La société de l'information désigne un état de la société dans lequel les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle essentiel. Elle est en général placée dans la continuité de la société industrielle. De même, la notion de société de l'information a été inspirée par les programmes des grands pays industriels. Par ailleurs, l'expression de société de la connaissance est parfois préférée à celle de société de l'information. Elle est au centre de différents débats dont celui concernant la « fracture numérique ».
La journée mondiale de la société de l'information a lieu tous les ans le , selon l'adoption par l'assemblée générale de l'Organisation des Nations unies de la résolution..
thumb|400px|Times Square, au cœur d'une dense société de l'information ; la multiplicité des supports et des sources est-elle réductible à un modèle théorique ? Chomsky s'attelle à cette tâche, le décrit, puis le passe au spectre de l'Histoire contemporaine des États-Unis.
Nouvelle ère
Ce n'est pas la première fois que des innovations scientifiques et technologiques contribuent fortement à des modifications profondes de la société :
Hier, les sciences de la dynamique, de la thermodynamique, et de l'électromagnétisme, et leurs conséquences sur l'apparition de la machine à vapeur, de l'électricité,… étaient accompagnées par le développement de la presse. Aujourd'hui, la relativité, la physique quantique, et leurs applications dans l'énergie nucléaire, les nanotechnologies,… sont accompagnées par les modes de partage de l'information et des connaissances actuels que sont l'informatique, le web, et les télécommunications.
Le parallèle que l'on pourrait faire avec d'autres périodes de l'Histoire serait donc sur les moyens de partage de l'information et de la connaissance : l'équivalent pendant les Lumières et le serait le développement de la presse écrite, ou bien, en remontant plus loin, pendant la Renaissance, le développement de l'imprimerie.
Le processus que l'on observe est donc : découvertes dans les sciences fondamentales, applications technologiques, et partage de la connaissance par de nouveaux moyens techniques.
L'informatique permet aujourd'hui de numériser les informations et de les traiter. D'autre part, les nouveaux moyens de télécommunication facilitent l'échange et la diffusion de la connaissance. Ces nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC) changent donc profondément la vie au quotidien des citoyens, le fonctionnement des entreprises, de l'État. Les TIC vont régir à terme une part importante des activités socio-économiques. Elles occasionnent des changements de plus en plus importants non seulement pour l'entreprise et pour les échanges financiers mais aussi pour les États et les administrations dans leurs relations avec les citoyens et les administrés, pour l'éducation, les pratiques culturelles, les relations sociales ou encore la santé. Cet impact de la révolution numérique sur la société de l'information a été analysé par Nicolas Curien et Pierre-Alain MuetLa société de l'information, Auteur(s) : CURIEN Nicolas, MUET Pierre-Alain, FRANCE. Conseil d'analyse économique, Éditeur : La Documentation française, . Tout cela entraîne de nouvelles représentations mentales et sociales.
Ce processus est analysé par plusieurs philosophes et sociologues, dans un cadre qui dépasse le strict cadre de la société de l'information. Plutôt que de société post-industrielle, il serait peut-être plus juste de parler de période post-moderne. Le philosophe Michel Foucault emploie l'expression d'hypermodernité, qu'il associe à un changement de conception du monde. Le terme employé par Michel Foucault pour désigner la conception du monde est l'épistémè, qui correspond, au niveau de la société, à un ensemble de représentations chez les individus (paradigmes). Gérard Ayache parle d'hypermonde pour exprimer les mutations radicales nées de l'association de la mondialisation économique et de l'hyper-information.
Définition La société de l'information désigne l'importance sociale accordée à la communication et à l'information dans la société actuelle, où sont impliquées des relations sociales, économiques et culturelles. Dans la société de l'information, la collecte, le traitement et la communication des informations nécessaires sont fondamentaux. Ainsi, dans ce type de société, la grande majorité des activités seront consacrées à la prestation de services, lesquels consisteront en le traitement, la diffusion ou l'utilisation de l'information.
La société de l'information ne se limite pas à Internet, même si ce dernier a joué un rôle très important en tant que média facilitant l'accès et l'échange d'informations et de données.
Société numérique-Société virtuelle En ce qui concerne la numérisation et les TIC, qui se développent massivement et dynamisent la société de l'information en la multipliant, certains auteurs ont parlé de « société numérique » ou de « société virtuelle ».
Ainsi, selon certains auteurs, la société numérique présente les particularités suivantes : de nouvelles technologies intelligentes interconnectées forment un réseau omniprésent (support technologique de l’espace virtuel) ; la capacité croissante de produire et de stocker de grandes quantités d’informations et de données ; et la création d’un nouvel espace (l’espace virtuel), différent de l’espace physique ou réel, dans lequel se dérouleront les différents aspects de la vie quotidienne (travail, économie, social, politique, etc.). Nous sommes confrontés à une société virtuelle où la socialisation et les relations, les divertissements, l'éducation, l'argent, la criminalité et d'autres aspects se dérouleront virtuellement (en ligne).
Conséquences découlant de la société de l'information
Post-vérité L'irruption des réseaux sociaux et la prolifération des fake news qui y circulent ouvrent un nouveau chapitre dans l'histoire de l'information. Notamment depuis 2016, année marquée en Grande-Bretagne par la victoire des partisans du Brexit puis aux États-Unis par l'accession de Donald Trump à la Présidence des États-Unis. De nombreux commentateurs, à commencer la journaliste Katharine Viner, du Guardian interprètent les résultats de ces élections comme la conséquence du fait que de plus en plus de citoyens anglo-saxons s'informent non plus par l'intermédiaire de la presse institutionnelle mais via Twitter et Facebook, dont les utilisateurs ne sont pas soumis à la déontologie journalistique, notamment la règle du fact checking ("vérification des faits"), et peuvent donc véhiculer impunément de grandes quantités de "bobards". En multipliant de façon exponentielle les fake news, les réseaux sociaux ouvriraient une nouvelle ère de l'information : l'ère post-vérité.
Société de contrôle et panoptique numérique Selon certains auteurs, la société de l'information ou société numérique court le risque de devenir une société de contrôle ou une société de transparence que nous promouvons nous-mêmes, en raison de la surveillance qui peut être exercée sur toutes les informations disponibles sur Internet et leur traitement. La surveillance numérique, ou surveillance des données, peut mener au contrôle de tous les citoyens. Il en résulte un panoptique numérique, une version numérisée du panoptique de Foucault, que nous avons nous-mêmes créé (un auto-panoptique).
Effets macroscopiques de la société de l'information Croissance économique thumb|upright| Exemple de consultation de Wikipedia sur Internet avec un téléphone mobile
Un premier effet macroéconomique important concerne les gains de productivité et la croissance liée à l'introduction des TIC. La mise en réseau, les gains de performances des matériels, les raffinements des logiciels génèrent un renouvellement rapide de l'industrie des TIC qui assurent ainsi une bonne part de la croissance économique mondiale. Ensuite, il y a le besoin en personnel qualifié capable de gérer les nouveaux systèmes. Ceci a des implications importantes sur la formation et l'enseignement. Par exemple, les nouveaux produits et services TIC ne peuvent être utilisés que si les consommateurs ont des connaissances technologiques de base minimales. Les TIC influencent également la recherche scientifique et technique et permettent indirectement de réaliser de nouvelles découvertes qui ont à nouveau un effet macroéconomique. On assiste à la création d'un nouveau Marché, c'est-à-dire un lieu d'échanges, à la fois économique (on vend et on achète des produits) et social (on échange des informations).
Il faudrait ajouter qu'en matière de TIC, l'offre de produits commerciaux précède et induit souvent artificiellement la demande ; on pourrait citer l'aspect multimédia (TV, vidéo à la demande, GPS, musique…) sur les téléphones portables. Un autre phénomène induit par les TIC est l'apparition d'un marché de services gratuits et de l'économie du don (Wikipédia constitue un exemple).
Les nouveaux processus mis en place grâce aux TIC ont aussi des conséquences sur l'analyse de la valeur des produits et services, que l'on effectuera davantage sur le cycle de vie, lequel a tendance à se raccourcir.
Les TIC ont un impact dans de nombreux autres domaines comme les loisirs, la culture, la santé, la gestion du temps, les comportements en société…
Aspect sociaux : fracture numérique, dépendance et sociabilité Les TIC peuvent également être à l'origine de nouvelles formes d'exclusion sociale. De nombreuses actions politiques ont été mises en place pour lutter contre la fracture numérique, on parle alors de e-inclusion et à présent de solidarité numérique. La dépendance au jeu vidéo, à un monde virtuel représente un aspect sombre des nouveaux outils informatiques et réseaux : l’emploi du temps et la psychologie des personnes fascinées s’en trouvent modifiés. En parallèle, de nouvelles formes de sociabilité apparaissent par l’appartenance à un réseau social.
Paradoxe de la productivité Robert Solow, prix Nobel d'économie, a publié en un fameux article du New York Times qui établissait le concept du paradoxe de la productivité. Ce paradoxe est résumé par Robert Solow dans une phrase qui a été souvent reprise : « On peut voir les ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité »« You can see the computer age everywhere, but in the productivity statistics », New York Times Book Review..
L'analyse de la productivité dans les pays ayant connu une forte augmentation de la diffusion des outils informatiques n'a pas permis d'établir une amélioration de la productivité dans ces pays. La question posée par ce paradoxe est celle de l’impact des nouvelles technologies de l’information et des communications sur l’ensemble des agrégats économiques. L’enjeu est de taille : si ces technologies n’ont pas d’effets sur la productivité, elles ne peuvent théoriquement pas en avoir sur la croissance, l’emploi ou les inégalités. Le paradoxe de la productivité pose ainsi un redoutable défi aux tenants de la « nouvelle économie », pour qui la diffusion des nouvelles technologies aurait un effet positif sur la croissance et négatif sur l’inflation et le chômage structurel.Le paradoxe de la productivité Nathalie Greenan (* ) et Yannick