Bobo-Dioulasso est la deuxième ville la plus peuplée du Burkina Faso après Ouagadougou, Elle est la capitale économique du pays. Bobo-Dioulasso est aussi la capitale de la région du Guiriko, de la province du Houet et la préfecture du département du même nom.

Baptisée ainsi par les colons, son nom signifie « la maison des Bobo-dioula ». Sa gare, sur la ligne reliant Abidjan à Ouagadougou, est d'une étonnante architecture. En raison de sa position géographique, la commune de Bobo-Dioulasso est un carrefour important pour le commerce, les transports et l'industrie. Son climat est de type sud-soudanien, caractérisé par une pluviométrie annuelle comprise entre 900 et , avec des précipitations s'étalant sur quatre à six mois. Selon les données du recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) de 2006 et de 2019, la population de la Commune de Bobo-Dioulasso est passée de en 2006 à en 2019, soit une augmentation de 78 %. Bobo-Dioulasso est considérée comme la perle touristique et culturelle du Burkina Faso en raison de ses sites touristiques tels que la Mosquée de Dioulasso-bâ, la Guinguette, Dafra, le Musée communal Sogossira Sanon, le Mausolée Guimbi Ouattara, ainsi que ses masques, balafons, batiks et le tissu populaire « Kôkô Dùnda ». La semaine nationale de la culture (SNC), créée en 1983 par le président Thomas Sankara, vise à promouvoir la diversité culturelle du Burkina Faso. Depuis 1990, cet événement a lieu tous les deux ans à Bobo-Dioulasso..

Géographie Située à l'Ouest du Burkina Faso, ancienne capitale coloniale de la Haute-Volta et la présente capitale économique, Bobo-Dioulasso couvre une superficie de et comptait, au recensement de 1985, . Le taux de croissance annuelle sur la période 1985-1995 étant environ 7 %, la population atteinte en 1995 était . Au recensement de 2006, la ville comptait . et plus de selon les enquêtes de l'INSD de 2016. thumb|Hôtel de ville de de Bobo-Dioulasso en arrierre plan La commune de Bobo-Dioulasso est administrée par un maire et un bureau élu au sein du conseil municipal pour une durée de cinq ans. La ville jouit d'un climat plutôt doux.

Climat Bobo-Dioulasso possède un climat tropical de savane (Köppen: Aw, Trewartha: Awha) avec une longue saison sèche d'octobre à avril et une courte saison humide de mai à septembre.

Histoire L’officier et explorateur Louis-Gustave Binger entre dans la ville le mardi . La population l'accueille alors avec hostilité. Il laisse une longue description de la ville et de ses habitants dont il évalue le nombre à .. Il constate aussi que certaines informations d'Heinrich Barth sont erronées. Il quitte la ville le mercredi .

Poste administratif et militaire dès 1897, la ville actuelle de Bobo-Dioulasso a connu un long cheminement Britannica, Bobo-Dioulasso, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019. En effet, elle a pris naissance et s’est développée à partir d’un petit village appelé « Kibidoué » fondé par des agriculteurs Bobo et des commerçants Dioula venus du Mandé vers 1050.

Ces agriculteurs Bobo, après s’être installés sous le « Kibi » qui signifie arbre en Bobo, décidèrent de baptiser leur village « Kibidoué ». Par la suite, Kibidoué donnera « Sya », village plus gros avec l’arrivée progressive des commerçants Dioulas de la dynastie des Watara venus du royaume de Kong (Côte d'Ivoire). Ils fondent le royaume du Gwirikô avec Sya comme capitale. La ville accueille aussi d’autres migrants venus du sud. Cette arrivée des Dioula a generé une ethnie métissée appelée Bobo-Dioula occupant l'actuel quartier de Dioulassoba qui signifie la grande famille des Dioulas. Cette appellation résulte, en fait, de la lutte d'influence entre les Dioulas venus de Kong et les autochtones Bobo(généralement agriculteurs) et bobo-dioula (qui signifie commerçant Bobo). Le véritable nom de la cité étant Sya.

La légende consacre plusieurs versions à cette appellation de Sya et l’une des versions dit que Sya était le nom d’une jeune vendeuse de dolo à Kibidoué, réputée pour sa générosité.

En 1904, le colonel Caudrelier baptise la ville Bobo-Dioulasso, ce qui, littéralement traduit du dioula, signifie la « maison des Bobo-Dioula ».

Longtemps considérée comme la capitale économique du pays, notamment par sa proximité avec Abidjan et par sa forte production de coton, principale richesse du pays, la ville est en perte de vitesse depuis les crises ivoiriennes de 2002 et 2010-2011Slateafrique, « », Slate Afrique, 3 mai 2011, consulté le 20 décembre 2012. La ville n'accueille que 20 % des entreprises du pays contre 58 % pour OuagadougouMinistère de l'économie et des finances du Burkina Faso, « », recensement industriel et commercial, juillet 2010, consulté le 20 décembre 2012.

En 2011, la ville est secouée par la révolte qui touche le pays ; elle est notamment touchée par la mutinerie des militaires du camp de Ouezzin Coulibaly et l'intervention de l'armée qui mate cette mutinerie, faisant 7 morts et 25 blessés entre le et le RFI, « Nouvelle nuit de mutinerie au Burkina Faso », Radio France internationale, juin 2011, consulté le 6 juin 2011RFI, « Bobo-Dioulasso, théâtre d’un nouveau soulèvement militaire », Radio France internationale, juin 2011, modifié le 3 juin 2011, consulté le 6 juin 2011RFI, « Burkina Faso, la situation est toujours très tendue à Bobo-Dioulasso », Radio France internationale, 3 juin 2011, consulté le 6 juin 2011RFI, « Nouveaux tirs de militaires à Bobo-Dioulasso, colère des commerçants », Radio France internationale, 2 juin 2011, consulté le 6 juin 2011RFI, « Burkina Faso : Bobo Dioulasso panse ses plaies », Radio France internationale, 5 juin 2011, consulté le 6 juin 2011.

Découpage administratif 220x220px|thumb|Hôtel de ville de Bobo-Dioulasso thumb|Vue d'une rue arborée du quartier Sikasso à Bobo Dioulasso Aux termes de l’article 7 de la loi n 004/93/ADP du portant organisation municipale, Bobo-Dioulasso est érigée en commune de plein exercice, statut dont elle bénéficiait d’ailleurs compte tenu de son importance. La loi numéro 006/93/ADP du consacre à la commune de Bobo-Dioulasso un statut particulier. Aux termes de l’article 2 de cette loi, la commune de Bobo-Dioulasso a été organisée en trois arrondissements regroupant vingt-cinq secteurs qui étaient : l'ancien arrondissement de Dô : secteurs 3 à 6, 14 à 17, 24 et 25 ; l'ancien arrondissement de Dafra : secteurs 2, 10 à 13, 22 et 23 ; l'ancien arrondissement de Konsa : secteurs 1, 7 à 9, 18 à 21.

C’est cette même loi qui fixait les limites de la commune de Bobo-Dioulasso. Chaque secteur comportait un ancien nom, mais avec la nouvelle nomination en secteur le terme ex a été utilisé pour les désigner. Exemple : Secteur 1 ex Dioulassoba.

Lors de sa séance du , le conseil des ministres a adopté un projet de loi portant découpage des communes urbaines à statut particulier. La commune et le département de Bobo-Dioulasso a vu ainsi son périmètre élargi (au détriment de départements et communes limitrophes qui s'étaient déjà fortement urbanisés, notamment sur la commune de Bama) : le nombre de ses arrondissements est ainsi passé de trois à sept, mais ils ont été complètement réorganisés et nommés cette fois de façon numérale : : secteurs 1 à 4 et 8 : secteurs 10, 11, 23 et nouveau secteur 30 (zone SONATUR) : Dafinso, Kimidougou, Santidougou, Panamasso, Doufiguisso et Moukoma. : secteurs 12 à 14 et nouveau secteur 31 (zone industrielle + trame d’accueil 14) : Léguéma, Moussobadougou, Kékélésso, Noumousso, Kouentou. : secteurs 15 (réduit en superficie), 16, 24 (réduit en superficie), nouveaux secteurs 32 (séparé de l'ancien secteur 15) et 33 (séparé de l'ancien secteur 24) : Borodougou, Yéguéresso, Niamadougou, Tondogosso, Baré, Kotédougou et Sogossagasso. : secteurs 5, 6, 17 (réduit en superficie) et 25, nouveaux secteurs 26 (séparé de l'ancien secteur 17) et 27 (Kuinima Koura) : Pala, Koro, Dodougou, Kouakoualé, Dingasso, Dogotélama. : secteurs 7, 9, 18 à 20 et nouveau secteur 28 : Samagan, Farakoba, Matourkou, Logofourousso, Darsalamy, Koumi et Moamy. : secteurs 21, 22 et nouveau secteur 29 (BelleVille) : Dindéresso, Nasso, Ouolonkoto, Kokorowé et Bana.

Économie vignette|Le marché de Bobo-Dioulasso. vignette|Usine de noix de cajou. À Bobo-Dioulasso, capitale économique du pays, ce sont l’administration et le commerce qui constituent les branches d’activité les plus importantes. Ces deux branches d’activité occupent les deux tiers des actifs. Les services dans leur ensemble concentrent 84 % des actifs.

Les caractéristiques socio-économiques de Bobo-Dioulasso peuvent s’analyser à travers les fonctions urbaines telles que les transports, le commerce, l’industrie, les services publics et l’agriculture.

Commerce Du fait de sa position de carrefour en Afrique de l'Ouest, la fonction commerciale tient une place de choix dans la ville de Bobo-Dioulasso. Un grand nombre de maisons de commerce nationales et étrangères ont leur siège à Sya.

Le répertoire de la Chambre de Commerce dénombre 180 établissements de commerce allant du commerce général à l’import–export, à la vente de textiles, de matériaux de construction, au commerce des machines, automobiles, appareils électriques ; Bobo-Dioulasso compte environ dix-huit marchés.

Industrie L’essentiel du tissu industriel bobolais est constitué par l’agro-alimentation (Brakina, Citec Huilerie) par l’agro-industrie (Sofitex, Sofib, Mabucig), industrie légère (Sonaceb cartonnage, Winner piles, Filsah produits cotonniers), par la mécanique et la métallurgie (Sifa, CBTM, Profimétaux, EERI-BF, AUMI) et par la chimie et ses dérivés (Saphyto, SAP). La zone industrielle aménagée le long de la voie ferrée s’étend actuellement vers le quartier Lafiabougou.

L’industrie bobolaise est surtout destinée au marché intérieur mais avec le développement de la filière coton, il est possible d’envisager une industrie d’exportation.

Depuis 2005 une industrie d'exportation de fruits, notamment de mangues fraîches, s'est mise en place. Il y a une station de conditionnement publique - le Terminal Fruitier - et une station privée.

Transports vignette|droite|redresse|Aéroport de Bobo-Dioulasso vignette|droite|redresse|Gare de Bobo-Dioulasso

Aviation La ville est reliée par le transport aérien avec l'aéroport de Bobo-Dioulasso.

Train La gare de Bobo-Dioulasso se trouve sur la ligne d'Abidjan à Ouagadougou, exploitée par la Sitarail. Il y a trois trains de passagers par semaine vers Abidjan et Ouagadougou, et environ deux trains de marchandises par jour. Une plate-forme à conteneurs moderne se trouve dans la zone industrielle.

Les compagnies de transport

SARAMAYA TRANSPORT Rakieta

Routes 18px Route trans-sahélienne Dakar (Sénégal) — N'Djamena (Tchad) passe par Bobo-Dioulasso. Pour le transport routier, la ville est un important carrefour sur l'axe reliant le sud-est du Mali jusqu'au port de Lomé au Togo en traversant le Ghana.

La ville est traversée par plusieurs routes nationales dont : RN 1, de Ouagadougou à Bobo-Dioulasso (via Kokologho, Sabou, Boromo, Pâ et Houndé), RN 7, de Bobo-Dioulasso à Banfora, puis jusqu'à Dangouindougou et la frontière ivoirienne (en direction de Bouaké et Yamoussoukro), RN 8, de Bobo-Dioulasso à Orodara, puis jusqu'à Koloko et la frontière malienne (en direction de Sikasso), RN 9, de Bobo-Dioulasso à Dandé, puis jusqu'à Faramana et la frontière malienne (en direction de Koutiala) et RN 10 (de Bobo-Dioulasso à Dédougou, puis jusqu'à Ouahigouya (sur une route non bitumée).

Enseignement supérieur