Le étranger ( RE) est le plus ancien régiment de la Légion étrangère de l'Armée de terre française. Il a été créé en 1841. C'est le régiment de Camerone. Il est stationné au « Camp de la Demande », devenu « Quartier Vienot » à Aubagne depuis 1962. À cette date, la Légion, stationnée à Sidi Bel Abbès en Algérie française, fut transférée en France à la suite de l'indépendance de l'Algérie.
Il est une étape majeure dans le parcours du légionnaire. Il y commence sa carrière, au centre de sélection et d'incorporation (CSI), et y accomplit ses formalités de départ. Aujourd'hui, ce régiment a une vocation principalement administrative.
Création et dénominations Le , le étranger est crééIn Le Étranger, page I-8.. En 1859, il fusionne avec le et devient le régiment étranger. Le , il est licencié. En 1875, il devient la Légion étrangère. Le , il redevient le étranger.
Liste des chefs de corps du étranger
Historique des garnisons, campagnes et batailles 1841 à 1852 Le étranger () est créé en Algérie le , à partir des trois premiers bataillons de la Légion.
Au , le RE, sous le commandement du colonel Émile Mellinet, est en garnison à Oran en Algérie.
Second Empire Le , il reçoit son drapeau de l'Empereur Napoléon III, avant de partir faire campagne en Kabylie.
Il participe à la pacification de l'Algérie puis est acheminé en Crimée (1853-1856) ; il forme une brigade avec son équivalent, le RE, au sein de la . Il participe à la bataille de l'Alma et au siège de Sébastopol. Son chef de corps, le colonel Vienot, est tué au combat le . Le , les sont enlevés. Il participe à la prise de la tour de Malakoff, le (voir Bataille de Malakoff).
Le régiment participe à la campagne d'Italie en 1859, au sein de la d'infanterie du d'armée (Mac Mahon), et s'illustre lors de la bataille de Magenta. Il fait son entrée dans Milan libérée le .
À son retour en Algérie, son personnel est licencié, le . Le régiment est dissous par décret impérial. Ses effectifs sont reversés au Étranger, qui change d'appellation le et devient le « Régiment étranger ».
De 1861 à 1867, il participe à l'expédition du Mexique. Il arrive le et débarque le à Veracruz. Sa se sacrifie lors de la bataille de Camerone, le . Les et participent au siège d'Oaxaca, qui capitule en . Cette bataille sera inscrite sur le drapeau impérial du régiment, puis effacée sur le drapeau républicain en 1871. Le , le perd au combat de Santa Isabel. Le , le régiment quitte le Mexique.
Lors de la guerre franco-allemande de 1870, la Légion qui, en droit, ne pouvait jusque là intervenir sur le territoire national, est engagée fin . Le régiment est intégré dans le (, ) de l'armée de la Loire. Il combat aux environs d'Orléans. Il refuse à trois reprises l'ordre de se retirer. Le sous-lieutenant à titre étranger Karageorges, futur Pierre de Serbie) s'illustre en et , puis à Montbéliard en , où il oblige les Prussiens à quitter la ville.
1871 à 1914 Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la Semaine sanglante.
Il retourne en Algérie en , à Mascara près d'Oran.
Il prend le nom de « Légion étrangère », le . Le , il se dédouble en deux régiments étrangers, constitués chacun de quatre bataillons et d'une compagnie de dépôt.
Lors de l'expédition de Madagascar en 1895-1896, il forme avec le un bataillon de marche qui dépend du Régiment Algérie, de l'armée d'Afrique, sous les ordres du colonel Oudri du étranger.
En 1881, le RE est engagé au Maroc. Il combat à Chellaha du , et, dans le Sud Oranais, à Chott Tigri, le . affrontent . Le Étranger combat dès 1900, lors de la bataille des Oasis, dans le Sud-Oranais et les confins marocains. Le , la du RE défait le rezzou de Bou Amama, qui avait participé au combat d'El Moungar. La du RE y subit de lourdes pertes. Cette bataille sera surnommée le « Camerone des sables ».
Dès 1883, les bataillons (, ) du RE sont envoyés au Tonkin. Ils prennent Sontay le . Du au , les de Tuyen-Quang, dont , repoussent chinois.
En 1892, le RE est engagé au Dahomey (actuel Bénin) et débarquent à Cotonou le . Ils combattent en septembre et en octobre. Les de la colonne Faurax affrontent des milliers de combattants du roi Béhanzin, et rembarquent, victorieux, le .
Entre 1892 et 1894, les compagnies du RE interviennent au Soudan. Le , les légionnaires du lieutenant Betheder et du sergent Minnaêrt se battent à Bossé. Ils perdent et blessés mais sont vainqueurs. Le sergent Minnaêrt (qui s'est déjà distingué au Tonkin) est décoré de la Légion d'honneur pour sa vaillance au feu.
En 1895-96, le régiment fait partie de l'expédition qui va conquérir Madagascar. L'ennemi cède du terrain, mais les conditions climatiques causent des ravages. Les pertes par maladies sont de . Les légionnaires s'épuisent. La phrase circule dans tout le corps expéditionnaire : . La pacification débute en 1895 jusqu'en 1905 : les unités du RE en Algérie rentrent en France.
L'épopée marocaine commence en 1906. Le , le chef de bataillon Provost est tué à Casablanca, en repoussant une attaque. En 1908, le RE se distingue à Menabah. En 1911, la du capitaine Labordette perd , dont son chef, à Alouana.
Première Guerre mondiale Le régiment ne participe pas à la Grande guerre. Il administre l'institution et fournit les effectifs pour les unités engagées. En 1914, il forme la totalité ou l'ossature de plusieurs unités.
Au Maroc, le RE fournit l'effectif complet du RM du RE (constitué des , , ). Ces unités combattront , à Taza ou à Sidi-Amar et compteront . Le RM sera dissous le et ses bataillons et compagnies montées deviennent autonomes.
En France, le RE fournit l'ossature des RM, RM et RM (« Légion garibaldienne ») engagés en France. La troupe est constituée essentiellement d'engagés volontaires pour la durée de la guerre, dont le vainqueur du tour de France François Faber, les poètes Blaise Cendrars, Camil Campanyà ou Alan Seeger. Entre et , les et de Marche disparaissent après de terribles pertes. Le de Marche sera cité à . Il est anéanti () avec son régiment équivalent ( de Marche du REI) en lors des combats de Navarrin. Les survivants constitueront le célèbre Régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), qui sera confié au lieutenant-colonel Rollet. Le RMLE sera l'unité la plus décorée de l'armée française, derrière le Régiment d'infanterie coloniale du Maroc, actuel RICM.
En Orient, le REI forme un bataillon de marche pour le Régiment de Marche d'Afrique qui sera engagé en Orient (Dardanelles, Serbie). L'unité est formée à l'origine de du REI et du REI. L'état-major vient du REI et le chef de bataillon du REI. Il perd au feu, est cité à , dont 2 à l'ordre de l'armée, et est dissout en 1917.
Au Tonkin, des attaques sont menées par des agitateurs annamites entre et . Ses actions se répèteront jusqu'en 1940. Le perdra pendant cette période.
Entre-deux-guerres En 1925, le REI compte répartis en (huit de combat et un d'instruction, le ), de spécialisées et du dépôt commun des régiments étrangers (DCRE). vignette|Le , formant corps, stationné à Tong au Tonkin : fanions du bataillon et des compagnies (, , compagnies et compagnie de mitrailleuses), vers 1930. Le formant corps est au Tonkin, rejoint par le créé en 1926. Il combat entre 1914 et 1940 les agitateurs annamites. Il comptera plus de .
Le et la sont en Syrie. Ils affrontent les Druzes à Messifré et Soueida le . Le sera cité à l'ordre de l'armée. Sa première citation fut obtenue alors qu'il appartenait au REI, avant de devenir du REI.
Les , , , , et ainsi que les unités spécialisées sont en Algérie.
Pendant la guerre du Rif, la conquête du Maroc va nécessiter à plusieurs reprises l'engagement des unités du REI et ce, dès 1918, en particulier dans la lutte contre Abdelkrim.
Le , la montée perd 49 hommes ; 2 sont morts d'épuisement. Son chef, le capitaine Timm, grièvement blessé à la jambe et au visage, se fait attacher sur un mulet pour continuer à commander. Le , le attaque le piton de Taghzout et perd 18 hommes, 36 autres sont blessés.
En 1925-1926, lors de la guerre du Rif, quatre bataillons (, , et ) et les deux compagnies de sapeurs-pionniers du REI sont engagées (soit ). Les bataillons compteront plus de , dans des combats souvent au corps à corps. Le , par exemple, le corps franc du est décimé : et lors d'une opération de nuit pour libérer le poste de Mediouna. Le chef du , le commandant Deslandre, est tué le , près de Tezual.
Le , l'offensive générale est déclenchée. Toutes les unités du RE y participent, en particulier les , et . La victoire est acquise le . Le chef de bataillon Le Roch trouve la mort dans de violents combats résiduels, le , à la tête du , sur les crêtes de Tizi-N'Ouidel.
Les quatre bataillons seront cités à (dont pour le ).
Seconde Guerre mondiale En 1939, le Étranger dirige sur la France et légionnaires sur les qui formeront les et REI. Trois anciens chefs de corps du REI commanderont le REI. Ces deux régiments sont décimés lors de la défaite de 1940. Le REI est cité à l'ordre de l'armée, le à l'ordre de la division.
Parallèlement, le du REI est versé à la DBLE qui part à Narvik en Norvège.
En 1941, deux bataillons du REI et la compagnie hors rang (CHR) constitue la DBLE, envoyée au Sénégal. Le REI accueille les rescapés du REI qui se sont battus en Syrie.
En , le Bataillon du REI combat contre l'Afrika Korps en Tunisie. Sa est anéantie dans le Djebel Mansour et est citée à l'ordre de l'armée.
La Demi-brigade de Légion étrangère revient à Sidi-Bel-Abbès ; la campagne de Tunisie commence en 1943. Le REI devient Régiment étranger d'infanterie de marche ( REIM) le . Formé de trois bataillons, il compte mais inflige des pertes sévères à l'ennemi au Pont du Fhas et dans le djebel Zaghouan. Il est cité à l'ordre de l'armée ; la citation orne actuellement le drapeau du régiment. Les rescapés du REIM et du REIM vont former le RMLE : il participera à la libération totale du territoire national.
Le REI cesse d'exister le . Ses missions sont assurées par le DCRE à Sidi-Bel-Abbès.
Guerre d'Indochine Le Régiment étranger renaît le . Il participe, à travers des unités de combat spécialisées, aux opérations que la Légion va mener jusqu'en 1962 (Compagnies sahariennes portées notamment). Il assure la sélection et l'instruction des engagés volontaires, l'administration de l'Institution, et achemine, via le dépôt commun, des renforts vers les unités engagées en Indochine. Il ne participe pas directement au conflit.
Le , le groupement autonome de la Légion étrangère est créé. Il annonce le Commandement de la Légion étrangère actuelle.
Guerre d'Algérie Lors du déclenchement des « évènements d'Algérie », le RE, comme l'ensemble de la Légion qui vit en Algérie depuis 1831, va participer aux combats jusqu'en 1962 ; il perdra , sous-officiers et légionnaires, mettra hors de combat et récupèrera individuelles et collectives.
Quelques dates Le , un sous-lieutenant du de marche meurt dans le djebel Orbata. Le , la du Centre d'instruction détruit une bande rebelle au nord-ouest de Franchetti. Le , l'État-major tactique du RE, aux ordres du chef de bataillon Fournier, est engagé dans la région de Sebdou puis sur la piste de Djilali. La section d'élèves sous-officiers de l'adjudant-chef Kemenceî se heurte aux rebelles, en abat 24, et a . Le , des rebelles s'infiltrent dans Sidi-Bel-Abbès ; repérés, ils se retranchent dans une maison ; les légionnaires du RE donnent l'assaut ; ils auront , dont le légionnaire Zimmermann. Il sera le dernier légionnaire tué sur le sol d'Algérie.
Le , les corps du général Rollet, du chef de bataillon (prince) Aage de Danemark, et du légionnaire Zimmermann sont transférés au cimetière de Puyloubier (Bouches du Rhône). Ils représentent l'ensemble des légionnaires morts en Algérie.