vignette|Carte physique de l'Afghanistan.
L’histoire de l'Afghanistan commence au Paléolithique, il y a plus de ans, les civilisations du Helmand et de l'Oxus étant prédominantes.
Durant l'Antiquité, le territoire afghan est soumis à plusieurs dominations, en particulier l'Empire Achéménide, l'Etat Macédonien ou l'Empire Séleucide. L'Empire perse des Sassanides et les Huns blancs qui occupaient le territoire sont supplantés par le Califat omeyyade. L'Afghanistan devient ainsi une terre musulmane.
En 861, la dynastie Saffaride est fondée, puis elle est remplacée par les Tajiks Samanides. Les Empires Ghaznévides, Ghorides et Khwarezmiens et la dynastie Lodi se succèdent ensuite avant d'être vaincus par les Mongols.
À partir de 1497, l'Afghanistan est partagé entre les Moghols et les Perses Séfévides. À partir de 1709, l'Afghanistan obtient son propre Etat sous les Hotakis puis les Durranis. En 1823, l'Afghanistan prend enfin le nom d'Afghanistan et différents régimes politiques se succèdent.
Durant les et siècles, de nombreuses guerres civiles ont lieu. En 2021, la guerre civile se termine et l'émirat islamique d'Afghanistan des talibans est créé.
Préhistoire
thumb|left|La plus ancienne figuration humaine trouvée en Afghanistan, site d'Aq Köprük, v. avant le présent.
Des centaines d'outils de pierre disséminés dans de nombreux sites, des outils de quartz du Paléolithique inférieur (haches, hachoirs et grattoirs) âgés de plus de , attestent de la présence de l'activité humaine organisée à une date très précoce en Afghanistan...
Le site de Kara Kamar, dans la région de Balkh, relève du Paléolithique supérieur, avec quelques datations, par le carbone 14, autour de avant le présent, mais il est difficile de dire s'il s'agit d'une culture « aurignacienne »Louis Dupree, Afghanistan, 1973, reprint 2014, p. 261, Princeton University Press : sur books.google.fr. Du même auteur Prehistoric research in Afghanistan : 1959-1966, 1972 et Anthropology in Afghanistan, 1976.. Ces populations semblent avoir vécu de la chasse du cheval et du mouton. Dans la grotte de Darra-I-Kur dans le Badakhshan, un fragment de crâne de Néandertal datant du Paléolithique moyen, il y a environ ans. Environ outils de silex datant de cette même période ont été découverts à de Kara Kamar, sur les sites d'Aq Köprük. Sur l'un de ces sites, dans des abris sous roche de ces vallées du sud de l'Hindou Kouch, des restes de moutons et de chèvres associés à de l'outillage lithique et osseux ont été datés d'environ avant notre ère.. Ce qui indique la présence de communautés de chasseurs avant que n'apparaissent, toujours sur ces sites d'Aq Köprük, des populations néolithiques sans céramique aux et millénaires.
thumb|right |Iran et Afghanistan : le bassin endoréique du Sistan et le fleuve Helmand (ou Hilmand)
Par ailleurs plusieurs sites archéologiques, dans le bassin de l'Helmand, ont révélé les restes de villes du Chalcolithique afghan qui apportent des indices de l'ancienneté des échanges inter-régionaux :
MundigakCarte des sites de la préhistoire et de l'âge du bronze en Afghanistan, avec l'indication des sites de Mundigak et de Shahr-i-Sokhta : . (sur un affluent de l'Arghandab, à proximité de Kandahar), relève du Chalcolithique puis de l'Âge du bronze, au début du millénaire. Ces populations établissent des relations vers l'Est avec celles du Baloutchistan (en particulier Mehrgarh, près de Quetta) au Pakistan qui fait allusion aux fouilles de Jean-Marie Casal de 1951 à 1958 : Fouilles de Mundigak, C. Klincksieck 1961 ; et à Catherine Jarrige et, J.-F. Jarrige, R. H. Meadow, G. Quivron, (1995/6), Mehrgarh Field Reports 1974-85: From Neolithic times to the Indus Civilization : (illustrations), aussi : Du néolithique à la civilisation de l'Inde ancienne : contribution des recherches archéologiques dans le nord-ouest du sous-continent indo-pakistanais Jean-François Jarrige in Arts Asiatiques 1995. . Mundigak a établi des relations vers l'Ouest avec celles de Shahr-i-Sokhta, fondée en 3300 av. n. è., à la frontière de l'Afghanistan dans le bassin de l'Helmand, dont l'Arghandab est un affluent. Certains archéologues ont pu ainsi envisager une culture de l'Hilmand, depuis la seconde moitié du millénaire jusqu'à la première moitié du millénaire (où elle atteint son apogée). Mundigak couvre alors plus de , Shahr-i-Sokhta environ . Un double mur de briques crues à Mundigak fait office de rempart équipé de bastions carrés. Un grand bâtiment à terrasses a été édifié. Dans les deux villes des pierres semi-précieuses, dont le lapis-lazuli, ont été travaillées ainsi que des vases en albâtre. Les relations qu'elles entretiennent avec les villes d'avant la civilisation de la vallée de l'Indus ne fait aucun doute, ces dernières étant établies sur la bordure occidentale du fleuve, et ceci avant 2500.
Shortugaï (Âge du bronze, Nord-est de la Bactriane) et certains sites du Nord-ouest de l'Afghanistan et du Sud de l'Ouzbékistan participent de la civilisation de l'Oxus (Complexe archéologique bactro-margien, BMAC) : culture de la Bactriane et de la Margiane. Elles constituent tout un réseau de communications entre les mondes indien, iranien et celles de l'Asie centrale. Les pillages de la fin des années soixante-dix ont révélé la richesse exceptionnelle de cette culture. Le site de Shortugaï est la première manifestation connue d'une colonisation, par la civilisation de la vallée de l'Indus à sa période de plein épanouissement (v. 2500 -v. 2000), des régions situées au nord de la chaîne de l'Hindou-Kouch. En effet seuls des objets relevant de cette culture ont été trouvés sur ce site, à . d'Aï Khanoum et dans la même petite plaine, une région proche de riches gisements de « rubis » (en réalité, des spinelles) et surtout de lapis-lazuli et d'or, dans la région du Badakhchan, 2 volumes.. Vers le les grandes cités de l'Indus disparaissent, le système des échanges s'interrompt.. La culture de la Margiane-Bactriane se replie sur elle-même. À l'âge du fer les cultures de cette région gardent des traces de contacts avec la plaine de l'Indus (région de Mehrgarh) et du Ferghana. La conquête achéménide, au , a rétabli le circuit des échanges à longue distance depuis l'Iran jusqu'à l'Inde et l'Asie centrale.
C'est par l'Afghanistan que, selon la théorie de l'invasion aryenne (discutée), les populations indo-aryennes seraient passées pour s'installer dans la vallée de l'Indus vers le milieu du millénaire.
Le nord-ouest de l'Afghanistan, la Bactriane, est occupée dès l'Âge du bronze.. La région est célèbre dès l'Antiquité grâce à ses ressources minérales et à ses terres fertiles. Ceci explique pourquoi de nombreux conquérants d'alors et d'aujourd'hui, encore, veulent s'en emparer.
Antiquité La partie nord-ouest des grands royaumes/pays indiens anciens (vers 1200-500), tel que transformé en Royaume des Kambojas (vers 700-200 AEC), transformé en royaume de Parama Kamboja (Mahabharata) Empire des Achéménides (550-330) Alexandre le Grand (356-323), en Asie centrale en 330-326 Empire maurya (324-185) Diadoques, guerres des Diadoques (323-281), Empire séleucide (305-64) Guerre entre Séleucos Ier et Chandragupta Maurya (305-303) Édit bilingue de Kandahar, édits grecs d'Ashoka (vers -260), Kambojas (peuple iranien) Royaume gréco-bactrien (256-120 ) Empire parthe (de -247 à +224) Royaumes indo-grecs (de -200 à +10) Royaume indo-scythe (de -150 à + 400), Royaume indo-parthe (19-226) Empire kouchan (30-375) Royaumes Indo-Sassanides (230-365), kouchano-sassanide Begrâm, Trésor de Begrâm Royaume kidarite (Huns rouges, 320-467), Kidara I Royaume Alkhon (Huns iraniens, 370/380-560/670), Mehama, Khiṇgila, Toramāṇa Shvetahûna (Huns blancs, 440-670) Dynastie des Shahiyas (Kaboulistan, 500-1010/1026), Turcs shahis Dynastie Zunbils (620-870, Sud) Au millénaire, une partie de l'Afghanistan est peut-être intégrée au royaume des Mèdes.
Le bouddhisme et la route de la soie Pendant l'occupation d'Alexandre le Grand des territoires achéménides, la colonie grecque d'Aï Khanoum est fondée au nord-est de l'Afghanistan. Elle deviendra un relais essentiel sur l'une des routes de la soie et une ville importante du royaume de Bactriane. En dépit du caractère éphémère de l'Empire d'Alexandre, certains royaumes grecs comme le royaume gréco-bactrien de Bactriane dans le nord-est et les royaumes indo-grecs (aux frontières indécises) lui succèdent durant, environ, deux cents ans.
Les gréco-bactriens et indo-grecs ont pour successeurs les Indo-Scythes (milieu ), puis le Royaume indo-parthe (au cours du ou juste avant le ). Les datations sont difficiles à établir. Ainsi les dates correspondant à l'Empire kouchan (env. ) ne font pas l'objet d'un consensus. Cet empire s'est étendu, pour partie, sur l'actuel Afghanistan, le Pakistan et le Nord de l'Inde. Puis aux ce sont les Shvetahûna, ou Huns blancs, qui prennent possession de la région : du Gandhara et du Nord de l'Inde. Dans le même temps, la dynastie des Shahiyas de Kaboul, apparentée à des familles du Cachemire, occupe le pouvoir en Afghanistan, depuis la chute des Kouchans et jusqu'au . L'établissement de la Route de la soie reliant l'Empire romain à la Chine, et à l'Inde, ou inversement : reliant la Chine à l'Inde, et allant jusqu'à l'Empire romain, en passant par l'Afghanistan, se met en place sous la dynastie Han (-206 à + 220) et, plus précisément, daterait de l'empereur Wudi (141-87 av. J.-C.). Les caravanes étaient organisées, le plus souvent, par des Sogdiens (habitant une partie de l'Ouzbékistan qui englobait Samarcande et Boukhara : la Sogdiane). vignette|Statue de Bouddha à Bâmiyân.
La culture dominante produit ce gréco-bouddhisme, dont les monastères, leurs stupas et les décors sculptés témoignent de la persistance de la culture issue de l'époque hellénistique et ce jusqu'aux où l'art gréco-bouddhique est toujours florissant. Aux , le Kapissa (Kâpissâ), dans la région de Kaboul, porte des traces de l'hellénisme, tandis que le Kapissa, à Shotorak et Païtava, développe un art bouddhiste qui lui est propre. Les sites de la période qui suit, jusqu'au , ont donné des indices qui prouvent que les monastères étaient encore en activité, avec le soutien de donateurs laïcs.. Après l'effondrement de l'Empire kouchan l'Afghanistan semble profiter du commerce sur la Route de la soie : en témoignent la construction des Bouddhas de Bâmiyân ainsi que les monastères bouddhistes de Bamiyan et ceux de la vallée du Ghorband et le monastère de Fondukistan, aux .
Jusqu'à l'arrivée des Perses islamisés, le bouddhisme est présent partout en Afghanistan à côté du zoroastrisme, comme s'en font l'écho les voyageurs chinois, dont Xuanzang (pérégrination : 629-645), qui visite cette partie du monde. Son voyage l'a mené en Inde, depuis la Chine, et même jusqu'au Sri Lanka, sans qu'il puisse l'atteindre. Le bouddhisme est donc encore vivant dans cette partie de l'Asie. Certaines réalisations voient même le jour grâce aux dons des derniers commanditaires bouddhistes jusqu'au .. Ce qui a laissé quelques ensembles monumentaux en Afghanistan. Également les ensembles de monastères du Fondukistan et Tapa Sardar, dont les formes prennent une plus grande liberté par rapport au naturalisme classique, et parfois bien plus proches de l'art indien. Ce qui pourrait laisser penser à des communautés en relation avec l'Inde, au cœur de l'Afghanistan qui, à cette époque, est dirigé (en partie) par les Shahiyas de Kaboul, qui avaient des liens avec certaines familles du Cachemire.
L'Empire Achéménide (550 av. J.-C.-330 av. J.-C.)
Établissement vignette|droite|Empire achéménide