vignette|325x325px|Armoiries d'Amiens : La devise et les armoiries d'Amiens, dans leur forme actuelle, datent du En 1185, le roi Philippe Auguste confirme les franchises communales des Amiénois. Il donne à la ville un « écu de gueules plain, au chef d’azur, semé de fleurs de lis d’or ». Au , sous le règne de Louis XI, des branches d’alisier ou d'osier, sont ajoutées sur la partie de gueules symbolisant la loyauté de la ville envers la couronne de France. Au , sous Henri III l’osier est remplacé par le lierre. Au , apparaissent les licornes comme support des armoiries. Pendant la Révolution, les armoiries furent supprimées. Sous l’Empire, les armoiries furent rétablies mais, les lys furent remplacés par trois abeilles flanquées sur fond rouge et non plus bleu. Sous la Restauration, la ville retrouva ses anciennes armoiries. Les armoiries de la ville d'Amiens se blasonnent ainsi :de gueule au lierre diaprant d'argent, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or. Le tenant et le support sont deux licornes (la licorne est le symbole des vertus chevaleresques de pureté et d'attrait pour la beauté et la délicatesse). le soutien est de feuilles d'acanthe, tandis que le cimier est un château donjonné de cinq pièces. Devise : (Un lien puissant m'unit au lis). Ornements extérieurs : Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918 avec palme et croix de guerre 1939-1945 avec palmeJacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart.

vignette|250px|Bifaces acheuléens provenant du quartier Saint-Acheul. vignette|250px|Bas-relief représentant deux masques de théâtre (milieu ) mis au jour en 1895, rue des Jacobins à Amiens. vignette|250px|Décollation de saint Firmin, fin , provenant de la chapelle des Macchabées d'Amiens. vignette|250px|Palme eslute du Sauveur pour victoire (1521), Musée de Picardie. vignette|250px|Ancien hôtel des trésoriers de France (Musée de l'Hôtel de Berny) 1633-1634. vignette|250px|Amiens, château d'eau (). vignette|250px|Cirque municipal d'Amiens (1889). vignette|250px|Hôtel Bouctot-Vagniez (1909-1911). vignette|250px|Le Zénith d'Amiens (2008).

L'histoire d'Amiens commence au Paléolithique selon les vestiges archéologiques mis au jour depuis le qui démontrent que, le site de double confluence où s'est construit Amiens était occupé par l'homme, il y a . Mais c'est Jules César qui nomma pour la première fois le lieu dans La Guerre des Gaules. Au , les Romains fondèrent la ville de Samarobriva qui devint Amiens au . La ville se développa au Moyen Âge et à l'époque moderne grâce à son activité textile. L'arrivée du chemin de fer au raffermit sa position de ville du textile. La Seconde Guerre mondiale devait la mutiler sévèrement. La reconstruction des années 1950 permit un accroissement et une diversification de ses activités.

Préhistoire

Paléolithique inférieur : la civilisation acheuléenne

Amiens a été l'un des berceaux de la préhistoire en tant que science, dès le milieu du XIXe siècle grâce aux fouilles archéologiques réalisées à l'époque, fouilles qui se poursuivent de nos jours.

En 2007, des fouilles archéologiques, rue du Manège, ont mis au jour à Amiens les toutes premières traces d'occupation humaine dans une nappe alluviale perchée à au-dessus du fond de la vallée actuelle. Les vestiges recueillis lors de cette intervention appartiennent au Paléolithique inférieur et sont datés d'environ à .

La présence d'hommes Homo heidelbergensis vraisemblablement, il y a 450 à , est attestée dans la Somme grâce à des fouilles archéologiques réalisées à Abbeville, Amiens (Jardin archéologique de Saint-Acheul) et à Cagny, village limitrophe d'Amiens.

120px|vignette|gauche|Biface en silex de Saint-Acheul. En 1853, des « haches taillées », selon le terme de l’époque, sont recueillies dans les anciennes alluvions de la Somme dans le quartier Saint-Acheul, à l’est de la ville. Cette découverte passionna les plus grands spécialistes internationaux de l’époque, Joseph Prestwich, Hugh Falconer, Charles Lyell ou John Evans, qui se pressèrent sur le site. En août 1859, Albert Gaudry y découvrit neuf « haches taillées » qui attestaient, selon lui, de la grande antiquité de l’humanité.

Albert Gaudry, Gabriel de Mortillet et Victor Commont comptent parmi les principaux préhistoriens ayant étudié le gisement préhistorique de Saint-Acheul à Amiens. En 1872, Gabriel de Mortillet donna le nom dAcheuléen à la civilisation du Paléolithique ancien caractérisée par les silex taillés identiques à ceux trouvés dans le quartier Saint-Acheul. Des gisements acheuléens ont été retrouvés à proximité de la Ferme de Grâce près de Montières (quartier à l'ouest d'Amiens), dans plusieurs sites de la vallées de la Somme et de ses affluents. On retrouve cette civilisation en Europe et en Asie.

Ces découvertes marquèrent le début de la grande période de Saint-Acheul qui dura plus de trois quarts de siècle. Entre 1860 et 1880, bifaces furent ainsi recueillis. Saint-Acheul, dont la renommée devint internationale, accueillit de très nombreux spécialistes et collectionneurs français et étrangers. Ce succès donna naissance à un commerce lucratif de faux silex taillés.

Paléolithique supérieur : les vénus de Renancourt vignette|gauche|200px

Le Paléolithique supérieur est marqué par l'arrivée, il y a environ , de l'Homo sapiens. On a retrouvé des sites d'occupation humaine et de débitage de silex du Magdalénien et du Périgordien dans la vallée de la Somme. À Amiens, dans le quartier de Renancourt, a été mise au jour, en juillet 2014, dans les vestiges d'un campement de chasseurs-cueilleurs, une statuette féminine aux attributs sexuels très prononcés, datant de avant notre ère. La Vénus de Renancourt, en pierre calcaire, est comparable aux 244 Vénus paléolithiques retrouvées à ce jour, en Europe et jusqu'en SibérieCourrier picard des 13 septembre et 28 novembre 2014. C'était la première Vénus gravettienne découverte dans le Nord de la France.. Depuis lors, une quinzaine de statuettes du même type ont été mises au jour sur le même site, la dernière en date a été retrouvée en juillet 2019. Haute de quatre centimètres, cette nouvelle Vénus est la seule retrouvée entière. Plusieurs milliers de fragments de craie, ont été mis au jour, sur le site, certains semblent être des déchets de fabrication ce qui accrédite l'hypothèse de l'existence d'un atelier de fabrication puisque les statuettes ont été retrouvées en série. Ont été également découvertes des pointes de projectile (pointes de la Gravette), de grandes lames pouvant servir de couteaux, grattoirs, des parures (rondelles perforées en craie) etc. Les nombreux restes osseux de cheval présents attestent de la consommation de cette viande par les habitants du site. En pleine période glaciaire, ce campement aurait été occupé quelques semaines, à la fin de l'été..

En 2025, lors de fouilles archéologiques de l'INRAP, précédant la construction d'immeubles rue de Cagny, dans le secteur de Boutillerie, ont été mis au jour un millier de silex taillés datés de 110 000 et 70 000 ans avant le présent. Ces silex correspondent à la période ou vivait l'homme de Néandertal. Le site, outre d'être un lieu de taille d'outils en pierre, était vraisemblablement, au vu de l'usure de nombreux silex, un lieu d'utilisation de ces outilsLe Courrier picard du 11 novembre 2025 p.7.

Mésolithique Le Mésolithique est une période de la Préhistoire situé entre le Paléolithique et le Néolithique qui débute vers et prend fin vers notre ère. En 2006, des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des sites mésolithiques sur des positions d’anciennes berges de la Somme et de la SelleRapport d'activité 2006 de l’Inrap, ..

Néolithique vignette|100px|Hache bipenne Un important gisement du Néolithique a été mis au jour dans le secteur Montières-Étouvie livrant une abondante industrie en silex jaune. Les briqueteries de Renancourt (quartier d'Amiens) ont également révélé d’importants vestiges attribuables au Néolithique ou au Chalcolithique comme en témoigne la hache bipenne naviforme exposée au musée de Picardie.

Âge du fer La Tène : arrivée des Ambiens vignette|180px|Statuette d'une divinité gauloise à l'oreille de cervidé, (), Amiens, musée de Picardie. Pendant la période de La Tène, l'usage du fer se généralisa, on a retrouvé un peu partout y compris dans des fermes isolées, des bas-fourneaux.

Au avant notre ère, le territoire de l'actuel département de la Somme a été occupé par un peuple gaulois, les Belges, divisé en plusieurs tribus : les Ambiens occupèrent les environs d'Amiens jusqu'au littoral. Cette population exploitait densément le territoire, avec l'implantation d'un réseau de fermes. À partir du , des oppidums furent fondés : L'Étoile, La Chaussée-Tirancourt, Méricourt-sur-Somme, etc.

Les Ambiens ont frappé des monnaies s'inspirant des statères de Tarente, en Grande Grèce, ce qui tendrait à prouver la prospérité de cette tribu et ses liens économiques avec la Méditerranée. Le monnayage ambien servit de modèle aux Parisii et aux BellovaquesDidier Bayard, Jean-Luc Massy, Amiens romain, Samarobriva, Ambianorum, Amiens, Revue archéologique de Picardie, 1983.

Antiquité La conquête romaine 300px|vignette|gauche|Denier commémorant les conquêtes gauloises de Jules César (vers 48 av J.C.) Jules César passa un hiver avec ses légions sur le territoire des Ambiens dans un lieu qu'il désigne sous le nom de Samarobriva dans son ouvrage De Bello Gallico (La guerre des Gaules).

Il y explique qu'après sa première tentative de conquête de la Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne) il a pris ses quartiers d'hiver à Samarobriva de l'automne 54 av. J.-C. au printemps 53 av. J.-C.. Il y a convoqué deux fois un concilium Galliae (un conseil de représentants de tribus gauloises)

César établit donc un camp militaire à Samarobriva qui perdura jusqu'aux premières années du règne d'AugusteAucune trace de ce camp n'a été encore mise au jour, à Amiens.. Selon toute vraisemblance, aux abords du ou des camps successifs, se développèrent des habitats civils gaulois, des canabae, ce qui incita sûrement les Romains à établir en ces lieux la capitale de la cité des AmbiensRonald Hubscher (sous la direction de), Histoire d'Amiens, Éditions Privat, Toulouse, 1986 . Mais l'existence d'un camp de légionnaires romains, à Amiens même, n'étant pas prouvé, il serait possible sinon probable que le camp en question fût situé plus à l'ouestXavier Bailly et Jean-Bernard Dupont (sous la direction de), Histoire d'une ville: Amiens, p. 33, Amiens, Scérén-C.R.D.P., 2013 sur un oppidum gaulois par exempleCertains archéologues pensent à l'oppidum de La Chaussée-Tirancourt situé à une quinzaine de km à l'ouest d'Amiens..

180px|vignette|Main de bronze dédiée à Jupiter Sabazios (), Amiens, musée de Picardie.

Haut Empire : fondation de Samarobriva

Dans le courant du , les Romains fondèrent les premières villes, Samarobriva (Amiens) fut l'une d'entre elles. Elle était traversée par plusieurs voies romaines dont la plus importante la Via Agrippa de l'Océan reliait Lugdunum (Lyon) à Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer).

Le territoire de l'actuelle ville d'Amiens et celui de l'actuel département de la Somme fut intégré par les Romains dans la province de la Gaule belgique dont la capitale fut Durocortorum (Reims), sous le règne d'Auguste.

Bas Empire : Samarobriva devient Ambianorum