Le Méandre (du grec ancien ) est un fleuve d'Asie Mineure, plus précisément du sud-ouest de la Turquie, se déversant dans la mer Égée. Son nom turc Büyük Menderes, « grand Méandre », le distingue du Caÿstre, appelé Küçük Menderes, « petit Méandre », et du Scamandre, appelé Karamenderes, « Méandre noir ».
Géographie Le Méandre est un fleuve de l’antique Carie (Asie Mineure) cité pour la première fois (comme le port de Milet et le mont Mycale) dans un célèbre passage de l’Iliade d’Homère, le Catalogue des Troyens.
Source Le Méandre prend sa source non loin de Kelainai (aujourd'hui Dinar dans la province d’Afyonkarahisar) en PhrygieHérodote, L'Enquête, livre 7, section 26.. Il irriguait, par un canal, les jardins de CyrusXénophon, Anabase, livre 1, chapitre 2., séparant la Lydie de la Carie. Selon plusieurs géographes de l'AntiquitéStrabon, Géographiques, livre XII, p. 578; Maxime de Tyr viii. 38., ses sources auraient été les mêmes que celles du Marsyas ; mais ce point est contredit par Xénophon, qui affirme qu'un palais avait été édifié autour de la source du MarsyasXenophon, , livre 1, chap. 2.8. ; pour d'autresPline l'Ancien (livre 31), Solin (40. § 7) et Martianus Capella (Noces de Philologie et de Mercure, vol. 6. p. 221)., le Méandre était l'exutoire d'un lac du mont Aulocrène. L'historien anglais William Martin LeakeAsia Minor, p. 158 et suiv. résume ces apparentes contradictions en alléguant que le Méandre et le Marsyas étaient les deux épanchements d'un lac du mont Aulocrène surplombant la ville de Kelainai.
Cours Les poètes de la Grèce et de la Rome antiques ont célébré les sinuosités du Méandre — ainsi que la beauté de ses cygnesHésiode, Théogonie, vers 339; Strabon, , livre 12, chapitre 8, Section 15; Pausanias, Description de la Grèce, livre VIII. chap. 41, § 3; Ovide Métamorphoses livre VIII, vers 162 et suiv. Tite-Live, Histoire romaine, 38e décade, 13; Sénèque, Herc. Fur. 683, &c., Les Phéniciennes 605. —, d'où le nom de méandre, passé dans le langage commun, donné aux détours des cours d'eau. Son cours a une orientation générale ouest-sud-ouest et longe les monts Messogis ; au sud de Tripolis, il reçoit les eaux du Lycos, de l’Harpase et du Marsyas. Près de Carura, il passe de Phrygie en Carie, où il amorce son cours tortueux à travers la plaine de MéandrieCf. Strabon Géographiques, livre XIV p. 648 et livre XV p. 691. Puis, il longe les ports antiques d'Antioche du Méandre, de Magnésie du Méandre et celui disparu — à la suite des dépôts alluvionnaires — de MiletPline l'Ancien, ; Pausanias, livre II, 5. § 2., et se jette dans le golfe d'Icare (un bras de la mer Égée), entre les antiques colonies grecques d’Héraclée (au sud) et de Priène (au nord), face à l'île de Sámos.
Affluents Parmi les affluents du Méandre, les Anciens citaient l'Orgyas, le Marsyas, le Cludrus, le Léthé et le Géson, au nord ; l'Obrimas, le Lycos, l’Harpase et un autre Marsyas au sud.
Relief Le Méandre est un fleuve profondNicétas Choniatès, Histoire, p. 125; Tite-Live, et encaissé. En bien des sections, sa profondeur est égale à sa largeur, ce qui le rendait navigable par de petites embarcationsStrabon xii. p. 579, xiv. p. 636.. Il déborde fréquemment et dépose des sédiments à plus de 20 ou (environ ) de son embouchure : plusieurs petites îles au large de la côte se sont donc retrouvées liées au continent depuis l’AntiquitéPausanias, livre VIII, p. 24. § 5; Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, livre VIII, 17.).
Mythologie Le dieu du fleuve était Méandre, l'un des fils d'Océanus et de TéthysHésiode, Théogonie, 334.
Pausanias s'est fait l'écho d'une légende sur une connexion souterraine entre le Méandre et l'Asopos phliasienPausanias, Livre II, 5, 2..
Notes et références
Annexes
Articles connexes Liste des cours d'eau de la Turquie Caÿstre Méandre (mythologie)
Lien externe Le Büyük Menderes sur le site du WWF
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