Une robe est un vêtement qui couvre le corps humain d'une seule pièce, généralement de tissu, allant des épaules aux jambes. Suivant la matière utilisée, elle s'enfile par la tête ou les pieds, et comprend ou non des ouvertures supplémentaires (dos, devant, côté) permettant de l'ajuster ensuite plus ou moins près du corps, par un laçage, des boutons, des agrafes ou une fermeture éclair.

Ce haut de vêtement se distingue ainsi des vêtements composés de deux pièces ou davantage (complet, tailleur (jupe & veste), jupe-corselet/chemisier, pantalon-chemisier, pyjama ou salwar kameez), ou qui s'enfilent par les manches (blouse, chemise, sarrau, veste), ainsi que des vêtements d'une seule pièce dont on se drape, façon elhaf, haïk, himation, pallium, paréo, péplos, sari ou toge, ou encore tablier.

Histoire

Vêtement unisexe Si le terme désigne de nos jours, en Occident, un vêtement presque exclusivement féminin, de nombreuses cultures la considèrent comme un vêtement traditionnel masculin (pays islamiques, Extrême-Orient, certains peuples d'Afrique et d'Amérique latine, en Chine jusqu'au début du ).

Même en Europe, la robe a longtemps été portée par les deux sexes avant la naissance du concept de féminité lors de la Renaissance. Jusqu'au , la robe enveloppe totalement le corps et masque l'anatomie. Les vêtements confectionnés au milieu du se caractérisent par des costumes plus ajustés, boutonnés ou lacés de l'encolure à la taille et par le raccourcissement de la robe avec une encolure très dégagée chez la femme (premiers bustes lacés, jugés licencieux). Le vêtement masculin évolue en parallèle, pour dévoiler toujours plus les jambes et « souligner la liberté ». Depuis la fin du Moyen Âge, les hommes portent en effet une culotte qui couvre le corps de la taille aux genoux. Georges Vigarello y voit l'existence de nouveaux principes d'esthétisation de l'apparence des femmes et de dynamisation des hommes<ref>Georges Vigarello, « Une histoire de la robe : contrainte ou liberté ? », émission Concordance des temps de Jean-Noël Jeanneney sur France Culture, , 10 min 10 s.</ref>. C'est à partir du que les hommes portent un costume deux pièces, il devient donc plus rare que l'homme porte la robe..

La robe reste un vêtement unisexe chez les vieillards et les enfants jusqu'au comme le montre l'iconographie : dès qu'il n'est plus emmailloté et qu'il peut se tenir assis, vers sept ou huit mois, on enlève le maillot à l'enfant pour lui faire revêtir la robe. Ce vêtement permet de changer les couches de l'enfant plus facilement, le laisse ainsi nu et libre de ses gestes et de ses jeux, en été tout au moins. Certains détails sur les tableaux permettent cependant de reconnaître le sexe : la robe des garçons ressemble à une jaquette boutonnée à l'avant, la robe des filles est boutonnée à l'arrière ; différences entre les cols, les bonnets, les jeux. Ce robage abolit les différences de sexe et cette abolition est renforcée par le fait que les garçons comme les filles portent les cheveux longs. L'enfant est « robé » jusqu'à l'âge de six ou sept ans, époque de l'âge de raison pour la première communion fixée par le concile de Trente et qui est un rite de passage important pour le garçon qui le fait entrer dans le monde des hommes. Ce rite n'existe pas pour les filles, qui passent insensiblement de la robe des enfants à celle des femmes.

Dans de nombreuses cultures, depuis plusieurs millénaires, la tunique est le vêtement de base, unisexe, ample, couvrant le haut du corps, à enfiler par le haut, dans divers matériaux. En Europe médiévale, elle est portée sur cotte et le surcot, éventuellement sous un vêtement d'extérieur (manteau, cape...) ou sous une armure. Une version plus légère en est la "chemise longue", également à enfiler, dont la version nocturne est la chemise de nuit (camisole, blouse de nuit) (ou , nightgown).

Antiquité gréco-romaine : chiton, paenula, Domaine religieux chrétien : aube, costume ecclésiastique, chasuble, coule, dalmatique, froc, habit religieux, robe pastorale, scapulaire, soutane, surplis, Domaine juridique : bourgeoisie de robe, noblesse de robe, robe d'avocat, robe des gens de justice, simarre, Europe de l'Ouest médiévale : bliaud, huque, gone / gonne / goune / gonelle / gonaille (du mot galloromain gunna), Europe et Proche-Orient : lévite, Monde indo-pakistanais : kurta, , , , Monde arabe ou musulman : robes féminines (abaya, djilbab), robes masculines (dishdasha / thobe / thawb, qamis, sawad (abbaside)), Afrique : boubou, (yoruba, mode au Nigeria), babaringa (haoussa), Maghreb : burnous, djellaba, jebba, gandoura, Chine : hanfu, , Japon : kimono, yukata...

Le terme français de garde-robe (dressing) conserve cette signification de vêtement non genré.

Vêtement féminin Lorsque la robe devient en Europe un vêtement plus strictement féminin, au milieu du , elle stigmatise le rôle auquel la femme doit se cantonner en entravant ses mouvements, soit par des jupons démesurés (crinoline, etc), soit par des carcans de tissus ()Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997 .

Elle prend plusieurs formes successives.

Quand la tunique ou la robe est prévue légère et sans manche, elle peut être soutenue aux épaules par deux fines bandes de tissu (façon ruban) nommées bretelles.

La robe, au moins dans les milieux favorisés, se porte sur des sous-vêtements (lingerie), dont une combinaison (fond de robe) et éventuellement divers jupons.

Pendant 500 ans, en Occident, selon la stratification sociale, le corps de la femme est modelé, contraint par un corps à baleines (vers 1500, critiqué dès 1700), puis par un corset (vers 1780, critiqué puis abandonné vers 1950). Le bustier, ajusté, tient du corsage baleiné, apte à remplacer également le soutien-gorge.

fourreau (robe étroite ou moulante) sous l'Empire et la Restauration ; cloche jusqu'en 1850 ; à crinoline jusqu'en 1870 ; à tournure jusqu'en 1910.

Le haut de la robe est marqué par une encolure, simple (collerette), austère (fraise, jabot), érotisée (décolleté, à la Renaissance et depuis 1900), avec ou sans bijou : broche, collier, fibule, , pectoral, pendentif... La taille peut-être soulignée par une ceinture (avec ou sans boucle).

Après la Première Guerre mondiale, la coupe se simplifie pour offrir une plus grande liberté de mouvement ou au contraire souligner les formes.

Vers 1920, les robes commencent à laisser entrevoir les chevilles, provoquant de nombreux scandales. Également à cette époque, apparaît la petite robe noire, vêtement court et léger aux lignes simples et de couleur sombre.

Les matières et les coupes sont variables ; la robe peut être plus ou moins longue sur les jambes, comporter ou non des manches. La coupe comporte un corsage et une jupe cousus pour ne former qu'une seule pièce.

Autres robes La robe de chambre est un vêtement d'intérieur, parfois de soirée, jamais de nuit, mais n'est pas une robe, puisque s'enfilant par les manches. Il en est de même pour cet autre vêtement d'intérieur, le peignoir (de bain ou d'hôtel, sortie de bain), ou encore le banyan. Parmi les autres vêtements d'intérieur nocturnes, le déshabillé, le passe-couloir, la liseuse, le dodo ou le saut-de-lit.

Quelques robes autres qu'occidentales urbaines modernes : Dirndl, reprise de vêtement traditionnel des Alpes, Áo dài (Vietnam), portée avec pantalon, China poblana (Mexique), Huipil (Mésoamérique), Letnik (Russie), Qipao (Chine), Robe mission (robe popinée, Océanie), Stola (costume de la Rome antique).

Types de robes Robe-sac Robe chasuble, gymslip (partie d'équipement scolaire britannique traditionnel) Fourreau, robe moulante, sans ceinture, souvent décolletée, et considérée comme un vêtement de soirée Gaulle, une robe de mousseline ajustée à la taille, dégagée autour de la poitrine Robe à l'anglaise Robe à la française, robe portée au Robe à tassel Robe battante

Robe polo, robe comportant un col polo, mais descendant jusqu'aux genoux. Robe portefeuille Robe Prat (?) Robe bandage, spécialité de la marque Hervé Léger, mais également d'Azzedine Alaïa. Robe de cour (ou grand habit) Robe de soirée Robe de mariée Robe dos nu Robe de cocktail Robe style Empire Robe de bal Robe homard (Schiaparelli & Dali) Robe Mondrian Robe prairie (Ouest américain) , portée avec couvre-chef/kapp, en milieu anabaptiste Robe de Tarkhan Notes et références

Annexes

Bibliographie Georges Vigarello, La Robe. Une histoire culturelle - Du Moyen Âge à aujourd'hui, Le Seuil, 2017, 216 p. Eugénie Lemoine-Luccioni, André Courrèges, La robe: essai psychanalytique sur le vêtement, Le Seuil, 1983, 160 p.

Articles connexes Cache-poussière, pare-poussière Code vestimentaire, norme sociale Costume traditionnel Effet robe rouge, petite robe noire Habillement, vêtement, histoire du costume Habit religieux, coule (robe de bure), costume ecclésiastique Robe de chambre Suaire (linceul, drap mortuaire), nettement plus enrobant, takhrikhin (en judaïsme) Textile, arts textiles, glossaire de la couture That Dress'' Transidentité, dysphorie de genre, expression de genre, travestissement

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