L'urbaniste est un « technicien spécialisé dans l'ordonnancement des espaces urbains ».. Son rayon d'action concerne principalement les agglomérations et la planification territoriale.. Le terme d'urbaniste peut parfois englober ou être confondu avec la profession d'aménageur qui comprend un rayon d'action dépassant les espaces urbains. mais emploie, en fonction du contexte, les mêmes compétences.

Éléments historiques de la profession L'urbaniste est une profession qui est liée au développement des villes au sous l'impact de l'industrialisation et du développement des infrastructures de transports. Il s'agissait de fournir aux décideurs politiques des solutions techniques et juridiques pour faire face notamment au développement anarchique des villes et surtout à l’habitat pathogène, tant du point de vue sanitaire que social, auquel s'attaquèrent les Hygiénistes de cette même époque. La profession apparaît en tant que telle avec la naissance en France de la Société Française des Urbanistes (SFU) en 1911 dans le prolongement des travaux du Musée social et de Frédéric Le Play. Conjointement sont mis en place des cursus de formation avec l'École des hautes études urbaines par exemple et aussi des revues comme Urbanisme, la revue de la SFU.

L'urbanisme participatif Depuis les années 70, se développe un urbanisme participatif qui intègre à des degrés divers dans l'élaboration des projets ou aménagements la participation effective des citoyens et les usagers. Dans le cadre d'une nouvelle gouvernance des projets, cette participation dépasse le simple cadre de l'information ou de la concertation. Il s'agit d'un développement de la démocratie directe dans la perspective d'un développement durable (urbanisme durable). Ce type de pratique impose aux urbanistes de nouvelles pratiques et aussi de nouveaux savoir-faire.

La profession d'urbaniste en France Garantir une approche globale dans l'espace et dans le temps La profession d'urbaniste est issue de la nécessité politique, économique, sanitaire et sociale voire culturelle de trouver une solution aux habitats insalubres des ouvriers qui viennent travailler en ville, du fait des besoins de l'industrialisation dès le milieu du . Il faut pour cela dépasser la seule question du logement et appréhender dans son ensemble les conditions de vie des ouvriers en se préoccupant aussi de leur santé, de leur culture, de leurs loisirs voire de leur moralité. La ville ou les nouveaux quartiers sont alors abordés globalement.

Pour approcher la ville dans sa complexité et non plus du point de vue esthétique (plan d'embellissement des villes) ou fonctionnel (Cf. Haussmann et le contrôle policier des faubourgs ouvriers prompts à la rébellion), il faut alors une approche pluridisciplinaire qui va regrouper dès le départ, au sein même de la SFU, des hygiénistes (médecins), des ingénieurs, des architectes, des sociologues de terrain de l'école leplaysienne, des juristes et des paysagistes. L'approche pluridisciplinaire reste l'une des caractéristiques des formations aux métiers de l'urbanisme depuis cette époque, assurée au sein des instituts d'urbanisme et formations supérieures en urbanisme.

Le rôle de l'urbaniste consiste à participer à l'agencement des activités humaines sur les territoires en vue de réaliser un développement et un aménagement durable des villes et des campagnes. Il est censé développer une approche globale y compris environnementale dans le cadre d'un développement durable et solidaire notamment dans le cadre d'une approche AEU (Approche environnementale de l'urbanisme) de l'ADEME ou similaire.

Le champ professionnel de l'urbanisme a émergé en France dans les années 1920 pour s'autonomiser d'autres milieux professionnels (ceux des architectes notamment) à partir des années 1960-1970. Mais ce processus d'autonomisation n'est pas encore achevé, contrairement à d'autres pays occidentaux comme le Canada ou le Royaume-Uni. Forte de plus de 20 000 membres (formés pour la grande majorité d’entre eux au sein des Instituts d’urbanisme), la profession d’urbaniste s’exerce dans une grande variété de structures publiques, parapubliques et privées. Qu’elle soit exercée au sein du secteur de la consultance privée ou en collectivité locale, la profession est étroitement liée au processus de décision publique et doit être définie comme une activité d’aide à la décision politique (Source : CNJU).

En 2012, 48 % des urbanistes (dont 93 % sont des jeunes de 23 à 28 ans) sont issus des formations de géographie et d'aménagement du territoire dominant significativement les deux autres formations les plus représentées dont celles de science politique et d'architectureCf. page 10, L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes diplômés en 2012, Conseil National des Jeunes Urbanistes (CNJU), http://www.jeunes-urbanistes.fr/wp-content/uploads/2013/11/Resultats_enquete-CNJU-2012_insertion-web.pdf.

Un champ d'intervention et un mode d'exercice varié Un rapport de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat, réalisé en par le sénateur Pierre Jarlier, donne une définition du cœur de métier de l'urbaniste : « Loin de se réduire à un aspect réglementaire, le travail de l’urbaniste vise à définir et mettre en forme le projet territorial des collectivités locales. Son rôle est d’anticiper les dynamiques d’urbanisation en apportant aux élus locaux une aide à la décision politique leur permettant d’arbitrer sur les localisations les plus cohérentes (activité, emploi, logement, réseaux de transport) pour la gestion optimale des mobilités ; de mener une action foncière adéquate ; et de conduire des projets de renouvellement urbain »<ref>Pour une nouvelle architecture territoriale de l’ingénierie en matière d’urbanisme, rapport d’information de M. Pierre Jarlier, fait au nom de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat, 17 juillet 2012.</ref>.

En relation avec les "acteurs" de ces territoires, qu'ils soient institutionnels ou non, élus, représentants institutionnels des différents secteurs de la société (économique, social, culturel, politique, associatifs…). il contribue selon la commande à l'émergence et la formalisation d'un projet urbain. il participe à l'élaboration et la mise en forme d'une planification (approche spatio-temporelle). Cette planification peut prendre en compte des espaces à l'échelle d'une ville à celui d'un quartier ou d'une simple opération (ZAC, lotissement, aménagements d'espaces publics…). L'objet peut être une extension urbaine, la réhabilitation ou la rénovation d'un quartier, un aménagement ponctuel, la création d'infrastructures de déplacements, de transports en commun, etc. il peut ensuite mettre en place des programmations afférentes à des projets d'aménagement et aussi en réaliser les conditions de faisabilité. il peut réaliser les documents juridiques afférents à ces territoires et/ou ces projets et notamment les SCOT, les PLU. il peut participer en tant que maître d'œuvre à la réalisation d'aménagements.

L'urbaniste intervient principalement à partir d'une commande publique ou privé sur la base d'un cahier des charges préalable, par concours ou contrats directs. Plusieurs champs de compétences plus spécifiques peuvent être définies et qui correspondent à des métiers plus ciblés. Il peut être aussi l'un des acteurs de la mise en œuvre de la démocratie locale ou de et de la concertation avec les acteurs locaux : habitants, usagers, bailleurs, commerçants, police, animateurs socio-culturels…

L'urbaniste peut intervenir aussi bien en tant que généraliste, que de spécialiste. Certaines professions, de par certaines actions, sont assimilés aux domaines de l'urbanisme. Ainsi, on retrouve les types d'urbanistes suivantsCf. p.28, Renforcer les formations à l'urbanisme et à l'aménagement, Jean Frébault et Bernard Pouyet, janvier 2006, p. 284 : "des urbanistes "généralistes" (directeurs d'études, animateurs d'équipes, capables d'assembler plusieurs compétences plus ou moins spécialisées, consultants de haut niveau…) disposant d'un champ de compétence large et d'une vision de synthèse acquise par une solide formation et par l'expérience ; des urbanistes "spécialisés" dans certains domaines (urbanisme commercial, urbanisme et déplacements, conception d'espaces urbains, montage d'opérations, organisation et gestion de débat public…) ; des spécialistes de domaines connexes à l'urbanisme (ingénieurs-transports et réseaux, économistes, juristes, sociologues…) qui ont l'habitude de traiter des interfaces de leur domaine avec l'urbanisme. On pourrait les qualifier non pas d'urbanistes mais de "spécialistes de l'urbain."

Les principaux domaines d’activités spécifiques de l’urbaniste L’analyse territoriale Il s’agit ici de connaître les territoires et de mettre en œuvre des orientations stratégiques. Ici homme d’études et homme de l’art, l’urbaniste se doit d’observer, de se projeter, de spatialiser ses projets, d’élaborer les politiques urbaines. Compétences : savoir analyser des évolutions des espaces, savoir créer des bases de données, savoir simuler des évolutions, savoir faire de la prospective, savoir produire des études, savoir spatialiser un projet, savoir représenter… Produits : un état des lieux, une étude d’impact, une synthèse, une base de données, un diagnostic territorial, un document de planification, un document de programmation…

La prospective territoriale Compétences : approche globale et diachronique, approche pluridisciplinaire et travail en équipe, concertation et communication, capacité d'analyse de la complexité et capacité de synthèse… Produits : projets urbains, SCOT, PADD, programmes de développement économiques, touristiques, commerciaux, de transports…

La conception et la maîtrise d'œuvre urbaine

Il s’agit ici de localiser et d’agencer les fonctions urbaines. La programmation urbaine va dimensionner les activités et définir les espaces destinés à les recevoir. L’aspect réglementaire et pragmatique de ce domaine est important. Compétences : savoir traduire des objectifs, savoir quantifier, savoir conseiller, savoir articuler, savoir concevoir des projets d’urbanisme, Produits : une étude de programmation urbaine, une étude de faisabilité, un plan d’urbanisme, un suivi de maîtrise d’œuvre…

La maîtrise d'œuvre et production d’opérations

Il s’agit ici de compétences relatives à la mise en œuvre et à la conduite d’opérations urbaines et d’aménagement. À travers le remembrement foncier, l’aménagement des réseaux, la commercialisation des espaces à bâtir, ce domaine d’action va permettre le passage à l’acte d’urbanisation en lui-même. Compétences : savoir faire le lien entre stratégie et action, savoir créer et mener une opération, savoir gérer de nombreuses informations, savoir définir un plan d’action… Produits : un pilotage d’opération…

La gestion territoriale

Il s’agit ici d’un domaine proche du management urbain. Gérer l’espace urbain au quotidien et sa nécessaire adaptation. La question du droit des sols ainsi que de la politique de la ville sont ici particulièrement appelées. Compétences : savoir faire le lien entre stratégie et action, savoir traiter de multiples informations, savoir résoudre les problèmes de concrétisation des projets, savoir inscrire ses actions dans la durée, savoir assurer un suivi des politiques publiques… Produits : une note, un avis, une instruction, un centre de ressources, un dispositif d’information…

Plusieurs domaines d’activités de l’urbaniste partagés avec d’autres professions La coordination et la conduite de projets territoriaux

Ici croisée avec d’autres professions œuvrant sur le cadre de vie, l’urbaniste est amené à coordonner, animer, et « manager » les projets de territoire.