La langue est, dans la cavité buccale, l'organe qui sert à la mastication, à la phonation et à la déglutition. C'est aussi, avec le nez, un organe du goût, très vascularisé et doté de nombreux capteurs. C'est un groupe de muscle, dont la pression sur les dents peut à la longue les déplacer (elle est le principal facteur de récidives en orthodontie ; pour cette raison, l'orthodontie fonctionnelle lui accorde une place centrale). Contrairement à ce que certains schémas explicatifs montrent, elle n'a pas de zones spécifiques spécialisées pour détecter les différents goûts. Ses anomalies de couleur, forme, texture de surface, fissuration, gonflement, raideur, son aspect sec ou humide nappé d'un mucus ou glaireux, la présence de zones dépapillées ou au contraire avec hypertrophie des papilles foliées, d'aphtes, d'ulcères, de nécroses, éventuellement associé à une haleine fétide, un goût métallique, acide ou amer sont des indices de maladies potentielles de la langue elle-même, de la bouche ou du corps.

Anatomie 250px|thumb|Muscles extrinsèques de la langue. Vue de droite.

La longueur moyenne de la langue est de .. Elle est divisée en deux sections, la racine de la langue et le corps de la langue qui est, lui aussi, divisé en deux parties : le tiers postérieur ou segment pharyngien et les deux-tiers antérieurs ou segment buccal. Elle prend naissance au niveau de l'os hyoïde. Son squelette est ostéo-fibreux : il comprend l'os hyoïde et deux membranes fibreuses, le septum lingual (qui sépare la langue en deux moitiés) et la membrane hyo-glossienne.

Dix-sept muscles concourent à la mobilité et aux fonctions de la langue, prenant origine sur l'os hyoïde, la mandibule, l'apophyse styloïde du temporal et le palais. Sauf le muscle transverse, ils sont tous présents en paires. Il y a donc huit muscles pairs et un muscle impair.

Muscles Muscles extrinsèques Par définition, les muscles extrinsèques de la langue prennent naissance à l'extérieur de celle-ci et s'insèrent sur elle. Les quatre paires de muscles extrinsèques servent à sa protrusion, sa rétraction, sa dépression ou son élévation.

Muscle Fixation externe Nerf Fonction Génioglosse mandibule hypoglosse protrusion et dépression de sa partie centrale. Hyo-glosse os hyoïde hypoglosse dépression de la langue. Chondro-glosseos hyoïdehypoglosseil abaisse et rétracte la langue.Cérato-glosseos hyoïdehypoglossePartie postérieure du muscle hyo-glosse Styloglosse apophyse styloïde hypoglosse élévation et rétraction de la langue.

Muscles intrinsèques Il existe un muscle impair et quatre paires de faisceaux de muscles intrinsèques de la langueCooper, S. (1953). Muscle spindles in the intrinsic muscles of the human tongue. The Journal of Physiology, 122(1), 193-202. : le muscle longitudinal supérieur (impair élévateur et rétracteur de l'apex de la langue), les muscles longitudinaux inférieurs, les muscles transverses, les muscles verticaux de la langue,

Vaisseaux La langue est vascularisée par l'artère linguale, une branche de l'artère carotide externe. L'artère linguale se divise en trois branches majeures : l'artère dorsale de la langue, l'artère sublinguale et l'artère linguale profonde.

La veine linguale, ou veine ranine, assure le drainage du territoire de la langue dans le tronc veineux thyro-linguo-facial qui se jette ensuite dans la veine jugulaire interne.

Face antérieure La partie postérieure (segment pharyngien) de la face antérieure de la langue comprend l'épiglotte, les amygdales linguales, les piliers antérieurs et postérieurs entre lesquels logent l'amygdale palatine et le foramen cæcum. La portion pharyngienne de la langue est peu visible normalement lorsque la bouche est ouverte. Cette partie va jusqu'au sillon terminal de la langue, là où commence la langue comme elle est définie par la majorité des gens, soit la section buccale de la langue.

La section buccale part de l'apex de la langue jusqu'au sillon terminal et est parcourue par un sillon médian. C'est sur cette partie que se trouvent les papilles.

Face inférieure thumb|Vascularisation de la face inférieure de la langue Sur la face inférieure de la langue, on peut apercevoir le frein lingual qui est une mince membrane qui relie la face inférieure de la langue au plancher de la bouche. Les veines ranines sont également bien visibles dû au fait que la peau (muqueuse) est mince et transparente dans cette région.

Une autre structure visible est la caroncule linguale, située dans le plancher de la bouche, au pied du frein lingual. La caroncule sublinguale est percée de l'ostium ombilical qui est en fait l'orifice du canal de Wharton. Ce dernier est le canal excréteur de la glande salivaire submandibulaire. De chaque côté de la caroncule, on peut aussi voir les orifices des canaux salivaires des glandes sublinguales.

Papilles gustatives vignette|gauche|Le V lingual.

Un goût est une composition de saveurs, perçues par la langue, et d'odeurs, perçues par le nez, ce qui se traduit par la notion de flaveur.

Chez l'humain, les papilles gustatives permettent de reconnaître les différentes saveurs : sucré, salé, amer, l'umami et l'acide. Des papilles gustatives recouvrent la langue et sont responsables de la perception des goûts. Les papilles se classent en quatre sortes : les papilles circumvallées (ou caliciformes), au nombre de 12, formant le V lingual qui délimite les 2/3 antérieur du 1/3 postérieur de la langue ; les papilles fongiformes, disséminées sur la pointe et les 2/3 antérieur de la langue ; les papilles filiformes, celles qui sont présentes en plus grand nombre et donnent à la langue sa texture particulière et situées de part et d'autre du sillon médian ; les papilles foliées (ou coralliformes), situées sur les bords latéraux et postérieurs de la langue.

Il existe un demi-million de récepteurs gustatifs regroupés en 7 à compactes appelées « bourgeons du goût » ou « bourgeons gustatifs ». 75 % de ces bourgeons sont logés dans les papilles gustatives mais 25 % sont répartis dans d'autres régions buccales, comme sur la muqueuse des joues, des gencives, du palais et de la luette D. V. Smith, J. D. Boughter jr, « Neurochemistry of the Gustatory System », in A. Lajtha, D. A. Johnson (éds.) Handbook of Neurochemistry and Molecular Neurobiology, Springer US, 2007, p. 109–135. Les bourgeons gustatifs sont des structures ovoïdes composés de 50 à 150 cellules épithéliales appelées épithéliocytes. Ils sont continuellement renouvelés (environ tous les dix jours). par les épithéliocytes de base (cellules souches), la sensation gustative étant assurée par quelques dizaines de cellules sensorielles (épithéliocytes gustatifs spécialisés pour chacun des cinq sens Chandrashekar, J., Hoon, M. A., Riba, N. J. P., & Zuker, C. S., « Encoding taste qualities at the periphery », Nature, 444, 2006, p.288–294) munis de cils (sur lesquels sont situés les récepteurs gustatifs) reliés à des nerfs sensitifs. vignette|Bourgeons gustatifs. Il a longtemps été cru à tort que différentes régions de la langue servaient à percevoir différents types de saveurs (amer, acide, sucré, salé, umami détecté dans cinq zones spécialisées, cf carte de la langue), mais des recherches de 2006 invalident cette idée : toutes les parties de la langue perçoivent les 5 saveursJ. Chandrashekar et al., The receptors and cells for mammalian taste, Nature 444, 288 (2006) cité sur le blog sciencetonnante.

Seules les 5 saveurs précitées (sucré, salé, acide, amer, umami) sont susceptibles d'être perçues par les bourgeons du goût. Le reste de ce qu'on appelle goût (goût de réglisse, d'anis, de riz, etc.) est une odeur, qui se perçoit par l'odorat.

Innervation La langue possède une double innervation : motrice : la langue possède des muscles intrinsèques (forme de la langue) et extrinsèques (position de la langue) ; sensorielle : la surface de la langue comporte de nombreux récepteurs permettant de transduire plusieurs modalités parmi lesquelles : mécanoception, nociception, thermoception (au chaud et au froid), chémoception (les composantes de la gustation).

Nerfs moteurs Tous les muscles de la langue sont innervés par le nerf hypoglosse () sauf le palato-glosse et le stylo-glosse, innervés par la partie vagale du plexus pharyngien (X) ou par le nerf lingual du VII (ou par le IX si l'anse de Haller est présente).

Nerfs sensitifs Le nerf laryngé supérieur (provient du nerf vague, , anciennement "nerf pneumogastrique") innerve l'extrémité postérieure de la langue et l'épiglotte. La base de la langue (tiers postérieur) est innervée par le nerf glosso-pharyngien (nerf I) via le noyau solitaire du noyau de la sensitivite branchiale de la lame alaire pour ce qui est de l'origine réelle de nerfs crâniens. Le nerf lingual (provient du nerf mandibulaire V3) innerve les 2/3 antérieurs de la langue.

Nerfs sensoriels (goût) Le nerf glosso-pharyngien (nerf crânien ) innerve le tiers postérieur de la langue. La corde du tympan (provient du nerf facial ) innerve les 2/3 antérieurs de la langue et ses fibres sont véhiculées par le nerf lingual.

Rôles Mastication : rassemblement du bol alimentaire pour le soumettre aux faces triturantes des dents Déglutition salivaire, déglutition prandiale (aliments) Papilles gustatives Phonation et expression (mimique, nerf ) : L'enregistrement numérique à 15 images par seconde (Canon PowerShot G3, 2003) ou 30 images par seconde (Canon PowerShot IS, 2006) de la phonation permet d'apporter des éléments objectifs au diagnostic de la malocclusion dentaire et de la dysfonction manducatrice (SADAM, DAM, STM)

Sources principales des dysfonctions des mâchoires, les deux éléments-clés à repérer sont : les interpositions linguales entre les deux arcades dentaires (déglutition atypique), facteurs de béances occlusales et d'encombrements dentaires, et la dimension verticale de l'espace libre depuis la position présumée de repos physiologique de tous les muscles posturaux des mâchoires.

Documentation radiographique : Analyse cinéradiographique de l'articulation des consonnes en chinois de Pékin, par Henri Bach et Bernard Vallancien, Service du film de recherche scientifique, CERIMES (France), 1976Documentation radiographique : Analyse cinéradiographique de l'articulation des consonnes en chinois de Pékin, par Henri Bach et Bernard Vallancien, Service du film de recherche scientifique, CERIMES (France), 1976.

Croissance des mâchoires vignette|droite|La déglutition salivaire infantile, atypique (adulte) et dysfonctionnelle est associée à un encombrement dentaire.

La déglutition infantile, ou déglutition primaire, caractérise la fonction linguale chez tous les nourrissons et les enfants : ce réflexe naît au quatrième mois de la grossesse (réflexe inné) et elle se manifeste par une langue qui s'étale horizontalement entre les deux maxillaires, ou « interposition linguale ». Chez plus de 75 % des adultes, un étalement horizontal persistant de la langue devient une dysfonction : c'est la déglutition atypique, ou déglutition dysfonctionnelle. Les logopèdes (Belgique) / orthophonistes (France) tentent, tant bien que mal, de corriger cette interposition linguale via des exercices volontaires, ou myothérapie fonctionnelle (MTF). Mais, face à l'automatisme inné des réflexes de la déglutition salivaire, l'efficacité de la MTF reste sujette à caution. Une déglutition atypique favorise la respiration buccale, accompagnée d'une étroitesse des mâchoires et d'un manque de place pour aligner toutes les dents permanentes. Ceci peut conduire aux malocclusions ou aux dysfonctions des mâchoires : SADAM, DAM, STM