La seigneurie de Beaujeu, ville de l'actuel département du Rhône dont le Beaujolais tire son nom, est une seigneurie du royaume de France, aussi présente dans le Saint-Empire, située au nord de la ville de Lyon, de part et d'autre de la Saône, qui a longtemps constitué la limite entre le royaume et l'empire.

Le titre de seigneur de Beaujeu ou sire de Beaujeu a été en usage du au . Tout d'abord porté par les chefs de la maison de Beaujeu, le titre passe à la maison d'Albon-Forez en 1265, à la maison de Bourbon en 1400, à Louise de Savoie, mère de François Ier en 1522, au domaine royal en 1530, à la maison de Bourbon-Montpensier en 1560 et à la maison d'Orléans en 1640. Le dernier détenteur est Louis-Charles d'Orléans (1779-1808), titré « comte de Beaujolais », frère cadet de Louis-Philippe.

Certains de ses seigneurs(en) Foundation for Medieval Genealogy, "Medieval Lands - Burgondy Nobility" : ont marqué de leur empreinte l'histoire de France. Les personnalités les plus connues sont Anne de Beaujeu (1461-1522), épouse du sire de Beaujeu Pierre II de Bourbon, fille du roi Louis XI et régente du royaume durant la minorité de son frère Charles VIII et Charles III de Bourbon, connétable de France, passé au service de Charles Quint en 1523.

Origines La seigneurie de Beaujeu est constituée puis tenue par les chefs de la maison de Beaujeu qui figurent parmi les principaux barons du Mâconnais, du Lyonnais (terres du royaume de France) et des pays de l'Ain (terres du Saint-Empire).

On a cherché à rattacher les sires de Beaujeu aux comtes de Lyon et de Forez, sans aboutir à des certitudes.

Possessions Liste non exhaustive des possessions relevant de la seigneurie de Beaujeu : fief du Mottadet, à Villeneuve ; au André Bazzana, Guillemine David, Agnès Gonnet, Jean-Michel Poisson, Mottes castrales de Dombes (Ain) - Éléments pour un atlas, Lyon, Direction des Antiquités Historiques Rhône-Alpes, 1986, .. En 1277, Béatrix, rend hommage à Louis de Beaujeu pour la domus dicte ly Motadays et pertinentiarium et appenditiarumBiblioteca Dumbensis, II, .. En 1337, le château et la seigneurie de la Mottadet font partie du fief de Marguerite, dame de Saint-Triviers, sous la suzeraineté du sire de BeaujeuAubret-Guigue, 1868, II, . ; poype de Riottier, à Jassans-Riottier (André Bazzana, Guillemine David, Agnès Gonnet, Jean-Michel Poisson, Mottes castrales de Dombes (Ain) - Éléments pour un atlas, Lyon, Direction des Antiquités Historiques Rhône-Alpes, 1986, . ; châtellenie de Thoissey, avant 1372Op. cit., . terre de PizayArchives départementales du Rhône - Répertoire numérique 52 J 1 à 977 - Château de Pizay..

Sur la rive orientale, donc dans le Saint-Empire, ils possèdent des terres de Montmerle à Riottier (rive gauche de la rivière), autour de Chalamont et de Saint-Paul-de-Varax (au sud de Bourg).

Il détiennent aussi à partir de 1227 une partie de la seigneurie de Loyes (actuelle commune de Villieu-Loye-Mollon). En effet, par besoin d'argent, la seigneurie de Loyes est engagéeAlain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), collection Histoire et Archéologie médiévales n°14, Presses universitaires de Lyon, Lyon, 2005, , . par Étienne de Villars à Humbert de Beaujeu.

Liste des seigneurs de Beaujeu La liste chronologiqueLa bibliographie référencée dans cet article est ancienne, entre 1730 (Père Anselme) et 1888, mais cohérente. Par contre elle ne cite pas de sources récentes et ne tient pas compte des progrès réalisés ces dernières années en prosopographie médiévale et dont une synthèse accessible sur internet est celle du projet "Medievial Lands" de la "Foundation for Medieval Genealogy" du "Centre for Medieval and Renaissance Studies, St Michael's Hall, Shoe Lane, Oxford, England". En particulier : (en) Foundation for Medieval Genealogy, "Medieval Lands - Burgondy Nobility" :.. présente les seigneurs, comtes et ducs qui ont détenu des droits sur les terres de Beaujeu, y compris la Dombes dès le début du , Anselme de Sainte-Marie & Honoré Caille du Fourny, 1730, pages 82-87., Jean-Baptiste Bouillet, Bibliothèque du Palais des Arts, 1840, pages 108-119., Marie-Claude Guigue, 1868, pages 200-573., Pierre Louvet (1617-1684), 1903..

Les dates indiquées correspondent aux règnes en tant que seigneurs de Beaujeu . Famille de Beaujeu

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(Ca. 944-Ca. 965) : Beraud ou Bérard (II) de Beaujeu. (965-vers 1016) : Humbert (949-1016), fils du précédent et de Vandelmode/Wandelmodis, fille d'. (…-987/996) : Guichard () de Beaujeu, frère du précédent et seigneur de Beaujeu mais subordonné à son frère aînéMarie-Claude Guigue, Mémoires pour servir a l’histoire de Dombes, Tome I, Trévoux, J.-C. Damour, 1868, , disponible en ligne sur Google Livres.. Il épouse Almodis. Ce Guichard n'étant pas reconnu par tous les historiens, c'est son neveu ci-dessous qui est ici considéré comme étant Guichard . (1016-1030/1050) : ( et 1050), fils d'Humbert et de sa femme Emeldis/Emelde/HelmestMarie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, . (1030-vers 1070/1078) : Guichard II de Beaujeu (), fils du précédent et de sa femme Adélaïde, A.-L. d'Harmonville, 1842, pages 550-552. Marie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, . (1078-1102/1103) : , fils du précédent et de Richoara/Ricoaire, fille de Roclenus de Salornay (elle aurait apporté aux Beaujeu Thizy en partie, Amplepuis, Belleroche) ; sixième seigneur de BeaujeuMarie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, , page 184.. Sa première femme est Waldermonde, fille de Guillaume II de Thiern/Thiers et d'Adélaïde de Chalon-Semur. (1102-1137) : Guichard III de Beaujeu, fils du précédent et de sa deuxième femme épousée vers 1080, Auxilia, fille d'Amédée II de SavoieMarie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, . (1137-1174 ?) : dit « le Vieux »Marie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, , fils du précédent et de Lucienne de Rochefort (1088-1137 ; fille de Guy le Rouge ; x vers 1107)Marie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, . (1174-1189) : , fils du précédent et d'Élise (ou Alix) fille d'Amédée III de Savoie, connétable de France. (1189-1216) : dit « le Grand »,Marie-Claude Guigue, 1857, pages 1-7. (Il s'agit en fait de Guichard IV), seigneur de Beaujeu et de Montpensier, fils du précédent et d'Agnès de Thiers, dame de MontpensierMarie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, . (1216-† en Égypte) : ,Marie-Claude Guigue, 1857, pages 7-14. (Il s'agit en fait d'Humbert V), pages 440-502., fils du précédent et de Sybille, épousée vers 1196/98, fille de Baudouin VIII-V de Flandre-Hainaut ; connétable de France. Souverain ou prince des (ou de la) Dombes par son mariage avec Marguerite de Baugé/Bâgé de Miribel (désormais, jusqu'à la Grande Mademoiselle ci-dessous, tous les titulaires de la seigneurie de Beaujeu sont prince/souverain de(s) Dombes ; Marguerite était la fille de Guy de Baugé, lui-même fils d'Ulrich II, petit-fils de Renaud III et demi-frère aîné de Renaud IV de Bâgé ci-dessous). (1250-) : , fils d'Humbert V et de Marguerite de Bâgé dame de Miribel et des DombesMarie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, ; connétable de France. Il épouse en 1250/1260, sans postérité, Blanche, fille de Jean de Chalon l'Antique, remariée en 1268 à Béraud IX de Mercœur. sa sœur Isabelle de Beaujeu (1225-1297), qui suivra.

Maison d'Albon-Forez

La seconde lignée des comtes de Forez prend ses racines dans la maison d'Albon, Guigues-Raymond d'Albon ayant épousé l'héritière Ide de Forez, Jean Marie de La Mure, 1809, ..

Cette famille hérite de la seigneurie de Beaujeu grâce au mariage entre Renaud de Forez, deuxième fils de Guigues IV de Forez, et Isabelle de Beaujeu ci-dessus (†1297 ; Isabelle avait d'abord épousé vers 1240 Simon II de Semur, sire de Luzy)Marie-Claude Guigue, op. cit., Tome I, , fille d'Humbert V de Beaujeu et de Marguerite de Bâgé, dame de Miribel et de la Dombes.

1265-1270 : Renaud de Forez, époux de la précédente, héritière de Beaujeu et des Dombes, pages 256-277.. 1270- : Louis de Beaujeu, deuxième fils des précédents, l'aîné Guigues VI de Forez (1279), ayant hérité du comté de Forez, Marie-Claude Guigue, 1868, .. Marié, en 1270, à Éléonore de Savoie (†1296), fille de Thomas II et sœur d'Amédée V. → Guigues VI du Forez et Louis de Beaujeu avaient un frère cadet, Guichard de Forez ou de Beaujeu († vers 1270), marié en 1269 Eléonore, fille d'Amédée IV de Savoie et de Cécile Passerose des Baux. 1295-1331 : Guichard VI (VII) le Grand, fils du précédent et d'Eléonore de Savoie. Marié en premières noces en 1300 à Jeanne, fille d'Amé II de Genève (†1303) ; marié en secondes noces en 1309 à Marie, fille du connétable Gaucher V de Châtillon ; marié en troisièmes noces en 1320 à Jeanne de Châteauvillain-Luzy, dame de Semur-en-Brionnais. → Sa sœur, Marguerite de Beaujeu devient en 1291 la troisième femme de (1243-1309), fils cadet de Jean l'Antique (ci-dessus). Leur autre sœur, Eléonore de Beaujeu épouse en 1291/1296 Humbert V de Thoire-Villars. Leur dernière sœur, Catherine de Beaujeu marie en 1305 Jean de Châteauvillain-Luzy 1331-1351 : Édouard de Beaujeu, fils du précédent et de Marie de Châtillon ; maréchal de France ; né en 1316 ; marié en 1333 à Marie de Thil (†1360 ; fille de Jean de Thil et Marigny, et d'Agnès de Frolois). En 1337, le comte Aymon de Savoie lui donna Coligny-le-Neuf. → Sa demi-sœur aînée, Marie de Beaujeu, fille de Jeanne de Genève, épouse Jean de Parthenay. Sa sœur, Marguerite de Beaujeu († 1336), fille aussi de Marie de Châtillon, marie en 1331 le maréchal Charles de Montmorency ; → Ses demi-frères et sœur cadets, fils de la troisième femme de Guichard VI, Jeanne de Châteauvillain : Guichard VII (VIII) de Beaujeu (†1356), sire de Perreux et de Semur, mort à Poitiers : père d'Édouard II, sire de Beaujeu, qui suivra ; Guillaume de Beaujeu († 1406), seigneur d'Amplepuis et de L'Estours ou des Tours, souche de la branche de Beaujeu-Amplepuis précisée ci-dessous ; Robert de Beaujeu († 1380 ; ou 1390 ?), x Agnès/Alix de Vienne de Roulans de Chaudenay (sœur de l'amiral de Vienne), que certains disent fonder la branche dite du Colombier (Le Colombier, lieu-dit à Beaujeu, ou à St-Julien ?) précisée ci-dessous, sires de Joux-sur-Tarare, Saint-Bonnet (-des-Bruyères qui avec Aigueperse était aux Beaujeu ?, ou plutôt à Montmelas ?), Belleville (-sur-Saône ?), puis d'Asnois, Montcoquier... ; Louis de Beaujeu d'Aloignet, x 1356 Jeanne de Beaujeu-sur-Saône : d'où Antoinette de Beaujeu qui épouse Jacques d'Arguel (1358-1387), petit-fils de Jacques d'Arguel († 1339) et de Jeanne de Basserans ; Jeanne/Blanche de Beaujeu, x Jean de Li(g)nières-en-Berry, grand-oncle de Jacqueline de Linières ci-dessous. 1351-1374 : Antoine de Beaujeu, fils d'Édouard et de Marie de ThilDevise : A tout venant Beau Jeu., chevalier de l'Ordre de l'Annonciade, né en 1343, marié sans postérité en 1362 à Béatrice de Chalon, dame de Broyes, fille de Jean II. → Sa sœur Marguerite de Beaujeu (1346-1402), x 1362 Jacques de Savoie-Achaïe : postérité.