vignette|Gigot de chevreuil au lard avec des légumes et des knödel (cuisine allemande). vignette|Joachim Bueckelaer, 1560-1565.
De manière générale, la nourriture désigne les aliments d'origine animale, végétale, fongique (parfois bactérienne ou minérale) ou chimique, consommés par des êtres vivants à des fins d'alimentation. Mais il existe aussi une nourriture festive, ou de récréation incluant des aliments dits « facultatifs », c'est-à-dire non nécessaires à l'alimentation humaine. Ces aliments sont généralement classés parmi les aliments ultratransformés (ou UPF) (qui eux-mêmes constituent l'essentiel de la « malbouffe »).
Les aliments liquides sont appelés « boissons ».
Éléments de définitions juridiques Dans toute l'Union européenneRèglement 178/2002/CE, la notion d'aliment désigne toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non transformé, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d’être ingéré par l’être humain. Ce terme recouvre les boissons, les gommes à mâcher et toute substance, y compris l’eau, intégrée intentionnellement dans les denrées alimentaires au cours de leur fabrication, de leur préparation ou de leur traitement. Il inclut l’eau au point de conformité défini à l’article 6 de la directive 98/83/CEJOL 330 du 05/12/1998 (eau).
Le terme « denrée alimentaire » n'inclut pas en Europe : les aliments pour animaux ; les animaux vivants (sauf s'ils sont préparés en vue de la consommation humaine ; huîtres par exemple) ; les plantes avant leur récolte ; les médicaments (au sens des directives 65/65/CEE et 92/73/CEE du Conseil) ; les cosmétiques au sens de la directive 76/768/CEE du Conseil ; le tabac et les produits du tabac (au sens de la directive 89/622/CEE du Conseil) ; les stupéfiants et les substances psychotropes (au sens de la Convention unique des Nations unies sur les substances psychotropes de 1971) ; les résidus et contaminants susceptibles d'être trouvés dans la nourriture.
En Europe toujours, les « denrées alimentaires génétiquement modifiées » sont Règlement (CE) 1829/2003 Du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2003 concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux génétiquement modifiés (Voir points 6 et 7 du règlement) et . Elles sont soumises à une traçabilité et un étiquetage spécifiqueCf. notamment le Règlement 1829/2003/CE sur l'étiquetage des OGM.
Aliments consommés, ou gaspillés Une partie importante des denrées alimentaires est dégradée avant d'être consommée. Beaucoup d'aliments sont gaspillées. La FAO (Food and Agriculture Organization) estime que nourrir toute la planète ne sera pas possible sans réduction du gaspillage et des déchets alimentairesFAO/french.news.cn FAO : pour nourrir la planète, il est nécessaire de réduire les déchets alimentaires, mai 2011.
La FAO mène une analyse en 2011 et estime que de tonnes par an, soit environ un tiers de la production totale de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine est gaspillé dans le monde. En France, le gaspillage alimentaire concerne plus de de tonnes par an soit à peu près de de repas jetée à la poubelle. Afin de lutter contre le gaspillage, certaines enseignes (grande distribution, petits commerçants...) procèdent à des partenariats avec des associations (Too Good To Go) dans le but de donner la nourriture non achetée par les consommateurs, en respectant tout de même la règlementation en vigueur.
Histoire Alimentaire ou spirituelle, la nourriture désigne ce qui entretient la vie d'un organisme en lui procurant au moins les substances à assimiler nécessaires à sa subsistance.
Les divers panthéons incluaient une déesse de la nourriture : ainsi Zywienia, épouse de Radegast, dieu de l'hospitalité, est-elle la déesse de la nourriture dans la mythologie slave.
En 2017, alors que depuis les années 1950 les aliments industriels gagnent du terrain, et que la diversité génétique et la diversité spécifique des plantes et animaux consommés se sont effondrées, la malbouffe a tué plus de gens dans le monde que tout autre facteur (tabagisme y compris).
En 2020, plus de de personnes étaient en surpoids ou obèses (dans les régions du monde de culture occidentale essentiellement) alors que de personnes ne mangeaient pas à leur faim (surtout dans les régions les plus pauvres). Selon la FAO, au rythme de la démographie mondiale et des tendances alimentaires dans le monde, la production de viande, de produits laitiers et d'œufs devrait augmenter d'environ 44% en , de 2020 à 2050, ce qui est incompatible avec les objectifs climatiques et tous les objectifs de développement durable de l'ONU et de ses États membres.
Dénominations Le mot « nourriture », a de nombreux synonymes, techniques, familiers ou argotiques : produit alimentaire, bouffe, rata, casse-dalle, graille, boustifaille
Dans l'Union européenne, dans le domaine de l'IAA (Industrie agroalimentaire), un Plan de Maîtrise Sanitaire, un agrément sanitaire ou une déclarationFormulaire CERFA déclaratif avant l'ouverture peuvent être nécessaires pour les établissements produisant ou utilisant des POADAC (Produits d'Origine Animale et Denrées Alimentaires en Contenant) et POVDAC (Produits d'Origine Végétale et Denrées Alimentaires en Contenant).
Typologie
thumb|L'herbe dont se nourrissent les herbivores. thumb|Nourriture industrielle pour chats.
On distingue plusieurs grandes familles d'aliments : boissons ; corps gras (riches en lipides, vitamine A et vitamine D (beurre et crème), en vitamine E et acides gras essentiels) ; féculents (pain, pâtes, riz, pommes de terre, légumes secs, autres céréales) (riches surtout en glucides mais également en protéines, vitamine B, minéraux et fibres) ; produits laitiers (riches en protéines, calcium et vitamine B) ; légumes et fruits (riches en vitamines antioxydantes et vitamine C (surtout crus)) ; produits sucrés (riches en glucides) ; viande, poisson, œufs (riches en protéines et en fer).
Ces aliments sont regroupés selon leur degré de transformation en 4 catégories par une classification dite « NOVA ». La consommation de nourriture ultra-transformée (UPF, tels que définis par la classification NOVA) est en hausse forte et régulière depuis les années 1950.
Les multinationales agro-industrielles ont créé une nourriture « prête à consommer », artificiellement rendue hyper-appétissante et goûteuse, qui pousse à la suralimentation. ..
Ces formules industrielles d'aliments et de boissons à base de substances alimentaires et d'additifs (souvent controversés), contenant souvent peu ou pas d'aliments entiers (biscuits, confiseries, aliments à base de poulet, boissons sucrées, margarine et nombreux plats préparés) sont commercialement très rentables car utilisant des ingrédients peu coûteux semblant pouvoir remplacer tous les autres groupes d'aliments..
Alors que les preuves de nocivité des UPF s'accumulent, leurs impacts environnementaux (par exemple lié à leurs hautes teneurs en sucre industriel, huile de palme et soja transgénique, mais aussi liés à leurs chaines de transformation, d'emballage [sources d'une énorme quantité de déchets ménagers et de la restauration et de distribution) sont encore mal cernés. Or, la nourriture hypertransformée est essentiellement produite par des multinationales ayant le pouvoir de dicter où et quand cultiver ses produits ensuite achetés à bas prix, transportés, préparés et introduits dans les systèmes alimentaires du monde entier, en s'appuyant sur un marketing agressif et des allégations trompeuses, nutritionnelles et de santé, instituant de nouvelles cultures alimentaires encourageant la poursuite de la production de masse de nourriture, de son transport planétaire et une production de déchets problématiques..
Faire évoluer ces aliments vers des régimes alimentaires soutenables est un enjeu pour le .
Alimentations saine et non-saine Malbouffe
Elle affecte l'environnement et la santé via des effets à longs termes (maladies chroniques souvent évitables). La mal bouffe tend à s'auto-entretenir via des addictions associées aux excès de sucre, de sel, d'alcool et à certains additifs exhausteurs de goût et autres auxiliaires technologiques, très utilisés par les producteurs de nourriture industrielle.
Une mauvaise nourriture est aussi parfois source d'intoxications alimentaires, chroniques ou aiguës alors souvent causées par des bactéries, des toxines et des virus ; la nourriture peut aussi être source de parasites et de prions pathogènes. Il s'agit aussi de « maladies évitables ».
Déjà citées par Hippocrate, les intoxications alimentaires tuent encore environ de personnes par an. Et environ plus de personnes souffrent d'une intoxication non-mortelle. En France, environ de cas par an causent plus de , et plus de . Elles résultent souvent d'une contamination croisée d'aliments prêts à consommer par d'autres aliments non cuits, et/ou d'un mauvais contrôle de la température. Plus rarement, c'est une contamination chimique des aliments qui est en cause, par exemple à la suite d'un stockage inapproprié, dans un récipient inapte au contact alimentaire, en plastique libérant des perturbateurs endocriniens, ou recouvert d'un émail à base de plomb, alors source de saturnisme ou à la suite de l'utilisation de savons et de désinfectants de qualité non alimentaire. Les produits animaux se gâtant facilement (viandes, certains produits laitiers, fruits de mer) nécessitent des procédures strictes et adéquates d'hygiène (chaîne du froid et conservation au chaud jusqu'au stockage après cuisson, au risque d'une prolifération bactérienne dangereuse, comme Salmonella ou Escherichia coli). Beaucoup d'aliments industriels peuvent aussi être falsifiés ou adultérés, lors de l'élevage, de la fabrication, de la cuisson, de l'emballage, de la distribution ou de la vente.
Divers biocontaminants (( microbes, moisissures, parasites et/ou leurs œufs) et corps étrangers (poils, mégots, bris de bois, métaux, verre) et polluants sont parfois retrouvés dans les aliments.
L'étiquetage, la traçabilité, les dates limites et divers contrôles d'hygiène visent à améliorer la sécurité alimentaire. Les procédures de type HACCP impliquent une traçabilité « de la fourche à la fourchette », le maintien d'une zone de préparation propre et de circuits séparés des aliments de différents types, avec maintien de la chaine du froid, et garanties de températures adéquates de cuisson ou de séchage, e réfrigération rapide des aliments après cuisson.
Un régime alimentaire trop riche en sucre, huile, viande, sel, conservateurs et « aliments ultra-transformés » (sodas sucrés, plats surgelés, viandes reconstituées) est l'une des premières causes de diabète, d'obésité, de troubles cardiovasculaires et d'autres pathologies en augmentation, dont de nombreux cancers (environ 35 % des cancers selon une analyse épidémiologique publiée par Richard Doll et Richard Peto en 1981). L'alimentation est en effet source de substances cancérogènes et/ou mutagènes, soit naturellement présentes dans certains aliments ou boissons (alcools), soit radiotoxiques (iode 131 disséminé par la catastrophe de Tchernobyl par exemple, source de cancers de la thyroïde), ou encore issus de moisissures sources de mycotoxines ( aflatoxines issues de maïs, blé ou arachides contaminés) ou de bactéries ( certaines cyanophycées sources de cyanotoxines). La cuisson à haute température de la viande génère des amines hétérocycliques et/ou des hydrocarbures polyaromatiques dans ses parties carbonisées (comme dans le poisson fumé), et certains jambons ou viandes séchées de type saucissons, bacon… apportent des nitrosamines issues de nitrites utilisés comme conservateurs.