Amnesty International (francisé Amnistie internationale au Canada) est une organisation non gouvernementale internationale qui promeut la défense des droits humains et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.. L'organisation milite notamment pour la libération des prisonniers d'opinion, le droit à la liberté d'expression, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes politiques, mais aussi pour le respect de l'ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels...

Mandat Enregistrée comme organisation internationale à caractère non gouvernemental, Amnesty International entretient des sections dans plus de 80 pays et se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative auprès du Conseil économique et social des Nations unies, de l'UNESCO, de l'Union européenne et de l'Organisation des États américains... Elle jouit également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. Amnesty International tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de trois millions d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et territoires. Son siège se trouve à Londres, au Royaume-Uni.

Afin de s'assurer de l'exacte observation des règles de droit international par les tribunaux qui ont à juger d'affaires politiques, afin d'enquêter sur les conditions d'internement et les allégations de torture, Amnesty International entreprend chaque année de nombreuses missions : ses envoyés sont présents comme observateurs lors de procès dont l'issue est présumée critique. Ils établissent des communiqués et des rapports sur ces procès et recueillent sur place des informations concernant les personnes emprisonnées pour leurs opinions. De telles missions sont habituellement composées de juristes faisant figure d'experts distingués, de diplomates ayant quitté leurs fonctions ou de spécialistes reconnus.

Amnesty International publie chaque année un rapport rendant compte de la situation des droits de l'homme et de leurs violations dans l'ensemble des pays du monde.. Elle publie également un certain nombre de rapports importants et documentés dénonçant les incarcérations politiques pratiquées par les gouvernements de divers pays....

Ces différents rapports fournissent à l'opinion mondiale des renseignements chiffrés, des références aux textes et aux juridictions d'exception utilisés par les gouvernements et révèlent l'emplacement des prisons, des camps de travail, etc. Depuis la fondation d'Amnesty International, des dizaines de milliers de prisonniers ont été libérés à la suite de son intervention.

Création et historique vignette|upright=0.4|Bougie et barbelés Amnesty International Le , l'avocat britannique Peter Benenson lit un article concernant deux étudiants portugais condamnés à sept ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté. Il pense aussitôt à une pression internationale qui mobiliserait l'opinion publique en faveur des prisonniers d'opinion : Amnesty International est née...

L'appel que publie Benenson, intitulé The Forgotten Prisoners., est diffusé dans la presse le .., et l'idée d'une campagne internationale pour la défense des droits de la personne suscite immédiatement plus de offres de soutien.

Le but affiché n'est pas le seul but de Benenson. Le , dans un mémorandum interne, il explique que son véritable objectif est de . À terme il importe plus, ajoute-t-il, de canaliser l'enthousiasme des bénévoles que de libérer les prisonniers politiques, d'autant plus que les vrais saints sont aussi bien en prison qu'ailleurs. Sa conclusion est qu'Amnesty doit .

À la fin de la première année, la nouvelle organisation a envoyé des délégués chargés d'intervenir en faveur des prisonniers dans quatre pays et elle a pris en charge 210 dossiers. Les membres d'Amnesty International créent des instances nationales dans sept pays.

Dès le départ, les principes d'impartialité et d'indépendance strictes sont établis. Les interventions doivent couvrir l'ensemble des blocs géopolitiques. L'accent est clairement mis sur la protection internationale des droits de la personne et l'aide aux victimes.

Face à l'extension alarmante de la torture, pratique à laquelle on recourt de par le monde comme instrument de gouvernement et arme de pression politique, Amnesty International lance, en 1972, une grande campagne pour l'abolition de la torture. Une conférence internationale sur la torture se tient à Paris en décembre 1973, au terme de laquelle son président, Sean MacBride, reçoit le prix Nobel de la paix en 1974. Puis en 1977, c'est au tour de l'organisation elle-même de recevoir le prix, les jurés d'Oslo entendant témoigner, par cette double récompense, de l'attention qu'ils portent à la protection internationale des droits de l'homme. Puis en 1978, Amnesty International a reçu le Prix des droits de l'homme des Nations unies.

Principes et objectifs thumb|Timbre émis par les îles Féroé en 1986.

Amnesty International œuvre en faveur des personnes emprisonnées pour des raisons de conscience, hommes ou femmes, auxquels leurs croyances, leur origine ethnique ou leur appartenance religieuse ou politique leur valent de se voir privés de leur liberté (aide et assistance ne leur étant toutefois apportées que sous réserve qu'ils n'aient jamais usé de la violence ou invoqué son recours).

Amnesty International s'oppose également et sans réserve à toutes les formes de torture et à la peine de mort..

Elle soutient les droits des femmes, des enfants et des minorités opprimées (réfugiés, malades atteints du SIDA, personnes LGBT, peuples autochtones…).

L'organisation lutte contre l'enrôlement d'enfants soldats et demande l'abrogation de toutes les lois anti-avortement.

Elle œuvre à l'application par les gouvernements des règles définies par l'ONU en matière de traitement des prisonniers, notamment dans les conventions de Genève. L'organisation leur demande aussi de respecter instamment la primauté du droit, ainsi que de ratifier et d'appliquer les textes relatifs aux droits de l'homme.

En 2001, lors de son Conseil international à Dakar (Sénégal), Amnesty International redéfinit et élargit ses objectifs. Ils se définissent comme suit :

Méthodes thumb|À Rotterdam en 1990. thumb|À Brême en 2008. L'organisation fonctionnelle d'Amnesty International peut varier d'un pays à l'autre. Au Canada, il existe différentes sections comme un réseau « LGBT », un réseau « femmes » et un réseau « économie et droits de l'homme ».

L'un des points sur lesquels Amnesty International mène également des actions est l'aide et l'assistance apportées aux familles des prisonniers pour lesquels elle intervient et à ces prisonniers mêmes : elle fournit les médicaments spéciaux requis par l'état de tel ou tel prisonnier, donne les livres nécessaires aux étudiants dont l'arrestation a interrompu les études, adresse des subsides aux familles des victimes pour leur permettre de subvenir aux dépenses en vêtements, nourriture et frais de scolarité et aide enfin les prisonniers libérés à trouver un emploi.

L'association remet depuis 2003 le Prix Ambassadeur de la conscience à un ou plusieurs individus ou groupes pour distinguer ceux « qui ont montré la voie en matière de défense des droits humains et qui ont fait preuve d'un courage exceptionnel pour les défendre.

Organisation Secrétaires généraux thumb|Irene Khan, secrétaire générale entre 2001 et 2010. thumb|Salil Shetty, secrétaire général entre 2010 et 2018. thumb|Kumi Naidoo, secrétaire général entre 2018 et 2019. thumb|Agnès Callamard, secrétaire générale depuis 2021. Année Nom 1961-1966 Peter Benenson 1966-1968 Eric Baker 1968-1980 Martin Ennals 1980-1986 Thomas Hammarberg 1986-1992 1992-2001 Pierre Sané 2001-2010 Irene Khan. 2010-2018 Salil Shetty 2018-2019 Kumi Naidoo. 2019-2021 Julie Verhaar (intérim) Depuis 2021 Agnès Callamard.

Financement Amnesty International déclare ne solliciter ni accepter aucune aide financière des gouvernements (sauf pour des exceptions limitées, telles que des projets d’éducation aux droits humains). Les centaines de milliers de dons qui font vivre le mouvement proviennent de ses membres, du public et d’organisations diverses telles que des fondations ou des entreprises.

Critiques Harcèlement et racisme sur le lieu de travail Amnesty International est à plusieurs reprises touché par des scandales de harcèlement et de racisme visant ses employés et bénévoles.

Le suicide en de Gaëtan Mootoo, chercheur d'Amnesty International chargé de l'Afrique de l'Ouest, conduit à la réalisation d'une enquête interne qui met en lumière les bouleversements récents du fonctionnement de l'organisme au profit de la communication et de la recherche de financement, et au détriment du travail de terrain«Mort de Gaëtan Mootoo : le rapport d’enquête pointe « des défaillances » au sein d’Amnesty», Le Monde, 4 décembre 2018.. En , l'équipe de direction d'Amnesty International propose de démissionner (cinq des sept membres de la direction générale)«Amnesty International : plusieurs dirigeants quittent l'ONG après une enquête révélant un environnement de travail "toxique"», France Info, 28 mai 2019. après qu'un rapport indépendant a révélé ce qu'il appelle une « culture toxique » d'intimidation sur le lieu de travail. Des preuves d'intimidation, de harcèlement, de sexisme et de racisme ont été découvertes après deux enquêtes sur des suicides en 2018 : celle du vétéran d'Amnesty, Gaetan Mootoo, âgé de 65 ans, à Paris en (qui a laissé une note citant des pressions au travail), et celle de la stagiaire Rosalind McGregor, âgée de 28 ans, à Genève en ...

L’indemnité « généreuse » de licenciement de cinq des sept membres de la direction générale a suscité la colère, tandis que près de cent autres travailleurs d'Amnesty perdent leur emploi en raison d'une crise financière dans l'organisation..

En , huit employés d'Amnesty International (anciens et actuels) issus de minorités ethniques rapportent avoir été victimes de façon répétée de discrimination raciale de la part des cadres de l'organisation, consistant notamment en des comportements inappropriés ou vexatoires..

Discrimination envers les femmes chez Amnesty International en Hongrie En , OpenDemocracy révèle que cinq femmes employées par l'antenne hongroise d'Amnesty International ont été victimes de discrimination de la part de l'organisation, consistant notamment en des comportements sexistes, des brimades et le non-renouvellement de contrats de travail de femmes enceinteshttps://hungarytoday.hu/amnesty-international-hungary-caught-in-controversy-over-alleged-gender-discrimination/. Deux des victimes en ont été profondément traumatisées. Les victimes rapportent avoir fait part de ces comportements à la direction de l'organisation, sans que celle-ci ne les prenne au sérieux.

Salaires et indemnités de départ Les indemnités de départ versées à la septième secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, ont été dénoncées dans un article du Canard enchaîné daté du . Cette dernière a touché livres sterling, obligeant ainsi l’ONG à justifier cette somme dans un communiqué par le versement d’une prime de départ (), de ses trois derniers mois de salaires (), d’arriérés de divers paiements (), d’une augmentation rétroactive (), d’indemnité de déménagement (), et d’une prime non versée ()..

Prises de position