Le zoroastrisme ou mazdéisme : : est une religion centrée sur la vénération du dieu Ahura Mazda et l’enseignement attribué au prophète Zoroastre et qui mêle des éléments de polythéisme, d'hénothéisme, de dualisme et de monothéisme, bien qu'aucun de ces termes ne soit pleinement descriptif de la religion ou de son évolution.

Débuts et évolution

ııe millénaire avant notre ère Apparu dans la steppe eurasienne, ce qui correspondrait au Kazakhstan actuel, ou dans le nord-est du monde iranien, dans la seconde moitié du millénaire av. J.-C, le zoroastrisme semble constituer une forme du mazdéisme, avec lequel il se confond, et se construit autour de la lutte entre le dieu démiurge Ahura Mazda et l'esprit du mal Ahriman. Ahura Mazda, bien qu'entouré d'un certain nombre d'entités, est seul responsable de l'ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre. Chaque être humain est doté d'une âme éternelle et de libre arbitre. Des zoroastriens croient aussi en la figure messianique du Saoshyant, futur sauveur du monde, qui rendra le monde parfait et immortel, et que le mal (la druj) disparaîtra ainsi lors de la grande « Rénovation ».

Les textes religieux du zoroastrisme sont contenus dans lAvesta, un recueil liturgique qui comporte deux parties : les Gathas, poèmes attribués à Zoroastre, et les qui constituent les textes liturgiques en tant que tels. Les zoroastriens honorent le feu comme un symbole du divin et l'entretiennent dans des temples du feu. Les fidèles doivent avoir .

Une fête annuelle intitulée Khordad Sal (anniversaire de Zoroastre) est célébrée à deux dates différentes selon que ce soit les communautés parsi de l'Iran ou celles de l'Inde.

ıe millenaire de notre ère Le zoroastrisme est la religion officielle de l'Empire sassanide jusqu'au , avant l'arrivée de l'islam et des persécutions qui en découlent, poussant les zoroastriens qui refusent de se convertir dans le Gujarat, en Inde, où ils forment la communauté Parsi et y élèvent des temples, tout en s'engageant à ne pas faire de prosélytisme.

Des éléments du culte ont toutefois réussi à se maintenir dans le patrimoine culturel iranien, afghan et d'Asie centrale, qui accorde beaucoup d'importance aux fêtes zoroastriennes, en particulier celle de Norouz, le nouvel an zoroastrien, célébré le Monique Zetlaoui, Ainsi vont les enfants de Zarathoustra, Imago, 2003.. En 2013, on estimait le nombre des pratiquants du zoroastrisme à environ , la plupart vivant en Iran et en Inde.

Étymologie Le nom « zoroastrisme » vient du mot « Zoroastre », Zarathushtra ou Zarathoustra (en persan زرتشت, Zaraϑuštra en avestique, en grec ancien), « prophète »La notion de prophète n'existe pas dans le zoroastrisme, c'est plutôt une sorte d'instructeur, selon Khosro Khazai (Pardis), docteur en histoire des civilisations, archéologie et linguistique de l’université de Gand et de l’université de Bruxelles (Belgique)., fondateur du zoroastrisme.

Datation En l'absence de vestiges archéologiques, les paramètres culturels et linguistiques tendent à suggérer une apparition du zoroastrisme ou plutôt d'une première « communauté des Gathas » dans la steppe eurasienne ou dans le nord-est du monde iranien à l'Âge du bronze dans la seconde moitié du .

Principes et textes du zoroastrisme Au début, la doctrine de Zoroastre s'est transmise oralement. L'ensemble des textes sacrés que constitue l'''Avesta a été mis par écrit après l'adoption de l'écriture connue sous le nom de vieux perse, vers 500 av. J.-C.. Mais, du texte initial, seul le quart est arrivé jusqu'à nous : les manuscrits ont été perdus ou détruits une première fois pendant l'invasion d'Alexandre le Grand au et une seconde fois pendant l'invasion arabe au . Malgré tout, l'équivalent d'un millier de pages sont parvenues jusqu'à notre époque. De celles-ci dix-sept Gathas ou « hymnes sacrés » sont attribués à Zoroastre lui-même, et témoignent de sa personnalité. Ils sont rédigés dans la langue la plus ancienne et la plus difficile à interpréter.

Les principes vignette|280x280px|Sanzio 01 Zoroaster Ptolmey Zoroastre, prophète d'Ahura-Mazda engendre le livre saint Avesta portant notamment sur cette révélation et sur des principes et luttes divines..

Ayant reçu la révélation, il n'a jamais prétendu être un prophète, il s'est contenté de donner des directions de recherche spirituelle. Les zoroastriens considèrent que leur dieu n'a besoin ni d'adoration, ni d'intermédiaires.

Son enseignement repose sur l'opposition entre l'esprit du bien, Spenta Mainyu, et l'esprit du Mal, Angra Mainyu (ou Ahriman). L'homme, par la pureté de sa vie, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes, doit se détourner des puissances du Mal et mériter ainsi le bonheur après la mort.

Faire le bien autour de soi Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son « Fravahr », l'équivalent du karma hindouiste. La doctrine se résume en une maxime : Humata, Hukhta, Huvarshta (). . Il n'y a pas de notion de péché dans la doctrine de Zoroastre.

Attributs maternels vignette|278x278px|Sogdian-Zoroastrian Deities, Tunhwang Le daênâ désigne Les écrits avestiques, tels que le Vendidad, dépeignent Daênâ comme une divinité féminine, qui conduit les âmes bonnes et pures à La Maison des Chants, le paradis zoroastrien, tandis que les méchants sont traînés vers La Maison du Mensonge, un lieu de punitionEncyclopædia Iranica, daena.

Rejeter l’idolâtrie et vénérer le feu Zoroastre a condamné les rites et les sacrifices traditionnels offerts aux dieux par les Perses de son époque (Mèdes et Indo-Iraniens), mais il a gardé la tradition du culte du feu. Pour lui, toute l'évolution du monde est basée sur « l'action » et « la réaction », donc la réponse à toute attitude charitable lui paraît être une « bonne action ». Si en société, les gens s'adonnent à la bonté ils ne récolteront que la bonté et s'ils se livrent à la méchanceté, ils seront envahis par le mal.

Lutter contre l’oppression Selon Zoroastre, la « bonté » est quelque chose comme une lumière qui vient du fond de soi, et cette bonté est inhérente à l'homme. Il y a en tout homme deux tendances : l'une qui le porte au bien, l'autre qui le porte au mal ; ce que propose Zoroastre, c'est de toujours choisir le côté du bien, et cela se fait par une constante dialectique. Il est bien dit que c'est l'homme qui choisit, sans obligation, et que celui qui remplit sa responsabilité pleine et entière envers les autres est un Saoshyant ; mais aussi que le monde ne comporte qu'une voie, celle de la « droiture ».

Prier le dieu unique Zoroastre nomme son dieu Ahura Mazda, force créatrice du monde et des quatre éléments, l'eau, la terre, le feu et l'air, éléments que les zoroastriens vénèrent et respectent au plus haut point puisque venant du dieu. Celui-ci a créé l'homme en lui donnant son libre arbitre afin qu'il puisse toujours choisir entre le bien et le mal. Tout homme est l'ouvrier du dieu pour faire évoluer le monde.

Promesse de vie éternelle vignette|Dessin de la paroi orientale du sarcophage sogdien de Wirwak. Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes, chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le faravahar est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme préexistant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme va dans la Maison des Chants par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s'agit d'un voyage jusqu'à la Maison du Druj. La Maison des Chants (le Paradis) est éternelle, mais pas la Maison du Druj (l'Enfer) dont la durée est limitée (Gathas, Yasna 30:11). Ainsi, comme le dit le Yasna 30:11, après le temps effectué dans la Maison du Druj (qui n'est pas précisé), tous les êtres vont au Paradis.

Un autre thème important du zoroastrisme est donc la promesse d'une vie éternelle après la mort, où les âmes seront départagées lors de la traversée du « pont de Chinvat », et finissent soit dans la Maison du Druj soit dans la Maison des Chants. La notion de résurrection existe, celle-ci survient à la fin des temps avec l'avènement du « Saoshyant » qui rétablira la justice par une régénération du monde.

L’avènement d’un être de justice Les interprétations concernant le Saoshyant sont nombreuses, nombre de spécialistes suggèrent que n'importe quel homme ou femme, de qualité excellente, apportant un très grand bien à la Terre, peut être qualifié de Saoshyant, alors que d'autres, notamment des traditionalistes (par exemple Parsis), affirment que les Saoshyants sont choisis expressément par Ahura Mazda pour raviver son culte avant la Conversion finale. L'humanité se convertirait au zoroastrisme par décret divin, interprétation principalement issue de la communauté parsi.

Rayonnement En Corée, la légende de la princesse Bari reprend quelques valeurs clés du zoroastrisme dans ce récit chamanique avant même l'arrivée du bouddhisme et du confucianisme.

Eschatologie Au plan des croyances eschatologiques, il existe dans le chi'isme imâmite duodécimain iranien des similitudes parfois assez grandes avec l'adhésion zoroastrienne, pour l'arrivée du dernier messie, le 'Soshyâns' Zoroastrien. Dans le livre intitulé Zand-i Vohuman Yasht MazdéenVoir pour plus de détails Sadegh Hedayat, Zand-i Vohuman Yasht(PDF)., il y a une notion de fin des temps, du moins une notion cyclique des temps chez les mazdéens, qui est soit de ou d'années d'un côté et un peu plus loin, soit de ou de années, correspondant aux temps du monde ou de l'universE. W. West, Pahalavi texts, (Part I) Oxford, 1880 ; B. T. Anklesaria, Zand - i¨Vohûman Yasn, Bombay, 1919. À la fin des temps ou 'Soshyâns' (ou Soshanst), le dernier Sauveur viendra diriger l'humanité, ce qui s'appelle le jour de la résurrection (Râstakhiz en persan). L'armée des archanges chevaliers de , attend ce jour grâce à leurs germes enfouis au fond du lac réel (et mystique aux yeux des zoroastriens), 'Hâmoun Lays' Lac Hamun, à l'extrême Est de l'Iran actuel, où les âmes des défunts traverseraient le monde (par Firouz Yahyavi)|Hâsheme Râzi, Avesta Gathas, Yasna, Yashts, Vispard, and Khordah-Avesta, Edited, With an introduction, appendices, preface Notes, on the history or Avesta literature and life of Zarathustra BEHJAT Pubications, Téhéran, 2000 ..

L'Avesta

vignette|Oiseau Vareghna représentant la Xvarnah, la gloire royale, le culte d'Ahura Mazdā est aniconique.

Les Gāthās La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gāthās, censés avoir été composés par Zoroastre lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdā lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme le seul dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zoroastre condamne le culte du haoma (étant entre autres, le culte de sacrifice du Taureau qui est l'animal le plus sacré reconnu par Zoroastre), ainsi que la pratique des sacrifices sanglants, Ahura Mazdā étant immortel par lui-même. Le Feu reste d'origine divine mais n'est plus un dieu. Symbole concret de la Lumière, on le vénérera désormais en tant qu'aspect éminent d'Ahura Mazdā.

Un combat cosmique entre Aša, la « Vérité » (pehlevi : Ahlāyīh) et Druj, le « Mensonge » (pehlevi : Druz) est présenté comme base de toute existence.

Zoroastre décrit Ahura Mazdā en une série de questions rhétoriques : « Qui établit la course du Soleil et des étoiles ? », « Qui nourrit et abreuve les plantes ? », « Qui créa l'ombre et la lumière ? », « À travers qui existent l'aurore, le crépuscule et la nuit ? » (Yasna 44, 4-6).

D'autres immortels de premier plan sont Geush Urvan, défenseur des animaux et Sraōša (pehlevi : Srōš) « Obéissance ».