(en ), né vers 1230 et mort le à Dürnkrut en Autriche, est un prince des Přemyslides, fils du roi et de Cunégonde de Souabe. Nommé margrave de Moravie en 1247, il succéda à son père en tant que roi de Bohême en 1253.
Compte tenu des nombreuses acquisitions réalisées durant le Grand Interrègne, dont l'Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole, il est le souverain le plus puissant dans l'histoire de la dynastie. Ses efforts pour asseoir la puissance du Saint-Empire, toutefois, échouèrent dans la lutte contre son rival Rodolphe de Habsbourg et ont abouti à sa mort sur le champ de bataille de Marchfeld.
Origine vignette|gauche|, margrave de Moravie ; Codex Gelnhausen (). Il est le fils de et de Cunégonde de Souabe (tchèque : Kunhuta), ce qui fait de lui le petit-fils de Philippe de Souabe. Du vivant de son père, à la mort de son frère aîné, il reçoit le titre de Margrave de Moravie en 1247. Il est désigné comme héritier du trône le et opposé à son père par un parti de nobles hostiles à la politique du roi, jugée trop favorable au pape face à l'empereur . En , défait les partisans de son fils à Most et il reconquiert Prague en . Ottokar est brièvement emprisonné à Prinda.
L'héritage des Babenberg et son fils se réconcilient dès lorsque le roi confie à son fils le margraviat de Moravie et, l'année suivante, ils entreprennent de capter l'héritage de . En , le margrave qui contrôlait certaines parties de l'AutricheEn tant qu'époux de Gertrude de Babenberg, héritière du duché d'Autriche. meurt suivi peu après par l'empereur . , qui avait été nommé comme nouvel administrateur du duché d'Autriche par le défunt empereur, tente d'y imposer son fils. Venceslas intervient militairement et, le , les ordres autrichiens après de longues négociations lui rendent l'hommage. occupe la Styrie pendant qu'Ottokar est désigné comme gouverneur par son père. Le , le jeune prince épouse Marguerite de Babenberg, qui est son aînée de 18 ans, sœur de Frédéric le Batailleur et héritière de l'Autriche et de la Styrie. Cette accroissement de puissance suscite les protestations de qui envahit l'est de l'Autriche et la Moravie, mais aussi du duc de Bavière et des duchés Piast de Silésie et de Romain de Halitch nouvel époux de Gertrude de Babenberg une autre héritière potentielle de l'Autriche veuve du frère aîné d' .. englué dans les conflits en Italie se désintéresse de la succession d'Autriche. Après la mort de son père le , se rapproche d' qui négocie une paix avec le , l'accord prévoit que la Hongrie garde la Styrie, mais laisse à la quasi-totalité de l'Autriche.
Règne vignette|gauche|Les possessions d'Ottokar Přemysl entre 1253 et 1271. Přemysl apparaît comme le plus puissant souverain tchèque de sa dynastie. Conformément à une des clauses de l'accord conclu avec le pape, participe dès à une croisade avec les chevaliers teutoniques en Prusse et fonde avec eux la forteresse de Königsberg en janvier 1255 avant de revenir dans son royaume. Une seconde expédition prévue en 1267 contre les Borusses païens est finalement annulée.
Après la mort de Guillaume de Hollande en 1256, hésite entre les deux prétendants Richard de Cornouailles et . Il se déclare finalement pour Richard et reçoit de ce dernier l'Autriche et la Styrie comme fiefs impériaux. En 1259, met à profit une révolte des nobles de Styrie contre le roi pour s'emparer du duché de Styrie. Le roi de Hongrie se met en marche contre les Tchèques avec ses auxiliaires Coumans. Lors de la bataille de Kressenbrunn en 1260, la chevalerie d' massacre les hordes de Béla. Le roi de Bohême répudie ensuite son épouse Marguerite qui se retire dans un couvent et afin d'améliorer ses relations avec la Hongrie épouse Cunégonde de Slavonie, petite-fille par sa mère de . En 1268, conclut un accord d'héritage avec au détriment de l'héritier de ce dernier son frère Philippe de Carinthie, patriarche d'Aquilée, qui lui permet de s'emparer de la Carinthie et de la Carniole en .
En 1271, lors d'un conflit avec le nouveau roi de Hongrie , les Tchèques occupent la partie occidentale de l'actuelle Slovaquie. Les combats cessent le après la signature de la paix de Pozsony qui rétablit le statu quo du règne de Gyula Kristo Histoire de la Hongrie Médiévale le Temps des Arpads Presses Universitaires de Rennes (2000) 149..
est à l'origine de l'édification du couvent de Žďár nad Sázavou (allemand : Saar) sur les collines de Bohême-Moravie en 1251, de celui de Vyšší Brod en 1259 et en remerciements de sa victoire sur les Hongrois à Kressenbrunn, de celui de Zlatá Koruna sur la Vltava. En fondant Vyšší Brod (en allemand : Hohenfurth), Zlatá Koruna et la cité de České Budějovice en 1262, le roi cherche aussi à arrêter l'expansion de la haute noblesse dans le sud de la Bohême où elle est très puissante.
Sur le plan intérieur, le roi s'assure de l'appui de la bourgeoisie des villes et de la petite noblesse des chevaliers. Il procède à une colonisation massive avec des Allemands, d'abord rurale puis minière, pour développer l’exploitation des mines d'argent découvertes sur le pourtour de la Bohême-MoravieGeorges Castellan, « Drang nach Osten », l'expansion germanique en Europe centrale et orientale, clio.fr, .. En Europe centrale, ses annexions de la Carinthie, la Carniole et la Styrie, constituent un vaste empire, de la Bohême à l’Adriatique.
Apogée et chute En 1272, après la mort de Richard de Cornouailles, espère que la curie romaine soutiendra sa candidature au titre de « roi des Romains » mais le pape laisse aux princes allemands la liberté d'élection. Ces derniers jaloux de sa puissance désignent son rival le modeste comte souabe Rodolphe de Habsbourg. Le , de Habsbourg est élu à l'unanimité par les princes allemands et, sous la pression du pape, se soumet. Le nouvel empereur ordonne la restitution des fiefs d'empire acquis pendant le « Grand Interrègne », mesure qui vise implicitement le roi de Bohême. En , la diète de Nuremberg instruit un procès en investiture contre . Sommé de se présenter à Wurzbourg, le roi refuse. Il réplique en mettant en doute la légitimité de l'élection de Rodolphe et la diète d'Augsbourg, en , proclame la confiscation des biens usurpés et le met au ban de l'Empire le . En , l'archevêque Werner de Mayence prononce son excommunication.
Une guerre s’ensuit dans laquelle Ottokar perd toutes ses conquêtes de la région des Alpes. Le burgrave Frédéric de Nuremberg enlève Eger, le comte de Tyrol Meinhard de Goritz et son fils Albert occupent la Carinthie et la Carniole. À l'automne 1276, et ses alliés hongrois mettent le siège devant Vienne. Le , de Bohême abandonné par une partie de la haute noblesse n'engage pas le combat et doit céder l’Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole au roi des Romains augmentant considérablement la puissance des Habsbourg. doit demander son pardon dans le camp allemand le et ne conserve que la Bohême et la Moravie. Un mariage entre son héritier Venceslas et Gutta est également prévu pour sceller l'accord Joseph Calmette Le Reich allemand au Moyen Âge Payot, Paris 1951 316-317..
réprime en 1277 la contestation de la haute noblesse : il fait exécuter Boreš de Ryzmburk pendant que Záviš de Falkenštejn s'exile. Il noue ensuite des contacts avec la Thuringe, le Brandebourg, la Saxe et même la Pologne, ainsi qu'avec un parti de nobles autrichiens qui lui est resté fidèle pour trouver des alliés contre l'empereur. Lorsque découvre ses intrigues en Autriche en , il décide d'en finir. Toujours allié aux hongrois avec qui il fait sa jonction le au confluent de la Morava et du Danube, il entre en guerre. est vaincu et tué d'un coup de poignard lors de la bataille de Marchfeld, près de Vienne, le . Rodolphe soumet la Bohême et s’attribue les possessions autrichiennes du vaincu. , fils de l’empereur, épouse Agnès, fille d’Ottokar, et Wenceslas, fils d'Ottokar, épouse Gutta, fille de Rodolphe Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný Histoire des Pays tchèques Points Histoire U 191 Éditions du Seuil Paris (1995) 62..
Unions et postérité ne laissera aucun enfant de son union avec Marguerite d'Autriche, épousée en 1252 et dont il divorce à l'automne 1261. Il épouse en secondes noces le Cunégonde (1245-1285), fille de Rotislav de Tchernigov et Halicz, et petite-fille de , dont Europäische Stammtafeln Vittorio Klostermann, Gmbh, Francfort-sur-le-Main, 2004 , Die Könige von Böhmen Tafel 56. : Henri (1262-1263) ; Cunégonde (1265-), épouse du duc puis abbesse de Saint-Georges de Prague ; (1269-1296), épouse de ; 15x15px Venceslas (1271-1305).
D'Agnès de Kuenring, Přemysl laisse sept enfants, six filles et un fils, légitimé le : Nicolas pour qui il crée en 1269 le duché d'Opava.
D'une autre maîtresse anonyme il a : Élisabeth, qui épouse en 1275 , noble autrichien chef du parti favorable à son beau-père.
Ascendance
Postérité littéraire En 1285, Jacques Bretel fait allusion à la guerre entre le roi de Bohême, , et le roi de Germanie, , dans Le Tournoi de Chauvency. L'écrivain autrichien Franz Grillparzer a écrit un drame qui figure la chute de Ottokar et l'avancement des Habsbourgs : König Ottokars Glück und Ende (« Le bonheur et la fin du roi Ottokar »). Dans l'univers fictif de Tintin créé par Hergé, la Syldavie est un royaume des Balkans dont les rois de la dynastie Almazout s'appellent Ottokar.
Notes et références
Sources . . . .
Lien externe
sur le site Medieval Lands.
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