La route nationale 88, ou RN 88, est une route nationale française reliant historiquement Lyon à Toulouse.

Liaison transversale traversant le Massif central, elle dessert cinq préfectures de département. En 2023, elle relie Saint-Chamond (dans la continuité de l'autoroute A47) à Bourgs sur Colagne via Saint-Étienne, Le Puy-en-Velay et Mende puis, après un tronc commun avec l'autoroute A75, Sévérac d'Aveyron à Marssac-sur-Tarn via Rodez et Albi (où elle continue en tant qu'autoroute A68 jusqu'à Toulouse).

Historique Avant 1824 En 1632, la route de Poste allant de Toulouse à Lyon empruntait la vallée de l'Aveyron pour rejoindre Rodez. La route royale de Toulouse à Rodez par la vallée du Tarn a été construite au entre Saint-Sulpice et Albi, mais la traversée de la rivière s'effectuait par bac..

Création de la route nationale La route nationale 88 a été créée en 1824. C'est un axe transversal important reliant Lyon à Toulouse par le Massif central, en traversant sept départements et ses sept préfectures : Lyon, Saint-Étienne, Le Puy, Mende, Rodez, Albi et Toulouse.

Elle est définie comme l'axe ; d'une longueur de ., sa répartition par département est la suivante : dans le Rhône, via Lyon et Brignais. ; dans la Loire, via Rive-de-Gier et Saint-Étienne. ; en Haute-Loire, via Monistrol (actuellement Monistrol-sur-Loire), Issengeaux (Yssingeaux), le Puy (Le Puy-en-Velay), Costaros et Pradelles. ; en Lozère, via Langogne, , Mende, Chanac et Canourgue (La Canourgue). ; dans l'Aveyron, via Saint-Geniès, Gabriac, Rodez, Carcenac (lieu-dit de Baraqueville) et Naucelle. ; dans le Tarn, via Laval, Crameaux (actuellement Carmaux), Alby (Albi), Gaillac, Lisle et Rabastens. ; dans la Haute-Garonne, via Gémil et Toulouse..

Dans la Haute-Loire, une ordonnance royale du déclarait d'utilité publique un tracé rectificatif à la originelle entre Confolent (au sud de Monistrol-sur-Loire) et le Puy, passant par les gorges de la Loire et non par le col du Pertuis, plus difficile d'accès en période hivernale. Bien que les travaux entre Le Puy et Vorey ont été menés à leur terme en 1855, la suite des travaux a été perturbée par la concurrence avec le chemin de fer.. (ouverture de la ligne de Saint-Georges-d'Aurac à Saint-Étienne-Châteaucreux). La devait remplacer la entre Retournac et Yssingeaux alors que le tronçon du Puy à Yssingeaux par le col du Pertuis aurait été incorporé à la du Puy à Annonay..

Déclassements et redéfinition de l'itinéraire En 1972, une première vague de déclassements entraîne le transfert d'un grand nombre de routes nationales dans le domaine routier départemental. Trois tronçons de la route nationale 88 sont concernés : le tronçon de Givors à Saint-Chamond a été déclassé en dans le Rhône et en dans la Loire à la suite de la mise en service de l'A47 ; le tronçon de Costaros à Châteauneuf-de-Randon, via Landos, Saint-Bonnet-de-Montauroux, Laval-Atger, Auroux et Pierrefiche, a été déclassé en dans la Haute-Loire et en dans la Lozère. Par la suite, la a repris les anciens tronçons des routes nationales 102, 106 et 500 ; le tronçon de la , près de Banassac, à Rodez, via Saint-Geniez-d'Olt et Bozouls, a été déclassé en dans la Lozère et l'Aveyron. La a ensuite repris le tronçon Sévérac-le-Château - Rodez de l'ex-.

Dans le Rhône, le déclassement prend effet le sur toute sa longueur ()..

Dans la Loire, le déclassement prend effet le sur la portion comprise entre la limite du département du Rhône et la route nationale 498 à Saint-Chamond (), puis entre la à Saint-Étienne et la à Firminy (), ainsi que l'intégralité de la ()..

Dans la Haute-Loire, le déclassement prend effet le sur la portion comprise entre la route nationale 102 près de La Sauvetat (commune de Landos) et la limite du département de la Lozère ()..

Dans le département de la Lozère, le déclassement prend effet le sur la portion comprise entre la limite du département de la Haute-Loire et la route nationale 500 () et entre la route nationale 9 et la limite du département de l'Aveyron ()..

Dans l'Aveyron, le déclassement prend effet le sur la portion comprise entre la limite du département de la Lozère et son intersection avec la route nationale 595 à Rodez ()Arrêté interministériel du relatif au déclassement de routes nationales dans le département de l'Aveyron , Journal officiel de la République française, , , et rectificatif : arrêté interministériel du , paru au JORF le , (consulté le )..

L'ancienne route nationale 88 est progressivement déclassée à la suite de la mise en service de déviations : dans le département de la Haute-Loire : et entre Monistrol-sur-Loire et Saint-Maurice-de-Lignon, à Yssingeaux, à Blavozy et à Brives-Charensac et entre Taulhac et Cussac-sur-Loire ; dans le département de la Lozère : la liaison de la à l'ancienne (actuellement ) aux Ajustons, non loin du viaduc de la Colagne, s'appelle ; dans le département de l'Aveyron : les traversées de Sévérac d'Aveyron et de Luc-la-Primaube s'appellent ; dans le département du Tarn : les traversées de Carmaux, Blaye-les-Mines et Le Garric sont déclassées en . À la suite de la mise en service de l'A68 entre Albi et Toulouse, la a été déclassée en dans le Tarn et en dans la Haute-Garonne.

Le , le gouvernement a annoncé le transfert de certaines routes nationales, dont la route nationale 88. Ainsi, la route nationale 88 est transférée au département de l'Aveyron entre l'échangeur du Lachet et l'A75 ()..

Entre l'A68 et Rodez ainsi que sur la section lozérienne, elle sera mise à disposition à la région Occitanie, et la section entre la limite Haute-Loire/Lozère et l'A72 le sera à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Initialement prévu le ., la mise à disposition aux régions sera faite le .

Rôle et trafic vignette|droite|redresse=1.5|route nationale 88 du Tarn à la Haute-Loire

Un axe transversal contribuant au désenclavement du Massif central ? La route nationale 88 traverse huit départements et relie les vallées du Rhône et de la Garonne.. Cette liaison transversale n'est pourtant pas privilégiée bien que plus courte., l'itinéraire entre Lyon et Toulouse préférant contourner le Massif central en utilisant les itinéraires alternatifs via la vallée du Rhône et le Languedoc (autoroutes A7, A9 et A61), ou par le nord (autoroutes A89 et A20).

En 1975, le Plan Massif central, initié par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing, prévoit le désenclavement routier de ce grand massif montagneux, avec la multiplication des aménagements autoroutiers (A20 Paris – Toulouse ainsi que les autoroutes autour de Clermont-Ferrand) mais l'axe Toulouse – Lyon est présenté en 1989 , sur « Les échelles du projet », dans .. En 1991, un colloque se tient à Toulouse afin de désengorger la vallée du Rhône et d'améliorer l'accessibilité du sud du Massif central et un , regroupant dix-huit collectivités territoriales, est créé« Chronologie du projet d'axe Toulouse-Lyon », dans ..

En 1993, la route nationale 88 est classée par le Comité interministériel d'aménagement du territoire.

Transformation progressive en voie rapide En 1995 s'est tenu un débat sur le projet de mise à deux fois deux voies de la route nationale 88 à l'Assemblée nationale. Présenté comme entre Clermont-Ferrand et Béziers, il est toutefois concurrencé par l'axe Bordeaux – Lyon – Genève, qui correspond pour partie à l'autoroute A89. La mise à , promise par Édouard Balladur alors Premier ministre à l'époque du débat, n'a toujours pas commencé en Lozère, selon Élisabeth Borne, ministre des Transports., qui a présenté le un projet d'orientation des mobilités avec un plan de désenclavement d'axes routiers en France, dont la ..

Pour d'autres départements, la mise à répond à une logique d'ouverture de certains territoires, comme dans le département de l'Aveyron, où la route est le seul mode de transport du département, sans concurrence possible avec la grande vitesse ferroviaire..

Sections déjà aménagées à

Plusieurs tronçons sont déjà à .

Dans le prolongement de l'autoroute A47, la section entre Saint-Chamond et Yssingeaux (à l'exception des viaducs de Terrenoire et du Lignon) a été mise à , tout comme les contournements de Blavozy et du Puy-en-Velay ainsi qu'une section autour de Bessamorel. La section de Saint-Chamond à Saint-Étienne (entre l'autoroute A47 et la route nationale 488) est même à .

En région Occitanie, de Baraqueville et de Naucelle dans l'Aveyron, et de Carmaux et d'Albi dans le Tarn, ont été mises à .

Le contournement de Baraqueville, au sud-ouest de Rodez, a été déclaré d'utilité publique le . Les travaux ont commencé en 2014. La section de Molinières au nord de Baraqueville (échangeur avec la ) a été mise en service le ; celle entre Baraqueville et la Mothe (au sud) l'a été le . L'achèvement du contournement de Baraqueville marque la fin de l'aménagement de la section d'Albi à Rodez à ..

Dans le Tarn, la section comprise entre Tanus et la Croix de Mille (communes de Pampelonne et de Saint-Jean-de-Marcel) a été mise en service le . Cette réalisation a coûté , financée par l'État, la région Midi-Pyrénées et le conseil général du Tarn..

Le doublement de la rocade d'Albi a été inauguré le et marque la fin de l'aménagement de la à dans le département du Tarn., mis à part la traversée de Lescure-d'Albigeois..

Sections en cours d'aménagement à Afin de finaliser cet axe, plusieurs tronçons doivent encore être mis en . Plusieurs sections ont été mises en service en entre 2013 et 2015. Les derniers tronçons sont en 2021 en chantier pour achever la mise à de l'ensemble de l'itinéraire, en Haute-Loire (déviation d'Yssingeaux et contournement du Pertuis).

Un plan État-région (2023-2027) a été négocié pour le chantier de la RN88 entre Rodez et Laissac et pour la rocade de Rodez.

Exploitation La route nationale 88 est gérée par trois directions interdépartementales des Routes (DIR) : la DIR Centre-Est, de Saint-Chamond à Firminy (voie rapide urbaine de Saint-Étienne). ; la DIR Massif Central, de Firminy à Lapanouse. ; la DIR Sud-Ouest, district Est, de Sévérac d'Aveyron à Marssac-sur-Tarn..

Certains tronçons déclassés à la suite de la mise en service de voies rapides ou de déviations sont transférés aux départements.

L'ancienne route nationale 88 dessert deux métropoles (intercommunalités) et les sections de route aménagées et entretenues jusqu'alors par les départements deviennent des routes métropolitaines, gérées par ces métropoles : à Saint-Étienne Métropole (Loire), la quasi-intégralité de la devient la ; à Toulouse Métropole (Haute-Garonne), la devient la .

Parcours

thumb|upright|Une borne routière au bord de la RN 88. thumb|La nouvelle RN 88 près de Châteauneuf-de-Randon. thumb|Le col de la Pierre Plantée. thumb|La RN 88 dans Badaroux. thumb|La RN 88 passe au-dessus de la ligne de Béziers à Neussargues et de l'ex RN 9 par le viaduc de la Colagne (commune du Monastier-Pin-Moriès). thumb|La RN 88 au col du Pertuis. thumb|La RN 88 à Costaros. Les principales villes desservies par la route nationale 88 sont : Saint-Étienne, Le Puy-en-Velay, Mende, Rodez et Albi.

De Lyon au Puy-en-Velay De Lyon à Saint-Chamond De Givors à Saint-Chamond, la route traverse la vallée du Gier et est doublée par l'autoroute A47. Entre Givors et Chabanière, la route est déclassée y compris sur la partie ligérienne traversant les communes de Dargoire et de Tartaras. Sur le territoire communautaire de Saint-Étienne Métropole, la route est renommée .

Les communes traversées sont : Givors ; Saint-Romain-en-Gier ; La Madeleine, commune de Saint-Maurice-sur-Dargoire (commune déléguée de Chabanière) ; Saint-Joseph ; Rive-de-Gier ; Lorette ; La Grand-Croix ; L'Horme ; Saint-Chamond.