vignette|Inscription FDT : « Fief des tombes » à l'angle des rues des Fossés-Saint-Jacques et Saint-Jacques. Cette page recense les fiefs et immunités de Paris.
Le droit féodal était le cadre juridique de la ville de Paris du Moyen Âge jusqu'à son abolition à la Révolution.
Le territoire de la Ville était morcelé en fiefs ou censives, enchevêtrés et de tailles très diverses. La hiérarchie de « fiefs mouvants », « fiefs dépendants », et de « fiefs dominants » aux mains de seigneurs suzerains, la présence de plusieurs co-seigneurs détenteurs d'une même censive ajoutaient à cette complexité. Les fiefs des seigneurs laïcs qui évoluaient en fonction des ventes, confiscations et partages successoraux ont perdu progressivement leur importance. Ceux appartenant à des institutions ecclésiastiques étant inaliénables étaient très stables. Outre le domaine royal, les censives les plus importantes étaient celles de l'évêque, du chapitre des chanoines de Notre-Dame, du chapitre de Sainte-Opportune et de plusieurs abbayes, Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Martin-des-Champs, Temple. Quelques-uns parmi les plus importants disposaient de droit de justice (24 sur 155 censives en 1300). Il existait, par ailleurs, quelques alleux indépendants de toute emprise seigneuriale, ne représentant qu'une faible part du territoire. upright=4|center|thumb|alt=Les seigneuries de Paris au |Le territoire des principales seigneuries de Paris au
Surface des principales seigneuries en % dans les limites de la ville en 1638 . Saint-Germain-des-Prés 17,3 Archevêché 11,7 Sainte-Geneviève 10,2 Roi 6,9 Temple 4,7 Saint-Martin 3,8 Saint-Benoît 2,1 Saint-Victor2 Chapitre Notre-Dame 1,6 Cette liste ne comprend aucune censive laïque en dehors de celle du Roi.
A Fief d'Ablon Ce fief à l'emplacement de la rue Saint-Médard était propriété en 1352 de Jacques de Pacy, seigneur d'Ablon, en 1682 de la famille Loberan. Fief d'Alby (Halles de Paris) Ce fief également appelé fief d'Albicq, fief d'Hellebick ou fief d'Hellebic était situé au cœur des Halles de Paris. Ce fief de domaine noble correspondait à une halle couverte, située entre le carreau des Halles et la rue de la Fromagerie. C'est à cet endroit que se vendait la Saline, ou poisson de mer. Fief d'Alby (Cour des Miracles) Ce lieu appelé fief d'Alby, situé entre la rue du Caire et la rue Réaumur, était la grande cour des Miracles de Paris. Pour ce lieu, le nom de fief ne doit pas être pris sous la définition de domaine noble mais sous celle de quelqu'un est maître, s’est érigé en maître et règne sur ce domaine. Fief d'Autonne, d'Haulton, d'Hauton ou d'Hautonne Ce fief qui était situé entre les rues des Rosiers, Rue des Écouffes, du Roi de Sicile et Vieille du Temple, était une possession de Nicolas Clapisson d'Ullin, conseiller à la cour des Aides, et de Marie de Voudy, veuve du contrôleur général de l'artillerie, Pierre Clapisson d'Ullin qui est acheté en 1671 par l'Hôtel-Dieu de Paris, livres.
B Fief Barbeau Il dépendait de l'abbaye de Barbeau implantée à Samois et comprenait quelques maisons sur le quai à l'ouest de la rue des Barres Fief de Bezée Ce fief s'étendait sur une dizaine de maisons entre la rue Montorgueil et la rue Française. Il fut donné par le roi en 1615 aux religieux de Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers en échange du terrain ayant servi à la construction de la place Royale actuelle place des Vosges. Fief de Blondefontaine Maître Guillaume Lepère, avocat au parlement de Paris est l'unique seigneur et propriétaire de ce fief jusqu'à sa mort en 1657 date à laquelle le domaine se trouve partagé entre ses puis à tous leurs descendants jusqu'à la Révolution. Guillaume Lepère était également seigneur des fiefs Popin, de la Butte et de la Péruse tous situés à Paris. Fief du Bourdon également appelé fief du Crucifix-Saint-Jacques Ce fief mouvant du seigneur d'Ablon-sur-Seine jusqu'au est racheté par les marguilliers de Saint-Jacques-la-Boucherie puis devient propriété du Châtelet de Paris jusqu'à la Révolution. Ce fief comportait deux maisons voisines sises rue du Crucifix-Saint-Jacques-la-Boucherie. Fief des Boursiers Saint-Aignan Il était situé en l'église Saint-André-des-Arts Fief de la Petite Bretonnerie Sur ce fief, de 5 arpents et demi, anciennement planté de vignes, était construit le collège de Torchi, également appelé collège de Lisieux, ainsi que cinq maisons. Ce fief est inféodé en 1219 par le roi Philippe II qui en investi Thibault de Chartres. Il fut, de 1585 à la Révolution, la propriété des religieuses, abbesse et couvent de l'Humilité Notre-Dame (abbaye de Longchamp). Fief de la Bretonnière Situé à la limité orientale du village de Chaillot. Fief de 19 arpents de terre et 2 de vignes, ayant appartenu à la famille de Jean Breton (ou Le Breton), gouverneur de Blois et contrôleur des guerres. Il s’étendait entre les rues actuelles Galilée et Quentin-Bauchart. Fief aux Bretons Ce fief situé rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie aurait appartenu au à une famille Breton ou Le Breton. Il était, au , la propriété des religieux de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie Fief de la Butte Ce fief sur la butte de Bonne-Nouvelle, faisait partie de la censive du couvent des Filles-Dieu qui y créèrent vers 1530 une agglomération.
C Fief du Grand et du Petit Chaumont Il correspond aux rue Saint-AntoineLéon Mirot, Les origines de l'hôtel Sully, dans Bull. Soc. Hist. Paris, 1911, p. 77.Séance plénière de la Commission du Vieux Paris du 24 juin 2016 page 7.. Il abritait au l'hôtel du chancelier de France Pierre de GiacBabelon Jean-Pierre. Histoire de l'architecture au XVIIe siècle. In: École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques. Annuaire 1975-1976. 1976. pp. 695-714., qui fut vendu à Louis d'Orléans en 1395Arch. nat.,Q 1 1234, 16 février 1385 (n. st.).
Fief du chapitre des chanoines de Notre-Dame ce fief distinct de celui de l'évêque comportait le cloître avec les maisons canoniales dont Charles le Simple avait confirmé l'immunité en 911. La justice du chapitre s'exerçait à l'intérieur du cloître, au parvis de Notre-Dame, aux bâtiments de l'hôtel-Dieu et aux maisons entre la rue Neuve-Notre-Dame et la rue Saint-Christophe. Le clos de Garlande entre les rues Saint-Jacques, Garlande, des Anglais et Saint-Yves était entré dans le domaine du chapitre en 1134 et le fief de Tiron en 1214. Le chapitre possédait également l'île aux Vaches qui était au Moyen Âge une prairie, aménagée et lotie au début du pour créer l'île Saint-Louis.
Fief du Clos de Garlande ce fief initialement propriété de l'archidiacre Étienne de Garlande passa en 1127 après sa disgrâce dans la censive et justice du Roi qui fit arracher les vignes puis en céda en 1134 les droits de justice aux chanoines du Chapitre de Notre-Dame en conservant la censive. Il était limité par les rues Saint-Jacques, de Fouarre, des Rats, des Anglois, du Plastre, des Trois-Portes, Saint-Julien-le-Pauvre et Galande.
Fief du Clos des Jacobins Il fut constitué entre 1218 et 1280 par les Jacobins autour de leur couvent sur la Montagne Sainte-Geneviève entre la rue Saint-Jacques et la porte Gibard le long de l'enceinte de Philippe-Auguste. Il possédait en 1724 une bonne quantité de maisons et de rues bâties sous les règnes d'Henri IV et Louis XIII
Fief Cocatrix également appelé fief Harenc Ce fief comprenait rue des Arcis et 3 autres à l'emplacement de la rue des Lombards à l'angle de l'actuel boulevard Sébastopol.
Fief de la Grande Confrérie aux Bourgeois Il comprenait des parcelles éparses dans le quartier Saint-Gervais, dans l'île de la Cité et sur la rive gauche principalement le clos aux bourgeois du début de la rue de Vaugirard au couvent des Chartreux.
Fief Copeaux ou fief Coypeau Le fief de Copeaux était un arrière fief possédé par Jacques de Saint-Benoît, seigneur de Brétigny et qui était situé grande rue du Faubourg Saint-Victor qui le vendit en 1468. Le fief était composé d'un corps de logis, de 2 écuries, de 3 arpents de Marais, en partie clos de murs, et de la BièvreHistoire de Brétigny sur Orge..
Fief du Crucifix-Saint-Jacques également appelé fief du Bourdon C'était un fief mouvant du seigneur d'Ablon-sur-Seine jusqu'au il est racheté par les marguilliers de Saint-Jacques-la-Boucherie puis devient propriété du Châtelet de Paris jusqu'à la Révolution. Ce fief comportait deux maisons voisines sises rue du Crucifix-Saint-Jacques-la-Boucherie ou il y avait un crucifix devant.
Fief Culture-l'Évêque également appelé fief de Ville-l'Évêque. Ce fief possédé par l'évêque de Paris, était très vaste et s'étendait jusque sur l'emplacement des Champs-Élysées. C'était un fief qui comportait la voirie et la haute justice à l'exception du rapt et du meurtre qui étaient du ressort des officiers du Roi. Le , Louis XIV en fit l'acquisition.
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E Fief de l'Évêque (de l'Archevêque à partir de 1622) La censive de l’évêque est après celle du roi la plus importante de Paris. Elle s’étendait principalement sur la rive droite de la Seine en un arc de cercle de la rue Saint-Honoré à la rue Saint-Denis, au sud de la censive Sainte-Opportune, le grand égout délimitant les deux censives. Le fief de l’évêque comprenait le faubourg du Roule, la ville l’Evêque, le bourg Saint-Germain l’Auxerrois et le clos Bruneau sur la rive gauche. L’évêque en aliéna quelques parties. Le fief de Thérouanne où étaient établies les halles, fief mouvant qui dépendait de la censive de l’évêque, est acquis par le roi en 1331 après plus de de tractations. Cet accord donne à l’évêque un tiers des taxes perçues sur les marchés des Halles. Après le rattachement en 1563 de la censive de Saint-Éloy qui s’étendait autour de la rue Saint-Antoine et dans une grande partie des actuels 11ème et arrondissement et en 1564 de la censive Saint-Magloire à l’est de la rue Saint-Denis, la censive de l'Évêque est la plus étendue. L’abbé de La Grive avait été chargé en 1755 par l’archevêque de Paris de dresser le plan des maisons d’une partie de la censive de l’Archevêché (couture Saint-Éloi) : « nous, archevêque de Paris [….], prions nos censitaires de la ville et des faubourgs de vouloir bien donner entrée dans leurs maisons au sieur abbé de la Grive géographe de la Ville, à l’effet des opérations nécessaires pour le plan détaillé qu’il a entrepris de chaque maison, duquel plan nous entendons nous servir pour faciliter la confection de notre papier terrier ». Un Atlas de la censive de l’archevêché plus étendu, en réalité plan cadastral d’environ la moitié de Paris, établi vers 1780 fut imprimé en 1786. Par accord de 1222, l'évêque reconnaît au roi l'exercice de la haute justice sur les terres de l'Évêque. L'évêque conserve les droits de basse justice sur ses terres à l'exception des principales routes les traversant.
F Fief des Filles-Dieu