Genillé (prononcé ) est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. Habité dès le Néolithique, ce bourg rural de la vallée de l'Indrois fut un important vicus attesté dès l'époque mérovingienne, époque à laquelle on y battait monnaie. L'histoire de la paroisse est marquée par deux personnages, Adam Fumée proche conseiller de Charles VII, Louis XI puis Charles VIII dans la seconde moitié du puis Michel de Marolles au , abbé de Villeloin, grand collectionneur, homme de lettres et de salons. Au milieu du , une grande ferme s'installe à Genillé, mettant en œuvre les techniques de culture les plus modernes et le président Patrice de Mac Mahon y fait une visite en 1877 ; l'exploitation se poursuit, avec des fortunes diverses, jusqu'en 1951.
Même si Genillé a connu, comme la très grande majorité des communes rurales de France, une baisse importante de sa population dès la fin du , son statut de « gros bourg » d'environ lui a permis de rester suffisamment attractive pour conserver une activité artisanale et commerciale. Depuis trente-cinq ans, la population augmente à nouveau pour atteindre, en , . La commune dispose de réserves foncières pour la construction de logements et de nouvelles entreprises s'y créent, même si les nouveaux habitants travaillent pour la plupart en dehors de la commune, notamment à Loches.
La partition du territoire communal est assez comparable à celle des communes voisines : la vallée de l'Indrois sépare d'ouest en est un plateau dont la partie nord est destinée aux activités agricoles tandis que la partie sud est majoritairement couverte par la forêt domaniale de Loches. La biodiversité y fait l'objet de trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) et d'un site du réseau Natura 2000.
Géographie Localisation et communes limitrophes La commune de Genillé se trouve dans le quadrant sud-est du département d'Indre-et-Loire, dans la région historique de Touraine. À vol d'oiseau, elle se situe à au sud-est de Tours., préfecture du département d'Indre-et-Loire, à à l'ouest de Montrésor et à au nord-est de Loches., une des deux sous-préfectures du département et chef-lieu du canton dont dépend Genillé. Genillé, limitrophe de neuf autres communes, fait partie du bassin de vie de Loches..
vignette|redresse=0.74|alt=Vue d'une carte de l'Indre-et-Loire indiquant l'emplacement de Genillé.|Genillé en Indre-et-Loire. vignette|gauche|redresse|alt=Vue d'une carte dessinant des limites territoriales communales|Limites administratives de Genillé.
Géomorphologie vignette|redresse=1.2|alt=Vue d'une carte répartissant un territoire communal en grandes zones géologiques|Carte géologique simplifiée de Genillé.Traits et croix orange : limites et chef-lieu communaux ;Cl : calcaire lacustre éocène ;AS : argiles à silex cénozoïques ;Eb : éboulis de pente ; LP : limon des plateaux ;All : alluvions fluviatiles Relevant de la Gâtine de Loches, le territoire communal de Genillé (comme l'ensemble de la Touraine) fait partie du Bassin parisien. La géologie de Genillé est marquée par des couches sédimentaires déposées par des avancées maritimes successives, depuis le Mésozoïque jusqu'au Cénozoïque.
La plus ancienne de ces strates sédimentaires est constituée par les sables du Cénomanien () ; elle est présente sur l'ensemble du territoire, mais n'affleure pas. Le tuffeau jaune du Turonien supérieur () la recouvre ; il est affleurant sur le flanc des vallées des cours d'eau qui l'ont mis à nu par érosion. Sur l'ouest du territoire, le tuffeau est surmonté par la craie de Villedieu d'origine sénonienne (entre et ).. Ces différentes strates observent un pendage net, leur niveau s'abaissant d'environ de l'est vers l'ouest du territoire communal. Dans la seconde partie de l'Éocène ( à ), la mer s'avance à nouveau et dépose sur le nord-ouest du territoire le calcaire lacustre, à l'origine des sols fertiles de la Champeigne tourangelle ; sur les restes des plateaux, ce sont les argiles à silex de la Gâtine de Loches et de Montrésor qui prédominent, issus de la dégradation des strates turoniennes et sénoniennes. Ils sont localement recouverts de dépôts limoneux quaternaires, notamment au sud de Genillé, où la forêt de Loches est installée..
Les vallées de l'Indrois et de ses affluents, sont recouvertes d'alluvions fluviatiles récentes donnant des sols à tendance nettement hydromorphe ; ce caractère est renforcé par la présence fréquente, à faible profondeur sous le lit de la rivière d'une nappe alluviale d'accompagnement. Les affleurements argilo-siliceux et les dépôts limoneux ou caillouteux érodés prédominent sur les pentes de raccordement entre le sommet des plateaux et le fond des valléesÉtude des paysages de l'Indre-et-Loire faite en 1999-2001 pour la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, chapitre Les gâtines du Sud-Touraine, , . ; ce type de sol est appelé « perruche » dans la vallée de la Loire où il se prête particulièrement bien à la culture de la vigne..
L'aire du territoire de Genillé est de (au ), ce qui en fait une grande commune, la superficie moyenne d'une commune de France métropolitaine étant de code officiel géographique - présentation .Population, superficie et densité des principaux pays du Monde en 2013, . et la quatrième du département par sa superficie..
Son altitude varie entre 71 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, .. Le point le plus bas se situe au bord de l'Indrois, en limite communale de Saint-Quentin-sur-Indrois et le plus haut sur le plateau, à l'est du territoire. Le plateau s'abaisse d'ailleurs sensiblement de l'est () vers l'ouest ()..
Hydrographie et hydrologie Le territoire communal est arrosé par la rivière Indrois, coulant de l'est-sud-est vers l'ouest-nord-ouest au fond d'une vallée localement très encaissée. Six ruisseaux, trois sur chaque rive, viennent grossir le cours de l'Indrois dans sa traversée de Genillé. Le plus important, le ruisseau de Marolles, est pourtant temporaire dans la partie supérieure de son cours ; il alimente sur son passage l'étang de Marolles dans les bois du château. Sur la distance que l'Indrois parcourt sur le territoire genillois, soit environ , son dénivelé est de ; sa pente très faible, de l'ordre de , a favorisé la création de nombreux méandres dont l'un, en amont du bourg, présente un pédoncule nettement rétréci.La boucle d'un méandre enferme un lobe de terre ; lorsque la base de ce lobe, étranglée, est moins large que son extrémité, elle prend le nom de pédoncule. Cette typologie de méandre se retrouve notamment dans la vallée de la Dordogne où ces méandres fermés sont appelés « cingles »..
L'Indrois est une rivière moyennement abondante. Son débit est suivi depuis 1977 à Genillé. Le module de la rivière y est de , calculé sur , mais les fluctuations saisonnières de débit sont très marquées. Les hautes eaux se déroulent en hiver avec un débit mensuel moyen situé entre 3,44 et , de janvier à mars inclus, avec un maximum en janvier. Dès fin mars, le débit chute progressivement jusqu'aux basses eaux d'été, de juin à octobre ; le débit moyen mensuel peut alors descendre jusqu'à au mois d'août. L'indrois est également soumis à des variations brutales de régimes à l'occasion de crues, un débit instantané de ayant été enregistré le alors que le débit moyen, pour cette même journée, était de .. vignette|gauche|alt=Vue d'une rivière tumultueuse au passage d'un ancien moulin.|L'Indrois au moulin de Mottage. vignette|alt=Vue d'un étang avec des arbres s'avançant sur l'eau ; reproduction d'une carte postale sépia.|L'étang de Marolles(carte postale ancienne).
Six zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « les étangs de la Petite Abbée », « la vallée de l'Indrois de Genillé à la Queue des Chevaux », « la vallée de l'Indrois de Montrésor à la Bergerie », « la vallée du Ruisseau de Marolles », « la vallée du Ruisseau des Chênais » et « la vallée du Ruisseau de Frillière de la Frillière à Montperthuis »...
Paysages naturels La répartition des paysages naturels sur le territoire genillois est directement liée à la géologie et au relief de la commune.
L'importance des bois et des forêts doit être remarquée ; ce ne sont pas moins de qui leur sont consacrés, soit un peu plus du quart du territoire communal et plus que la superficie moyenne d’une commune métropolitaine, dont pour la seule forêt domaniale de Loches ; le boisement naturel est composé majoritairement de chênes et de hêtres, complété par l’homme avec du pin sylvestre. Ce massif forestier est le vestige de la forêt de Chênevose qui couvrait, au Moyen Âge, tout le sud-est de la Touraine entre les vallées du Cher au nord et de l'Indre au sud. Les bois recouvrent une grande partie du plateau au sud de l'Indrois, mais débordent également sur la rive droite ; ils couvrent aussi les pentes reliant le plateau aux vallées où, au début du , ils ont repris la place de la vigne jadis plantée par l'homme.
Les caractères agronomiques assez médiocres des sols de gâtine donnent, sur la rive nord de l'Indrois, des paysages où l'homme a défriché la forêt pour implanter l'agriculture à partir du Moyen Âge ; les bois ont fait place à des champs, avec un parcellaire de plus en plus grand après les remembrements dans lequel les haies et les boqueteaux disparaissent progressivement.
Enfin, le fond des vallées est réservé aux prairies, avec localement quelques roselières marécageuses là où la pente faible de l'Indrois et la présence à faible profondeur de la nappe phréatique favorisent la création de mares et d’étangs.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sublaines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transport Liaisons aériennes