Maroilles est une commune française située dans le département du Nord (59), en région Hauts-de-France.
L'ancienne abbaye de Maroilles a donné son nom à un fromage : le maroilles.
Géographie Localisation Le village de Maroilles se trouve dans l'Avesnois, dite aussi Thiérache du Nord ; la limite avec le département de l'Aisne, où se situe la Thiérache stricto sensu, passe à quelques kilomètres au sud de Maroilles.
Avant les conquêtes de Louis XIV sur les Pays-Bas espagnols, cette limite départementale correspondait à la frontière de l'ancienne France. Ceci explique que malgré les similitudes entre la Thiérache de l'Aisne et celle du Nord, l'unité de cette région est, de nos jours encore, discutée.
C'est à Maroilles même que l'Helpe Mineure, qui prend sa source à Ohain en forêt de Trélon, plus au sud, se jette dans la Sambre.
Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par l'Helpe Mineure, la Sambre canalisée, le Contre-fossé rive droite Sambre, divers bras de décharge du Contre-le fossé rive droite de la Sambre canalisée, la Noyelles-sur-Sambre, la Rue Là-Haut, le fossé des Berlières, le fossé quarré, le Grand fossé, le Préseau, le Riot de Prisches, le ruisseau des Basses pâtures, le ruisseau Jean marion et divers autres petits cours d'eau.
L'Helpe Mineure, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ohain et se jette dans la Sambre canalisée à Locquignol, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Helpe Mineure sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:05 TU à partir des 669 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .
La Sambre canalisée est un canal, chenal et un cours d'eau naturel, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Rejet-de-Beaulieu, s'écoule vers le nord-est et franchit la frontière belge au droit de Jeumont.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MaroillesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sambre ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Sambre. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis modifié le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du Parc naturel régional de l'Avesnois.
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Hilaire-sur-Helpe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Maroilles est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (86,7 %), terres arables (6,4 %), zones humides intérieures (3 %), zones urbanisées (2,9 %), zones agricoles hétérogènes (1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement En 20232023 est l'année de référence des données statistiques fournies par l'Insee en 2026, le nombre total de logements dans la commune était de 690, alors qu'il était de 666 en 2017 et de 678 en 2012. , soit une progression du nombre total de logements de 1,8 % depuis 2011.
Parmi ces , 88,2 % étaient des résidences principales (soit ), 1,8 % des résidences secondaires et 10,0 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 94,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 4,2 % des appartements..
Sur les , 71,6 % sont occupées par des propriétaires, 26,9 % par des locataires et 1,5 % par des personnes logées gratuitement..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Maroilles en 2023 en comparaison avec celle du Nord et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (1,8 %) par rapport au département (1,9 %) et à la France entière (9,7 %) ainsi que d'une proportion de logements vacants (10,0 %) supérieure à celle du département (7,1 %) et de la France entière (7,8 %).
+ Le logement à Maroilles en 2023 Typologie Maroilles. Nord. France entière. Résidences principales (en %)88,291,182,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)1,81,99,7 Logements vacants (en %)10,07,18
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Marogilo en 615., Maroelles (par exemple sur l'Atlas de Trudaine au milieu du ).
Le nom de Maroilles est un composé du celtique (gaulois) maro(s)- « grand » et (-ó)-ialo « clairière, espace découvert »Ibid., p. 434b.. Xavier Delamarre préfère voir dans *-ialo- un appellatif toponymique -ialon (latinisé en -ialum) issu du mot ialon « clairière, lieu défriché », d'où « village »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance 2003, p. 185.. Le sens des Mareuil, Mareau, Maroilles, etc. serait donc celui de « grand bourg »ibidem.
Histoire
Dans cette région marginale assez tardivement défrichée (l'essentiel du village était encore noyé dans la forêt de Mormal dans les années 1940Voir les cartes de l'Atlas de Trudaine par exemple), les paysans avaient depuis le Haut Moyen Âge obtenu des chartes leur conférant certains droits. Ils étaient ainsi exempts de nombreuses servitudes traditionnelles de la féodalité, pouvaient clore leurs terres, pratiquer l'élevage et n'étaient pas soumis à la pratique de l'assolement obligatoire : ainsi s'est constitué le bocage de l'Avesnois, par ailleurs caractérisé par de grandes « Hayes » de protection contre d'éventuelles invasions.
Les archives locales relatent de nombreux litiges avec l'abbaye de Maroilles, qui fut détruite à la Révolution : les paysans refusaient de faire leurs corvées si le seigneur, c'est-à-dire l'« abbé de Maroilles », n'avait pas préalablement fait curer ses chemins ; le moulin et le four banaux n'existaient pas, ni l'assolement obligatoire. Ces particularités locales expliquent la différence frappante de paysage qui peut s'observer quand on part de Maroilles pour rejoindre Cambrai : on passe assez brutalement d'un bocage richement enherbé et d'un pays d'élevage aux champs ouverts et à l'agriculture intensive du Cambrésis.
Maroilles subit le siège de Landrecies (avril 1794). La division commandée par Jacques Fromentin dut se retirer sur le village. Montaigu combattait les autrichiens et reçu l'ordre d'attaquer Maroilles avec 12 000 combattants, il fut repoussé sur la Helpe. De nombreuses habitations furent détruites..
À la suite de la loi du 28 pluviôse an VIII () qui crée les arrondissements pour remplacer les districts, Maroilles fait partie de l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe créé au regard de l'arrêté en date du 17 ventôse an VIII.
Sur une idée du Préfet du Nord, François de Pommeroeul, de passage à Maroilles en , un arc de triomphe est construit sur la place verte. Initialement dédié à Napoléon après la victoire d'Austerlitz le , il ne n'a jamais été achevé. Les deux tiers des pierres utilisées dont la façade proviennent des ruines de l'abbaye. Le reste est acheté aux carrières de Marbaix.
En 1838, le bâtiment du moulin de l'Abbaye a encore ses trois roues hydrauliques. Il est détruit par un incendie le et seul subsiste la petite maison attenante. La Société Anonyme des Tanneries et Corroieries Maillard et fils le transforme en usine électrique et une demande d'installation de turbine est déposée auprès de la préfecture afin de l'équiper d'une turbine, puis, par un accord entre la municipalité et Évence Maillard, elle fournit en électricité le village.
Le est mise en service la ligne de chemin de fer Avesnes-sur-Helpe - Solesmes via Landrecies (). La ligne comporte une station dans la commune. Un service régulier des voyageurs est assuré. En , le trafic voyageur est interrompu. En 1916, pendant l'occupation allemande, les rails sont démontés. La ligne de chemin de fer est dans l'impossibilité de fonctionner.
Politique et administration Découpage territorial Rattachements administratifs La commune se trouve dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe du département du Nord
Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Landrecies. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton d'Avesnes-sur-Helpe
Pour l'élection des députés, elle fait partie de la douzième circonscription du Nord.
Intercommunalité