Yalta (en russe et en ; , « alpage ») est une ville de république autonome de Crimée, Russe depuis 2014, suite à un référendumhttps://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/ukraine/evenements/article/ukraine-4eme-anniversaire-de-l-annexion-de-la-crimee-et-de-sebastopol-18-03-18., située dans la péninsule de Crimée. au bord de la mer Noire à au sud de Simferopol.
C'est une station balnéaire entourée de montagnes boisées, qui jouit d'un agréable climat pontique, favorable aux vignobles et aux vergers. Elle comptait en 2013 et en 2021 ; son agglomération, le , en compte environ .
La ville est devenue célèbre pour avoir accueilli la conférence de Yalta, du 4 au , réunissant les principaux responsables de l'Union soviétique (Joseph Staline), du Royaume-Uni (Winston Churchill) et des États-Unis (Franklin D. Roosevelt) pour ce qui fut décrit comme le « partage du monde entre puissants » entre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale.
Étymologie
Le terme est utilisé pour désigner une partie de la côte sud de Crimée s'étendant de Foros à l'ouest jusqu'à Gourzouf à l'est et incluant la ville de Yalta et les implantations urbaines adjacentes qui se multiplient.
Les noms anciens de la ville, Etalita, Galita ou Jalita peuvent provenir soit du grec pontique : gialos signifiant « rivage », soit du tatar yaltı signifiant « alpage », à l'instar du mont éponyme Yaltı Dağ (transcrit Yalta-dagh) qui la domine.
Selon la transcription usuelle du russe en français, Yalta domine largement dans les sources francophones où la forme Ialta ne se rencontre que rarement.
Histoire thumb|left|Le yacht impérial russe Chtandart à Yalta (1917).
Début du XXe siècle
Après avoir subi de nombreuses destructions (occupation allemande durant les deux Guerres mondiales, guerre civile russe, famines, massacres, purges, déportations, Shoah…), la ville a retrouvé l'ambiance d'une station balnéaire de la Belle Époque, qu'elle avait initialement. Voir la peinture de Carlo Bossoli, Yalta en 1856. En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, des studios cinématographiques se développent à Yalta. Ils deviendront par la suite Yalta films, structure du cinéma soviétique qui existe encore au .
À la suite de l'attaque allemande contre l'URSS, les troupes allemandes entrent dans Yalta le « Sur les rives de la mer Noire » - Journal Les Actualités Mondiales - . Les occupants créent un ghetto juif et y massent toute la population juive de la ville ( personnes environ). Elle y survit difficilement jusqu'au , lorsqu'elle est conduite dans la région de Massandra où tous les membres de cette communauté sont abattus.. gauche|vignette|Yalta, Department of Image Collections, National Gallery of Art Library, Washington, DC De 1941 à 1944, les positions allemandes de Yalta subissent à plusieurs reprises des bombardements de la flotte soviétique de la mer Noire et de l'aviation.
La ville est libérée en .
La conférence de Yalta
thumb|left|Churchill, Roosevelt et Staline à la conférence (1945). Du 4 au se tient à Yalta la conférence interalliée dite Conférence de Yalta, qui réunit les chefs d'État des États-Unis (Franklin D. Roosevelt), de l'URSS (Joseph Staline) et du Royaume-Uni (Winston Churchill). L'idée qu'elle serait celle du « partage du monde » entre les Alliés est un point de vue largement diffusé par les sources secondaires, mais que beaucoup d'historiens ne partagent pas, car Yalta ne fait qu'entériner les décisions de la quatrième conférence de Moscou dite « conférence Tolstoï » en , qui elle-même précisait par écrit des zones d'influence déjà évoquées verbalement à la conférence de Téhéran, dès 1943Pascal Boniface, Le Grand Livre de la géopolitique : Les relations internationales depuis 1945 - Défis, conflits, tendances, problématiques , Éditions Eyrolles, 2014, encart : quelques idées reçues sur la Conférence de YaltaAndré Kaspi, Nicole Pietri, Ralph Schor, La Seconde Guerre mondiale : Chronologie commentée, Synthèses Historiques, Éditeur EDI8, 2011 passage : Conférence de Moscou.
Par ailleurs, Yalta n'entérine pas seulement les zones d'influence mais aussi le principe de la création de l'Organisation des Nations unies, en remplacement de la Société des Nations, adopté à la conférence de Dumbarton Oaks du au .
Enfin, la de Yalta affirme, conformément à la charte de l'Atlantique, le . Cette déclaration ajoute que l'aide internationale serait accessible à tous les États européens, quelle qu'ait été l'attitude de leurs gouvernements face au Troisième Reich, ce qui inclut l'URSS elle-même en dépit du pacte germano-soviétique, la France en dépit de Vichy et les anciens membres de l'Axe.
La division de l'Europe ne découle donc pas directement des accords de Yalta, transgresse le principe d'auto-détermination prévu dans ces accords, et débouche sur la guerre froide lorsque Staline impose aux pays d'Europe orientale occupés par l'Armée rouge des gouvernements totalitaires à parti unique, auto-proclamés « démocraties populaires » mais que les historiens appellent « pays communistes » et les géographes, « bloc de l'Est ». Ce système se disloque en 1989-1991.
Le Yalta contemporain thumb|Vue de Yalta à partir de la côte de la mer Noire. thumb|Promenade de Yalta (Naberejnaïa, ou quai Lénine), bordée par de nombreux hôtels, restaurants et cafés. Contrairement au reste de l'Union soviétique, Yalta fut épargnée par les famines d'après-guerre et les difficultés économiques inhérentes à l'économie soviétique, car, fréquentée par les hauts responsables du parti unique, du gouvernement, de l'armée et de la police politique, elle était toujours bien approvisionnée et entretenue. Le , Nikita Khrouchtchev détache l'oblast de Crimée de la Russie et l'attribue (à l'exception de Sébastopol) à la République socialiste soviétique d'Ukraine..
À la dislocation de l'URSS, Yalta se retrouve donc ukrainienne. La ville de Yalta connaît alors des moments difficiles sur le plan économique. Un grand nombre de « nouveaux riches » lui préférant d'autres stations touristiques européennes mieux équipées, tandis que la population locale voit son niveau de vie baisser.
Ce n'est que vers la fin des que la situation commence à s'améliorer ; mais les incertitudes liées à la crise économique mondiale de 2008 conduisent à de nouvelles difficultés économiques.
En l'absence de tout équivalent de la « loi littoral » française, le développement de Yalta s'accompagne d'une frénésie de constructions, avec son cortège de spéculations immobilièresCertains appartements se vendent jusqu'à le mètre carré..
Depuis 2014
La population avait accepté que la ville soit devenue ukrainienne tant que l'Ukraine était gouvernée par des présidents pro-russes comme Leonid Kravtchouk, Leonid Koutchma ou Viktor Ianoukovytch. En revanche, lorsque l'Ukraine se rapproche de l'Union européenne, l'armée russe envahit et occupe la Crimée le . Le suivant, les autorités nouvellement installées par les forces russes organisent un référendum non reconnu par l'ONU et par l'Ukraine. et marqué par des allégations de fraude. D'après les autorités, 97% des électeurs (avec une participation électorale de 83% en Crimée) votent en faveur de l'indépendance de la Crimée et de son rattachement immédiat à la Russie. La Russie reconnaît l'indépendance de la Crimée le lendemain, et avalise son rattachement à la Russie le . Yalta, et le reste de la Crimée, sont depuis lors considérées par une majorité de la communauté internationale comme une région d'Ukraine illégalement occupée par la Russie.
Population Recensements (*) ou estimations de la population — — :
Climat Le climat de Yalta est pontique, une variante tempérée à nuances subtropicales que les climatologues classent parmi les climats « Cfa + Cfb + Csa »..
Administration La ville de Yalta fait partie de la municipalité de Yalta, qui est l'une des administratives de la république de Crimée, sujet autonome de la Russie, depuis l’annexion non reconnue internationalement.
Transports En raison de sa situation au-delà des Monts de Crimée, Yalta n'est pas reliée au réseau ferroviaire national. La ville est le terminus de la plus longue ligne de trolleybus au monde, le trolleybus de Crimée qui relie Yalta à Alouchta et à la gare de Simferopol. D’une longueur de 86 km, le trolleybus franchit les monts de Crimée au col d'Angarskyï.
Culture et monuments
Galerie d'images
Personnalités
Jumelages
Notes et références
Annexes
Bibliographie Anton Tchekhov, La Dame au petit chien et autres nouvelles Odessa, Yalta et Crimée, guide Autrement Vladimir Volkoff, Yalta Jean Laloy, Yalta : hier, aujourd'hui, demain, Robert Laffont (réédition numérique FeniXX), 1998.
Articles connexes Liste des ports antiques : Mer Noire Villa Elena
Liens externes
Informations officielles Cartes topographiques Carte routière Héraldique ukrainienne Je Yalta
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