La pauvreté spirituelle est définie comme une vertu évangélique (à ne pas confondre avec la pauvreté évangélique) issue de la béatitude (). Cette vertu, associée à la promesse du Royaume des cieux, a été abordée par de nombreux auteurs chrétiens. Si le catéchisme de l'Église catholique indique qu'elle concerne les personnes qui se reconnaissent par , de nombreux auteurs chrétiens ont cherché à préciser le sens de cette pauvreté et ce qu'il fallait faire pour l'obtenir. Ainsi, cette s'obtient, d'après ces auteurs, par une humilité volontaire face à Dieu, un accueil libre et joyeux de ses faiblesses (morales, physiques, psychologiques), une attention tournée vers Dieu et vers l'autre. C'est aussi un chemin de dépouillement de toutes les , un renoncement aux consolations et grâces spirituelles que Dieu veut nous donner. Ce renoncement, cet appauvrissement, libre et joyeux est associé, pour les chrétiens, à la promesse de posséder le Royaume des cieux, et donc de ; ce bonheur étant possible, , .

Interprétations

La notion de pauvreté spirituelle trouve sa racine dans les Béatitudes, dans l'évangile de Matthieu : (). On doit écarter d’emblée l’interprétation simpliste et ancienne des Ébionites selon laquelle ceux qui sont dépourvus de lumières intellectuelles seraient assurés de posséder le bonheur éternel. La traduction des cinq premiers mots de cette proposition fait difficulté et a donné lieu à diverses interprétations et controverses, d’autant que les commentaires prennent trop souvent pour point de départ la Vulgate, écrite en latin. Il faut se reporter à l’original en grec, sans perdre de vue qu’il existe au-dessous un substrat araméen. Traduction du grec ancien Selon Hubert Pernot, spécialiste de la langue grecque, il faut traduire : . : c’était déjà ainsi que Tertullien comprenait cette phrase. L’esprit dans ce cas est l’Esprit Saint, ce que le texte original n’interdit pas. Cependant en grec, cette phrase est du type nominal bien connu : l’adjectif en tête (« Bienheureux », ) est en position attributive et le verbe « être » est sous-entendu ; cette construction autorise donc un sens tout autre et très clair : . Le contexte de ce verset implique une opposition entre les pauvres et les autres, c’est-à-dire les lettrés et les Gentils, tous ceux que le Christ appelle « les scribes et les pharisiens ». L’opposition est également marquée entre l’idée de dénuement et la possession : les pauvres ne sont démunis qu’en apparence, car ils sont possesseurs de la vraie richesse, qui est le royaume des cieux. Interprétation sémitique Les textes hébreux découverts à Qumrân, au bord de la Mer Morte, mentionnent le terme anawim, que nous traduisons par « pauvres ». Cet arrière-plan araméen ou sémitique des Évangiles désigne étymologiquement des gens « courbés, humiliés » ; ainsi, les « pauvres en esprit » seraient les humbles ; la pauvreté spirituelle, dans l'évangile de Mathieu, ferait référence à une attitude du cœur du fidèle dans sa relation à Dieu.; à l’inverse, la pauvreté spirituelle évoquée dans le récit des Béatitudes de l'évangile de Luc : (), ce verset ferait plutôt référence à une pauvreté matérielleVoir l'article Pauvreté évangélique. : le mot « pauvres » désignerait chez saint Luc des indigents, des malheureux qu’il faut secourir en leur faisant l’aumône.

L’attitude d’humilité est reprise dans le catéchisme de l'Église catholique, qui indique que les se reconnaissent par , ce sont eux qui formeront le pour Dieu.. Le catéchisme ajoute que Jésus appelle l’humilité volontaire d’un esprit humain et son renoncement ; et saint Paul, dans son épître, donne en exemple la pauvreté de Dieu quand il dit : ().. Interprétations modernes Bossuet fournit une explication qui est en accord avec l’interprétation la plus courante parmi les modernes. Pour lui, l’esprit est celui des pauvres eux-mêmes. Il écrit dans ses Méditations sur l’Évangile : Cette interprétation rejoint celle du Père Alfred Durand, s.j., qui traduit : La meilleure traduction pourrait donc être celle du chanoine Émile Osty :

De l’interprétation à la pratique Si sœur Lise Marsan définit la pauvreté spirituelle comme , elle précise le sens du mot comme . Ainsi, pour elle, . C'est aussi toute personne normale qui vit sa réalité d’être humain, son humanité avec ses besoins : .

Le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus indique un : le pauvre en esprit doit devenir pauvre de . C'est ce que disait avant lui Jean de la Croix, dans son livre La Montée du Carmel : Jean de la Croix, La Montée du Carmel, Livre 3, Chapitre 13, .. Mais il écrit aussi : Jean de la Croix, La Montée du Carmel, Livre 3, Chapitre 29, .. Dans son Cantique Spirituel et dans la Vive Flamme d'Amour, il précise que l'âme doit se dépouiller de toutes les consolations, les joies spirituelles que Dieu donne pour devenir pauvre en espritDans ses œuvres, Jean de la Croix indique que dans le cheminement vers Dieu, le fidèle reçoit parfois des soutiens, des encouragements de la part de Dieu, sous forme de consolations (joies spirituelles, extases… Ainsi, le fidèle, pour être pauvre, doit accepter de renoncer à ses consolations, qui sont des richesses reçues de Dieu, pour devenir pauvre en esprit..

Enfin, Thérèse de Lisieux, indique que le désir de cette pauvreté ne suffit pas, elle ajoute dans une de ses lettres qu'en plus de ce désir de pauvreté, il faut aimer cet état de pauvreté : . Et elle termine en disant : ..

Conséquences Pour sœur Lise, .

Pour le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, la vertu de pauvreté spirituelle permet de purifier la vertu théologale d'espérance, il dit : . À ce sujet il cite saint Jean de la Croix : .

« Le royaume des cieux »

Le catéchisme de l’Église catholique reprend le verset des béatitudes et indique que .. Il précise que ce .. Le catéchisme ajoute que le terme « bienheureux » , ainsi que la joie des pauvres qui possèdent déjà, dès aujourd'hui, le Royaume, ().. Enfin, si Jésus ().. Et le catéchisme conclut : .. Pour sa part, le père Marie-Eugène ajoute : Reprenant une citation de Jean de la Croix, il ajoute : .

Le père Mas Arrondo, dans son livre Toucher le Ciel indique que, dans les Il fait référence aux sept demeures du Château intérieur de Thérèse d'Avila... Et ..

Citations Catherine de Sienne, citant une parole de Dieu : Saint Augustin : ; S. Augustin, serm. Dom. 1, 1, 3 : PL 34, 1232).. . . ..

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

Articles connexes Pauvreté évangélique Pauvreté Conseils évangéliques Béatitudes Sermon sur la montagne

Liens externes Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux sur le site des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et Marie.

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