Trébrivan , ou Trabrivan en breton, est une commune située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Localisation Trébrivan se situe dans le sud-ouest du département des Côtes-d'Armor. Le bourg de Trébrivan se trouve à vol d'oiseau à au nord-est de la ville de Carhaix-Plouguer. La commune fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel.

Géographie physique

Trébrivan se situe dans le bassin géologique de Châteaulin. La commune est bordée au nord-ouest par l'Hyères. La voie de chemin de fer reliant Guingamp à Carhaix-Plouguer y emprunte la vallée de l'Hyères.

Les points culminants de la commune sont le bourg (180 mètres d'altitude), Kergus (178 mètres), Guenaric (177 mètres) et Pen-an-Nec'h (167 mètres).

Le finage comunal est limité côté nord-ouest par l'Hyères, affluent de rive gauche de l'Aulne, qui sert de limite avec Carnoët et côté nord par la Rivière de Kersault, affluent de rive gauche de l'Hyères, qui sépare Trébrivan de Duault. La limite sud de la commune (avec Le Moustoir) coïncide avec le tracé de la RD 49.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Hyère, le Kersault et un autre petit cours d'eau..

L'Hyère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Callac et se jette dans l'Aulne en limite de Spézet et de Cléden-Poher, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Hyère sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 615 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1972 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le Kersault, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kergrist-Moëlou et se jette dans l'Hyère à Locarn, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrébrivanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports vignette|L'ancienne gare de Trébrivan-Le Moustoir. Trébrivan et Le Moustoir ont disposé d'une gare commune de l'ancien Réseau breton (sur la ligne de Carhaix à Loudéac ouverte en 1898 et fermée au trafic voyageurs en 1967, transformée désormais en voie verte).

Trébrivan est desservi uniquement par des routes départementales : la RD 20 vient côté ouest de Carhaix et poursuit son tracé vers l'est en direction de Locarn ; elle croise dans le bourg la RD 23 qui vient, côté nord de Pont Lochrist, hameau de Carnoët où elle rejoint l'axe Carhaix-Guingamp (RD 787, ancienne Route nationale 787) ; côté sud elle rejoint la RD 49 qui vient de Carhaix et va vers l'est en direction de Maël-Carhaix en ayant un tracé parallèle et proche de celui de l'ancienne ligne ferroviaire de Carhaix à Loudéac.

Paysages et habitat

Le paysage agraire traditionnel de Trébrivan est le bocage avec un habitat dispersé formé d'écarts constitués de hameaux (« villages ») et fermes isolées. Malgré sa proximité de Carhaix, la commune a conservé un aspect rural et est peu concernée par le rurbanisation (un peu toutefois à sa limite ouest avec Treffrin, quiest la partie du finage communal la plus proche de Carhaix) ; quelques lotissements construits depuis les dernières décennies du entourent toutefois le bourg traditionnel.

Urbanisme Typologie Au , Trébrivan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (86,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (86,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,3 %), zones agricoles hétérogènes (30,3 %), prairies (9,8 %), forêts (9,4 %), zones urbanisées (2,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Trefbrivien en 1294Dans le Livre des Ost du Duc de Bretagne, Trebrivan vers 1330, Treffbrivan en 1368, Trebrivan en 1516, Treffbrivan en 1535 et en 1536, Trebrivan en 1591, Trefbrivan en 1599, Trébrivant en 1778 (Ogée) et 1801, Trébrivan en 1802, Trébivan en 1877..

Du breton treb et de l'anthroponyme Brivien que l'on peut supposer être originellement *Pritman (de prit « beauté, forme, aspect » et de man « bon ») selon Bernard Tanguy*Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d'Armor (illustrations de Ronan Olier), Douarnenez, Éditions Chasse-Marée - ArMen, 04/1992..

En breton unifié, le nom de la commune s'écrit Trabrivan. Localement, il existe différentes prononciations : « Tavrien », « Tabrien » ou encore « Tabrian ».

Histoire

Moyen Age Le terme de Trébrivan apparait pour la première fois en 1294 dans le "Livre des ost" du Duc de Bretagne. En effet, Henri de Trebrivan devait deux chevaliers au Duc en cas de guerre. Henri de Trebrivan était le Seigneur du Brunot. Son blason est encore le blason de la commune aujourd'hui.

Époque moderne vignette|Carte de Cassini de Trébrivan, Treffrin et Le Moustoir (1787). Le prédicateur Guillaume le Roux (né le à Trébrivan, jésuite, grand-oncle de La Tour-d'Auvergne), qui prêchait une mission à Gouézec en , fut terrassé subitement ; transporté au château du Guily (en Lothey), il y mourut et son cœur fut enterré dans l'église paroissiale de Lothey, le reste de son corps dans l'église de GouézecJoseph Le Jollec, Lothey-Landremel monographie, Le Goaziou, Quimper, 1946, consultable https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9eafeb30aafe96eb81f07c776add486b.pdf.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Trérivan en 1778 :

Révolution française Jean Rolland, curé de la trève de Locarn entre 1780 et 1786, devenu ensuite curé de Trébrivan, refusa de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé ; devenu donc prêtre réfractaire il fut guillotiné le à Brest..

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Trébrivan en 1853 :

Le journal La Presse écrit en 1856 : « Les habitants de Maël-Carhaix sont en partie atteints d'une maladie d'intestin dont on ignore la nature, et qui cause chaque jour deux ou trois décès »"La Presse" n° du 15 novembre 1856, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k477495n.r=carhaix.f2.langFR.hl.

Il s'agissait d'une épidémie de dysenterie qui fit six morts parmi les 41 malades touchés à Maël-Carhaix et 2 morts parmi les 16 malades touchés à Trébrivan.

Selon un médecin de Callac, « les chaleurs excessives pour notre pays qui ont régné à la fin de l'été et au commencement de l'automne ont donné lieu à des brouillards épais devant contenir des miasmes marécageux. Tous les villages où j'ai rencontré des malades sont situés dans des lieux peu élevés et voisins de marécages renfermant non loin des habitations des matières végétales en décomposition, des excréments d'animaux, et presque toujours des flaques plus ou moins grandes d'une eau boueuse et stagnante. La maladie n'a sévi en général que sur la classe indigente qui loge dans des habitations mal aérées, trop petites pour le nombre d'habitants, et qui n'a pour se couvrir le corps que des vêtements insuffisants et peu propices à les défendre du froid et de l'humidité »Archives départementales des Côtes-du-Nord, citées par Sylvain Le Bail, "Cœur de Breizh", Les oiseaux de papier, Ploërmel, 2009, [].

Joachim Gaultier du Mottay décrit Trébrivan en 1862 comme « un terrotire très accidenté, très montueux dans toutes ses parties et peu boisé, mais passablement planté de pommiers . Son sol, argileux et pierreux, est cependant, avec une culture intelligente, susceptible de fertilité ; près du tiers est encore en landes ». Il précise aussi que Trébrivan dispose alors d'une école de garçons accueillant 25 élèves..

Le

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Trébrivan porte les noms de 83 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux 3 sont morts en Belgique (Jean Le Fur et Yves Youdec dès 1914, Pierre Sibiril en 1916) ; Jean Rivoal est mort en captivité en Allemagne ; Pierre Bernard est décédé de maladie en Albanie ; tous les autres sont morts sur le sol français, à l'exception de Robert Jalu, marin, mort lors du naufrage du croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé par un sous-marin allemand le ..

L'Entre-deux-guerres