La Seconde Guerre mondiale, ou Deuxième Guerre mondiale« Deuxième Guerre mondiale » est un synonyme de « Seconde Guerre mondiale ». Selon certains grammairiens, il « deuxième » lorsqu'il y a au moins un troisième élément et « second » lorsqu'il n'y en a que deux mais, selon Le Petit Robert de 2011, article Deuxième, cette distinction, que le Littré qualifiait de « tout arbitraire », n'est faite que par certains puristes. « Seconde Guerre mondiale » est plus fréquent et plus optimiste d'après ., est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dure du au . Ce conflit oppose schématiquement les Alliés et l'Axe.
Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l'Axe (le Troisième Reich, l'Italie fasciste et l'empire du Japon), la Seconde Guerre mondiale est favorisée par la convergence d'un ensemble de tensions et conflits régionaux, notamment en Afrique (seconde guerre italo-éthiopienne dès 1935), en Espagne (où la guerre civile commence le ), en Chine (où les agressions du Japon débutent le ) et en Europe centrale (où l'Allemagne annexe autoritairement l'Autriche le , puis les territoires des Sudètes pris à la Tchécoslovaquie le ). L'invasion de la Pologne par l'Allemagne le , conformément à un pacte conclu avec l'Union soviétique, provoque l'entrée en guerre du Royaume-Uni (à ), de la France (à ) et de leurs empires coloniaux respectifs dès le .
Tout d'abord associée à l'Allemagne dans le partage de l'Europe, l'URSS rejoint le camp allié sur le front est-européen à la suite de l'invasion allemande le . Quant aux États-Unis, ils abandonnent leur neutralité après l'attaque de Pearl Harbor par les forces japonaises, le . Dès lors, le conflit devient vraiment mondial, impliquant toutes les grandes puissances et la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.
La guerre prend fin sur le théâtre d'opérations européen le (le en URSS du fait du décalage horaire) par la capitulation sans condition du Troisième Reich, puis s'achève définitivement sur le théâtre d'opérations Asie-Pacifique le par la capitulation également sans condition de l'empire du Japon.
La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l'humanité ait connu, mobilisant plus de de combattants de , déployant les hostilités sur quelque ., et tuant environ de personnes, dont une majorité de civils. La Seconde Guerre mondiale est aussi la plus grande guerre idéologique de l'Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu'une résistance ait pu exister jusqu'en plein cœur de l'Allemagne nazie en guerre. Guerre totale, elle gomme presque entièrement la séparation entre espaces civils et militaires et donne lieu dans les deux camps à une mobilisation massive des ressources non seulement matérielles mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.
La somme des dégâts matériels n'est pas évaluée avec certitude. Les pertes en vies humaines et les traumatismes collectifs et individuels sont considérables, la violence ayant pris des proportions inédites. Le conflit donne en effet lieu à de multiples crimes de guerre, crimes favorisés et banalisés par une violence militaire et policière d'une intensité et d'une profondeur inégalées, cette violence notamment contre les civils étant parfois un élément de la stratégie militaire. On assiste ainsi à l'émergence, à une échelle inconnue jusqu'alors, de crimes de masse particulièrement atroces et pour certains sans précédent, tout particulièrement à l'instigation de l'Allemagne nazie et du Japon impérial. Parmi ces crimes figurent des massacres génocidaires allant jusqu'à une organisation industrielle s'appuyant sur la déportation en camps de concentration, camps de travail et centres d'extermination, comportant des chambres à gaz à des fins d'extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes) ou de catégories particulières d'individus (communistes, homosexuels, handicapés, Témoins de Jéhovah, etc.) particulièrement à l'instigation du régime nazi. L'ampleur des crimes des vaincus suscite la définition d'une incrimination nouvelle par les vainqueurs : le crime contre l'humanité, appliquée notamment au génocide des juifs d'Europe. Le régime Shōwa n'est nullement en reste en Asie avec, à son actif, dix millions de civils chinois enrôlés de force par la au Mandchoukouo, environ enrôlées en Corée et dans tout l'Extrême-Orient, ainsi que l'annihilation systématique de civils, principalement en Chine.
Il faut ajouter à cela l'assassinat systématique de résistants et d'opposants politiques, ainsi que les représailles contre les civils, comme le firent par exemple les nazis ; les viols généralisés des femmes dans les territoires ennemis occupés, crimes perpétrés tant par un camp que par l'autre, et à une moindre échelle dans les territoires amis ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis tels le SS Josef Mengele, et l'unité japonaise 731 ; les bombardements aériens massifs de civils d'abord par l'Axe en Europe (Coventry au Royaume-Uni, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghai, Canton, Chongqing en Chine, cette dernière étant la ville la plus bombardée du conflit sino-japonais), puis par les Alliés : bombardement à grande échelle de nombreuses villes allemandes et notamment Dresde et Hambourg en Allemagne, attaques sur Tokyo au napalm au Japon. Développée par les États-Unis lors du conflit, la bombe atomique est utilisée pour la première fois de l'Histoire : deux larguées sur des cibles civiles par les États-Unis explosent à trois jours d'intervalle, à Hiroshima et à Nagasaki, au Japon.
La Seconde Guerre mondiale propulse les États-Unis et l', principaux vainqueurs, au rang de superpuissances concurrentes appelées à dominer le monde et à se confronter dans une vive rivalité idéologique et politique, pendant près d'un demi-siècle, et à s'affronter militairement par États interposés comme pour la guerre de Corée, celle du Viêt Nam et celle d'Afghanistan. Elle scelle le déclin des vieilles puissances impériales d'Europe et ouvre le processus de décolonisation qui s'accélère dans l'après-guerre en Asie, dans le monde arabe et en Afrique, jusqu'aux .
L'ampleur des destructions et des morts suscite la création d'instances internationales, politiques et économiques, visant à éviter la réapparition des conditions ayant mené à la guerre (Organisation des Nations unies, Fonds monétaire international, Banque mondiale et Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce pour les plus connues). Enfin, ce dernier conflit d'ampleur sur le continent européen est suivi en Europe de l'Ouest par une période de prospérité sans précédent, dans la foulée de la reconstruction, et l'émergence progressive d'un projet d'unification politique pacifique porté en premier lieu par les deux adversaires historiques, l'Allemagne et la France.
Marche vers la guerre
Origines du conflit en Europe
vignette|280px| Territoires de l'Axe :
Territoires alliés :
Autres :
(Image animée, cliquez dessus pour voir l'évolution)
Les traités de Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Trianon et Neuilly avaient suscité rancœurs, frustrations et désirs de reconquête chez les Allemands, les Autrichiens-Hongrois et les Bulgares.. L'humiliation de la défaite de 1918 et la signature du traité de Versailles sont vécues comme un diktat en Allemagne. C'est l'idée que la classe politique allemande est à l'origine de cette défaite qui entraine un sentiment de rancœur au sein de l'armée qui rejoindra les nazis dans leur ascension au pouvoir..
La crise de 1929 conduit les différents États à adopter des mesures protectionnistes et à se placer en rivaux. Alors que l'agressivité des démocraties se situe sur le plan économique, les dictatures fascistes vont adopter une stricte autarcie et, naturellement, penser leur défense et leur expansion en termes militaires. Mais partout, des politiques d'armement sont mises en place pour sortir du marasme économique.
Ceci pourrait expliquer une guerre dans un contexte où la politique de l'Allemagne aurait été inspirée par les classes dominantes traditionnelles. La guerre en Europe est toutefois directement issue des ambitions expansionnistes du parti nazi exprimées dès 1924 par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Sur ces ambitions visant à conquérir un espace vital pour le peuple germanique se sont greffées les velléités expansionnistes du régime fasciste italien qui tenta tant bien que mal de se constituer un empire colonial en Éthiopie et en Europe du Sud.
Cette idée d'espace vital, désiré par Hitler, s'est concrétisée à la suite des pertes des colonies allemandes en Afrique et de la fin de son royaume militaire de l'Est, le Ober Ost. À la suite de la signature du traité de Versailles, l'Allemagne perd les acquisitions territoriales qu'elle avait fait durant le 19e et le 20e siècle.
vignette|upright=0.8|Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini sur le point de signer les accords de Munich, 1938.
Origines du conflit en Asie
Bien qu'appartenant au camp des Alliés de la Première Guerre mondiale et ayant signé, en 1922, le traité naval de Washington, le Japon en a contesté certaines clauses en 1936 lors des négociations du traité naval de Londres. De nombreuses personnalités politiques et militaires japonaises, tels Fumimaro Konoe et Sadao Araki, réactualisant la doctrine du hakkō ichiu (« les huit coins du monde sous un seul toit »), mettent en place une idéologie fondée sur la suprématie de la race japonaise et son droit à dominer l'Asie. Cette idéologie raciste présente le Japon comme le centre du monde et prend assise sur l'institution impériale et l'empereur, être divin et descendant de la déesse Amaterasu Omikami. Elle donne lieu à une tentative de restauration Shōwa.
Porté par l'influence des factions militaires, le Japon envahit la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine à partir de 1937. La plupart des historiens considèrent comme point de départ de cette seconde guerre sino-japonaise l'incident du pont Marco-Polo, intervenu le et marquant le véritable début de la Seconde Guerre mondiale, le Japon et la Chine en étant deux des principaux acteurs en Asie.
Le refus du Japon de se retirer de l'Indochine française, envahie en 1941 et de la Chine, à l'exclusion du Mandchoukouo, mène, l'été de la même année, à l'imposition par les États-Unis d'un embargo sur le pétrole. En réaction, Hirohito lance alors la guerre de la Grande Asie orientale (Dai Tô-A sensô) et autorise l'attaque de Pearl Harbor ainsi que l'invasion de l'Asie du Sud-Est.
Massacre de Nankin
Après avoir gagné la bataille de Nankin, les Japonais se livrent à six semaines de viols, de pillages et de carnages. Ils incendient les maisons et magasins au hasard, parfois simplement pour se réchauffer. Plusieurs dizaines de milliers de civils s'agglutinent dans la zone de sécurité mise en place par la petite colonie occidentale.
Les Japonais reçoivent l'ordre d'exécuter les soldats chinois restés en ville. La convention de Genève protégeant les prisonniers de guerre n'est pas appliquée étant donné que pour le commandant japonais, le conflit est un « incident » et non une guerre. Des milliers de prisonniers chinois sont exécutés par des mitrailleuses, leurs cadavres sont jetés dans le Yang-Tsé-Kiang, d'autres sont brûlés à l'essence. Certains soldats sont décapités ou transpercés à la baïonnette. Certains soldats chinois trouvent refuge dans la zone de sécurité, mais sont traqués. Les Japonais arrêtent tous les hommes en âge de combattre et les exécutent sommairement. Au total, on estime que très peu de prisonniers chinois ont réussi à échapper au massacre. Le nombre de morts peut être évalué entre .