Pierre-François-Léon Duchesne de La Sicotière, né le à Valframbert et mort le à Alençon, est un homme politique et historien local français.

Biographie D’une vieille famille française, dont les membres avaient occupé des postes honorables, mais n’avaient jamais été des courtisans sous l’Ancien Régime, ni des parvenus sous le nouveau, La Sicotière fut mis de bonne heure au collège d’Alençon, où il se montra un écolier modèle, sage et studieux, dont son professeur de philosophie, l’abbé Roger, disait que c’était « une des colonnes de sa classe. » Il y eut pour condisciple le futur Supérieur du Grand-Séminaire et vicaire général, de Fontenay, avec qui il resta ami jusqu’à sa mort..

À la fin de ses études de droit à l’université de Caen, en 1834, il endossa, à l’âge de vingt-deux ans la profession d’avocat au barreau d’Alençon, dont il fut élu bâtonnier, et se maria bientôt après. Il est par exemple le défenseur du journal L'Indépendant de l'Ouest en 1848.

Entré en politique comme conseiller municipal d’Alençon, puis conseiller d’arrondissement, il démissionna de ses fonctions lors du coup d'État du 2 décembre 1851. Redevenu conseiller général en 1862 pour le canton ouest de cette ville jusqu’à la chute de l’Empire, il fut élu, le , député de l’Orne à l’Assemblée nationale, le deuxième sur huit, par voix, et prit place au centre droit. Il fut chargé de plusieurs rapports par les commissions dont il était membre. Il s’abstint lors du vote de l’amendement Wallon et adopta l’ensemble des lois constitutionnelles. Aux élections sénatoriales du , candidat de « l’Union conservatrice », il publia une profession de foi constitutionnelle, fut élu, au troisième tour de scrutin, le premier sur trois, par 374 voix sur 595 électeurs, et reprit sa place au centre droit..

La Sicotière présenta au Sénat, en 1878, un projet de loi fort en avance sur son temps visant à empêcher la destruction des oiseaux insectivores dans les campagnes, projet qui fut rejeté après une vive et spirituelle passe d’armes avec son collègue Testelin. Réélu au renouvellement triennal du , le deuxième sur trois par 552 voix sur 584 volants, il le fut aussi, à celui du , le premier sur trois, par 524 voix sur 951 votants. Au milieu des passions qui s’agitaient autour de lui, La Sicotière resta cependant homme d’études, et sa carrière législative fut assez effacée. Il n’aborda jamais la tribune, mais ses travaux, ses rapports étaient sérieux et étudiés. Celui sur le projet de loi concernant la protection des oiseaux, par exemple, ne touchait pas aux grands intérêts de l’État, mais offrait le mérite de la méthode et de la clarté qui en résulte. Par ailleurs, La Sicotière avait fait un autre rapport de plus de neuf cents pages in-4° sur la situation de l’Algérie pendant la guerre. La grande compétence qu’il y démontra fit dire au président du Sénat, Challemel-Lacour, dans l'éloge funèbre de l’auteur, que ce travail volumineux était toujours consulté avec utilité..

Bibliophile et collectionneur, La Sicotière se passionna pour l’histoire et c’est dans la rédaction de nombreux ouvrages d’érudition que réside sa célébrité. Son titre de gloire en tant qu’historien est d’avoir jeté, avec son Louis XVII en Vendée, une lumière qui n’existait pas avant lui sur la mystérieuse histoire du jeune Louis XVII. La Sicotière était également passionné pour l’histoire de ses compatriotes émigrés au Canada mais son chef-d’œuvre a été l’Histoire de Frotté et des insurrections normandes, qui fut, à son époque, pour le monde savant lui-même, une grande découverte. Autant la chouannerie bretonne était célèbre, autant la chouannerie normande était obscure et inconnue. C’est à La Sicotière qu’on doit d’avoir comblé une lacune considérable dans l’histoire de la Révolution avec ses recherches sur la chouannerie normande des Frotté et des Puisaye, historiquement aussi intéressante que les guerres de Bretagne, et même de Vendée. L’ouvrage qu’il a consacré à cette question, Frotté et les insurrections normandes, 1793-1832, a reçu le prix Marcelin-Guérin de l’Académie française.De la bibliothèque de Léon de la Sicotière, près de 3000 ouvrages sur la Normandie et la période révolutionnaire ont été légués à la Médiathèque d'Alençon (Fonds La Sicotière des Médiathèques de la Communauté Urbaine d'Alençon).

La Sicotière fonda, en 1881, de concert avec l’archiviste du département Louis Duval, la Société historique et archéologique de l'Orne en 1882, société qui a contribué puissamment au développement des études locales et auquel la composition de cette histoire lui doit beaucoup de documents. En 1847, il avait fondé la Société d’horticulture et, en 1857, le Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon, puis la Société d’histoire contemporaine en 1890.

Ce passionné de littérature n’écrivait jamais juste pour la beauté du style, voulant que sa pensée renferme toujours quelque chose d’utile, qu’il ornait ensuite avec une élégance d’autant plus méritoire qu’elle n’était pas chez lui le résultat de la facilité, mais d’un travail pénible et surtout raisonné, qui lui faisait mettre chaque chose à sa place, avec une méthode qui ne permettait pas de lire ses ouvrages sans acquérir sans cesse quelque connaissance nouvelle. Nul n’était, en privé, plus simple, plus cordial, plus éloigné de toute prétention que cet homme dont la bonté allait quelquefois jusqu’à la faiblesse. Tous ceux qui l’avaient connu attestaient ne s’être jamais vu refuser le prêt d’un volume assez souvent d’un grand prix, et même unique dans son genre. Quiconque se présentait en consultation, fût-ce à une heure indue, n’en était pas moins assuré de l’amabilité de La Sicotière, dont la chambre et le lit étaient encore en désordre, et de ressortir avec la réponse qu’il désirait avoir, aussi tout le monde appréciait-il celui que son ami Gustave Le Vavasseur appelait « le bon La Sicotière ».

En 1894, l’Institut le nomma membre correspondant en attendant l’admission complète qu’il n’obtint jamais, étant mort au début de l’année suivante, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. La Sicotière s’était signalé de bonne heure parmi les membres les plus zélés de la Société des antiquaires de Normandie, qui l’élut pour directeur à deux reprises, en 1843 et en 1893, et de la Société française d'archéologie, dont il fut pendant de longues années, inspecteur pour le département de l’Orne. Il avait également fait partie, dès ses débuts, de l’Intermédiaire, apportant jusqu’à sa dernière heure, sous divers pseudonymes, une collaboration constante et ininterrompue aux Nouvelles de l’intermédiaire. Le , la ville d’Alençon lui rendit hommage en lui élevant un monument dans le jardin de l’Hôtel de Ville.

Principales publications Les nombreux Rapports de L. de La Sicotière au Sénat n’ont pas été répertoriés.

Régionalisme . — Tiré à part : Caen, A. Le Roy, 1837. . — Tiré à part : Caen, A. Hardel, 1838. . — Tiré à part : Le Mans, C. Richelet, 1840. . — Tiré à part : [Caen, A. Hardel, 1839]. . — Tiré à part : Le Mans, C. Richelet, 1841. . — Tiré à part : Caen, A. Hardel, 1841. . — Tiré à part : Caen, A. Hardel, 1841. . — Tiré à part : Caen, H. Le Roy, . — Tiré à part : Caen, A. Hardel, 1842. . — Tiré à part : Caen, A. Hardel, 1844, sous le titre : La Cour de la reine de Navarre à Alençon.... . — Tiré à part : Caen, H. Le Roy, . — Tiré à part : Angers, Cormier et Lachèse, 1844. — Signé « L. de La S. » Une suite est annoncée p. 332 ; elle semble n’avoir jamais paru. Texte reproduit dans Le Département de l’Orne archéologique et pittoresque (1845). . — Tiré à part : Alençon, Bonnet, 1844. . — Tiré à part : Caen, H. Le Roy, . . — Constitue la livraison de cet ouvr. Tiré à part (100 ex.) : Laval, A. Goupil, 1892, sous le titre : . . — Discours prononcé lors de la session du Congrès (Cherbourg, ). Le titre de ce discours ne figure qu’à la table (p. 673). Tiré à part : Cherbourg : A. Mouchel, . — Sous la rubrique : Variétés.

. — Tiré à part : Alençon : Marguerith-Dupré, . — Tiré à part : Alençon, E. de Broise, , avec le sous-titre : Découverte d’un marteau celtique en pierre dure, près d’Alençon. . — Tiré à part : Alençon, Marguerith-Dupré, 1863. . — Tiré à part : Alençon, E. de Broise, , 19 p. . — Tiré à part : même éd., même date. . . — Rapport de L. de La Sicotière concernant les améliorations de la ville d’Alençon. . — Tiré à part : Alençon, E. de Broise, 1865. . — Sous la rubrique : Distribution des prix aux exposants de l’industrie et des beaux-arts. Tiré à part : Alençon, E. de Broise, 1865, sous le titre : Exposition d'Alençon, 1865 : rapports de M. Léon de La Sicotière et de M. Gustave Le Vavasseur. . — Le titre ne figure qu'à la table. Avec, p. 89-91, une lettre de M. Eudes-Deslongchamps adressée à L. de La Sicotière. Tiré à part : Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1867, sous le titre : Note sur de curieuses empreintes observées à la surface de grès quartzites, à Bagnoles (Orne). . — A également paru dans le Journal d’Alençon (n° 106, ), sous la rubrique : Compte rendu du conseil général. Tiré à part : Alençon, E. de Broise, s. d., sous le titre : Rapport de M. de La Sicotière sur les chemins de fer départementaux. — Signé : « De La Sicotière. » . — Le texte original n'est pas titré. Tiré à part : Rouen, H. Boissel, 1874, sous le titre : Coup d’œil sur les historiens du Perche. . — Travail inachevé. . — Discours prononcé le . Tiré à part : . . — Anonyme ; le nom de l’auteur n’apparaît que dans le tiré à part : Nantes, V. Forest et É. Grimaud, 1883. . — Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, . . — Tiré à part : Angers, Germain et G. Grassin, 1886, sous le titre : Notice sur Notre-Dame-du-Chêne ou de la Miséricorde (Anjou). . — Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, 1886. . — Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, 1887. . — Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, 1890. . — Avec une vue de Chaumont, dessinée par Paule de La Sicotière. Une deuxième Esquisse normande (La Roche-Mabille) a paru en 1891. . . — Anonyme. Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, . — Une première Esquisse normande (Chaumont) a paru en 1890. . — ; . Tiré à part : Vannes, Lafolye, 1892. . — Tiré à part : Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1894. . — Tiré à part : Le Mans, E. Monnoyer, 1894. . — Tiré à part : Caen, H. Delesques, 1896, sous le titre : Société des antiquaires de Normandie : discours d'ouverture prononcé à la séance publique tenue à Caen, le 14 janvier 1894. . — Lettre adressée au directeur des Annales de Normandie et signée : « Un de vos abonnés. » Tiré à part (anonyme) : Argentan, Impr. du Journal de l’Orne, 1894. . — Tiré à part : Évreux, Impr. de l’Eure, 1894. . — Tiré à part : Alençon, E. Renaut-De Broise, 1894. . — Plat ancien, représentant la fierte de saint Romain, découvert par l’auteur à Hesloup, en 1868. Tiré à part : Caen, H. Delesques, 1895.

Histoire . — Lettre au rédacteur du journal. — Signé : « P. D. » [Paul Delasalle], mais le texte est bien de L. de La Sicotière, qui l’a complété par : Signé : « D. L. S. » . — Tiré à part : Blois, E. Dézairs, s. d. . — ; ; ; . — Tiré à part : Rouen, E. Cagniard, 1864. . — Tiré à part : Paris, V. Palmé, 1867 (texte remanié et augmenté de l’article paru sous le même titre dans Le Droit : journal des tribunaux, n° 148, , p. 606-607). . — Tiré à part : Rouen, E. Cagniard, 1870. . . — Tiré à part : Angers, Germain et G. Grassin, 1877. Il a paru un supplément : . — Tiré à part : Angers, Germain et G. Grassin, 1878. . — Tiré à part : Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1877. . — Le nom de La Sicotière est mentionné p. 157, note 1. Tiré à part (150 ex.) : Paris, Charavay frères, 1878. . — ; ; ; . — Tiré à part (100 ex.) : Nantes, V. Forest et É. Grimaud, 1879. . — Tiré à part : Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1880. . — Le nom de La Sicotière est mentionné p. 45, note 1. . — Tiré à part (50 ex.) : Paris, V. Palmé, 1881. . — Tiré à part : Paris, V. Palmé, 1882.