300px|thumb|L'Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov.

Cinéma de guérilla, ou cinéma guérilla, désigne des films produits avec très peu voire pas du tout d'argent par des petites équipes filmant avec des équipements légers et dans la plupart des cas, utilisant des accessoires fabriqués à partir de tout ce qui est à portée de main. Le tournage s'effectue rapidement dans des lieux privés ou publics sans autorisation. Le cinéma de guérilla est en règle générale pratiqué par des cinéastes indépendants qui ne peuvent pas travailler avec des budgets confortables ni construire des décors coûteux.

Les «majors», les entreprises nord-américaines du cinéma mainstream., font face au cinéma de guérilla («cinéma produit en dehors des conglomérats médiatiques») sous-estimant l’importance ou l’intérêt de ce genre , en faisant clairement comprendre aux transgresseurs qu’ils risquent d’être poursuivis par la loi une fois que leur réputation est affectée par «exposition publique négative» (negative PR exposure) en conséquence de telles pratiques. Le cinéma d'Hollywood» peut être vu comme le résultat d’un vaste mélange de plusieurs genres cinématographiques tels que (…) Ces formules populaires de narratives comme le western, le film musical ou le film de gangsters qui ont dominé les arts de l'écran, constituant ainsi un genre cinématographique (…) »Hollywood Genres: Formulas, Filmmaking, and the Studio SystemContemporary Hollywood Cinema, livre de Stephen Neale et Murray SmithInventing the Movies (The hidden technological history of Hollywood) – livre de Scoot Kirsner.

S’opposant à la culture mainstream., le cinéma de guérilla n’est pas simplement une technique de tournage, il vient d'en avant et va au-delà de la technique. Il traite avec des formules et des principes éthiques en tant qu'œuvre d'art, ce qui permet de faire des films à bas coût, mais non d’importance historique ou de qualité inférieure à ceux du cinéma classique d'HollywoodHollywood, les origines sur cinemaclassic.free.frLe cinéma classique hollywoodien au risque de l’accident sur fabula.org, ou du Nouvel Hollywood, utilisant souvent les ingrédients des médias de masse, tels que ceux de n’importe quel gros studio de cinéma, pour atteindre des audiences plus vastes et du succès commercial, malgré leur sortie limitée.

. Il revendique le droit à l'égalité dans la distribution et se bat pour celaThe ABC's of No-budget Filmmaking (Peter Broderick Goes Below the Line With Today’s Guerrilla Filmmakers) - “Issues 1993”, Filmmaker..

Films de guérilla Années 1950-1980 Le premier film de guérilla est, selon toute probabilité, Les Enfants d'Hiroshima, 1952, du réalisateur japonais Kaneto Shindō.

La Complainte du sentier (Pather Panchali, 1955), du réalisateur indien Satyajit RayBiography of Satyajit Ray (1921-1992), Dilip Basu, UC Santa Cruz. est le premier film de la Trilogie d'Apu, suivi par L'Invaincu (Aparajito, 1956), et Le Monde d'Apu (Apur Sansar, 1959) : tous produits avec des budgets très bas, tournés en particulier avec des économies de Ray et des acteurs amateurs de la localité. La Complainte du sentier est un des films pionniers du Cinéma parallèle indienManifeste sur un cinéma prallèle sur Dérives.tv, .., mouvement indépendant qui s’opposait aux mainstream du cinéma américain et du cinéma indien. Ce film a reçu le prix du meilleur documentaire humain au Festival de Cannes 1956 et a obtenu un grand succès aux États-Unis en 1958 restant en salle à la Fifth Avenue Playhouse de New York pendant huit mois. Le critique anglais Basil Wright le considérait comme «une œuvre d’art nouveau et incontestable». Satyajit Ray, qui ne tournait pas des films commerciaux, est vu comme l'un des plus grands réalisateurs de l´histoire du cinéma. Akira Kurosawa a dit à ce propos que «Ne pas avoir vu les films de Ray est pour avoir vécu sans voir le soleil ou la lune» – article d’Andrew Robinson, British Institute of India. Satyajit Ray détient le record pour le plus grand nombre de sélections à la Berlinale avec sept films. En 1992, les critiques du magazine Sight and Sound le plaçaient comme numéro sept sur la liste des dix meilleurs réalisateurs du monde. (1956) est une docufiction à bas devis de Lionel Rogosin, le premier réalisateur américain qui a obtenu le prix du meilleur documentaire à la Mostra de Venise. Ce film, aussi bien nommé pour le prix du meilleur long métrage documentaire des Oscars du cinéma., fut tourné avec une lourde caméra de sur un trépied peu avant que les caméras portables de soient adaptées à des équipements légers de prise de son. Martin Scorsese s’est exprimé sur ce film avec ces mots : . On the Bowery se caractérise par un ..Une simple histoire (1958) est le premier film du réalisateur français Marcel HanounMarcel Hanoun – note biographique, Anthology Film Archives, vainqueur du premier prix à Cannes de l'Eurovision, 1959. Ce film fascine Jean-Luc Godard, qui décide de soutenir financièrement Hanoun à l'avenir. Contemporain de la Nouvelle Vague, Hanoun fera de nombreux autres films expérimentaux englobant une recherche avancée dans le tournage et dans le montage, comme la désynchronisation entre l'image et le son, créant des œuvres imprégnées d'une forte charge poétique, dans leur plupart des métafilmsMétafilm: « Le cinéma qui se nourrit de lui-même et cherche à inventer des esthétiques nouvelles » (Le cinéma au miroir du cinéma – article de René Prédal). Il est vite marginalisé par l'industrie et par la critique et considéré comme un cinéaste mauditMarcel Martin (journaliste), Dictionnaire Larousse du Cinéma (Éditions Larousse). Par contre, Jonas Mekas le classe comme le plus grand cinéaste français depuis Robert BressonFilm Screenings - Marcel Hanoun sur Anthology Film Archives..Moi, un Noir est un film français de 1958, une ethnofiction de Jean Rouch, œuvre séminal en anthropologie visuelle. Tourné avec une toute petite équipe et un budget très faible, ce film eut un énorme succès et fut annoncé comme décisif dans le lancement de la Nouvelle Vague. Jean-Luc Godard a classé Moi, un Noir comme son quatrième film préféré de tous les tempsWhose voice? Who's Film?: Jean Rouch, Oumarou Ganda and Moi, un noir sur Maîtres Fous. et a fait valoir dans l'édition de du magazine ArtsScreenings in June 4, 2005 que le film avait atteint un .

François Truffaut est considéré par certains historiens comme ayant utilisé les techniques du cinéma de guérilla pour la première fois dans Les Quatre Cents Coups (1959). Truffaut est le fondateur de la politique des auteurs à une époque où, dans plusieurs pays, plusieurs réalisateurs ont ouvert de nouveaux horizons à la création cinématographique. En fait, il a été précédé de Rogosin, Ray, Amoun, Rouch, qui voulant faire du cinéma d'art, ont été guidés par des impératifs éthiques qui les ont amenés à affronter la puissance d'Hollywood produisant des objets artistiques avec peu d'argent.Les Enfants d'Hiroshima et L'Île nue (1960), deux films de Kaneto Shindō, sont des exemples de cette tendance. Come Back, Africa, de Rogosin, «un spécimen rare dans l’histoire de la docufiction et du cinéma politique à la une», est contemporain avec Les Quatre Cents Coups. Le cinéma-vérité, la «vérité du cinéma» (Rouch), la docufiction ou le cinéma narratif à petit budget deviendraient des pratiques courantes dès le début des années cinquante.Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971), film réalisé par Melvin Van Peebles, auto-financé, avec un prêt supplémentaire de Bill Cosby, tourné sur une période de vingt-neuf jours, raconte l'histoire d'un Afro-américain pauvre harcelé par les autorités des Blancs. Van Peebles joue lui-même tous les rôles de cascadeurs dont il a besoin, y compris plusieurs scènes de sexe explicite contractant une gonorrhée. Sentant qu'il est dangereux de faire un film sans le soutien de l'Union, lui et quelques membres de l'équipe décident de travailler armés sur le plateau. Désirant que le film soit aussi bon que ceux des grands studios, il décide de mettre en pratique un rythme rapide de montage avec des plans sur plans fréquents, des innovations pour un film américain à l'époque. Il compose la musique du film lui-même. Et ainsi Sweet Sweetback's Baadasssss Song subvertit des conventions avec son style visuel et ses contenus irrévérencieux. Sorti d'abord que dans deux salles le vingt-trois , controversé à différents niveaux.Critiques sur Rotten Tomatos, le film connaît un grand succès et récolte au box-officeBaadasssss – article de Roger Ebert, The NY Times, le onze juin 2004. «En tant que scénariste, réalisateur et star de Sweetback, Van Peebles est un grand-père du cinéma d’ethnie noire»..

À la fin des années soixante, lorsque le groupe Dziga Vertov est fondé par Jean-Luc Godard en sortant La Chinoise, certains réalisateurs français ont commencé à faire des films de guérilla politiques. Un des leaders de ce mouvement est Chris Marker, en collaboration avec les enseignants de l’IDHEC. Loin du Vietnam, 1967, est un film collectif contre la guerre du Vietnam signé par Alain Resnais, Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Joris Ivens, Jean Rouch, Ruy Guerra et René Vautier. La plupart de ces groupes disparaîtront dans les années soixante-dix, mais Chris Marker, gardant l'esprit de ces guerriers audacieux, tourne le fond de l'air est rougeArticle sur Rotten Tomatoes. 1977, qui raconte les combats révolutionnaires et spectaculaires durant les événements de Mai 1968 aussi bien ceux qui ont eu lieu au Japon, en Afrique et au Chili. Périssables, ces mouvements inspireraient d’autres gens dans différentes parties du monde.

Le réalisateur indépendant nord-américain Robert Kramer – Biographie sur Harvard Film ArchiveBio and FilmographyOne American Movie: Robert Kramer’s US Films – référence par Jerry White, Metro Cinema, ancien élève de philosophie et d’histoire de l’Europe de l'Est au Swarthmore College, à Swarthmore, en Pennsylvanie, s’est toujours consacré au cinéma politique. Il est le fondateur et le premier auteur du NewsreelThe Filmmaker-activist and the Collective: Robert Kramer and Jean-Luc Godard – chapitre 2 d’un essai de trois chapitres de Donal Foraman. Réalisé, écrit et photographié par Kramer, Route One/USACritique de film par Olivier Bitoun sur DVDclassik., 1989, un film épique de «quatre heures et quart sur rien de moins que l'Amérique d'aujourd'hui», est un jalon dans la carrière de Kramer tel qu’il l’est dans l’histoire du film documentaire américain. D’autres films moins connus, tels que Milestones, 1975, mais pas moins importants, avaient été tournés plus tôt. Milestones dévoile l'Amérique dans les années soixante-dix. Puis, en 1975, il quitte son pays avec une caméra , sans argent dans sa poche, pour filmer les effets dramatiques de l’intervention d’Henry Kissinger au Portugal pendant la révolution des Œillets, qui a libéré le pays de plus de quarante années de fascisme: Scènes de la lutte de classe au PortugalScènes de la lutte de classe au Portugal sur Adècheimages., 1977.