François-Ferdinand de Habsbourg-Lorraine (en allemand : Franz Ferdinand von Habsburg-Lothringen, en hongrois : Habsburg–Lotaringiai Ferenc Ferdinánd), né le à Graz est mort assassiné le à Sarajevo (Autriche-Hongrie), fut archiduc de Basse-Autriche et de Haute-Autriche ainsi que prince royal de Hongrie et prince de Bohême. Il devient l'héritier du trône de l'Empire austro-hongrois à partir de 1896.. Son assassinat est l'événement déclencheur de la Première Guerre mondiale..

Biographie Enfance et héritages d'un État en situation d'échec vignette|redresse|L'archiduc Charles-Louis et l'archiduchesse Marie-Annonciade, parents de l'archiduc (1870).|gauche gauche|vignette|redresse|L'archiduc François-Ferdinand, avec sa mère, l'archiduchesse Marie-Annonciade, vers 1865.

François-Ferdinand naît le à Graz (Styrie) en Autriche. Neveu de l'empereur , il est le fils aîné de l'archiduc Charles-Louis, frère cadet de l'empereur et de sa seconde épouse, la princesse Marie-Annonciade de Bourbon-Sicile, ainsi que le petit-fils de l'archiduchesse Sophie, véritable chef de la famille impériale, et du roi , qui s'était fait haïr des libéraux européens en ordonnant le bombardement de la ville sicilienne de Messine qui s'était révoltée. À sa naissance, le royaume des Deux-Siciles vient d'être annexé de force au nouveau royaume d'Italie. Le mariage de ses parents ne revêt aucune importance politique pour l'empire d'Autriche mais rappelle à l'Europe, l'attachement de la maison de Habsbourg-Lorraine aux valeurs d'un catholicisme conservateur voire autoritaire. Le nourrisson est quatrième dans l'ordre de succession au trône après son cousin germain l'archiduc-héritier Rodolphe, unique fils de l'empereur, son oncle paternel l'archiduc Ferdinand-Maximilien et son père.

Après la naissance de François-Ferdinand, l'archiduc Charles-Louis et l'archiduchesse Marie-Annonciade ont eu trois autres enfants : l'archiduc Otto en 1865, père du futur ] ; l'archiduc Ferdinand-Charles en 1868 ; l'archiduchesse Marguerite en 1870.

Un archiduc aux mains des parvenus À l'époque, l'empereur des Français , avec l'aide du roi des Belges, a envahi le Mexique qui ne payait plus ses dettes envers l'Europe. Ce prétexte est aussi l'occasion de barrer la route des États-Unis qui se débattent dans la guerre civile et de freiner leur influence en Amérique latine. L'empereur des Français essaie d'affirmer le principe monarchique sur ce continent républicain et cherche un souverain européen pour le Mexique. Son choix se porte sur l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche et de l'archiduc Charles-Louis. En effet, des ragots non vérifiés prétendent que l'archiduc serait en réalité le fils du duc de Reichstadt (donc biologiquement un Bonaparte)La mère de Maximilien, Sophie de Bavière, était intimement liée au duc de Reichstadt, fils de Napoléon. Elle fut, dit-on, le grand amour de l'Aiglon et l'assista dans ses derniers jours. De plus, il a épousé la fille du roi des Belges. Cette alliance permettra de réconcilier la France et l'Autriche, qui se sont combattues en Italie quatre ans plus tôt. L'aventure tournera au fiasco. L'empereur du Mexique sera fusillé par les rebelles, et l'impératrice sombrera dans la folie.

L'Autriche rejetée d'Italie et d'Allemagne : fin du pouvoir absolu L'alliance française n'a pas été plus favorable à l'Autriche que son inimitié. Après les défaites face à la France et à la Sardaigne qui ont ôté à l'Autriche son influence en Italie, chassé les dynasties en place (donc l'oncle paternel du petit archiduc), permis l'annexion des différents États italiens et la proclamation du royaume d'Italie au profit du roi de Sardaigne en 1861, c'est un nouveau revers pour l'empereur d'Autriche qui, en 1866, à cause d'une autre défaite militaire cette fois-ci face à la Prusse, verra son pouvoir sur les États allemands s'effondrer au profit du roi de Prusse. Face à ces échecs et pour apaiser ses peuples, l'empereur se résout à mettre fin à son pouvoir absolu, à octroyer une charte puis à donner une place pleine et entière aux Magyars qui ont dangereusement mis sa couronne en péril durant la révolution de 1848. La Hongrie, si souvent en révolte, devient un royaume indépendant sous l'autorité de l'empereur d'Autriche, partageant certaines prérogatives avec l'Autriche. En , l'empereur est couronné roi de Hongrie à Budapest au détriment des populations slaves de l'empire qui lui étaient restées fidèles. En 1871, la fondation de l'Empire allemand au profit du roi de Prusse après une guerre victorieuse contre la France sera également considérée comme un camouflet pour l'empereur d'Autriche, tandis que l'Empire français s'effondre et que, pour la troisième fois, la France devient une république.

L'aîné de la famille Victime de la tuberculose, l'archiduchesse Marie-Annonciade meurt à l'âge de en 1871, laissant orphelins de mère ses quatre enfants dont l'aîné, François-Ferdinand, n'a que sept ans. L’année suivante, l’archiduchesse Sophie décède à son tour, elle qui était inflexible en politique mais d’une grande douceur avec ses petits-enfants.

Pour la seconde fois, l'archiduc Charles-Louis est veuf. Il n'a que 38 ans. Il se remarie en 1873 à Marie-Thérèse de Bragance. Elle aussi issue d'une branche catholique et conservatrice de la maison de Bragance, l'infante est née et a été élevée loin de son pays d'origine. Elle est la fille du défunt roi - mort en exil pour avoir convoité le trône de sa nièce - et de la princesse Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg. La nouvelle archiduchesse a 22 ans de moins que son mari. C'est une femme de caractère, d'une grande piété. Elle élèvera comme les siens ses beaux-enfants dont l'aîné n'a que 8 ans de moins qu'elle.

L'archiduc Charles-Louis et l'archiduchesse Marie-Thérèse donneront le jour à deux filles qui viendront compléter la fratrie : Marie-Annonciade (1876-1961) ; Élisabeth (1878-1960).

En 1875, son cousin , gendre du roi Louis de Bavière, le dernier duc de Modène, meurt sans enfant. Il désigne alors comme héritier de sa vaste fortune François-Ferdinand, alors âgé de onze ans, à la condition qu'il ajoute Este à son nom. François-Ferdinand relève ainsi le titre de la branche autrichienne de Modène, issue du mariage de l'archiduc Ferdinand d'Autriche-Este avec la princesse Marie-Béatrice de Modène en 1771.

À la mort de l'archiduc Rodolphe, retrouvé sans vie dans le pavillon de chasse de Mayerling, le , en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera., le père de François-Ferdinand devient héritier du trône. Il y renonce immédiatement en faveur de son fils aîné.. L'archiduc Charles-Louis meurt prématurément d'une fièvre typhoïde contractée après avoir bu l'eau du Jourdain lors d'un pèlerinage en Terre sainte en 1896. Dès lors, François-Ferdinand est désigné officiellement comme héritier du trône impérial..

Amateur de chasse La chasse est la grande passion de François-FerdinandFriedrich Weissensteiner: Franz Ferdinand. Der verhinderte Herrscher. Österreichischer Bundesverlag, Wien 1983, S. 52–59., qui jouit d'une réputation de bon tireurLinhart berichtet (unter Verweis auf "Mit Gmunden kann Borneo nicht mithalten") von einem Wettbewerb mit Kunstschützen Buffalo Bill in Wien, den Franz Ferdinand gewann in LB in FAZ vom 16. Juli 2013 S. 30.. Dès le début des années 1890, il est considéré comme le meilleur tireur du mondeWolfram G. Theilemann: Adel im grünen Rock. Adliges Jägertum, Grossprivatwaldbesitz und die preussische Forstbeamtenschaft 1866–1914. Akademie Verlag, Berlin 2004, , S. 73..

Il fait, pour chasser, le tour du monde en 1893 à bord du croiseur SMS Kaiserin Elisabeth, mais emmène aussi diplomates (pour représenter l'Empire), photographes, taxidermistes et naturalistes pour garnir les vitrines du musée d'histoire naturelle de VienneArchduke Franz Ferdinand's World Tour : [www.franzferdinandsworld.com/]. Il ressort de ses cahiers de chasse, qui ont tous été préservés, qu'avec ses équipes il a tué au cours de sa vie animauxWladimir Aichelburg: Erzherzog Franz Ferdinand von Österreich-Este und Artstetten. Lehner, Wien 2000, , S. 32.. Parmi eux, de nombreux animaux exotiques tels que les tigres, les lions et les éléphants et jusqu'aux kangourous et aux émeus d'Australie Accessed 28 June 2010.

Plus tard, le relevé d'un jour de indique mouettesGerhard Roth: Eine Reise in das Innere von Wien. Essays. S. Fischer, Frankfurt am Main 1991, , S. 182. et en 1911, son palmarès de l'année s'élève à têtesWladimir Aichelburg: Erzherzog Franz Ferdinand von Österreich-Este und Artstetten. Lehner, Wien 2000, , S. 33.. Ce penchant pour la chasse est jugé excessif, même par la noblesse européenne de cette époque Wladimir Aichelburg, Erzherzog Franz Ferdinand von Österreich-Este und Artstetten, Vienna: Lehner, 2000, , : "Tatsächlich war Franz Ferdinand ein außergewöhnlich leidenschaftlicher Jäger" - "It is a fact that Franz Ferdinand was an unusually passionate hunter.". Pas moins de trophées sont exposés dans son château de Konopiště en Bohême Michael Hainisch, ed. Friedrich Weissensteiner, 75 Jahre aus bewegter Zeit: Lebenserinnerungen eines österreichischen Staatsmannes, Veröffentlichungen der Kommission für neuere Geschichte Österreichs 64, Vienna: Böhlau, 1978, , : "Konopischt ... das einst dem Erzherzoge Franz Ferdinand gehört hatte. Das Schloß ist voller Jagdtrophäen" - "Konopiště ... which once belonged to Archduke Franz Ferdinand. The castle is full of hunting trophies."Neil Wilson and Mark Baker, Prague: City Guide, Lonely Planet City Guide, ed. Footscray, Victoria / Oakland, California / London: Lonely Planet, 2010, , . qui contient également une grande collection d'antiquités, l'autre passion de François-Ferdinand Thomas Veszelits, Prag, HB-Bildatlas 248, Ostfildern: HB, 2003, , : "Jagdtrophäen, Waffen aus drei Jahrhunderten und Kunstschätze füllten die Räume" - "Hunting trophies, weapons dating to three centuries, and art treasures filled the rooms.".

Carrière militaire thumb|François-Ferdinand en uniforme.

Comme tout membre masculin de la maison de Habsbourg-Lorraine, François-Ferdinand entre dans l'armée austro-hongroise dès son plus jeune âge. Ses promotions sont rapides et fréquentes. Il atteint le rang de lieutenant à l'âge de quatorze ans, capitaine à vingt-deux ans, colonel à vingt-sept et enfin major-général à trente et un ans.

Bien qu'il n'ait jamais reçu de formation au commandement, il dirige brièvement le de hussards. En 1898, il devient le représentant « à la disposition de Sa Majesté » pour tous les services et agences militaires qui reçoivent l'ordre de lui transmettre tous leurs documents.

En 1913, l'héritier du vieil empereur est nommé inspecteur général des forces armées de l'Autriche-Hongrie (Generalinspektor der gesamten bewaffneten Macht), position supérieure à celle détenue auparavant par l'archiduc Albert de Teschen et qui prévoit le commandement des troupes en temps de guerre.

Honneur et déshonneurs : mariage, famille, dynastie vignette|Sophie Chotek de Chotkowa et Wognin.

En 1894, François-Ferdinand rencontre la comtesse Sophie Chotek lors d'un bal à Prague. De bonne noblesse, toujours célibataire à l'âge de 26 ans, Sophie est une dame de compagnie de la princesse Isabelle de Croÿ, épouse de l'archiduc Frédéric de Teschen.