La taïga, du russe venant de l'altaï taiga Dictionary.com, aussi appelée forêt boréale ou encore forêt hudsonienne, est l'un des principaux biomes terrestres. Fortement liée au climat subarctique, elle consiste en une formation végétale de type forestière parcourue par un vaste réseau lacustre résultant de l'érosion fluvioglaciaire. Sa végétation a la particularité d'être la plus vaste continuité boisée de la planète et occupe à elle seule 10 % des terres émergées. Elle couvre la majorité des territoires intérieurs de l'Alaska (États-Unis), du Canada, de la Scandinavie (Norvège, Suède), de la Finlande, du Nord de l'Écosse (Highlands), de la Russie, de l'Islande, de Saint-Pierre-et-Miquelon (France), du nord-ouest de la Chine et du nord de l'île de Hokkaidō (Japon). Elle abrite une avifaune fortement diversifiée, données et carte consultables sur The Atlas of Global Conservation. et sert de refuge à de nombreuses espèces animales par ailleurs menacées telles le loup, l'ours brun, le grizzli, l'ours kodiak, le lynx, le renard polaire, le castor, le glouton (ou carcajou), le bison des bois, le renne (ou caribou) ou encore l'élan (ou orignal).

Sur le plan culturel, pour les Européens, la taïga renvoie à l'imaginaire collectif du « Grand Nord sauvage », des chiens de traîneau, de l'univers de Jack London, de James Oliver Curwood et des pionniers européens d'Amérique du Nord : trappeurs, voyageurs, coureurs des bois et chercheurs d'or. La traite des fourrures en provenance de la taïga a longtemps fait la fortune des colons français et britanniques et fut l'occasion des premières relations commerciales avec les autochtones des Premières Nations. Pour les Québécois d'aujourd'hui, la forêt boréale est d'abord et avant tout un lieu concret qui borde bien des routes et des chalets et qui abrite presque toute la production d'électricité québécoise, mais en même temps, la grande majorité des habitants vivent dans des zones à forêt mixte un peu plus au sud ; l'imaginaire collectif y connaît des récits d'habitants tels Maria Chapdelaine et Dont une bonne partie du volume 2 se situe en Abitibi ; le reste est en zone de forêt mixte en Mauricie bien plus que des récits d'explorateurs traduits de l'américain.

Aujourd'hui les principales ressources qu'elle offre sont l'exploitation minière, pétrolière, gazière, hydroélectrique ainsi que le commerce du bois.

Étymologie Le nom « taïga » est la transposition d'un mot russe qui s'écrit en cyrillique , lui-même issu de , qui en altaï, langue turque parlée dans la République de l'Altaï, désigne une montagne forestière. Le mot correspond au turc daǧ, qui signifie montagne.

La taïga est également désignée sous le nom de forêt boréale, du latin borealis, dérivant lui-même du nom du titan grec (Borée) personnifiant le vent venu du Nord. La partie canadienne de la taïga est ainsi couramment désignée sous le nom de forêt boréale canadienne. La dénomination landes est parfois utilisée en référence à une forêt claire de conifères krummholz parsemant une végétation de bruyère. C'est le cas pour les landes océaniques du Sud d'Avalon et de Burin, où des sapins baumiers krummholz prédominent.

Géographie Situation vignette|upright|Aurore boréale dans la taïga finlandaise. La taïga dessine en fait une large bande au sud de la toundra des régions arctiques. Elle apparaît dans l’hémisphère nord comme un vaste anneau circumpolaire, presque continu sur dont environ en Eurasie et en Amérique du Nord. La taïga est simplement interrompue par le détroit de Béring et par l’océan Atlantique. Elle s'étend sur , ce qui correspond à 10,3 % des terres émergées. Cette zone couvre donc la majorité des terres intérieures nordiques du Canada, de l'Alaska, de la Fennoscandie et du nord de la Russie. Elle est délimitée au nord par la toundra, et au sud par la zone sub-taïga dans laquelle les conifères deviennent minoritaires mais continuent à dominer la strate supérieure de la végétation. Selon le climat, la taïga s'étend de part et d'autre du cercle polaire arctique du nord pour la part la plus méridionale au nord pour la part la plus septentrionale.

La haute latitude induit une très forte variation saisonnière entre l'hiver et l'été. Plus on s'avance vers le nord et plus la durée d'ensoleillement est réduite durant la période hivernale, puis une fois traversé le cercle polaire arctique (66° 33' 44" Mise à jour Obliquité), le soleil ne se lève pas durant plusieurs jours de l'hiver. L'été, il ne se couche pas dans les mêmes proportions, ce phénomène s'appelle jour polaire ou soleil de minuit. Aux latitudes plus basses, sous le cercle polaire, la « nuit » prend la forme d'un long crépuscule qui se confond avec l'aube, c'est le phénomène de nuit blanche.

La taïga couvre la « zone aurorale » située entre 65 et 75° de latitude, où se produisent les aurores polaires, caractérisées par l’apparition de voiles extrêmement colorés dans le ciel nocturne.

Écorégions vignette|upright|Végétation des berges du fleuve Yukon, près de Whitehorse (Forêts sèches de l'intérieur du Yukon, Néarctique). vignette|upright|La rivière Tchaïa en Sibérie orientale (Taïga de Sibérie orientale, Paléarctique).

Les écorégions terrestres du WWF permettent de dresser une cartographie globale de la biodiversité terrestre, reflétant au mieux la répartition de la faune et de la flore. Un découpage biogéographique en écorégions (14 biomes et les zones terrestres abiotiques) a été formalisé en 2001 par le Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund for Nature, WWF) de manière à servir d'outil pour les programmes de conservation de la nature.. Les écorégions sont définies comme des . Les écorégions de la taïga se répartissent dans deux écozones : le Néarctique en Amérique du Nord et le Paléarctique en Europe et en Sibérie.

Dans l'écozone Néarctique, la taïga couvre essentiellement le Canada et l'Alaska, sa subdivision en écorégions se fait de la manière suivante : forêts canadiennes médiocontinentales (, ) ; forêts de l'Est du Canada (, ) ; forêts des hauts plateaux de Terre-Neuve (, ) ; forêts des Muskwa et du Lac des Esclaves (, ) ; forêts du Bouclier canadien central (, ) ; forêts du Bouclier canadien occidental (, ) ; forêts du Nord de la Cordillère (, ) ; forêts sèches de l'intérieur du Yukon (, ) ; landes océaniques du Sud d'Avalon et de Burin (, ) ; taïga des basses-terres de l'intérieur de l'Alaska et du Yukon (, , ) ; taïga des Territoires du Nord-Ouest (, ) ; taïga du Bouclier canadien oriental (, ) ; taïga du Bouclier canadien septentrional (, ) ; taïga du Sud de la Baie d'Hudson (, ).

Dans l'écozone Paléarctique, la taïga couvre la majeure partie de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, de la Russie du Nord et de la Sibérie. Elle est répartie à travers les écorégions suivantes : taïga de Sibérie occidentale (, ) ; taïga de Sibérie orientale (, ) ; taïga scandinave et russe (, , , , ) ; toundra d'altitude et taïga de l'Oural (, ) ; taïga des highlands écossais.

Climat Les écosystèmes de la taïga connaissent des températures annuelles moyennes se situant généralement sous . Les températures moyennes d’été se situent entre 10 et , mais les moyennes minimales d'hiver peuvent descendre au-dessous de . La taïga est soumise à une échelle climatique allant du climat subarctique à un climat continental humide. Ce dernier cas concerne la partie de la taïga située à la plus basse latitude. Selon la classification de Koppen, le climat continental humide peut se décomposer en deux catégories. Il s'agit des catégories Dfa et Dfb, la taïga ne se développe que dans la catégorie Dfb. On retrouve ce climat dans le sud de sa partie canadienne et européenne. Plus au nord, le climat subarctique est un climat intermédiaire entre le climat tempéré et le climat polaire. Ce climat correspond à la catégorie Dfc de la classification de Koppen. On retrouve ce climat dans le nord de la partie canadienne et européenne de la taïga ainsi que dans sa partie sibérienne et Alaskane.

Sol vignette|upright|Arbres couchés par l'eau et érosion naturelle des berges, phénomène naturel et normal après chaque dégel ici au nord de Khabarovsk. Le sol de la taïga est naturellement très acide, en raison du climat et de la végétation, il est dénommé podzol ou podzosol. Il est pour cette raison particulièrement sensible et vulnérable aux phénomènes dits de « pluies acides ». Les métaux lourds y sont aussi — en raison de l'acidité — plus mobiles et plus bioassimilables. En forêt boréale les racines et leurs champignons symbiotes déterminent la quantité de carbone séquestrée par les sols de la taïga Clemmensen, K.E, Bahr A, Ovaskainen O, Dahlberg A, Ekblad A, Wallander H, Stenlid J, Finlay R.D, Wardle D.A, and Lindahl B.D (2013) Roots and Associated Fungi Drive Long-Term Carbon Sequestration in Boreal Forest. Science, 339(6127), 1615-1618. doi:10.1126/science.1231923. Sous ce climat froid, les matières organiques (feuilles, bois) issus des végétaux et les cadavres et excréments animaux se décomposent lentement en dégageant des acides organiques. Ces acides réagissent avec les quelques bases restant dans le sol (calcaire ou autre) et les entraînent vers les nappes et rivières par le phénomène du lessivage. Résultat, les sols sont à la fois pauvres en éléments minéraux utiles aux arbres et très acides.

Localement, les tourbières, tant qu'elles ne se minéralisent pas (à la suite d'un drainage et d'une sécheresse par exemple), sont cependant très stables et constituent en été de bonnes réserves d'eau et d'importants stocks et puits de carbone planétaires. Asséchées, elles peuvent brûler et constituer des foyers durables d'incendies de forêts. Ce sol acide se retrouve également dans les régions tempérées à conifères, cette pédogenèse en partie due aux persistants (notamment les grands conifères tels les épicéas et pins).

Le sol de la taïga subit aussi directement l'effet des fortes variations saisonnières à travers le cycle gel-dégel. En bordure de cours d'eau, les sols des berges sont fréquemment emportés par les crues dues au dégel et sont sources de matériaux qui forment les méandres. Au moment du dégel de certains quasi-pergélisols, des phénomènes de cryoturbation peuvent conférer au sol une structure particulière (répétition parfois géométriques de cellules, poches et parfois puits de cryoturbation).

Biodiversité Végétation vignette|upright|Taïga en Alaska. Les arbres les plus répandus dans la taïga sont des conifères adaptés au froid, comme les mélèzes, les épicéas, les pins et les sapins. Leur forme conique fait glisser la neige et leurs aiguilles sont couvertes d'un enduit cireux qui les protège du gel. Leur couleur vert foncé absorbe les faibles rayonnements du soleil et favorise la photosynthèse.

On trouve également des feuillus, notamment les bouleaux, les saules, les peupliers et les sorbiers. On les trouve notamment en bordure de cours d'eau et dans les chablis, perturbations qui constituent l'un des stades du cycle sylvogénétique de la taïga., qui entretient sa microtopographie (l'épinette se régénère mieux sur les bosses laissées par les chablis (ou sur du bois-mort) que sur des surfaces non perturbées).

Faune C'est la zone la plus au Nord dans laquelle les espèces qui ont besoin de quelques arbres peuvent survivre. Un nombre considérable d'oiseaux tels que la grive de Sibérie (ou grive obscure), le bruant à gorge blanche et la paruline à gorge noire migrent vers cet habitat pour tirer profit des longues journées d'été et de la nourriture abondante en insectes durant cette saison.

Quelques oiseaux carnivores et certains grands oiseaux omnivores peuvent y trouver des proies vivantes ou des carcasses qui sont également présentes dans cette zone pendant l'hiver. Parmi ceux-ci, le bec croisé, l'aigle doré et le busard.