thumb|300px|Le Libellule à Annecy, France, été 2004 Les bateaux de croisière du lac d'Annecy permettent la navigation publique et des croisières sur le lac d'Annecy, situé dans les Alpes, en Haute-Savoie et en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Depuis 1840, plus de vingt bateaux de croisière ont assuré ces services. Depuis 1886, la « Compagnie des Bateaux d'Annecy » propose différents bateaux de croisières : Libellule, Cygne, Savoie, Belle Étoile, Allobroge.

Historique Période 1840-1860 Acheté d'occasion à Lyon après une longue carrière sur le Rhône, tiré par attelage de de ferme depuis Aix-les-Bains jusqu'au lac, le Chérubin, vieux bateau-vapeur en bois (puissance , ), navigua de à , pour un service de voyages. Il fut le premier bateau à vapeur du lac d'Annecy. Il remorquait des barques à voile, embarquait une centaine de passagers et assurait le service de son propriétaire, le capitaine Monin de Doussard. En , le gel ouvrit une voie d'eau, le bateau coula au port. Il fut renfloué.

vignette|250px|Barques de transport sur le lac d'Annecy. Joseph Dessaix, 1864

vignette|250px|Barques de transport dans le port d'Annecy, vue 1866

En 1843, après une importante réparation, le Chérubin rebaptisé le Dauphin reprend du service jusqu'en . Il n'avait pas de quille, sa coque était pourrie. Le capitaine Monin abandonna la navigation sur le lac d'Annecy et partit s'installer en Algérie.

Entre 1840 et 1843, le quai des Marquisats est construit ; le port d'Annecy sera construit ultérieurement, grâce au dragage de la passe du Thiou, afin de pouvoir accueillir des bateaux à vapeur.

Le Lutin, bateau de plaisance et remorqueur en bois, navigua un an en 1849.

L'île des Cygnes est créée à partir de 1854, agrandie en 1859, avec les matériaux issus du dragage de la passe du Thiou.

En 1856, est lancée la Dame du Lac, grosse barque à voiles romaines, pour le transport des marchandises. Les autres barques à voiles romaines sont également surnommées Oreilles du lac. Elles se nomment l'Innocente, la Belle Étoile, la Charbonnière, la Céleste, la Grande Barque, l'Espérance et la Lombarde. Ces barques étaient souvent construites par des charpentiers du Léman : ils s’établissaient provisoirement sur les rives du lac d’Annecy le temps du chantier.

Très semblables aux barques du Léman, elles formaient une véritable flottille ; elles transportaient le charbon des mines d'Entrevernes, du bois (planches, poutres et billes) de Doussard, du fer de Duingt et de Saint-Jorioz, des pierres des carrières de Talloires, des pavés plats de la carrière de Menthon, de la chaux de Cons-Sainte-Colombe, vers les industries et entreprises d'Annecy ; leur prix était de 1,625 franc, la tonne. Ces barques étaient lentes, une fois chargées et attelées de deux longs radeaux de bois ; il leur fallait jusqu'à 18 jours pour relier le Bout du Lac au port d'Annecy ou d'Albigny. Cette activité cessera avec la construction du chemin de fer d'Annecy à Faverges.

Période 1860-1873 Par le traité de Turin du , la Savoie et Nice sont cédées à la France par le roi de Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel IILe roi, et son chef du gouvernement, Camillo Cavour, s'assurait en échange de l'appui politique et militaire de la France pour l'unification des États italiens. Cette annexion fut ratifiée par le plébiscite des 22 et par lequel les Savoyards furent appelés à se prononcer en faveur ou non de l'annexion..

Le 29 août 1860, une fête vénitienne est donnée en l'honneur de Napoléon III et de son épouse. Ils naviguent sur le lac d'Annecy à bord d'un bateau à vapeur alors nommé Le Savoie, ainsi que sur une gondole vénitienne, dessinée par l'architecte Monnet. Le couple impérial est acclamé par la population le long des berges, et sur des chaloupes garnies de lanternes vénitiennes.

À la suite de cette visite, Napoléon III offrit à la ville d'Annecy, le bateau Couronne de Savoie. C'était un moyen bateau-vapeur en bois, construit par les ateliers Armand de Bordeaux (, , , ), qui navigua de juin 1861 jusqu'en 1913. Sa propriété et sa gestion étaient municipales et sept débarcadères furent construits au frais de l'État par les Ponts et Chaussées, à Veyrier, Menthon, Talloires, Doussard, Duingt, Saint-Jorioz et Sevrier. À Annecy, le chenal du petit port est ouvert. Le nouveau bateau faisait 2 ou par jour le tour complet du lac.

Le Roc de Chère, remorqueur de bois (, , ), navigua à partir de 1863 et pouvait tirer plusieurs barques de marchandises.

En , le préfet Joseph Louis Ferrand publie le premier règlement de police, codifiant la navigation des bateaux de croisières et de transport de marchandises sur le lac. En 1864, une première révision du règlement de police est publiée.

En 1869, Désiré Marchard publie le Guide du tourisme à Annecy.

En 1872, ont participé à un tour du lac.

Période 1873-1886 La Compagnie de navigation du lac d'Annecy fut fondée au printemps 1873 par des entrepreneurs locaux.

L’Allobroge, moyen bateau à hélices, fut le premier à avoir une coque en fer (, , , ) ; il navigua pour la CNLA depuis jusqu'en , en concurrence avec le Couronne de Savoie municipal : guerre des prix, des horaires, et même, bagarres entre les équipages.

En 1876, est organisée la première croisière nocturne lors du congrès des Clubs alpins. Ce fut un succès : elle servit de modèle.

En 1878, est publié le Guide Joanne : Annecy-Diamant ou guide pratique du voyageur et du pèlerin dans la ville et aux environs.

En 1883, un enrochement de l'île des Cygnes est réalisé pour la protéger des vagues créées par les entrées et sorties des bateaux du port d'Annecy.

Période 1886-1907 vignette|250px|Petit port, la vieille ville et le château vers 1905 vignette|250px|Le Mont-Blanc vers 1910 La Compagnie des bateaux à vapeur sur le lac d'Annecy est fondée en , avec un capital de (soit ) et remplace la CNLA dissoute. La nouvelle compagnie récupère l’Allobroge, rachète le Couronne de Savoie pour , et lance en 1887 le Mont-Blanc.

Le Mont-Blanc, grand bateau à aubes (, , , ), fabriqué par le chantier Escher Wyss de Zurich, navigua à partir de pour la CBVA. Il a été construit dans un hangar au lieu-dit La Puya. En , à cause du brouillard, il s'ensabla près du port de Sevrier.

André Theuriet (1833-1907) écrit, dans son roman Deux sœurs (1889) : .

La CBVA se développe, les touristes affluent, grâce au chemin de fer du P.L.M. La compagnie met en place des croisières à prix réduits, propose des séjours dans les beaux hôtels des rives du lac. Elle attire les touristes d'Aix-les-Bains pour des excursions à la journée. À la Belle Époque, et surtout après la construction du téléphérique, jusqu'à par jour pouvaient desservir le débarcadère de Veyrier-du-Lac.

En 1896, la navigation sur le lac est considérée comme le moyen le plus sûr de déplacement. Cette année-là, le peintre Cézanne emprunte le Couronne de Savoie pour rejoindre Talloires son lieu de villégiature.

Lors de la saison d'été 1898, la CBVA transporte près de .

Lors de l'été 1899, le Roselet, petit bateau de croisière de , assura une desserte entre la place aux bois à Annecy, le Grenier et l’hôtel Beau Rivage. Organisée par Léon Laydernier, elle coûtait .

vignette|250px|Le Ville d'Annecy (avant 1940)

En 1900, la CBVA lance le Ville d'Annecy, grand bateau à aubes (, , , , coût ), fabriqué par le chantier Escher Wyss de Zurich, qui navigua de à 1960. Ce fut le premier batea éclairé à la lumière électrique. Il a été construit au lieu-dit Le Grenier et baptisé par Philippe, évêque de Lari.

En juillet 1900, l’Allobroge coula à quai : des gamins avaient ouvert un robinet de vidange. Il fut renfloué après beaucoup d'efforts.

Le Paris Lyon Méditerranée, petit canot de croisière (, ), navigua en été 1901, entre Duingt et Talloires. Cette opération était organisée par Saturnin Favre à la demande de la compagnie P.L.M.

À partir de 1904, la CBVA organise pour les touristes des « croisières au clair de lune », avec repas gastronomiques et danses. Elles auront un grand succès ; après la guerre, à partir de 1920, la CBVA proposera seulement des boissons et une restauration légère.

Période 1907-1950 vignette|250px|Le France à Annecy. vignette|250px|Le vapeur France sur le lac vers 1910 vignette|250px|Bateau Le France sur le Lac d'Annecy le soir (François Cachoud)

En 1907, le vieil Allobroge de 1874 est vendu pour la ferraille.

En 1908, la commune de Doussard veut baptiser son débarcadère du nom de « Bout du Lac » ; elle estime que « Lathuile » est préjudiciable à son image.

En 1908, les frères Louis et Fabien Gruffaz ouvrent Le Palace à Menthon.

En 1909, le France, fabriqué par la société zurichoise Escher Wyss et le plus grand bateau de la CBLA (, , , grâce à son triple pont, , coût ), est le dernier bateau à aubes du lac. Il fut livré par train, en pièces détachés, construit sur le site de la Puya et mis à l'eau le . Le peintre et illustrateur François Cachoud le choisit pour une de ses affiches. Les connaisseurs remarquèrent son inclinaison, due à une erreur de fabrication. Il navigua commercialement de à 1962.

En 1910, le président de la république Armand Fallières venu fêter le cinquantenaire du rattachement de la Savoie à la France, effectue une croisière sur le France. Cette même année est publié le guide pratique POL :Annecy, son lac, sa région.

En 1912, la CBVA a désormais un capital de (soit ). Le palace l'Impérial d'Annecy est inauguré, avec ses deux cents chambres de luxe. La barque à voiles latines la Comète (), est remplacée par la barque l'Espérance II à deux grandes voiles latines (, et de charge) qui naviguera jusqu'en 1930.

En 1913, le vieux Couronne de Savoie est transformé en ponton lacustre ancré devant Menthon-Saint-Bernard. Pour le remplacer, la CBVA lance le Savoie, moyen bateau (, , puissance avec propulsion par hélices, ) qui naviguera de 1913 à 1940. Il a été construit par les Ateliers Auguste Normand du Havre.

De 1920 à 1925, une politique touristique est mise en œuvre ; elle est, en grande partie, basée sur le modèle suisse : privilégier la mise en valeur des ressources naturelles (lac, rivières, gorges, grottes, panoramas), historiques (châteaux), de santé (eaux thermales, bon air) ; mais également, créer des hôtels, palaces, casinos, café-concerts, salles de spectacles, kiosques à musique, terrasses et quais de promenades ; et enfin, proposer de nombreux transports (bateaux, trains, funiculaires, aménagement de sentiers muletiers) aux touristes.

Entre 1922 et 1937, paraît la Revue de villégiature, de tourisme & d'alpinisme, un mensuel qui donne, toute l'actualité du lac, d'Annecy et de la Vallée de Thônes. La région du lac cultive ses atouts : ambiance agreste et montagnarde, bois et promenades ombragés, excursions, panoramas grandioses, bonne nourriture et hôtels accueillants, pratiques sportives, et attire de plus en plus de touristes. Sur le lac, les amateurs pratiquent le canotage et la pêche. Les villages de Menthon et de Talloires se développent.

En 1926, La CBVA enregistre , son record.

En 1930, une grande gondole vénitienne appelée Gondole de l'Estudiantina d'Annecy offre des promenades sur le lac. À partir de 1930, les bains deviennent à la mode : quelques plages et plans d'eau sont aménagés, à la suite d'une délibération en 1928 du Syndicat d'initiative d'Annecy. Les palaces et beaux hôtels offrent des plages privées à leur clientèle. Menthon et Sevrier créèrent leur plage publique, suivis par Annecy en 1935, qui proposait un espace public de bain, avec ponton, cabines et plongeoir.

En 1936, un service régulier d'autocars est mis en place, sur la rive est du lac. En été le France assure 9 services quotidiens, entre et . Le tour du lac dure entre et (Bout-du-lac), dessert 12 escales, et peut transporter des personnes, des colis et de grands animaux.