Chronologie de l'économie Années 1950 - Années 1960 - Années 1970 Événements Afrique 1960 : la France fournit 83,9 % des importations de l’Algérie et lui achète 80,8 % de ses exportations. 82 % des grandes entreprises du Congo belge sont aux mains de capitaux étrangers. les huileries d’arachide assurent 80 % des exportations du Sénégal en valeur. 76,7 % de la population active travaille dans le secteur primaire. 1960-1970 : en Afrique subsaharienne, le taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant est de 1,7 %. La part de l’agriculture dans le PIB passe en moyenne de 47 % en 1960 à 40 % en 1965, 35 % en 1970 ; dans le même temps, la part de l’industrie s’accroît de 17 % à 20 % puis à 23 %, tandis que le secteur tertiaire prend la première place avec 41 % en 1970. l’aide de la France à ses anciennes colonies s’élève à 1,38 % de son PNB en 1960 (0,66 % en 1970). La Grande-Bretagne y consacre 0,56 % de son PNB en 1960 (0,37 % en 1970), la Belgique 0,88 % (0,46 % en 1970). 1962 : mise en place de la Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) en Côte d'Ivoire. 1965-1973 : les taux de croissance moyen du PIB en Afrique varient entre 1,4 % (Niger) et un peu plus de 9 % (Côte d'Ivoire, Zimbabwe, Burundi). Le Botswana connaît un taux exceptionnel de 14 % (diamants) ; la majorité des pays se situent entre 3 % et 4 %. : grèves ouvrières, étudiantes et lycéennes au Sénégal. Grève des mineurs en Mauritanie. 1968 : au Sahel, les pluies de mousson ne se produisent pas et lors de l’année 1972, les pluies sont inférieures de 17 à 45 % en Mauritanie et de 23 % à Dakar : c’est le début d’une longue période de sécheresse qui ne s’achève réellement qu’en 1988.
Les décennies 1960 et 1970 connaissent une croissance spectaculaire des secteurs producteurs de rente (exportations agricoles, production minière et pétrolière). Les structures économiques coloniales et les déséquilibres se maintiennent : recul ou stagnation des productions vivrières alors que la croissance démographique reste élevée (3 % par an) ; importation croissante des biens alimentaires et des biens intermédiaires destinés aux industries ; faible compétitivité des industries nationales ; instabilité des cours des matières premières ; étroitesse des marchés intérieurs et insuffisance de l’épargne intérieure ; lourdeur des dépenses publiques ; surévaluation des monnaies en particulier dans la zone CFA ; déficit du commerce extérieur en produits manufacturés ; inadaptation des projets industriels ; insécurité alimentaire.
Égypte 1960-1965 et 1966-1970 : plan quinquennaux en Égypte. L’URSS continue à apporter son aide économique, notamment pour le financement des travaux du barrage d’Assouan et la création d’une industrie lourde. Le revenu national progresse en moyenne de plus de 6 % par an entre 1959 et 1965.
1961 : l’échec de la RAU amène Nasser à modifier sa politique. Son idéologie prend une orientation nettement socialiste. Il veut établir la justice sociale, l’égalité des chances et former un grand corps social unique sous l’autorité de l’État. Il accélère les nationalisations (« lois socialistes de juillet »), dépossède les communautés étrangères (Syriens, Libanais, Grecs), détruit le capitalisme égyptien… L’essentiel de la production égyptienne se tourne vers le marché intérieur. Les exportations vers les autres pays arabes sont freinées. L’économie est soutenue par l’URSS (aides techniques et économique) et par les États-Unis, qui livrent des céréales. À partir de 1965, le modèle économique nassérien s’essouffle. L’absence d’exportations entraîne une crise des changes liée à l’épuisement des devises étrangères. Un plan de stabilisation est mis sur pied avec le FMI. La livre égyptienne est dévaluée de 40 %, les prix sont augmentés, les investissements réduits. vignette|Le chantier du barrage d'Assouan en janvier 1965. : création d'un Conseil national suprême du planning familial. Nasser lance une politique de planning familial. La croissance démographique passe de 2,54 % par an de 1960 à 1965 à 2,28 % de 1966 à 1976. 1965 : le nombre d’enfants scolarisés est passé de 1,8 million en 1950 à 4,6 millions en 1965. 1966-1967 : le secteur public représente 90 % de la valeur ajoutée dans les établissements industriels de dix employés ou plus. 1967 : pendant la guerre des Six Jours, Nasser chasse les derniers Juifs d’Égypte. Novembre 1967 : début de l'exploitation de l'énergie hydroélectrique du Haut barrage d'Assouan ; elle permet l'électrification du pays.
Amérique 1960-1973 : l’usage du crédit à la consommation des biens durables (voitures...) introduit aux États-Unis dès les années 1920 augmente régulièrement ; il passe de 10,9 % du PNB en 1960 à 12,6 % en 1967 à 13,9 % en 1973. 1960-1970 : réduction de la pauvreté aux États-Unis qui passe de 22 % à 12,5 % de la population. 1961 : le entre vigueur en Colombie pour stimuler les exportations non traditionnelles en exonérant les entreprises exportatrices des droits sur les intrants importés. Il permet de développer la production de fleurs coupées à partir de 1965. 1961-1963 : Kennedy lance aux États-Unis une politique budgétaire inspirée par Walter Heller (baisse des impôts pour favoriser la relance) et une politique sociale afin de lutter contre la pauvreté. 1961-1970 : forte croissance du commerce intrarégional en Amérique centrale ; les exportations intrarégionales sont multipliées par dix, atteignant 26,2 % du total des exportations de la région. En 1970, le Guatemala et le Salvador drainent à eux deux 61,5 % du commerce régional contre 6,3 % pour le Honduras et 16,1 % pour le Costa Rica et le Nicaragua. 1962-1967 : stagnation de la croissance au Brésil. 1962 : en Bolivie, dix ans après le début de la révolution, le PNB par habitant a baissé de 20 %, la production d’étain de 40 % et même les paysans bénéficiaires de la réforme agraire se montrent mécontents. La corruption et l’inefficacité affaiblissent considérablement l’économie et rendent délicate la stabilisation du régime. L’inflation galopante ruine les petits épargnants, affaiblissant le soutien parmi les couches moyennes. 1965 : élèves fréquentent les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur au Brésil. Trente universités regroupent étudiants. 1966-1970, Mexique : plan du président Gustavo Díaz Ordaz de développement et de planification économique et social. 1967 : les mesures prise par le gouvernement militaire et le ministre des Finances Antônio Delfim Netto jugulent l’inflation au Brésil. lancement du projet Jari par le milliardaire américain Daniel K. Ludwig, qui consiste à implanter un complexe industriel fondé sur la production de pâte à papier dans l'État du Pará, au Brésil. 1968 : Fidel Castro donne la priorité à la consolidation d’une économie socialiste à Cuba. 1968-1973 : « miracle économique brésilien » avec des taux de croissance annuels de plus de 10 %.
Asie 1960-1962 : famine au Tibet au cours de laquelle Tibétains sont morts. 1960, Indonésie : loi agraire du fixant des maxima de propriété foncière variable selon les régions (UUPA 1960). Les plantations deviennent progressivement des propriétés d’État. Plan de huit ans prévoyant l’accroissement du secteur industriel (1961-1968). Il ne peut être mis en œuvre en raison des difficultés économiques. 1961 : promulgation de la loi fondamentale sur l’agriculture au Japon dans le but de favoriser les rendements agricoles. la septième pandémie de choléra, endémique aux Célèbes, se répand en Asie et au Moyen-Orient. 1961-1965 : inflation en Indonésie ; la monnaie en circulation double chaque année entre 1961 et 1964 et triple entre 1964 et 1965. Les prix grimpent. Le déclin économique se poursuit. L’armée et les communistes (PKI) devenant plus puissants, la tension augmente entre les deux groupes. 1965 : le Moyen-Orient devient la première région productrice de pétrole ; sa part dans la production mondiale passe d'environ 20 % de la production mondiale de 1954 à 1957 à 30 % en 1969-1970. les raffineries sont placées sous contrôle gouvernemental en Indonésie. Novembre 1965-juillet 1970 : le miracle économique japonais continue ; avec une croissance du PNB de 11,5 % par an en moyenne, le boom Izanagi fait du Japon la mondiale dès 1968. 1966 : ouverture de la première zone franche industrielle de Taïwan à côté du port de Kaohsiung. Après son succès, elle sera suivie par deux autres en 1969. 1966-1967 : famine du Bihar en Inde. Des scientifiques américains conduits par Norman Borlaug ont démontré que certaines semences mexicaines pourraient augmenter considérablement la production. Les premières semences sont importées en quantité à partir de 1967 à l'initiative de Monkombu Swaminathan, « père » de la révolution verte en Inde. La récolte de céréales passe de 10 à 12 millions de tonnes en 1964 à 20 millions en 1969. L’Inde acquiert son indépendance alimentaire.
1968 : fondation en Indonésie d’une société nationale, la Pertamina, issue de la fusion de deux sociétés d’État, pour assumer le circuit intérieur des produits pétroliers.
Le Laos, pays peu peuplé (6 habitants au km² en 1960), est composé d’une mosaïque d’ethnies. Les Lao, principalement installés dans la vallée du Mékong où ils pratiquent la riziculture irriguée, forment l’unité dominante et représentent avec les autres groupes thaïs la moitié de la population. Les montagnards du Nord se composent de plusieurs groupes, arrivés de Chine il y a plusieurs siècles —Yaos et Hmong (Meo) — qui cultivent des parcelles gagnées sur la forêt par brûlis (ray), et d’un petit groupe d’origine tibéto-birmane. Au Sud vivent les Lao Theung (ou Khas, terme péjoratif), un groupe « proto-indochinois » vivant d’une agriculture itinérante sur brûlis.
Europe vignette|La Seat 600, symbole du « Miracle économique espagnol ». 1959-1974 : mise en place d'un plan de stabilisation en Espagne par les ministres du commerce Alberto Ullastres et des Finances Mariano Navarro Rubio avec l'aide technique et financière de l'OCDE et du FMI. Elle met fin à vingt ans d'autarcie et permet le « Miracle économique espagnol » par le passage d'une économie contrôlée à une économie libérale. Entre 1959 et 1973, la croissance économique atteint 5,8 % par an en moyenne, avec des pics à 10 ou 11 %, les investissements étrangers sont multipliés par 27 et représentent 20 % des investissements industriels, le nombre de touristes passe de 4 à 35 millions et les revenus du tourisme augmentent de 126 millions de dollars à plus de trois milliards, les exportations sont multipliées par 14, les importations par 13. Le déplacement des personnes n'est plus entravé. L'émigration est forte des zones rurales aux faibles revenus (Andalousie, Galice, Estrémadure) vers les centres industriels de Catalogne et du Pays basque, puis l'Europe (deux millions d'immigrants espagnols vers l'Europe dans les années 196 0). Entre 1961 et 1965 les migrations internes concernent 2,1 millions de personnes et 3,7 millions de personnes changent leur lieu de résidence. Dans les années 1960, Barcelone accueille 43 % de la migration interne, Madrid 39 % et le Pays basque 14 %. 1959-1964 : second plan de développement au Portugal. Le plan d'irrigation de l'Alentejo prévoit la construction de barrages, dont celui d'Alqueva commencé en 1995 et mis en service en 2004. 1960 : en Espagne, 41,6 % des actifs travaillent dans le secteur primaire, 30 % dans le secteur secondaire, 28,1 % dans le tertiaire. La population active, en forte croissance dans les années 1950, stagne dans les années 1960, par les effets du vieillissement de l'immigration et de la baisse de la durée moyenne de la vie active. Cette stagnation n'affecte pas le développement économique du pays, facilité par une grande fluidité du marché du travail du secteur primaire vers les secteurs secondaire et tertiaire