Thomas Dehau (de son nom de naissance Pierre Marie Félix Dehau), né le à Bouvines (Nord) et mort le dans la même ville., est un prêtre dominicain français, auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité.

À la suite de la condamnation de son neveu Thomas Philippe en 1956 pour des agressions sexuelles, Thomas Dehau, eu égard à son âge et à sa maladie, ne reçoit qu’une monition canonique, Rome considérant une part de sa responsabilité dans ces abus sexuels.

Biographie Pierre Dehau naît dans la bourgeoisie catholique du Nord. Son père Félix Dehau (1846-1934) est catholique légitimiste, oblat de l'abbaye Saint-Martin de Ligugé et propriétaire agriculteur à Bouvines. Il est maire de Bouvines de 1872 à 1934 et conseiller général du canton de Cysoing de 1901 à 1913.. Sa mère Marie Lenglart (1849-1940), est issue de la grande bourgeoisie lilloise. Ils auront dix enfants dont deux entrent dans les ordres, Pierre Dehau chez les dominicains et Claire Dehau (1872-1932) chez les Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul. Leur demeure familiale de Bouvines est le lieu de fréquentes réunions familiales.thumb|right|Vue de l'église Saint-Pierre de Bouvines.|225x225px

Pierre Dehau entre à dix-huit ans au séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Il est ordonné prêtre à Cambrai le , devient aumônier de l'École pratique libre d'agriculture de Genech, puis est envoyé étudier la théologie à Fribourg. C'est dans ce couvent d'études international qu'il décide d'entrer chez les dominicains. Il demande son admission dans la province de France en 1896 et prend le nom en religion de Thomas. Il prononce ses vœux solennels le . Il enseigne quelque temps la pastorale à Fribourg. C'est par la prédication qu'il exerce ensuite son apostolat. Il est fermement convaincu que la contemplation n'est pas réservée aux religieux ou au moniales. Obligé de s'exiler comme tous ses frères, au début du siècle, il prêche au gré de ses affectations. Il retourne définitivement à Paris en 1920, car les relations de la République française avec le Saint-Siège s'améliorent progressivement.

Oncle maternel de Thomas Philippe (1905-1993), cofondateur de l'Arche, et de Marie-Dominique Philippe (1912-2006), fondateur de la Communauté Saint-Jean, il exerce une influence auprès de ses neveux et nièces (deux des sœurs Philippe seront dominicaines Cécile Philippe (1906-1986), dominicaine de 1927 à 1986 au monastère de la Croix et de la Compassion, installé près du Saulchoir puis à Soisy-sur-Seine, elle sera prieure sous le nom de mère Cécile de Jésus. Élisabeth Philippe (1908-2003), dominicaine de 1929 à 2003 dans le même monastère que sa sœur. et deux autres bénédictines Marie Philippe (1903-1999), bénédictine de 1923 à 1999 à l'abbaye Notre-Dame de Wisques sous le nom de Hildegarde. Henriette Philippe (1915-2005), bénédictine dans la même abbaye que sa sœur Marie sous le nom de mère Winfrida, elle fonde ensuite un monastère de la branche des bénédictines de la Compassion. ; en tout ce sont treize vocations dominicaines) qu'il retrouve régulièrement et forme pendant les vacances. , selon l'expression de Jean Vanier, il jouit d’une aura considérable, tant dans sa famille qu’auprès de ses dirigés... Cependant cette aura a été compromise par la mise en évidence de son rôle dans la formation de ses neveux, notamment le chapitre intitulé Thomas Dehau, fondateur d'une dynastie dominicaine..

Il s'inspire de la spiritualité de saint Jean. Il accompagne aussi des laïcs, notamment des intellectuels comme Jacques Maritain. et son épouse Raïssa. Il est l'ami de l'éditeur Pierre Van der Meer de Walcheren, de Julien Green, d'André Frossard et de figures dominicaines comme les pères Bernard Bro. et Marie-Dominique Molinié, auteurs de livres de spiritualitéNé en 1918 et mort en 2002, il étudie à Bouvines auprès du père Dehau après la Seconde Guerre mondiale.. Il rencontre aussi la mystique Marthe Robin.

À moitié aveugle depuis sa jeunesse, c'est surtout par la parole qu'il exerce son apostolat.

Abus sexuels

En 1956, Thomas Dehau est sanctionné pour complicité dans l'affaire de son neveu Thomas Philippe, condamné pour abus sexuels sur des femmes associés à des justifications mystiques et théologiques faussant leur conscience.

Cécile Philippe, prieure du monastère dominicain de Bouvines et nièce de Thomas Dehau, est également mise en cause pour abus sexuels et complicité.. Elle est déposée de sa charge de prieure.

Thomas Dehau, à cause son âge et de sa maladie, n’a reçu qu’une monition canonique.. Il admet néanmoins avoir avec quelques religieuses, ajoutant que son neveu [Thomas Philippe] .

La sous-prieure du carmel de Nogent-sur-Marne rapporte dans sa déposition du que deux religieuses de son couvent .

Ouvrages ; édition 1945, 64 pages. . . . . . . . . . . L'Apostolat de Jésus, approche théologique, avec une traduction de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin III, q. 40 a. 1-3, Versailles, Éditions Saint-Paul, 1995, 292 pages. Invitation à la contemplation (textes choisis) avec quatre témoignages de divers auteurs, Paris, Éditions du Cerf, 2006, 264 pages.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . .

Liens externes

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