Les élections régionales françaises de 2015 ont lieu les et afin d'élire les conseils régionaux de métropole et d'outre-mer ainsi que l'assemblée de Corse, l'assemblée de Guyane et l'assemblée de Martinique pour un mandat de six ans portant convocation des collèges électoraux pour procéder à l'élection des conseillers régionaux, des conseillers à l'Assemblée de Corse, des conseillers à l'Assemblée de Guyane et des conseillers à l'Assemblée de Martinique, publié au JORF du .. Ces élections sont les premières dans le cadre des nouvelles régions délimitées par la loi du .
À l'issue du premier tour, la gauche enregistre une forte baisse par rapport aux élections de 2010, tandis que le Front national (FN) triple presque son résultat et que la droite connaît une légère progression. La possibilité d'une victoire du FN dans plusieurs régions conduit le Parti socialiste (PS) à retirer ses listes pour le second tour en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Après une campagne d'entre-deux tours marquée par l'enjeu d'une potentielle victoire du FN dans certaines régions, le second tour manifeste une importante hausse de participation. Le FN ne remporte aucune région, alors que la droite arrive en tête dans huit régions, et que la gauche en conserve sept.
Mode de scrutin
Les élections régionales ont lieu au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel plurinominal à deux tours avec prime majoritaire. Les listes doivent respecter la parité et comporter alternativement un candidat homme et une candidate femme.
Un second tour a lieu si aucune liste n'atteint 50 % des suffrages exprimés au premier tour. Peuvent se qualifier au second tour les listes ayant recueilli au moins 10 % des voix. Les listes ayant obtenu au moins 5 % peuvent fusionner au second tour avec une liste qualifiée.
Au tour décisif (premier tour si une liste a obtenu 50 %, second tour sinon), la liste arrivée en tête reçoit une prime de 25 % des sièges alors que le reste des sièges est réparti entre toutes les listes (y compris la liste arrivée en tête) ayant reçu au moins 5 % des voix. Ainsi, la prime majoritaire permet à une liste arrivée en tête de disposer d'une majorité absolue de sièges au conseil régional à partir d'un tiers des voix au second tour.
Les sièges sont répartis entre les listes au niveau régional mais, au sein de chaque liste, les sièges sont attribués par section départementale au prorata du nombre de voix dans chaque département conduisant au score final de la liste.
Pour l'élection des assemblées de Corse, Guyane et Martinique, le mode de scrutin comporte des particularités : pour l'assemblée de Corse, le seuil de maintien au second tour est abaissé à 7 % et la prime majoritaire est de , soit environ 18 % des sièges ; pour l'assemblée de Martinique, les seuils sont les mêmes et la prime majoritaire est de (20 % des sièges) ; à la place des départements, le territoire est découpé en quatre sections électorales ; pour l'assemblée de Guyane, les seuils sont également les mêmes et sont calculés au niveau de la collectivité mais les sièges sont attribués dans chacune des huit sections électorales proportionnellement au score de chaque liste dans la section ; les de prime majoritaire (20 % des sièges) sont répartis entre les sections.
Contexte Réforme des régions et calendrier
Entre 2008 et 2015, les réformes relatives aux régions françaises ont contribué à plusieurs reports de la tenue de ces élections.
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, une réforme des collectivités territoriales prévoit le remplacement des conseillers régionaux par des conseillers territoriaux siégeant à la fois au conseil régional et au conseil général et leur élection en . Les conseils régionaux élus en 2010 le sont ainsi à l'origine pour seulement quatre ans organisant la concomitance des renouvellements des conseils généraux et des conseils régionaux. de réforme des collectivités territoriales..
Toutefois, après la victoire de François Hollande en 2012, cette réforme est abrogée. Pour ne pas surcharger le calendrier électoral de 2014 où sont déjà prévues des élections municipales, européennes et sénatoriales, les élections départementales et régionales sont décalées en mars 2015 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral.. Le gouvernement Valls engage ensuite une nouvelle réforme qui modifie la délimitation des régions (le nombre de régions est réduit de 22 à 13 en métropole) et les compétences des collectivités territoriales. Les élections sont repoussées une nouvelle fois en décembre 2015, pour que les conseils des nouvelles régions puissent être installées début 2016, en même temps que celles-ci relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral..
La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi « NOTRe »), adoptée par le Parlement en juillet 2015, prévoit de renforcer les compétences des régions.
Compte tenu de la date tardive des élections, les listes électorales sont exceptionnellement rouvertes visant à la réouverture exceptionnelle des délais d'inscription sur les listes électorales..
Par ailleurs, en vertu de la loi de 2011 relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique, les conseils régionaux et généraux de chacun de ces territoires sont remplacés par une collectivité territoriale unique à l'occasion de ces élections régionales relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique.. Seul le conseil départemental de Mayotte, qui exerce également les compétences de la région et qui a déjà été renouvelé le , ne participe pas à ce scrutin.
Contexte politique
Depuis 2004, la gauche domine les présidences de région : en 2004, elle sur 22 (toutes sauf l'Alsace et la Corse) ainsi que 2 sur 4 en outre-mer (la Guyane et la Martinique étant par des partis indépendantistes ou autonomistes). En 2010, elle réussit à la Corse et la Martinique, et perd la Réunion, portant son total à sur 26.
Cependant, trois ans après la victoire de la gauche aux élections présidentielle et législatives de 2012 et dans un contexte de forte impopularité de François Hollande et du gouvernement, la droite les élections municipales de mars 2014, scrutin au cours duquel le Front national (FN) remporte une douzaine de communes. Un bon score du parti d'extrême droite confirmé lors des élections européennes de , où il arrive en tête, puis aux élections sénatoriales de , où il fait élire deux sénateurs au cours d'une élection qui voit la droite reprendre la majorité au Sénat.
Ces élections régionales sont ainsi le second scrutin de 2015, après les élections départementales du mois de mars marquées par la victoire de la droite et une percée du Front national.
La campagne est par ailleurs marquée par les attentats du en région parisienne. Les attaques ont lieu trois semaines avant le premier tour de scrutin, et conduisent la plupart des partis politiques à interrompre leurs opérations de campagne.. Dans les semaines suivant les attentats, le FN semble profiter d'une forte hausse d'après les sondages..
Partis politiques
Extrême gauche
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Gauche
La gauche se présente globalement désunie lors du premier tour.
Le Parti socialiste (PS) présente des listes avec ses alliés les plus proches : le Parti radical de gauche (PRG) , l'Union des démocrates et des écologistes (UDE) et le Mouvement des progressistes (MDP). Les , et , le PS organise un en invitant les sympathisants à voter dans des points de vote et sur Internet dans l'objectif de convaincre les autres partis, notamment Europe Écologie Les Verts (EELV), de se joindre à ses listes dès le premier tour. Selon Jean-Christophe Cambadélis, les votent à 89,7 % « oui. ». Emmanuelle Cosse qualifie toutefois l'initiative de voulant .
EELV présente des listes dans toutes les régions métropolitaines. Le parti écologiste est en alliance avec tout ou une partie du Front de gauche (FG) dans quatre régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie« Régionales : EELV s'allie avec le Front de gauche plutôt qu'avec le PS », Le Figaro, 24 juillet 2015.. EELV est allié au PRG en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, au Mouvement écologiste indépendant (MEI) en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et en Bourgogne-Franche-Comté, et avec d'autres formations selon les régions.
Le FG n'est uni que dans sept régions métropolitaines : dans quatre régions, le Parti communiste (PCF) se présente sans le Parti de gauche (PG). Dans deux régions, le PG est allié à EELV sans le PCF, et dans deux autres régions, le FG dans son intégralité est allié à EELV.
Nouvelle Donne (ND) présente cinq candidatures autonomes et est allié avec EELV dans trois régions. Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) est allié au PS dans quatre régions et au PCF (ou au FG) dans six régions.
Droite
Les Républicains (LR), ex-Union pour un mouvement populaire (UMP), et l'Union des démocrates et indépendants (UDI) présentent des listes communes dans toutes les régions métropolitaines. Sur les treize régions, LR occupe dix têtes de liste, et l'UDI, trois.. Le Mouvement démocrate (MoDem) est allié avec les listes LR-UDI dans onze régions et se présente seul dans une région, tandis que Le Mouvement de la ruralité (CPNT) soutient ces listes dans sept régions.
Le parti souverainiste du député-maire Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France (DLF), présente des listes dans les treize régions métropolitaines et une en outre-mer (à La Réunion).
Extrême droite
Au Front national (FN), la question d'une possible candidature de Jean-Marie Le Pen en Provence-Alpes-Côte d'Azur, annoncée en ., crée un débat après que ce dernier a réitéré ses propos sur les chambres à gaz ayant servi au génocide des Juifs comme étant un « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ».. Jean-Marie Le Pen annonce finalement ne pas être candidat et propose le la candidature de sa petite-fille députée de Vaucluse, Marion Maréchal., qui est finalement investie par le FN.« Marion Maréchal Le Pen investie par le FN en PACA pour les régionales », sur le site du quotidien Le Monde, 17 avril 2015.. Jean-Marie Le Pen est exclu du parti le ..
Deux autres listes d'extrême droite se présentent : une en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, conduite par l'ancien frontiste Jean-Claude Martinez, et l'autre en PACA, menée par le député et maire LS d'Orange, Jacques Bompard.
Profil des candidats Au total, candidats se présentent sur 171 listes. 49,44 % des candidats et moins de 22 % des têtes de liste sont des femmes.
Plus de la moitié des candidats de chaque nuance politique ont entre 40 et ; l'âge moyen est de .
213 candidats sont pointés par le ministère de l'Intérieur comme étant des « personnalités », c'est-à-dire investis d'un mandat électif important, exécutif ou législatif ; 47 d'entre elles sont têtes de liste..
Temps d'antenne Du début de la campagne électorale au premier tour (c'est-à-dire du 26 octobre au 4 décembre 2016), le temps d'antenne sur les radios et télévisions s'est réparti de la manière suivante : 17,2 heures pour le PS ; 15,1 heures pour LR ; 11,1 heures pour le FN ; 4,7 heures pour le Front de gauche ; 4,2 heures pour EELV ; 3,5 heures pour l'UDI ; 1,8 heure pour Debout la France ; 1,1 heure respectivement pour le MoDem et pour Lutte ouvrière ; 3,2 heures pour les autres formations..
Sondages nationaux Pour les sondages par région, voir les articles correspondants.
Premier tour