La famille de Wendel est une dynastie industrielle de maîtres de forges, propriétaire d'aciéries en Lorraine, présente dans l'industrie depuis trois siècles.
Cette famille compte notamment parmi ses membres deux présidents du Comité des forges de France et un régent de la Banque de France.
Origine du nom Le nom Wendel vient de Wendelin, saint ermite établi au dans la région de Trèves, qui a aussi donné son nom à la ville allemande de Saint-Wendel dans la Sarre.
Selon Nicolas Viton de Saint-Allais, les premiers Wendel étaient des militaires. Les premiers membres de la famille connus semblent avoir vécu à Bruges, avant leur installation à Coblence. Le premier acte de baptême certain fut établi à Coblence en 1605 à l'occasion de la naissance de Jean-Georges, fils de Jean de Wendel et Marie de Wanderen.
Histoire Selon Nicolas Viton de Saint-Allais cette famille est issue d'officiers installés en Lorraine dans la deuxième moitié du . Christian Wendel, seigneur de Longlaville près de Longwy, lieutenant de cavalerie dans l'armée du duc est le père de Jean-Martin Wendel, maître de forges.
En 1704, Jean-Martin Wendel, fils cadet de Christian, fait l'acquisition des forges de la Rodolphe à Hayange, au nord du duché, devenant ainsi le premier maître de forges de la famille, qui développe considérablement les activités sidérurgiques au cours des générations. Son fils, Charles I de Wendel (1708-1784), épouse Marguerite d'Hausen et fait notamment construire les forges de Hombourg-Haut (1754) et le haut-fourneau de L'hôpital (1760).
En 1779, François Ignace de Wendel de Hayange, officier d'artillerie, est nommé régisseur des Fonderies d'Indret (Loire-Atlantique) par le ministre de la marine de Louis XVI (Sartines) et sur conseil de Gribeauval., premier inspecteur de l'artillerie royale. Puis le , il fonde, avec l'ingénieur anglais William Wilkinson et l'architecte Pierre Toufaire, la fonderie royale du Creusot.. Toutefois, la Révolution contraint les Wendel à émigrer. Leurs biens, dont les forges de Hayange, sont vendus comme biens nationaux. De retour d'émigration, François de Wendel, fils d'Ignace, rachète en 1804 les forges de Hayange et les développe sous l'Empire et la Restauration.
Au , la sidérurgie Lorraine dominée par les Wendel atteint un développement considérable, grâce en particulier à l'extension des chemins de fer. La famille de Wendel met en œuvre une politique sociale ambitieuse et bienveillante, inspirée par ses convictions catholiques, qui sera ultérieurement critiquée sous le nom de paternalisme.
Le Traité de Francfort qui met fin à la guerre de 1870 entérine l'annexion d'une grande partie de la Lorraine. Hayange se trouve intégré à l'Empire allemand. Charles étant mort quelques mois plus tôt, c'est à sa mère Joséphine de Fischer de Dicourt, âgée de quatre-vingts ans que revient la charge d'assurer l'intérim à la tête des usines en attendant que la transition se fasse avec les fils de Charles. Afin d'éviter l'éclatement du groupe, celle-ci va alors intégrer dans les statuts de la société une clause stipulant que seul un membre de la famille Wendel pourra en être actionnaire. Le groupe Wendel est en effet à ce moment sollicité par un groupe allemand mais se refuse à vendre, afin de « maintenir la présence française en Lorraine annexée ». L'un des fils Wendel restera à Hayange (rester en territoire allemand impliquait la perte de la nationalité française). Deux d'entre eux seront élus au Reichstag comme députés « protestataires » par une population restée fidèle à la France. Mais le reste de la famille de Charles de Wendel, refusant de devenir Allemand, décide de s'établir (côté français) à Jœuf qui se trouve à la frontière entre la France et l'Allemagne. Les Wendel y fondent de nouvelles et monumentales usines, aujourd'hui détruites.
Robert de Wendel est président du Comité des forges de 1898 à 1903.
Au , au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Moselle redevient entièrement française entraînant la réunification de toutes les usines lorraines. Les industries de la famille de Wendel atteignent leur apogée. François de Wendel, député puis sénateur, président du Comité des forges (1918-1940), régent de la Banque de France (et ainsi désigné comme faisant partie des « 200 familles »), est considéré comme un des principaux acteurs d'une politique conservatrice qui échoue avec l'avènement du Front populaire. En 1940, demeuré à Paris en geste de « discrète désapprobation »Selon son biographe Jean-Noël Jeanneney, dans François de Wendel en République, Perrin, 2004 , 594., il s'abstient de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le Troisième Reich annexe de facto la Moselle. Les usines de Moselle sont confisquées par les nazis. Contrairement à une légende bien ancrée, à aucun moment de leur histoire, les Wendel ne produisent de canons.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la famille Wendel contribue à la reconstitution d'un pôle sidérurgique français important (fusion d'entreprises pour former Sollac puis Sacilor). François de Wendel est ainsi épaulé par ses deux frères : Maurice et Humbert. C'est d'ailleurs ce dernier qui sera à l'origine de la création de Sollac. La mort des trois frères dans une période de treize années (François en 1949, Humbert en 1954 et Maurice en 1962) annonce la fin des grands maîtres des forges, dont le dernier sera Henri de Wendel, mort en 1982. Fragilisée par un strict contrôle des prix et par une croissance accélérée des capacités de production destinée à répondre aux exigences du Plan (usine de Fos-sur-Mer) édicté par l'État, la société Wendel et Cie, devenue Wendel-Sidelor puis Sacilor, passe en 1978 sous la coupe des banques d'État, avant d'être formellement nationalisée en 1981 pour se fondre dans Usinor-Sacilor puis Arcelor. Les dettes et renflouages supportés par l'Etat et les contribuables à la suite de ces difficultés ont représenté près d'une centaine de milliards de francs (en francs de 1997). La famille obtient la possibilité de conserver sa holding propre (CGIP, Compagnie générale d’industrie et de participations), devenue Wendel en 2002.
La famille de Wendel est citée en 1936 par Augustin Hamon dans son ouvrage « Et voici les 200 familles… »Et Voici les 200 familles, Augustin Hamon, 1936. Sous l'égide de Pierre Celier puis d'Ernest-Antoine Seillière, la maison de Wendel est donc depuis lors devenue une société d'investissement. Wendel détient des participations, entre autres, dans la société internationale de certification Bureau Veritas.
La commune de Stiring-Wendel a été baptisée en leur hommage.
Propriétés
Généalogie
Généalogie simplifiée
Portraits
Armoiries Image Armoiries
De gueules, à trois marteaux (précédemment des étendards) d'or, emmanchés du même, liés d'azur, dont deux passés en sautoir et le troisième brochant en pal et renversé, au tube de canon d'or posé en fasce, rangé en pointe, à une bordure d'argentJougla de Morenas, Grand Armorial de France, Tome VI, p. 508.. 130px Sceau de François de Wendel (1778-1825)
Représentation des armoiries de la famille Wendel, timbrée d'une couronne de comte (titre de courtoisie, non-porté par la famille) et sur laquelle figure l'ordre de Saint-Louis.
On retrouve également des représentations de ces armoiries avec deux lions en supportsvoir modèle de blason réalisé pour un service en faïence aux armes de la famille de Wendel par Émile Gallé, Musée d'Orsay..
Voir aussi Bibliographie Les archives de la famille de Wendel sont conservées aux Archives nationales sous les cotes 189AQ et 190AQ
Articles connexes
Famille Schneider ArcelorMittal La Mine, musée du carreau Wendel Hôtel de Sourdeval-Demachy Armorial des familles de Lorraine Familles subsistantes de la noblesse française
Liens externes
La famille de Wendel, héritiers des maîtres de la sidérurgie en Lorraine Les Hommes du fer, l'histoire de la sidérurgie, sur Arte.
Notes et références
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