La seconde est une unité de mesure du temps, de symbole « s » (sans point abréviatif). C'est la soixantième partie de la minute, la minute étant elle-même la soixantième partie de l'heure.

La définition de la seconde dérive originellement de celle de l'heure, comme l'indique l'étymologie du mot (c'est la francisation du latin médiéval , « minute de second rang » c'est-à-dire « seconde division de l'heure »). Aujourd'hui c'est l'inverse, la seconde est une unité de base du Système international (SI) (ainsi, précédemment, que du système CGS) et ce sont la minute et l'heure qui en découlent.

Quantitativement, la seconde du SI est définie par la durée d'un nombre entier d'oscillations ( exactement) liées à la fréquence de transition hyperfine de l'atome de césium 133. La mesure et le comptage de ces oscillations sont effectués par les horloges atomiques.

Historique La définition de la seconde, l'unité de temps dans le Système international, a été établie selon les connaissances et les possibilités techniques de chaque époque depuis la première Conférence générale des poids et mesures en 1889. Elle a d’abord été définie comme la fraction du jour solaire terrestre moyenUne journée de correspond à .. L’échelle de temps associée est le temps universel TU. En 1956, pour tenir compte des imperfections de la rotation de la Terre qui ralentit notamment à cause des marées, elle a été basée sur la révolution de la Terre autour du Soleil et définie comme la fraction de . C’est la seconde du temps des éphémérides TE. Depuis la Conférence générale des poids et mesures, la seconde n’est plus définie par rapport à l’année, mais par rapport à une propriété de la matière ; cette unité de base du Système international a été définie en 1967 dans les termes suivants :

Cette définition a été amendée en 2019, dans le cadre de la redéfinition du système international d'unités :

La seconde, symbole s, est l'unité du temps du SI. Elle est définie en prenant la valeur numérique fixée de la fréquence du césium, , la fréquence de la transition hyperfine de l'état fondamental de l'atome de non perturbé, égale à lorsqu'elle est exprimée en Hz, unité égale à sLes unités de mesure : le SI.

Cette définition implique la relation exacte = . En inversant cette relation, la seconde est exprimée en fonction de la constante : ou Il résulte de cette définition que la seconde est égale à la durée de de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de non perturbé.

La seconde, étalon de mesure du temps, est ainsi un multiple de la période de l’onde émise par un atome de césium 133 lorsqu’un de ses électrons change de niveau d'énergie. On est ainsi passé de définitions, en quelque sorte descendantes, dans lesquelles la seconde résultait de la division d’un intervalle de durée connue en plus petits intervalles, à une définition ascendante où la seconde est multiple d'un intervalle plus petit.

Lors de sa session de 1997, le Comité international a confirmé que la définition de la seconde se réfère à un atome de césium à une température de , c'est-à-dire au zéro absolu. Cette dernière précision souligne le fait qu’à , la transition en question subit, par rapport à sa valeur théorique, un déplacement en fréquence dû aux effets de rayonnement du corps noir. Cette correction a été apportée aux étalons primaires de fréquence et donc au Temps atomique international (TAI) à partir de 1997, quand elle a cessé d’être négligeable par rapport aux autres sources d’incertitude.

On dispose aujourd’hui d’une exactitude allant jusqu’à la (). L’exactitude et la stabilité de l’échelle dite du TAI obtenue principalement à partir d’horloges atomiques à jet de césium sont environ supérieures à celles du temps des éphémérides. C’est d’ailleurs l’unité du SI la plus précisément connue.

Perspectives vignette|Horloge atomique de Louis Essen et J. V. L. Parry.

Les développements récents d'horloge atomique, basés sur des transitions électroniques à des fréquences optiques, ont permis de construire des horloges plus stables que les meilleures horloges à jet de césium. Lors de la Conférence générale des poids et mesuresRésolution 8 de la (2011), ces atomes et leurs fréquences ont été ajoutés aux représentations secondaires de la secondeRéalisation pratique des définitions des principales unités, BIPM, 30 novembre 2018.

D'après les publications sur les performances de ces étalons de fréquence (dont Nature de ), ces horloges pourraient dans le futur conduire à une nouvelle définition de la seconde Experimental realization of an optical second with strontium lattice clocks, Nature Communications 4, juillet 2013.

Unités dérivées Unités et symboles normalisés dans le SI Les préfixes du Système international d'unités permettent de créer des multiples et sous-multiples décimaux de la seconde. Si les sous-multiples décimaux (milliseconde, microseconde, nanoseconde, etc.) sont d’un emploi assez fréquent, les multiples (kiloseconde () pour , mégaseconde, etc.) sont très peu usités, les multiples de 60 (minute, heure) puis 24 (jour) leur étant préférés.

Les multiples de la seconde en usage avec le Système international sont : la minute, de symbole min, dont la durée est de ; l’heure, de symbole h, dont la durée est de , soit ; le jour, de symbole d (du latin dies), dont la durée est de , soit (cette durée, égale hors seconde intercalaire à un jour calendaire, correspond approximativement à celle d’un jour solaire).

Unités et notations usuelles dérivées du SI Il existe d’autres unités usuelles non décrites dans le SI, mais dérivées de celui-ci : la tierce, de symbole t, ancienne unité dont la durée est de de seconde ; l’année julienne, de symbole a (d'après le latin annus ; souvent yr dans la littérature anglo-saxonne), d’une durée de soit ; l’année sidérale, précisée par son époque (servant à définir une autre unité de longueur dérivée du SI mais ne faisant pas partie formellement de celui-ci, l’année-lumière), définie par une durée précise exprimée en secondes (précisément pour l’époque J2000.0 utilisée pour définir l’année-lumière) ; le mètre, qui est une unité de longueur, et non de temps, mais qui a été défini à la distance parcourue par la lumière, dans le vide, en exactement (cette définition permet d’exprimer de façon équivalente les périodes d’ondes électromagnétiques sous forme de longueur d'onde ; toutefois le mètre reste encore considéré comme une unité SI de base, non dérivée ; c’est aujourd'hui le temps (et non directement la distance) qu’on sait aujourd'hui mesurer le plus précisément (toute mesure d’une distance oblige à changer de référentiel pour l’instrument de mesure, ne serait-ce que pour le construire, et à synchroniser au moins deux mesures, ce qui nécessite aussi un temps nécessairement non nul).

Notations erronées L'emploi d'une ou de deux primes (caractères « ′ » et « ″ ») comme symboles respectifs de la minute et de la seconde temporelles est incorrectAfnor X 02-003 - Normes fondamentales — Principes de l'écriture des nombres, des grandeurs, des unités et des symboles - § 6.4 : « Il ne faut en aucun cas substituer à ces symboles des abréviations, même si elles peuvent paraître logiques ou cohérentes, ni remplacer un symbole par un autre ». : Nom Symbole Ne pas écrire Unité de tempssecondessec, "minuteminmn, ' Unité d'angleseconde (d'arc ou d’angle)"sminute (d'arc ou d’angle)'min, ces signes désignant la minute et la seconde d'arc, subdivisions du degré d'arc.

De même il n’est pas correct d’utiliser des abréviations pour les symboles et noms d’unités, comme « sec » (pour « s » ou « seconde »).

Multiples et sous-multiples

Les préfixes du Système international d'unités permettent de créer des multiples et sous-multiples décimaux de la seconde. Comme indiqué plus haut, les sous-multiples sont employés fréquemment contrairement aux multiples.

Voici la table des multiples et sous-multiples de la seconde :

NomSymboleQuantitéL'échelle longue utilisée ici est la référence dans les pays francophones, notamment en France, au Canada, ainsi que généralement en Europe (sauf en Grande-Bretagne).L'échelle courte est utilisée avant tout par les États-Unis d'Amérique, le Brésil, la Grande-Bretagne et les autres pays de langue anglaise (sauf le Canada). quettaseconde Qs Quintillion ronnaseconde Rs Quadrilliard yottaseconde Ys Quadrillion zettaseconde Zs Trilliard exaseconde Es Trillion pétaseconde Ps Billiard téraseconde Ts Billion gigaseconde Gs Milliard mégaseconde Ms Million kiloseconde ks Mille hectoseconde hs Cent décaseconde das Dix 1 seconde s Un déciseconde ds Dixième centiseconde cs Centième milliseconde ms Millième microseconde μs Millionième nanoseconde ns Milliardième picoseconde ps Billionième femtoseconde fs Billiardième attoseconde as Trillionième zeptoseconde zs Trilliardième yoctoseconde ys Quadrillionième rontoseconde rs Quadrilliardième quectoseconde qs Quintillionième

Ordres de grandeur

On peut noter que l'âge de l'univers, exprimé en secondes, est voisin de , ce qui donne peu de sens aux durées bien plus grandes exprimées en zettasecondes ou yottasecondes.

De même un milliard de secondes correspondent environ à et , plus parlant à l'échelle humaine.

À l'opposé, dans le domaine des durées extrêmement courtes, l’Institut Max-Planck d'optique quantique a mesuré en 2004 la durée du trajet d’électrons excités par les impulsions de d’un laser à ultraviolets ; position mesurée toutes les , correspondant à Electron movements pinned down to the split second, Nature 427, 26 février 2004 - à titre de comparaison, une attoseconde est à une seconde ce qu'une seconde est à d'années (l'âge de l'Univers). Pour avoir une meilleure idée de la prouesse, dans le modèle d’atome d’hydrogène de Niels Bohr, l’orbite d’un électron autour du noyau dure (mais les modèles atomiques actuels considèrent que l’électron ne tourne pasCf. atome).

L'Institut Max Born d’optique non linéaire et de spectroscopie (MBI) de Berlin est parvenu à établir en 2010 le record de la plus faible durée d'impulsion contrôlable, atteignant la durée de Après plus de de fonctionnement, le service de veille www.bulletins-electroniques.com animé par l'ADIT s’est arrêté fin juin 2015..

Les unités de temps plus petites, zeptoseconde et yoctoseconde, ont peut-être encore un sens à des échelles subatomiques, mais ne sont pas mesurables avec les instruments actuels.

Autres unités de temps usuelles non linéaires D'autres unités usuelles ne correspondent pas à un nombre précis de secondes, et ne sont donc pas des unités de temps dans le SI, ni même dérivées directement de celui-ci puisque ce ne sont que des approximations dans leur propre système non linéaire, d’une durée réelle en secondes SI : le jour solaire, tel qu'observé encore aujourd’hui sur la Terre par les géophysiciens et astronomes (et autrefois utilisé aussi intuitivement comme unité calendaire) mais dont la durée réelle varie en permanence de façon irrégulière, ainsi que ses unités dérivées (semaine solaire, mois solaire, année solaire), mais dont les noms sont encore plus ambigus selon l’astre de référence et le repère tridimensionnel qui sert à les compter (en nombre de révolutions terrestre entre les équinoxes, ou bien selon l’année tropique observée) ; l’ensemble des unités calendaires (en nombre de rotations de la Terre pour l’alternance nuit/jour), toutes géocentrées, connue du grand public et largement utilisées (jour, semaine, mois, année, décennie, siècle, millénaire, etc.), qui ne correspondent pas non plus exactement avec les unités dérivées du SI ni même exactement aux unités solaires précédentes ;