Ornamente, , est une suite de sept pièces pour piano, composée par Boris Blacher en 1950. Cette œuvre offre le premier exemple de la technique des « mètres variables », caractéristique des méthodes de composition de Boris Blacher.

Présentation Ornamente, , est composé en 1950 et publié en 1951 par Bote & Bock. L'œuvre consiste en une suite de sept études pour piano dédiées à : Vivace — dédié à Virgil Thomson Andante — dédié à Rudolf Wagner-Régeny Allegro — dédié à Karl Amadeus Hartmann Allegretto — dédié à Priaulx Rainier Allegro — dédié à Rolf Liebermann Moderato — dédié à Nicolas Nabokov Presto — dédié à Gottfried von Einem

Analyse Préface Le sous-titre des Ornamente est « Sept études sur des mètres variables ». Dans la préface, le compositeur explique la technique employée en ces termes :

Les « mètres variables » Pour chaque pièce des Ornamente, l'unité fondamentale est la croche. Ainsi, dans la présentation des mètres variables, 2 signifie , 3 signifie , etc.

I. Vivace et II. Andante

Ces deux premières pièces sont construites sur une progression arithmétique simple, reprise en palindrome :

2 3 4 5 6 7 8 9 8 7 6 5 4 3 2

3 4 5 6 7 8 9 8 7 6 5 4 3

III. Allegro

Cette pièce est construite sur une série répondant au principe itératif suivant :

2 3 4 — 3 4 5 — 4 5 6 — 5 6 7 — 6 7 8 — et inversement.

IV. Allegretto

Pour cette pièce, la métrique repose sur le principe d'une variation cyclique, sur une période fixe de quatorze croches :

4 5 3 2 — 5 2 3 4 — 3 2 4 5 — etc.

4 5 3 2 — 2 4 5 3 — 3 2 4 5 — etc.

V. Allegro

Cette pièce est construite selon la somme des termes aboutissant à une mesure à treize temps :

2 — 3 — 5 (2 + 3 = 5) — 8 (5 + 3 = 8) — 13 (8 + 5 = 13) — et inversement.

VI. Moderato

Cette pièce est construite selon une permutation circulaire de quatre mètres aboutissant à une période fixe de vingt-quatre croches :

3 4 5 6 (3 + 4 + 5 + 6 = 24)

vignette|center|upright=2.6|Blacher - Ornamente , mes.1-8.

VII. Presto

Le principe de composition de cette pièce, le plus complexe des Ornamente, repose sur la progression suivante :

8 7 — 8 7 6 — 8 7 6 5 — 8 7 6 5 4 — 8 7 6 5 4 3 — 8 7 6 5 4 3 2 — puis

6 5 — 6 5 4 — 6 5 4 3 — 6 5 4 3 2 — puis

4 3 — 4 3 2

Modèles : Schönberg, Stravinsky

Postérité Accueil critique La technique déployée dans Ornamente a été diversement appréciée par les musicologues. Si Maurice Hinson et Wesley Roberts considèrent que les « mètres variables » contribuent à , John Gillespie reste peu convaincu devant le résultat pianistique d'.

Continuité technique Boris Blacher a employé la technique des « mètres variables » dans la plupart des compositions qui ont suivi Ornamente, à commencer par sa Sonate pour piano, que John Gillespie considère plus satisfaisante, et son Concerto pour piano et orchestre « sur des mètres variables » de 1951. La série employée pour la dOrnamente est reprise à l'identique pour l'un des Vingt-Quatre Préludes pour piano, dernière œuvre achevée du compositeur en 1976.

Influence Selon Larry Sitsky, les « mètres variables » présentés par Boris Blacher ont motivé d'autres compositeurs, parmi ses compatriotes, à s'intéresser à des combinaisons de mesures selon un même postulat mathématique, dont Giselher Klebe, Heinz Friedrich Hartig, Rudolf Wagner-Régeny, Hans Werner Henze et Karl Amadeus Hartmann.

Bibliographie Ouvrages généraux . . . . . Notes discographiques

Discographie Horst Göbel, (L'œuvre complet pour piano seul), Thorofon, 1996 (CTH 2203)

Références

Liens externes

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