Le Haut-Corlay est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie

Localisation

Le Haut-Corlay est une commune située à l'ouest de Quintin et juste au nord de Corlay.

La commune fait partie par ses traditions de la Basse-Bretagne et plus localement du pays Fañch.

vignette|center|Carte simplifiée de la commune du Haut-Corlay.

Géologie et relief

Le bourg du Haut-Corlay est situé au sud-ouest du territoire communal. Il fait face au bourg de Corlay dont il est séparé par la rivière de Corlay et un étang. La commune présente un relief avec de forts dénivelés. Les hauteurs de la cime de Kerchouan, au nord-est de la commune, à la limite avec celle de La Harmoye, culminent à une altitude de . Elles bordent le massif granitique de Quintin. Ce site élevé a été choisi pour y implanter un des premiers parcs éoliens de Bretagne. Il comporte six éoliennes de 64 mètres de hauteur, ce parc a été mis en service en 2005Le Haut-Corlay sur le site France, le trésor des régions, Roger Brunet.

La « Cîme de Kerchouan-Bois de Guercy », constituée de landes, d'espaces tourbeux (tourbière de la Ville-Jouan) et de bois constitués de sapinières situés sur le même substrat géologique de grès - quartzites et schistes métamorphisés est une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Gouët, l'Oust, le Corlay et divers autres petits cours d'eau.. La cime de Kerchouan marque le point haut de la ligne de partage des eaux entre la Manche et l'océan Atlantique, à savoir que le Gouët s"écoule vers le nord et se jette dans la Manche et l'Oust rejoint l’Atlantique en sud Bretagne..

Le Gouët, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la baie de Saint-Brieuc en limite de Plérin et de Saint-Brieuc, après avoir traversé seize communes..

L'Oust prend sa source au nord-est de la commune, à la limite avec La Harmoye, juste au sud de la cime de Kerchouan.. D'une longueur de , il se jette dans la Vilaine à Rieux, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Oust sont données par la station hydrologique située sur la commune de Saint-Martin-des-Prés. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 544 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/11/1978 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le Corlay, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Sulon à Saint-Nicolas-du-Pélem, après avoir traversé six communes..

Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de la Rivière () et l'étang de Toul Sparlo ()..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du Haut-CorlayLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Transports La commune est traversée d’est en ouest par la route départementale D 790 (ancienne route nationale 790).

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Le Haut-Corlay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Institut national de la statistique et des études économiques en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,4 %), prairies (13,1 %), zones agricoles hétérogènes (8,3 %), zones urbanisées (3,2 %), forêts (3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Corle en 1169-1170 et en 1190., ecclesia de Veteri Corle en 1247, Vetus Corle vers 1330, en 1368 et en 1405, Hault Corle en 1468, en 1473 et en 1480, Vetus Corlay en 1516., Hault Corlay en 1535-1536, haut Corlay en 1760, Haut Corlay en 1771, en 1815 et en 1850.

Le nom ancien de la localité, Corle, est composé du vieux breton cor « enclos » et de le « lieu ». Une distinction apparaît à partir de 1247. La localité est désignée comme « le Vieux Corlay », noté sous les formes latinisées Veteri Corle et Vetus Corle. Cette appellation demeure en usage en breton sous la forme Goz-Korle, composé de l'adjectif kozh « vieux, ancien » antéposé à l'ancien nom de la localité. La forme française « Haut-Corlay » prévaut dès le . Le nom de la commune de Corlay était à l'origine rattaché au bourg actuel du Haut-Corlay avant de désigner le site où fut érigé le château de Corlay.

Bernard Tanguy transcrit la forme bretonne parlée sous la graphie Goz-Korle. La forme Ar Gozh-Korle est la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne.

Dans une étude consacrée aux toponymes bretons de Haute-Bretagne et publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 68,2 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne..

Histoire Préhistoire et Antiquité . Du nord de cette éminence « le regard embrasse un horizon extrêmement étendu, et il n'est donc pas étonnant que, dès l'époque gauloise, puis à l'époque romaine, des postes d'observation et des garnisons de protection aient été établies à proximité », par exemple les enceintes fortifiées circulaires de Coz-Castel et Motten-Chastel sur la commune du Vieux-Bourg, et du Tertre-aux-Coulombs, de la Ville-Jouan (à 300 mètres au nord de ce hameau) et du sommet de la cime de Kerchouan pour celle du Haut-Corlay.

La voie romaine de Vorgium (Carhaix) à Corseul passait sous le Tertre-aux-Coulombs avant de monter vers la cîme de Kerchouan..

Moyen Âge L'ancienne paroisse du Haut-Corlay avait pour trève Saint-Bihy et a pu englober le territoire de La Harmoye.

Plusieurs maisons nobles et manoirs existaient au Haut-Corlay : Bellevue, Bocozel, le Boissy, Kerdanio, Kerniquet, Kernonain, Kerroignant, Kervers, Portz-Jacques, la Rivière et la Ville-Jouan. Les seigneurs de Bocozel (« le manoir de Bocozel était le plus ancien manoir du Haut-Corlay » ont écrit en 1843 A. Marteville et P. Varin, qui ajoutent qu'il était alors ruiné et remplacé par une construction récente.), . En 1601 Catherine de Kergorlay apporta en dot lors de son mariage à son époux Abel Gouyquet [Gouicquet] la terre et le manoir de Bocozel..

Temps modernes vignette|Carte de Cassini de la région du Haut-Corlay (1787). La chapelle Saint-Maudez, où chapelle de la Croix, fut construite en 1715 par Sébastien Gouicquet, sieur de Bocozel ; il y fut inhumé lors de sa mort survenue en 1720 comme en témoigne une inscription latine située sur son enfeu.

En 1764 l'église paroissiale, sous le vocable d'église Notre-Dame-et-Sainte-Philomène, est détruite par un incendie ; elle est restaurée et bénie le par Farcy de Cuillé, évêque de Cornouaille.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Le Haut-Corlay en 1778 :

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Le Haut-Corlay en 1843 :

En 1862,le Haut-Corlay était réunie à Corlay pour l'école des garçons, mais l'école mixte de la Croix accueillait 7 élèves. Joachim Gaultier du Mottay écrit que « le territoire est très élevé, accidenté, assez bien boisé et planté de pommiers », que « les terres sont légères, mais assez fertiles ». Le même auteur écrit qu'en 1851, du Bois de la Hue-au-Gal, bois très fréquenté par les loups, sortit « un loup enragé qui, dans l'espace de quelques heures, parcourut diverses communes et mordit quarante-six personnes et 90 animaux »..

Le

La Première Guerre mondiale Le monument aux morts du Haut-Corlay porte les noms de 50 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale..

L'Entre-deux-guerres

La Seconde Guerre mondiale Début 1944, la « brigade spéciale » créée par Louis Pichouron, dirigeant FTP, pourchassée par le lieutenant FlambardLe lieutenant Flambard, qui commandait la gendarmerie de l'arrondissement de Guingamp lutta avec acharnement, malgré son uniforme français, contre les résistants et pour chassa les réfractaires du STO, servant la cause nazie et collaborant avec la Gestapo.La cour de justice de Rennes le condamna le à 2 ans de prison., se réfugia sur la cime de KerchouanLa cime de Kerchouan est une colline atteignant d'altitude près du Haut-Corlay. Le , maquisards et gendarmes s'affrontent à Saint-Caradec ; plusieurs résistants sont arrêtés dont Georges Ollitrault, Roger Cadec, Raymond Pédrono, Marcel Le Hellaye, Louis Winter, Marcel Divenah, les quatre derniers cités étant morts en déportationFrançoise Morvan, "Miliciens contre maquisards :enquête sur un épisode de la Résistance en Bretagne", éditions Ouest-France, 2013, ..

Le monument aux morts du Haut-Corlay porte les noms de 14 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Politique et administration

Démographie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments

La commune compte un monument historique protégé : la croix du située sur la route de Quintin à Corlay et inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

Autres monuments