Ferdinand Foch, né le à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et mort le à Paris (Seine), est un militaire français. Formé à l'École polytechnique puis à l'École de l'artillerie, il atteint le grade de général de division et s'illustre comme généralissime des Forces alliées sur le front de l'Ouest durant la Première Guerre mondiale en 1918. Il est élevé à la dignité de maréchal de France la même année.
Officier d’artillerie, il commande pour la première fois des troupes au combat durant la Première Guerre mondiale. Entre 1914 et 1916, il est à la tête du d’armée, puis d'une armée et enfin d'un groupe d’armées. Il participe à des batailles défensives, dont la première bataille d'Ypres fin 1914, et des batailles offensives, la bataille de Morhange en , la et la bataille de l'Artois en 1915 puis la bataille de la Somme en 1916. Après avoir été temporairement relevé de son commandement en 1916, il revient au premier plan le 16 lorsqu'il est nommé chef d’état-major général de l'armée, où il joue un rôle crucial dans la coordination des efforts militaires français.
Au cours des derniers mois qui précèdent la victoire, le 26 , il est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front de l'Ouest avec le titre de généralissime. Bénéficiant de la supériorité numérique alliée, il déclenche l'offensive finale qui conduit à la défaite de l'armée allemande et à la fin du conflit.
Élu membre de l'Académie française en , Foch est élevé à la dignité de maréchal de France en août de la même année. Il reçoit ensuite les titres de maréchal du Royaume-Uni en 1919 et de maréchal de Pologne en 1923.
Biographie Jeunesse gauche|vignette|Maison natale à Tarbes. Ferdinand Jean Marie Foch naît dans une famille bourgeoise catholique à Tarbes. Ferdinand est le sixième des sept enfantsDont Gabriel Foch (1850-1925), avoué près le tribunal de Tarbes. de Bertrand Jules Napoléon Foch (1803-1880) et de Marie Sophie Jacqueline Dupré (1812-1883).
Son père est percepteur originaire du Comminges (Gascogne)..
Quant à sa mère, elle est la fille de Jacques-Romain Dupré (Loriol, 1771 - Argelès-de-Bigorre, .), retraité capitaine, chevalier de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), chevalier de l'Empire, et de Marie-Anne Ducot. Sophie a un frère, le chevalier Germain Dupré (, Argelès-de-BigorreArmorial du Souvenir. - , Montpellier), médecin et sénateur.
Au gré des affectations administratives de son père, il effectue sa scolarité à Tarbes, Gourdan-Polignan (en 1866 - 1867 au Petit séminaire de Polignan), Rodez où le lycée qu'il fréquente porte aujourd'hui son nom, puis Lyon. Il fréquente les collèges jésuites de Saint-Michel à Saint-Étienne et Saint-Clément de Metz. Il est évacué de ce dernier établissement pendant la guerre de 1870, le collège étant occupé par un bataillon de Poméraniens. Il s'engage au d'infanterie qui ne combat pas ; Foch est toutefois blessé en janvier, et soigné au théâtre de l'Odéon, dans la loge de Sarah Bernhardt qui a transformé le théâtre en hôpital de campagne...
Après la guerre, il passe les concours d’entrée aux grandes écoles scientifiques à Nancy et, en , intègre l'École polytechnique. À sa sortie de Polytechnique, il choisit l'École d'application de l'artillerie et du génie dont il sort en 1873 comme officier d'artillerie. Il est affecté comme lieutenant au d'artillerie à Tarbes. En 1876, il suit au sein de l'École de cavalerie de Saumur le stage des officiers d'artillerie montée. Le , il devient capitaine. Il arrive à Paris le comme adjoint au service du personnel du dépôt central de l'artillerie.
Le à Saint-Brieuc, Foch épouse Julie Bienvenüe, une petite-cousine de Fulgence Bienvenüe, qui dirigera la construction du métro parisien.
vignette|Foch en uniforme de colonel du d'artillerie. Il entre à l'École supérieure militaire comme élève en 1885, faisant ainsi partie de la promotion.. Au terme de ses deux années d'enseignement, il effectue un stage de trois mois au sein de l'État-Major de l'Armée de terre, puis est affecté, toujours en tant que stagiaire, au d'armée pendant trois ans, jusqu'en 1890. Après avoir été affecté au bureau de l'État-Major, il devient ensuite professeur adjoint à l'École supérieure militaire entre 1895 et 1901... Il y est professeur d'histoire militaire, de stratégie et tactique générale, et devient l'un des théoriciens français de l'offensive. Il se fait connaître par ses analyses critiques de la guerre franco-allemande de 1870 et des guerres napoléoniennes. Il poursuit son ascension dans l'armée : promu lieutenant-colonel en 1898, il est nommé colonel en 1903, chef de corps du d'artillerie à Vannes, puis général de brigade (1907).
Nommé par Georges Clemenceau à la tête de l'École de guerre en grâce à l'intervention du commandant MordacqDans son livre Le Tigre, Jean Martet retranscrit un échange avec Clemenceau à ce propos :., il y reste jusqu'en . Il devient général de division cette même année ; puis en 1913, général commandant de corps d'armée, à la tête du d'armée de Nancy.
La société Son dernier frère, Germain Foch (1854-1929) devient jésuite, ce qui freine sans doute la progression de Ferdinand Foch dans l'armée, le gouvernement républicain étant très anticlérical. Sa carrière se fait dans un contexte politique marquant : l'affaire Dreyfus, l'affaire des fiches, la loi de séparation des Églises et de l'État sont autant d'événements pouvant obscurcir l'avenir de Foch. , dans l'affaire des fiches.
Si Georges Clemenceau moque ceux qu'il appelle « les généraux de jésuitières » (comme Castelnau),
Foch a été l'ami de Gustave Doré chez qui il a croisé Sarah Bernhardt, Pierre Loti, Charles Gounod, Louis Majorelle et a participé à la vie parisienne intense de l'avant-guerre.
Foch et la Première Guerre mondiale
vignette|Général Foch en 1916.
Au début de la Grande Guerre, il commande le d'armée de Nancy, appartenant à la du général de Castelnau. À ce sujet coexistent deux analyses : (1) celle qui valorise Foch et son d'armée et (2) celle qui est critique vis à vis du général Foch : L'analyse favorable à Foch : Le , alors que se prépare la bataille de Lorraine, son corps avance vers la ligne Sarrebourg-Morhange, subissant de lourdes pertes. Tenant toujours de l'offensive, il est surpris par l'ordre de retrait général prescrit, en milieu de matinée le , par le général de Castelnau, ., mais de violents feux d'artillerie lourde, la contre-attaque allemande, l'échec du à sa droite, enfin l'ordre exprès de repli expédié au , à , par le général de CastelnauMémoires pour servir..., , . le contraignent à son tour à la retraite, ce qui coûte la vie à cinq mille hommes. Il empêche ensuite les Allemands de traverser la Meurthe puis parvient à bien gérer la situation en couvrant la retraite pour livrer la bataille du Grand-Couronné qui couvre Nancy. L'analyse critique à l'égard de Foch : Déjà les et , Foch est directement impliqué dans le franchissement de la frontière et dans la première défaite française à Lagarde : 89 % de pertes pour les du Midi. Mais seul son subordonné (le général Lescot commandant la ) est limogé par le général de Castelnau qui confie alors sa au général Espinasse commandant le . Ensuite, le les troupes de Foch se contentent d'atteindre la ligne frontière avec 2 % de pertes seulement ( mis hors de combat). Et cela alors qu'à sa droite, les soldats du Midi de la du remportent à Moncourt une meurtrière victoire au prix de 18 % de pertes ( mis hors de combat). Victoire sur l'infanterie allemande qui incite le commandement ennemi à replier ses troupes frontalières de vingt kilomètres en arrière jusqu'à sa ligne de défense Metz-Morhange-Nasse de Dieuze-Sarrebourg. Et c'est ainsi que le , les troupes de Foch peuvent avancer facilement jusqu'à la ligne Oron-Chicourt-Marthille-Achain-Pévange-Conthil où ils sont brutalement arrêtés par un ennemi surpuissant.
gauche|vignette| et , interventions françaises en Moselle allemande commandées par Foch et sa .
gauche|vignette|En rouge le front à trois compartiments du et, en vert, le front regagné au .
droite|vignette|Le en soirée, la partie ouest de la nasse de Lunéville.
N'ayant jamais reçu les ordres de son supérieur (le général de Castelnau), Foch ordonne à toutes ses unités du d'attaquer le au matin. Mal lui en prend car l'ennemi — malmené la veille par les troupes des , et — a décidé de passer à la contre-offensive. La (d'acier) du est décimée à l'ouest de Morhange et doit se replier dès du matin en abandonnant . Ses fantassins d'attaque enregistrent 41,3 % de pertes ( mis hors de combat sur ) les et . L'« attaque décisive » de Foch se transforme en une terrible défaite pour son avec mis hors de combat (34,8 % de pertes les et ). Défaite qu'il va nier et retraite obligée de ses troupes qu'il va imputer fallacieusement d'une part au général de Castelnau (qui organise ladite retraite sur une ligne de défense à deux compartiments : front fortifié du Grand-Couronné et nasse de Lunéville) et, d'autre part, aux soldats du Midi du qui ont pourtant mieux résisté dans la nasse meurtrière de Dieuze avec mis hors de combat soit 43 % de pertes. Comme les autres grandes unités de la (groupe des trois DR, et ), pourchassé par l'ennemi le de Foch se replie dans son couloir pour occuper — non pas le front du Grand-Couronné défendu exclusivement par le groupe des DR — mais le secteur qui lui est assigné de part et d'autre de la rivière Sanon sur la corne nord-ouest de la nasse organisée par le général de Castelnau pour y piéger la allemande. Nasse piégeuse au droit des de la trouée de Lunéville (au sens militaire du terme) entre Crévic-Flainval au nord-ouest et Bourupt-Baccarat sur la Meurthe au sud-est. Nasse dans laquelle — le — avec les soldats du Midi des et qui reprennent , le général de Castelnau remporte trois grandes victoires (Rozelieures, Landécourt et Blainville) qui mettent fin à la contre-offensive de la allemande. Les troupes de Foch se contentant ce jour-là de réoccuper le village d'Anthelupt qu'elles avaient dû abandonner à l'ennemi avec le secteur Haraucourt-Crévic-Flainval repris par elles la veille . Les --, les troupes du général de Castelnau poursuivent leur progression dans la nasse mais celles du de Foch sont incapables de franchir la rivière Vezouze et de s'emparer de Lunéville. Et c'est le que Foch est appelé à se rendre au Grand Quartier général du généralissime Joffre pour y être promu ; et il emmène avec lui le futur général Weygand () ainsi que Paul-Charles Devaux chef du du général de Castelnau.
gauche|vignette|Foch, collection Bibliothèque et Archives Canada. C'est pour son culte de l'offensive qu'il est choisi pour commander la lors de la bataille de la Marne. Il coordonne les armées britannique, française et belge durant la course à la mer. Avec son chef d'état-major, Maxime Weygand, Foch doit gérer la retraite de la Marne, alors qu'il vient à peine d'être nommé à son poste. Il aurait eu alors ces mots restés célèbres : Mots que J-C Notin ne retrouve pas malgré des recherches dans son ouvrage de référence.. Sa contre-attaque est la mise en pratique d'idées qu'il avait développées en tant qu'enseignant, elle lui permet de mettre un terme à l'offensive de l'armée allemande. Ce succès lui vaut une nouvelle promotion et le , il est nommé commandant en chef — adjoint de la zone nord, avec le général Joffre. Le , les Allemands lancent une nouvelle offensive, contenue au prix de pertes très lourdes ; situation qui se reproduit à nouveau lors de la première bataille d'Ypres. À chaque fois, Foch parvient à sortir les troupes françaises de situations très difficiles..