vignette|L'Enfer, détail du panneau de droite (Le Chariot de foin, triptyque antérieur au Jardin des délices, de Jérôme Bosch).
La fin du monde est le moment de la disparition de l'Univers, de la Terre ou de la seule humanité, telle qu'elle peut être imaginée par des individus, groupes ou des institutions. C'est un élément important de nombreuses religions et mythologies, et un sujet fréquemment mis en scène dans l'art et la littérature (de science-fiction notamment). Son caractère éminemment dramatique en fait également le sujet de multiples prédictions.
Son étude est l'eschatologie.
Mythologie et religions dans la Bible : Fin des temps ; les fameuses Terreurs de l'an mille ont été réfutées par les historiens contemporains comme étant un mythe de la Renaissance du repris par des historiens romantiques tels que MicheletPierre Riché, Les Grandeurs de l'an mille.; millénarisme chrétien : voir Apocalypse | Armageddon | Déluge | An de grâce | Eschatologie ; dans le Coran : al-Qiyāmah (Jour du jugement) ; dans le bouddhisme : Mappō | Naissance et fin des univers dans le bouddhisme ; dans la mythologie nordique : Ragnarök.
Sociologie Dans le domaine des sciences humaines, on étudie la crainte dans la culture populaire d’effondrement de la civilisation actuelle, voire d’une extinction de l'humanité, crainte ancienne et omniprésente mais qui intègre aujourd’hui les connaissances scientifiques acquises depuis trois sièclesJared Diamond, Effondrement (trad. Agnès Botz et Jean-Luc Fidel), Gallimard, coll. « NRF essais », 2006 ; réédité dans la collection « Folio essais » n° 513 en 2009 ., et s’appuie sur des causes soit exogènes (naturelles, indépendantes des actions de l'humanité), soit endogènes (liées à ces actions), soit mixtes.
Causes exogènes (notamment, la répétition dans le futur d'évènements connus du passé géologique ou climatique) : chute d’un astéroïde de grande taille (extinction Crétacé-Tertiaire) ; éruption volcanique à grande échelle et sur une longue période (trapps de Sibérie ou du Deccan) ; épisodes d’anoxie océanique globale (extinctions du Dévonien ou de la fin du Paléozoïque) ; glaciation générale touchant l’ensemble de la planète : scénario de la Terre boule de neige (Cryogénien) ; explosion d'une supernova à faible distance du système solaire ; sursaut gamma orienté vers notre région de la galaxie ; l'invasion d'extraterrestres plus avancés technologiquement que l'humanité, qui pourraient venir piller les ressources de la Terre, voire la détruire.
Causes endogènes (notamment, la projection dans le futur d'évènements du passé historique, amplifiés et globalisés) : les effets de la rapacité, de la violence, de l’ignorance, du fanatisme, de l’imprévoyance, de la surpopulation et de la surexploitation à outrance de toutes les ressources disponibles débouchant sur une troisième Guerre mondiale et/ou sur une annihilation nucléaire ; un effet dysgénique globalisé ou une pandémie d’origine artificielleDes épidémies artificielles ne sont pas une nouveauté : en 1346, les Mongols de la Horde d'or assiégèrent Caffa, comptoir et port génois des bords de la mer Noire, en Crimée. L’épidémie, ramenée d'Asie centrale par les Mongols, toucha bientôt les assiégés, car les Mongols catapultaient les cadavres des leurs par-dessus les murs pour infecter les habitants de la ville ; de là, les nefs génoises s'échappant de Caffa ramenèrent la peste noire en Europe occidentale (Frédérique Audouin-Rouzeau, Les chemins de la peste : le rat, la puce et l'homme, Éditions Tallandier, collection « Texto », Paris 2007, ), soit accidentelle soit criminelle ; le remplacement de l’humanité par l’intelligence artificielle capable d’apprentissage (voir singularité technologique, superintelligence), de choix et d’autoréplication, donc par des robots, ou de la gelée grise (voir écophagie).
Causes à la fois naturelles et artificielles : par exemple un orage magnétique majeur du Soleil ou une inversion du champ magnétique terrestre pourraient bloquer le fonctionnement des appareils et des réseaux électroniques dont l’économie mondiale est devenue totalement dépendante, débouchant sur un krach mondial et sur une annihilation par la guerre, comme déjà évoqué.
Philosophie
Science La science cherche notamment à mieux comprendre les crises passées d'extinction, l'anthropocène, en distinguant l'extinction de l'humanité de la destruction de la planète. La collapsologie utilise diverses disciplines scientifiques pour étudier l'effondrement de la civilisation industrielle, les risques d'effondrements environnementaux et sociétaux.
Extinction de l'humanité
Elle peut tout d'abord découler de l'activité humaine (pollution, épuisement des ressources naturelles, effet de serre).
Le réchauffement climatique est susceptible d'entraîner une diminution de l'oxygène dans l'air par mort du plancton et une libération de sulfure d'hydrogène mortel pour la majorité des organismes. Le sulfure d'hydrogène est un des coupables probables de l'extinction du Permien, où 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres ont disparu.
Pandémie Il est possible d'imaginer un virus mortel se propageant chez l'homme. Ces scénarios sont pris de plus en plus au sérieux chez les scientifiques depuis les récentes alertes (grippe A, virus H1N1, virus SARS-CoV-2 ou fièvre hémorragique de type Ebola).
Catastrophe technologique La plupart des ressources sont maintenant gérées informatiquement (électricité, eau, etc.). De la même façon, les communications sont devenues primordiales à la survie de l'humanité. Si ces réseaux étaient soudainement hors-service, l'humanité aurait du mal à se remettre. De plus, certains scientifiques, comme Michael Anissimov, jugent qu'il est possible qu'une intelligence artificielle nuise à l'humanité :
Guerre nucléaire Si cette possibilité est moindre depuis la fin de la guerre froide, la course aux armements des nations rend possible en cas de guerre la destruction totale de l'humanité.
Voir aussi l'argument de l'apocalypse, une théorie probabiliste.
Extinction à petit feu Pour des raisons sociologiques liées aux progrès techniques, mais surtout à l'évolution des comportements, la population humaine pourrait progressivement diminuer, génération après génération. Il s'agirait de la généralisation du phénomène décrit sous le terme de crash démographique, version « extrême » du déclin démographique.
Destruction de la Terre Concernant la destruction de la planète, ou en tout cas d'une grande partie de toutes les formes de vie, plusieurs scénarios sont évoqués.
Hiver d'impact vignette|Le Meteor Crater, un cratère causé par la chute d'une météorite de de diamètre, et ayant dégagé une énergie équivalente à 2,5 mégatonnes de TNT. Un hiver d'impact pourrait survenir à la suite de la collision de la Terre avec un astéroïde géocroiseur ou une comète. Ce scénario inquiétant fait partie des hypothèses les plus sérieuses pour expliquer l'extinction des dinosaures ainsi que d'autres extinctions passées, et fait l'objet d'une attention particulière. Une intervention humaine serait éventuellement susceptible de l'éviter : bombe, laser, voile solaire, collision cinétique, propulsion classique, solaire, ionique… afin de dévier, accélérer, ralentir, ou détruire l'astéroïde dangereux. De ce fait, certains organismes tels Spacewatch ou Near Earth Asteroid Tracking (NEAT) scrutent le ciel afin de repérer les astéroïdes qui seraient susceptibles de frapper la Terre à plus ou moins longue échéance.
La période de ce type de phénomènes semble relativement brève à l'échelle astronomique : de quelques centaines de milliers d'années à quelques centaines de millions d'années selon les énergies d'impact. Beaucoup de traces, bien qu'érodées par le temps, sont encore visibles sur la surface terrestre.
Hiver volcanique Un hiver volcanique serait la conséquence directe de l'éruption d'un supervolcan. Ce type de catastrophe est prévisible, ce qui permettrait de mettre à l'abri une majorité de la population locale. Mais la quantité faramineuse de cendre projetée (plus 1 000 km³) créerait à terme des changements climatiques considérables à l'échelle planétaire. La baisse des températures qui en découlerait (y compris dans les océans) entraînerait déforestation, et de ce fait, baisse drastique des espèces herbivores et carnivores, chaîne alimentaire oblige.
L'homme pourrait survivre mais sa population serait fortement diminuée, ce scénario s'étant déjà produit (Théorie de la catastrophe de Toba).
Inversion du champ magnétique terrestre L'inversion du champ magnétique terrestre se produit à intervalles de temps irréguliers mais dont la moyenne est estimée à environ. Ce phénomène s'accompagnerait d'un bombardement cosmique important susceptible de provoquer des dérèglements climatiques qui pourraient entraîner des extinctions importantes d'espèces. Mais certains scientifiques prétendent que cette inversion de champ magnétique n'aurait pas d'effets néfastes sur notre planète.
Refroidissement du noyau terrestre Le refroidissement du noyau terrestre entraînerait la fin du champ magnétique terrestre. La fin du champ magnétique laisserait le vent solaire pénétrer dans l'atmosphère terrestre, bombardant la surface terrestre de particules énergétiques dont l'augmentation deviendrait potentiellement dangereuse. Les formes de vies alors présentes à cette époque devront se protéger ou périr. Cependant, la diminution du champ magnétique devrait être extrêmement progressive, laissant à l'évolution le temps de faire son œuvre.
Disparition de l'atmosphère par fuite vers l'espace La Terre perd actuellementDavid Catling et Kevin Zahn, « Comment les planètes perdent leur atmosphère », Pour la Science, , septembre 2009, . environ d'hydrogène et d'hélium par seconde, ce qui est très peu, mais une petite fuite finit par peser aux échelles de temps géologiques. Plusieurs phénomènes se conjuguent pour expliquer ces fuites auxquelles, par exemple, est due la très faible pression actuelle sur Mars. Ainsi, il est prévu, concomitamment à l'augmentation de la luminosité du Soleil, que la Terre devienne un désert total après l'assèchement des océans dans environ 2 milliards d'années.
Sursaut gamma Bien qu'extrêmement rare, l'explosion de rayons gamma trop proche de la Terre entrainerait une diminution drastique de la couche d'ozone en la soufflant littéralement, laissant passer les ultraviolets nocifs du Soleil. Par la suite, les molécules éclatées de l'atmosphère formeraient une épaisse couche de gaz toxique obstruant le ciel. S'ensuivrait à terme une chute des températures et un refroidissement climatique. C'est une des causes potentielles de l'extinction de l'Ordovicien-Silurien, il y a 445 millions d'années.
Évolution stellaire L'évolution stellaire indique que le Soleil durant « sa vie » sur la séquence principale, augmente lentement sa puissance au rythme de 1 % tous les 90 à 100 millions d'années. Dans environ 1 milliard d'années, le climat de type terrestre ne pourra plus être maintenu et la Terre deviendra une étuve. Ensuite, la vapeur d'eau sera progressivement décomposée par les ultraviolets solaires en hydrogène et oxygène, l'hydrogène finira par s'échapper dans l'espace et l'oxygène à se combiner aux roches de par les hautes températures de surface. La Terre connaîtra alors un destin similaire à sa « planète sœur » Vénus.