La Compagnie Marat est l'une des armées révolutionnaires qui ont vu le jour en 1793, pendant la Révolution française. Créée par un arrêt du comité révolutionnaire de Nantes en date du et attachée à ce comité, elle était chargée de missions de surveillance et de répression dans la région nantaise pendant la guerre de Vendée.
Historique de la compagnie Marat
Au lendemain de la victoire contre les insurgés vendéens (), la solidarité née à cette occasion parmi la population s'effrite devant le chômage qui frappe les classes populaires, également menacées par la disette. Devant les dénonciations du club populaire de Saint-Vincent, qui attaque , le représentant en mission Philippeaux destitue la municipalité, remplacée par des hommes de la société populaire, en . De même, il décide la création d'un comité révolutionnaire et d'un tribunal révolutionnaire, recruté parmi le même personnel sans-culotteRoger Dupuy, La République jacobine: terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire, 1792-1794, tome 2 de la Nouvelle histoire de la France contemporaine, Le Seuil, coll. Points/Histoire, 2005, 366 pages, ..
Le , le comité crée par arrêté une armée révolutionnaireRoger Dupuy, , 2005, . qui prend d'abord le nom de « compagnie Brutus ». Elle prend son nom définitif lors de son installation par le comité révolutionnaire de Nantes, le Alfred Lallié, « Le Bouffay de Nantes », Revue de Bretagne et de Vendée, Nantes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, deuxième série, tome VIII, 1865, .. Composée de 60 hommesrecrutés sur le port, à 10 livres par jour, elle est placée sous le commandement de Louis Fleury, élu capitaine.
La compagnie Marat fait partie des 56 armées révolutionnaires recensées par Richard Cobb dans les départements et considérées par lui comme un rouage essentiel du système de la Terreur. Composées d'artisans plutôt que de véritables prolétaires, ces armées Richard Cobb, Les armées révolutionnaires: instrument de la Terreur dans les départements, avril 1793 (floréal an II), vol. 1, et 69.. Pour Richard Cobb, , les membres des armées révolutionnaires Richard Cobb, , vol. 1, ..
Déjà en place lors de l'arrivée à Nantes de Jean-Baptiste Carrier à Nantes, elle agit pour le comité révolutionnaire et entre bientôt en concurrence avec la police secrète créée par le représentant. Cette querelle de compétences crée un conflit entre les sans-culottes locaux et le député, qui aboutira au rappel de CarrierRoger Dupuy, , 2005, . le Michel Biard, Missionnaires de la République, CTHS, 2002, ..
Le 8 frimaire (), un arrêté de Carrier à la surveillance du comité, interdisant Le 2 nivôse (), il écrit au comité pour lui ordonner d'exiger des membres de la compagnie la restitution de tous les brevets qui leur avaient confié des pouvoirsMarcel Postic, Carrier et la Terreur à Nantes, L'Harmattan, 2003, 302 pages, 217..
Le , le comité révolutionnaire de Nantes nomme huit commissaires en remplacement de la compagnie ; 7 d'entre eux sont d'anciens « Marat ».
Identification de quelques « Marat »
Une trentaine de « Marat » ont pu être identifiés, parmi lesquels: Jean Boulay, 26 ans, cordonnier, né au Mans; Jean Boussy, 45 ans, marchand de parasols, né à Chassagne (Puy-de-Dôme); Édouard Bouvier, 30 ans, charpentier; Julien Charretier, 32 ans, marchand boutiquier, né à Nantes; François Coron, 40 ans, ex-procureur; Julien Cousin, 35 ans, tonnelier, né à Nantes, beau-frère de Vie, membre du comité révolutionnaire de Nantes; Nicolas Crépin ou Crespin, 38 ans, perruquier, qualifié également de limonadier, né à Nantes; Joseph Dubreuil, 40 ans, bijoutier; Paul Ducout, 37 ans, perruquier, né à Poitiers; Louis Fleury, capitaine, commandant la compagnie; Jean Gauthier, 41 ans, coutelier, né à Nantes; Claude Giret, 39 ans, peintre; Jacques Guyot, 27 ans, cloutier; Nicolas Jomard, 29 ans, marchand, établi en l'an III à Montlhéry; Jean-Baptiste Joly, 50 ans, fondeur, membre du comité révolutionnaire de Nantes; René Naud, dit Naud l'aîné, âgé de 43 ans, négociant en armes avant la Révolution, qualifié aussi d'« armateur » (il aurait armé un bâtiment de 18 canons avant la Révolution), quartier-maître de la compagnie nommé par Carrier, demeurant sur le quai des Gardes-françaises et frère de Louis Naud, membre du comité nantais; Julien Petit, 32 ans, tonnelier; Joseph Pinatel, 41 ans, perruquier ou ex-perruquier; Joseph Poulet, cordonnier; Jean Prou, 39 ans, cloutier, membre du comité révolutionnaire de Nantes, qualifié également de membre de la compagnie, sans que la chose soit sûre; Jean-Claude Richard, 33 ans, marchand chapelier, né à Dijon, adjudant de la compagnie; Jacques Sauvage, 44 ans, tonnelierRichard Cobb, , vol. 1, ..
Plusieurs anciens « Marat » ont été jugés avec le comité révolutionnaire de Nantes (-), mais ont tous été acquittésÉmile Campardon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris (17 mars 1793-31 mai 1795), Poulet-Malassis, 1862, vol. 1, ..
Selon Alain Gérard, la compagnie se compose d' et de Alain Gérard, La Vendée: 1789-1793, Éditions Champ Vallon, 1993, 330 pages, .. Pour Richard Cobb, en revanche, elle Richard Cobb, , vol. 1, ., . De son côté, Jean-Clément Martin juge que Jean-Clément Martin, La Vendée et la France, Le Seuil, 1987, 403 pages, ..
Notes et références
Bibliographie Richard Cobb, Les armées révolutionnaires: instrument de la Terreur dans les départements, (floréal an II), Paris, Mouton & Cie, 1961-1963, 2 volumes, VIII-1019 p.
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