorescence attire un large éventail de pollinisateurs généralistes : abeilles, mouches, papillons et scarabées), la protandrie favorisant la fécondation croisée mais si cette fécondation échoue, l'autogamie est possible grâce aux « brosses à pollen » situées sous les stigmates.. La croissance rapide du style bifide permet un brossage du pollen et sa récupération. Une fois que le stigmate a traversé le tube formé par les anthères, les stigmates se déplient et exposent leur face gluante au pollen. Un disque nectarifère est à la base du style (nectar souvent protégé de la pluie par des auricules à la base des anthères), au-dessus de l'ovaire infère uniloculaireUne seule loge due à la résorption de la cloison entre les deux carpelles. formé par la soudure de deux carpelles ouverts uniovulés (un seul ovule anatrope). Le style se termine par deux stigmates qui portent une brosse de poils sur leur sommet ou à leur base.