Saint-Servais (Sant-Servez-Kallag en breton) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Situation

Relief et hydrographie

Saint-Servais a un relief accidenté : les points les plus élevés de la commune se trouvent dans sa partie orientale ( au sud-est du hameau de Burtulet, ainsi qu'au nord de celui de Kermatahan ; la chapelle de Burtulet est à 270 mètres) ; sept éoliennes alignées nord-sud dans la partie centrale du finage communal sont implantées sur une ligne de hauteurs entre 280 et d'altitude ; plus à l'ouest, le mont Saint-Michel est une colline isolée qui culmine à 273 mètres.

Les blocs de granite qui se trouvent à proximité de la chapelle du Burthulet sont dénommés « boules du diable », la légende disant que c'était des boules avec lesquelles le diable jouait pour tenter de se réchaufferSerj Le Maléfan, "Granites de Bretagne", Coop Breizh, 2013, .. vignette|gauche|Le ruisseau de l'Étang du Follézou dans les Gorges du Corong. Les altitudes les plus basses se trouvent en périphérie du territoire communal dans les vallées encaissées des rivières servant de limite communale : à l'est et au nord le ruisseau de Pont Ménez sépare Saint-Servais de Maël-Pestivien et Bulat-Pestivien ; plus en aval, après sa confluence avec le ruisseau de Poull Goaz Hélou, il devient le ruisseau de Pont Hellou et sépare alors Saint-Servais de Callac ; au sud-ouest le ruisseau de Keranglet forme pour partie la limite avec Duault ; deux de ses affluents (le ruisseau de Kerroux et le ruisseau de Kerdren) traversent, dans des vallées aussi très encaissées, la partie sud-ouest de la commune, contribuant à accentuer son relief accidenté, notamment au voisinage du bourg de Saint-Servais qui est à d'altitude au fond de la vallée du ruisseau de Kerdren alors que les hauteurs avoisinantes dépassent 200 mètres. Le point le plus bas de la commune est à son extrême ouest, à la confluence entre le ruisseau de Pont Hellou et le ruisseau de Keranglet, au lieu-dit Pont-ar-Rouz, à d'altitude.

À l'extrême sud du finage communal, le ruisseau de l'Étang du Follézou sépare Saint-Servais de Locarn, formant à cet endroit des gorges très encaissées où la rivière coule par endroits sous des amoncellement de galets : les Gorges du Corong.

Tous ces cours d'eau cités sont des affluents ou sous-affluents de rive gauche de l'Hyères, elle-même affluente de l'Aulne.

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-ServaisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports

Saint-Servais estaujourd'hui éloignée des grands axes de communication et n'est desservie que par la RD 28, qui vient côté est de Maël-Pestivien et se dirige en direction du nord-ouest vers Callac.

Paysages et habitat

Le paysage agraire de Saint-Servais est le bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (« villages ») et fermes isolées. Les principaux hameaux sont Trefflay, Burtulet, Kerbernès et Kerroc'h Braz. Cinq lieux-dits correspondant à des fermes isolées sont des convenants (Convenant Névez, Convenant le Deuff, Convenant Bercot, Convenant Guillou, Convenant Guernoquin) situés en lisière de la forêt de Duault qui correspondent à des défrichements datant probablement de la fin du Moyen Âge.

Une part importante du finage communal est occupée par des bois (y compris une partie de la forêt de Duault) et des landes.

Éloignée des villes, la commune a conservé totalement son caractère rural, échappant donc à la rurbanisation.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Servais est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu1,2 %33Terres arables hors périmètres d'irrigation10,5 %297Prairies et autres surfaces toujours en herbe20,0 %567Systèmes culturaux et parcellaires complexes36,6 %1037Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants3,1 %88Forêts de feuillus19,0 %539Forêts mélangées1,1 %32Landes et broussailles1,2 %35Forêt et végétation arbustive en mutation7,2 %205Source : Corine Land Cover.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Saint-Servais en 1510, Capella Sancti Gervasii en 1549, Saint-Servais en 1675..

Saint Servais aurait été substitué, au bas Moyen Âge, à saint Gervais, traduction phonétique du breton Jelvest, saint Sylvestre.

Histoire

Préhistoire

« Dans la forêt située à environ un kilomètre de Saint-Servais se trouvent de curieux monuments mégalithiques. Menhirs, immenses blocs de pierres aux inscriptions bizarres, etc.. se rencontrent à chaque pas. Il en est une qui attire plus particulièrement l'attention. Ses dimensions sont énormes. elle mesure de 10 à 13 mètres de largeur et 4 à 5 mètres d'épaisseur. C'est un bloc formidable. Au-dessous se trouve une grotte où habitait autrefois un ermite qui avait un certain renom dans le pays. Son siège en pierre, qui ressemble vaguement à un fauteuil, se trouve à gauche de la grotte »J. Guillotin, 1929, cité par http://www.infobretagne.com/saint-servais.htm.

Selon une légende colportée par les habitants du pays, ce serait là que les druides autrefois auraient égorgé leurs victimes et recueillaient leur sang qui coulait dans les rigoles dans des coupes d'or, ce qui est bien entendu peu crédible.

Antiquité La grande voie romaine de Maël-Carhaix à l'Aber Wrac'h traverse la commune. La RD 32 reprend son tracé. Les historiens Pierre Merlat et Louis Pape identifient en 1920 le socle de la croix dite Croas Téo, à Drevers, comme une borne milliaire érigée à l'origine au bord de la voie et remployée au Moyen-Âge.

Moyen Âge

Saint-Servais a d'abord fait partie de la trève du Burthulet. La chapelle, ancien lieu de pèlerinage, dépendait de la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de La Feuillée et était située dans le fief du seigneur de Quélen..

Selon la tradition, le hameau de Kerléanès (Kerléanez) aurait été un marché important bien avant la création de celui de Callac. Ce hameau est situé en bordure du mur d'enceinte de l'ncien parc de Duault et on y trouve de nombreux débris de poteries enfoncés dans la terre..

Époque moderne

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi la chapelle de Saint-Servais et les coutumes qui y sont pratiquées en 1778 :

En 1856, à la suite de l'interdiction décidée par Mgr Lemée, évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier, cette tradition s'arrêta, à la suite de l'intervention des gendarmes.ces combats sacrés finirent par être remplacés par la mise aux enchères de l'honneur de porter les bannièresYann Brékilien, "La vie quotidienne des paysans bretons au XIXe siècle", Librairie Hachette, 1976..

Le vignette|La fontaine de Saint-Servais (dessin publié en 1891 dans le « Bulletin monumental »). Saint-Servais est érigée en paroisse par décret du . La commune de Saint-Servais (qui englobe Burthulet) a été créée, ainsi que celle de Saint-Nicodème, par l'arrêté du qui provoque la partition de la commune de Duault.

Nicolas Le BrasNicolas Le Bras, né en 1825, fut successivement instituteur à Penvénan, Saint-Servais, Ploumilliau et Pleudaniel. Il périt dans le naufrage de la Marie-Thérèse à l'embouchure de la rivière de Tréguier, le Jaudy, le . Il était alors conseiller municipal de Tréguier. Il est le père d'Anatole Le Bras. écrit en 1860 que Saint-Servais, érigée en succursale en 1855, contient 241 maisons et et que la maison commune (mairie et école) de la commune de Duault, dont Saint-Servais est alors une section..

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 qu'il se rend chaque année au pardon de Saint-Servais « plus de dix mille pèlerins, non seulement du pays, mais encore du Morbihan et du Finistère ».. Le manoir de Kerbournet Le manoir de Kerbournet fut construit entre 1839 et 1850 à l'emplacement d'un ancien manoir datant du par Charles Joseph Tixier Damas de Saint PrixCharles Joseph André Tixier-Damas de Saint-Prix, né le à Brest, décédé le à Paramé. et son épouse Émilie Barbe GuittonÉmilie Barbe Guitton, née le à Callac, décédée le à Morlaix, lesquels possédaient aussi le manoir de Traoufeuntenniou en Ploujean où ils séjournaient l'hiver. Émilie Barbe Guitton, comtesse de Saint Prix., entreprit de collecter les gwerz de la région de Callac, sans doute sous l'impulsion de Jean-François Le Gonidec, ami de son mari ; elle en aurait transmis à Théodore de La Villemarqué selon Anatole Le Brashttp://callac.joseph.lohou.fr/kerbournet_manoir_chateau.pdf.

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La Première Guerre mondiale